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mardi, 03 juin 2008

Là-haut

"Un jour, à Paris, Casanova est à l’Opéra, dans une loge voisine de celle de Mme de Pompadour. La bonne société s’amuse de son français approximatif, par exemple qu’il dise ne pas avoir froid chez lui parce que ses fenêtres sont bien " calfoutrées ". Il intrigue, on lui demande d’où il vient : " de Venise ". Madame de Pompadour : " De Venise ? Vous venez vraiment de là-bas ? " Casanova : " Venise n’est pas là-bas, Madame, mais là-haut. " Cette réflexion insolente frappe les spectateurs. Le soir même, Paris est à lui."

Philippe Sollers, lire ici

Carnets Indiens, avec Nina Houzel, suite

      302633333.jpg 1083307232.2.jpg           
                   
                   
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          Photos de Nina Houzel    
    « Ici, la mousson vient de commencer,   
  les flamboyants sont encore en fleurs   
  et la saison des mangues bat son plein… »            

lundi, 02 juin 2008

Sur l'ouverture des fenêtres

1341166610.jpg« Dans la précision des assemblages, la rareté des éléments, le poli de la surface, l’harmonie de l’ensemble, n’y a-t-il pas une vertu intrinsèque, une espèce de force divine, quelque chose d’éternel comme un principe ? »

Flaubert

Lire ici quelques éclairages sur son oeuvre

Salvador Dali, "Marché d'esclaves avec apparition du buste invisible de Voltaire"

dimanche, 01 juin 2008

François-Xavier Fabre. Peintre et collectionneur

688082736.jpgFrançois-Xavier Fabre (1766-1837)
Portrait de Vittorio Alfieri, 1797
Huile sur toile - 105 x 83 cm
Asti, Fondazione Centro Studi Alfieriani
Photo : D. Rykner

Une des révélations majeures de l’exposition est l’extraordinaire portrait d’Alfieri conservé à Asti (ill. 8). Contrairement à l’habitude du peintre de choisir des tons pastel et de leur ménager des transitions subtiles, il choisit ici un rouge vif qui tranche sur le noir du costume. La franchise de ces coloris et l’expression pensive du poète font de ce portrait une œuvre dont il est difficile de se défaire. Un véritable choc visuel que les reproductions restituent difficilement. et qui à lui seul devrait assurer au peintre une place dans le panthéon des grands portraitistes.

Lire ici

 

L'exposition, après Montpellier, est actuellement à Turin

vendredi, 30 mai 2008

Ce Morse quand même !

35302329.jpgIl avait de la ressource, lire son édifiante histoire ici

14:54 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, louvre, morse

jeudi, 29 mai 2008

Ce corps saumoné

"La première fut prononcée par la duchesse de Guermantes; je venais de la voir, passant entre une double haie de curieux qui, sans se rendre compte des merveilleux artifices de toilette et d'esthétique qui agissaient sur eux, émus devant cette tête rousse, ce corps saumoné émergeant à peine de ses ailerons de dentelle noire, et étranglé de joyaux, le regardaient, dans la sinuosité héréditaire de ses lignes, comme ils eussent fait de quelque vieux poisson sacré, chargé de pierreries, en lequel s'incarnait le Génie protecteur de la famille de Guermantes."

Marcel Proust, Le temps retrouvé

Etonnants sélénites

A voir ici

12:56 Publié dans Paysages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, sélénite

Une revue sur Flaubert

772533361.jpgLa Revue Flaubert, à lire ici

mardi, 27 mai 2008

De même que ce n'est pas l'abondance des mets, mais leur qualité qui nous plaît

911359630.jpgHabitue-toi en second lieu à penser que la mort n'est rien pour nous, puisque le bien et le mal n'existent que dans la sensation. D'où il suit qu'une connaissance exacte de ce fait que la mort n'est rien pour nous permet de jouir de cette vie mortelle, en nous évitant d'y ajouter une idée de durée éternelle et en nous enlevant le regret de l'immortalité.
Car il n'y a rien de redoutable dans la vie pour qui a compris qu'il n’y a rien de redoutable dans le fait de ne plus vivre.
Celui qui déclare craindre la mort non pas parce qu'une fois venue elle est redoutable, mais parce qu'il est redoutable de l'attendre est donc un sot.
C'est sottise de s'affliger parce qu'on attend la mort, puisque c'est quelque chose qui, une fois venu, ne fait pas de mal.
Ainsi donc, le plus effroyable de tous les maux, la mort, n'est rien pour nous, puisque tant que nous vivons, la mort n'existe pas. Et lorsque la mort est là, alors, nous ne sommes plus.
La mort n'existe donc ni pour les vivants, ni pour les morts puisque pour les uns elle n'est pas, et que les autres ne sont plus. Mais la foule, tantôt craint la mort comme le pire des maux, tantôt la désire comme le terme des maux de la vie.
Le sage ne craint pas la mort, la vie ne lui est pas un fardeau, et il ne croit pas que ce soit un mal de ne plus exister. De même que ce n'est pas l'abondance des mets, mais leur qualité qui nous plaît, de même, ce n'est pas la longueur de la vie, mais son charme qui nous plaît.
Quant à ceux qui conseillent au jeune homme de bien vivre, et au vieillard de bien mourir, ce sont des naïfs, non seulement parce que la vie a du charme, même pour le vieillard, mais parce que le souci de bien vivre et le souci de bien mourir ne font qu'un.

Epicure

De Kooning A Tree in Naples, 1960

lundi, 26 mai 2008

Eveil

1960100942.jpgFaire le vide dans son esprit. Faire le vide qui est la vie. Frémissante, celle des arbres, de la pluie insistante et d’un éternel soleil. Et d’un éternel réveil. Je me réveille, là à cet instant, et tout s’illumine.

 

dimanche, 25 mai 2008

Il faut être absolument moderne.

"Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais!
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques: tenir le pas gagné. Dure nuit! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau!. . . Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps."

Rimbaud, Une Saison en enfer (fin du texte)

Cristal

626141250.jpg"La pensée n'est pas moins claire que le cristal"

Lautréamont, Poésies

Photo de Gildas Pasquet

samedi, 24 mai 2008

Quand rien ne va plus, il reste Dumas...

1210592842.jpgEt l'étonnant Tréville :

"Avec un rare génie d'intrigue, qui le rendait l'égal des plus forts intrigants, il était resté honnête homme. "

Lire le chapitre ici

Printemps

Les mûres ont des abeilles

10:26 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0)

L’Adversaire

1333012460.jpg« Car l’Adversaire est inquiet. Ses réseaux de renseignement sont mauvais, sa police débordée, ses agents corrompus, ses amis peu sûrs, ses espions souvent retournés, ses femmes infidèles, sa toute-puissance ébranlée par la première guérilla venue. Il dépense des sommes considérables en contrôle, parle sans cesse en termes de calendrier ou d’images, achète tout, investit tout, vend tout, perd tout. Le temps lui file entre les doigts, l’espace est pour lui de moins en moins un refuge. Les mots « siècle » ou « millénaire » perdent leur sens dans sa propagande. Il voudrait bien avoir pour lui cinq ou dix ans, l’Adversaire, alors qu’il ne voit pas plus loin que le mois suivant. On pourrait dire ici, comme dans la Chine des Royaumes combattants, que « même les comédiens de Ts’in servent d’observateurs à Houei Ngan ». Le Maître est énorme et nu, sa carapace est sensible au plus petit coup d’épingle, c’est un Goliath à la merci du moindre frondeur, un Cyclope qui ne sait toujours pas qui s’appelle Personne, un Big Brother dont les caméras n’enregistrent que ses propres fantasmes, un Pavlov dont le chien n’obéit qu’une fois sur deux. Il calcule et communique beaucoup pour ne rien dire, l’Adversaire, il tourne en rond, il s’énerve, il ne comprend pas comment le langage a pu le déserter à ce point, il multiplie les informations, oublie ses rêves, fabrique des films barbants à la chaîne, s’endort devant ses films, croit toujours dur comme fer que l’argent, le sexe et la drogue mènent le monde, sent pourtant le sol se dérober sous ses pieds, est pris de vertige, en vient secrètement à préférer mourir. » 

Philippe Sollers, Eloge de l’Infini. Janvier 2001

Photo de Gildas Pasquet

vendredi, 23 mai 2008

Baudelaire...

Baudelaire, en entrant dans une brasserie, avec des amis : "Ca sent la destruction."

14:33 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : baudelaire

jeudi, 22 mai 2008

Ce n'était qu'un oeil, mais quel oeil !

1171976541.jpgClaude Monet, Les Nymphéas

22:42 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : claude monet

Tels qu'un dieu... (Rimbaud sera toujours le plus grand)

1651670711.jpgD'un gradin d'or - parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, - je vois la digitale s'ouvrir sur un tapis de filigranes d'argent, d'yeux et de chevelures.
Des pièces d'or jaune semées sur l'agate, des piliers d'acajou supportant un dôme d'émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d'eau.
Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.

Rimbaud, Illuminations (1874) : Fleurs

Manuscrit de Voyelles

C’est un peu plus tard

1121116882.JPGC’est un peu plus tard que Laure m’a fait rencontrer Gilles et Coline, ses amis les plus proches. Gilles était plus âgé que sa femme, elle-même notre aînée. Il avait alors près de soixante ans. Proche de la retraite, il s’était retiré, avec son piano et ses livres près des Cévennes, au Quintanel, un hameau auquel on accède par une route qui ne va pas plus loin. Là-bas, la terre est sauvage et dépouillée. Le hameau, en amphithéâtre, s’accote aux contreforts du Causse. Ethnologue et grand lecteur de Malraux, Gilles avait quitté l’Europe où il s’ennuyait, traversant l’Afrique de part en part avant de poser ses valises à Madagascar. Là il avait rencontré Coline, elle était devenue sa femme. Un de ses grands regrets, avoir raté Mai 68, dans la Grande Ile à ce moment-là. Un peu plus tard, ils étaient venus vivre en France tous les deux, à Paris d’abord puis dans le sud, où longtemps, il avait laissé flotter un drapeau noir face à sa maison. Son obstination à ne pas publier me fascinait.  Il consacrait le plus clair de son temps à lire, écrire, et jouer du piano. Il avait toujours refusé de perdre son temps avec les conventions sociales. Devenu formateur, quelques heures par semaine, il avait ainsi assez d’argent pour vivre et faire ce qu’il voulait. Tout dans sa manière de vivre dénotait un refus du monde, de la vie des marionnettes. Il ne se souciait en rien de ses vêtements, de son image. J’étais jeune, il me déroutait souvent, bien sûr il en jouait, mais je sais maintenant qu’il avait raison ; écrire et peindre sont un même mouvement, une même passion, et la publication ou l’exposition ne sont pas si importants, comme on le croit alors. Parler avec lui c’était prendre conscience de mes limites et commencer d’y remédier. Sans doute, il n’existera bientôt plus de gens comme lui, avec une telle connaissance encyclopédique. Je lui montrais mes dessins, il s’en suivait de longues discussions. Souvent on avait le même humour. Nos histoires étaient si différentes que je m’étonnais de son amitié. Gilles et Coline n’avaient pas eu d’enfant, il aurait pu être mon père bien sûr, il le devenait d’une certaine façon, on en riait. Je me sentais plus libre avec lui qu’avec quiconque. J’imaginais mal qu’il ne laisse aucune trace, que tout ce savoir, son expérience si riche s’évanouissent. Je rêvais de découvrir un jour dans une malle un de ses manuscrits, de le publier et le faire connaître. J’ai même eu l’illusion, de courte durée, qu’il change d’avis à ce sujet. Il parlait souvent de Madagascar, ce pays magique dont il avait appris la langue et où il voulait être enterré. Avec lui je rêvais de Majunga, Farafangana, Sainte-Marie, Diego-Suarez, Fort-Dauphin, Fianarantsoa, Tulear, Foulpointe…

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture

mercredi, 21 mai 2008

Mai 68, Les Echos du Languedoc (sortie dans quelques jours...)

607383548.jpgMai 68, à Carcassonne, Montpellier, Oran, Paris, et bien plus loin… Un vent de révolte et de liberté agite le monde. En France, étudiants et ouvriers occupent usines et facultés. Dans la rue, ils se retrouvent pour défier un pouvoir et une société figés. Une enfant de dix ans, son grand frère en route pour l'Asie, un commerçant montpelliérain, un photographe amoureux, un militant d'extrême droite, un étudiant guinéen, une journaliste stagiaire, une jeune Oranaise, une étudiante allemande, un peintre à l'explosif, un alchimiste... Destins croisés, qui s'enlacent ou se heurtent au fil de quinze nouvelles tissées par des auteurs du Languedoc-Roussillon.


LES AUTEURS :

Quinze auteurs pour une joute littéraire sur le thème : mai 68 à partir du Languedoc, et pour laquelle chacun des auteurs a pleinement gardé sa liberté d'écriture.
 
Quinze nouvelles dont les personnages se croisent, se rencontrent, s'aiment, s'affrontent ou se fuient.
 
Et, l'alchimie des singularités opérant, les quinze œuvres individuelles se fondent en un ouvrage parfaitement imprévu qui devrait surprendre aussi bien amateurs exigeants de littérature que les passionnés interrogeant le passé. 

Anne Bourrel : La famille d’Anna.

André Gardies : La fille au drapeau.

Antoine Barral : Janvier 71.

René Escudié : Le trou.

Jacques Vénuleth : Souvenirs et espoirs d’un facho.

Florence Ludi : Sous les ombres portées, mai.

Dominique Gauthiez-Rieucau : La soixanthuitarde.

Janine Gdalia : L’amour d’un seul printemps.

Marie-Laure Dardenne : Le sablier.

Antoine Blanchemain : La mort de Justin.

Michèle Bayar : Love, not war.

Françoise Renaud : De Carcassonne à Lahore.

Raymond Alcovere : La sortie de crise.

Lilian Bathelot : Les cœurs légers.

Anne-Marie Jeanjean : Ce printemps très singulier.