dimanche, 10 juin 2007

Sarkozy au G8, pompette

http://www.rue89.com/2007/06/09/sarkozy-au-g8-pompe-ou-pompette

mardi, 29 mai 2007

Chroniques d'une élection (71)

c02f0cf65a428f95601a83e3cb62dac4.jpgIl faut que je l’avoue : depuis quelques mois, angoissé par l’importance de l’élection présidentielle française, je me suis mis à faire tourner les tables, à la recherche d’un contact direct avec Victor Hugo, lequel, on le sait, s’est beaucoup livré, en son temps, à cette divination de l’ombre. Je me disais, non sans raison, que les écrivains restent sourdement solidaires à travers la légende des siècles. Hugo es-tu là ?

C’est moi. Mon guéridon est léger, il craque bien, mes partenaires féminines sont magnétiques, mais l’au-delà des ondes est très encombré. Tout de même, Hugo a fini par se manifester, et j’ai transcrit ses réponses, dictées par petits coups secs, et parfois en alexandrins.

Il a commencé par voter Ségo, Hugo, peut-être à cause de la rime, mais surtout parce qu’il avait été flatté qu’elle cite Les contemplations comme une de ses lectures préférées. Hugo trouvait Ségo belle, émouvante, énergique, lyrique, une vraie figure de la République en marche, et son cri de meeting, « Dressez-vous vers la lumière ! », avait galvanisé son spectre. Pour Hugo, qui ne s’est jamais embarrassé de programmes détaillés et vaseux, Ségo, à ce moment-là, incarnait le rêve. Inutile de dire que les socialistes, dans leur ensemble, lui paraissaient des notables plats, surtout les éléphants, à propos desquels il se montrait implacable. Oui, la France méritait une Présidente, oui, une lumière d’amour brillait sur son front.

Dans les jours qui ont précédé l’élection, j’ai senti Hugo plus réticent. Dans les ondes aussi, il y a des sondages. Malgré mes demandes pressantes, Hugo se dérobait et, parfois, refusait carrément de répondre. Des coups faibles, confus. Impossible de lui tirer un commentaire sur Bayrou, par exemple, là, silence de mort. Sur Sarko, une étrange réserve. Une fois, cependant, à propos de Ségo : "Waterloo, Waterloo, sombre plaine." Grand silence, ensuite, le soir de l’élection triomphale de Sarko, rien sur le Fouquet’s, la Concorde, le yacht Paloma au large de Malte. Et puis, récemment, ce simple et beau distique, frappé de façon particulièrement nette : "La France était très moisie,/Elle méritait Sarkozy." Un châtiment, donc ? L’annonce d’une résurrection possible ? Là-dessus, motus, no comment. Hugo ne répond plus, et je dois dire que je suis épuisé par cette traversée des mondes.

Philippe Sollers
Le Journal Du Dimanche, dimanche 27 mai 2007
Lire ici

Roy Lichtenstein

mardi, 15 mai 2007

Chroniques d'une élection (70)

Sarkozy a-t-il construit sa mythologie en regardant TF1 ? Ou bien est-ce TF1 qui, en vingt ans, a préparé le public à l'avènement de Sarkozy ? Insoluble question de l'oeuf et de la poule. Peu importe. Le spectacle est désormais à l'Elysée, comme le pouvoir était à la télé. Les deux lieux se confondent, et sont interchangeables.

Chroniques d'une élection (69)

Inquiétude des journalistes, à lire ici

Le site Rue89

lundi, 14 mai 2007

Chroniques d'une élection (68)

medium_4.jpgOLD LOOK ET NEW ORDER.

Par Christian Garcin

Etrangement, à en juger par le gratin réuni dimanche soir place de la Concorde pour célébrer la victoire de Nicolas Sarkozy, on aurait pu imaginer avoir remonté le temps jusqu’au milieu des années 70. Du reste, et même si cela ne revêt pas une importance capitale, tous les « artistes » (comme on dit) qui soutenaient le candidat UMP, de Johnny Halliday à Enrico Macias, en passant par Doc Gyneco ou Christian Clavier (sans parler d’« écrivains » comme l’inénarrable José Frèches), qu’ils aient été présents ou pas dimanche, ne sont pas précisément ceux qui, dans leur disciplines respectives, brillent le plus par leur audace « artistique » — sans même parler de modernité, terme sans doute un peu trop fourre-tout. Un des meilleurs tours de passe-passe du nouveau président réside dans cette formidable capacité, qu’il a exploitée jusqu’à la corde, et qui est à mettre au crédit de son habileté politicienne : maquiller le vieux pour lui donner l’apparence du neuf, incarner la rupture après des années de responsabilité politique, la nouveauté avec  le soutien de Giscard et Raffarin, la modernité avec l’appui  de Didier Barbelivien et Mireille Mathieu, voire l’honnêteté avec celui de Bernard Tapie (il n’a tout de même pas poussé le paradoxe jusqu’à incarner le bon goût avec Bigard). Et le plus étonnant, c’est que, apparemment, ça marche. Mais ne nous y trompons pas : la France qui a gagné hier soir, ce n’est pas tant la France audacieuse et moderne, débarrassée des supposés archaïsmes de mai 68 et d’une intelligentsia de gauche (le nouveau président préfère le terme de « gauchiste ») idéologiquement paralysante, que la France profonde et un peu ringarde de la beaufitude, du journal de Jean-Pierre Pernaud et du terroir, du « bon sens » raffarinien et de la fausse bonhommie pompidolienne. Dimanche soir, il ne manquait plus que Danièle Gilbert — qui après tout était peut-être présente elle aussi, allez savoir.

Non, cette France profonde, à l’instar de l’Amérique profonde qui avait voté Bush en 2004, n’est pas uniquement la France entreprenante qu’on veut bien nous dessiner et que nous vantent à longueur de discours les médias, ainsi que les lieutenants du nouveau président (les uns utilisant des autres). Elle est majoritairement frileuse et repliée sur elle-même, elle se nourrit de peurs et de rejet de l’autre, elle imagine qu’elle paiera moins d’impôts et que les chômeurs, les immigrés et autres fainéants cesseront enfin de  vampiriser les caisses de l’Etat, qu’elle aura de meilleures retraites grâce aux caisses privées, de meilleurs remboursements si on privatise l’assurance-maladie — dans les deux cas, les fainéants n’en profiteront pas et c’est tant mieux —, elle voit les privilégiés parmi les fonctionnaires et les rmistes, et pas parmi les actionnaires et détenteurs de stock-options, elle se scandalise davantage d’un fraudeur un peu bronzé dans le métro que de l’évasion fiscale, soutenue ou favorisée par leur candidat, d’un chanteur ou d’un tennisman célèbres, elle juge l’art contemporain comme un caprice inepte et sans intérêt, les études de littérature ou de langues anciennes comme un luxe inutile qui ne doit plus être pris en charge par la collectivité, elle estime l’homosexualité immorale, l’homoparentalité scandaleuse. C’est inscrit dans ses gênes, la gauche est fainéante et laxiste, elle encourage les délinquants, et mai 68 est une erreur qu’il convient de balayer enfin. C’est l’anti-France de Super-Dupont, le personnage de Gotlib et Alexis. Cette droite « décomplexée », dit-on, qui vient d’arriver au pouvoir, cette droite dure dont, il faut lui reconnaître cette cohérence, le nouveau président n’a jamais tenté de minimiser la violence (« Si je suis élu, ce que la droite n’a jamais osé faire parce qu’elle avait honte d’être la droite, je le ferai », a-t-il annoncé dans son meeting de Toulouse), s’inscrit ainsi dans un double désir de Restauration : retour vers les années 70-80, Johnny Halliday et Mireille Mathieu, les années bénies Pompidou-Giscard, d’avant le 10 mai 81 — mais des années dont on aurait de plus gommé la « parenthèse enchantée » de mai 68, si néfaste à l’esprit de compétition. Mélangez à ce credo idéologique la violence économique et sociale des Seillières et autres poètes du Cac 40, vous aurez un portrait assez édifiant de la « nouvelle société » qui nous est promise.

medium_11.jpgOn peut la voir nettement se dessiner, d’ailleurs, se profiler dans toute sa brutalité populiste et arrogante : car ce qui depuis quelques années se produit dans tout le continent et au-delà, c’est la tentative réussie de la droite de rassembler sur sa droite et englober plus ou moins ouvertement les extrêmes jadis refoulés : ainsi Aznar et les néo-franquistes, Berlusconi et l'Alliance du Nord, ce qui se passe en Pologne en ce moment, ou Sarkozy avec ses multiples clins d’œil à l’électorat de Le Pen. Il s’agit en somme d’une relecture de l'histoire de la part de cette nouvelle droite "décomplexée", et de la fin de la honte que représentait cette partie fascisante d’elle-même. Chez nous, cela sonne comme une réconciliation inavouée ou inconsciente entre Vichy et la droite républicaine. Le nouveau président l’a maintes fois répété : la France n’a, en ce qui concerne son passé, à avoir honte de rien.

Il est à parier que dans nos sociétés occidentales, le processus démocratique impulsé par la gauche, qui encourageait la solidarité et procurait un accroissement à la fois des libertés individuelles et des protections collectives et sociales, en est arrivé à son terme, et pas seulement en France. Que ce processus aura globalement duré une cinquantaine d’années, de la Libération aux années 90, et qu’à présent il se trouve en déclin — un déclin hélas probablement irrémédiable, engagé dans les années Reagan, poursuivi par Margaret Thatcher, et aujourd’hui, avec dix ans de retard, avec la droite qui arrive au pouvoir en France. Il n’est pas impossible que la gauche ait achevé son rôle historique, et n’en soit plus qu’à lorgner vers une gauche à l’américaine, c’est-à-dire une droite modérée. Nos sociétés marchandes s’en accommoderont fort bien pour réduire périodiquement quelques-unes des inégalités les plus criardes voulues par la droite la plus dure. Ensuite de quoi renaîtront très vite les peurs, les fantasmes et les boucs émissaires (immigrés, chômeurs, rmistes, fonctionnaires, intermittents, etc.), et le chacun pour soi reprendra ses droits. Car ce qu’au bout du compte auront provoqué nos sociétés consuméristes et technolâtres est une hypertrophie du souci de soi, au détriment du souci du monde. C’est la marchandise qui l’a finalement emporté, le fameux « fétichisme de la marchandise » dont parlait Marx ; c’est l’humanisme, et donc l’humain, qui se trouve en berne. Mireille Mathieu peut toujours rire de toutes ses dents, et Johnny Halliday compter ses millions sécurisés : ils ne sont que des marionnettes, les emblèmes estampillés TF1 de cette France à la fois old-look et new-order qu’on nous promet. Retour arrière toute en ce qui concerne les idéaux et les valeurs, attention à la marche (descendante) en ce qui concerne les plus démunis.

Christian Garcin

Photos : Jean-Louis Bec

dimanche, 06 mai 2007

Chroniques d'une élection (67)

medium_12513813_p.jpg

vendredi, 04 mai 2007

Chroniques d'une élection (66)

Très intéressant ! http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-ana...

jeudi, 03 mai 2007

Chroniques d'une élection (65)

Ségolène Royal aux Français: "Osez!"

Chroniques d'une élection (64)

Le tirage au sort a désigné Sarkozy pour parler le premier. Il commence comme sa caricature des Guignols : cacalme, coocool, zezen et la voix détimbrée. Elle, d'emblée, monte le son et impose ses thèmes (la dette, la croissance, etc.), obligeant son rival à la suivre sur son terrain. En face, Sarkozy ne cesse de regarder Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, s'adresse à eux plutôt qu'à Royal. Elle le fixe, même quand la caméra n'est pas sur elle. Quand il parle, elle prend des notes. Ce qu'elle écrit ? Sûrement rien, mais la diversion marche : Sarkozy baisse les yeux et regarde, agacé, le stylo de Royal qui s'agite.
Celle-ci mène le débat comme une guérilla et se paie le luxe de se la jouer maîtresse d'école. Lui est sur la défensive. Son truc : l'appeler «Madame» sans cesse. Citer à plusieurs reprises le nom de François Hollande pour ramener Royal à son statut de compagne. Dans la position de son corps aussi, Royal est à l'offensive. Lui a le coude posé sur la table, le dos souvent voûté ; elle est avancée vers lui.

mardi, 01 mai 2007

Testez votre subconscient !

Utile pour les jours à venir !

lundi, 30 avril 2007

Chroniques d'une élection (63)

Des lendemains qui chantent : La haute main de Sarkozy sur les médias

Chroniques d'une élection (62)

La spéculation boursière fille de Mai-68, il fallait oser cette filiation

Chroniques d'une élection (61)

Le point de vue d'Edwy Plenel, voir ici

samedi, 28 avril 2007

Chroniques d'une élection (60)

medium_POINTECOURTE2004CHEZNENE.2.JPGUne page de poésie indépassable :

Le bilan de Nicolas SARKOZY et de l’UMP


A ceux qui s’apprêtent à voter, Nicolas SARKOZY ne vient pas de nul part. Il a été Ministre d’Etat pendant ces 5 dernières années et président du parti au pouvoir.
Aussi, afin de se faire une idée, voilà ci-après pour ceux qui, flattés par des beaux discours, auraient oublier quelques uns des projets et mesures du gouvernement dont il est co-responsable :

Une distribution sans pareil d’argent aux plus fortunés :

. Amnistie fiscale pour la relocalisation des capitaux en France.
. Le seuil des appels d'offre publics (commandes publiques) qui ne nécessitent ni publication ni contrôle a été fortement relevé (il est passé de 45000 euros à 90 000 euros), ce qui facilite l’attribution des marchés à leurs amis.
. Sous l’alibi de difficultés rencontrées lors de la canicule de l'été 2003, de larges subventions sont accordées en 2006 aux maisons de retraites du privé (sans véritable contrôle des engagements) alors que beaucoup de ces établissements sont très rentables  (jusqu’à plus de 30% de bénéfice) et pourraient investir eux mêmes dans la réfection de leurs établissements.
. La baisse des impôts sur les successions avantage ceux qui possèdent un gros patrimoine.
. Un crédit d'impôt sur les charges lié au personnel de maison (intéressant pour ceux qui ont des domestiques).
. Un élargissement du prêt à taux zéro aux revenus jusqu'à 7000 euros mensuels.
. La réforme fiscale (sept. 2005) donne des avantages aux plus riches (ISF, plafonnement des impôts sur le revenu, exonérations sur les donations).
. Une large exonération de l'ISF (impôt sur les grandes fortunes) sur les grosses ventes d'actions (oct. 2005). Une mesure pour les plus riches (en particulier les PDG des grands groupes dont certains ont quittés leurs entreprises avec des sommes incroyables).

tout en demandant aux autres de se serrer la ceinture :

. Suppression d'un jour férié : taxation inégalitaire qui ne portent que sur les revenus salariés (et pas sur les revenus financiers).
. En janvier 2004, la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant) remplace différents anciens dispositifs, au passage c’est 1300 euros en moins pour 40000 mères en situation de précarité.
. L’augmentation du SMIC bien que promise a été reportée à plusieurs reprises.
. Diminution des aides familiales
. Une diminution des rentes pour les veuves (pensions de re-version).
. Une réduction des intérêts des investissements populaires : Livret A, Codevi (juillet 2005)
. Une large augmentation des tarifs des services dits « publics », en particulier du gaz (plus de 20% sur une seule année)
. Le projet de loi sur le "Crédit hypothécaire rechargeable". Sous l’apparence de donner plus de possibilité de crédit, le gouvernement va fragiliser encore plus les ménages avec des bas revenus qui vont, avec cette loi, se risquer à hypothéquer leur propre logement (une loi faite pour les banques mais certainement pas pour les familles précaires qui risquent de se sur-endetter et de perdre pour 3 fois rien leur logement).


Le copinage en veux tu en voilà :

. La vente par privatisation, bradée pour 35 millions d’euros, de la compagnie maritime SNCM (sept. 2005) dont l'actif est évalué à 450 millions d’euros, vente effectuée à Butler (à noter que Butler est le seul PDG nommé au conseil d'analyse économique mis en place par le gouvernement). En parallèle, l'Etat (c'est-à-dire tous les contribuables) prend à sa charge le financement du plan social et verse 100 millions d’euros à l'entreprise. Le coût social  suite à cette décision de privatisation est payé par les contribuables alors que Butler prévoit d'empocher un bon bénéfice.
. La privatisation des autoroutes avec un appel offres restreint à certaines entreprises sélectionnées par le gouvernement (août 2005).
. Amnistie de Guy Drut (mai 2006) condamné pour recel d'abus de biens sociaux à 15 mois avec sursis) sous le couvert d'une loi complétée en 2002 (critère "sportif" ajouté) pour justifier la possibilité d'amnistier des personnes connues.
. Les députés UMP se votent en catimini une augmentation plus que substantielle de 17% de leurs indemnités parlementaires et s’octroient une garantie de cinq ans de leur salaire à 100% s’ils ne sont pas réélus (avril 2007).
. La mariée « Gaz de France » est habillée avec l'argent du contribuable (30% d’augmentation des prix en quelques mois) en vue de l'offrir au groupe privé Suez.
. La vente du parc immobilier avec des procédures d’appel d’offre qui permettent de sélectionner les acheteurs (en général des amis). Une fois les locaux privatisés, les acheteurs les louent à l’Etat (c'est-à-dire tous les contribuables) au prix fort.
. Des mesures clientélistes auprès de différentes entreprises.


Une justice à 2 vitesses : 

. Une nouvelle loi propose aux accusés s’ils "plaident coupable" d’être directement jugés par les procureurs sans passer par un juge. Lorsqu’on sait que les procureurs sont nommés par le gouvernement, les amis de ce dernier en peine avec leurs affaires vont pouvoir se passer de juge. A l’inverse, ceux qui n’ont pas d’amis bien placés vont subir la pression des procureurs et risquent d’avouer des faits qu’ils n’ont pas commis. A noter qu'aux Etats Unis où une forme de « plaider coupable » est appliquée, les droits de la défense sont beaucoup plus développés.
. Dans cette même loi (dite « Perben 2),  les "écoutes" sont facilitées sans véritable contrôle et au détriment des libertés individuelles.
. Au passage, après tout un battage qui a duré des mois, la commission qui s’est réunie après les erreurs du procès d’Outreau n’a débouché sur rien.


Une réforme des retraites :

. Pour ceux qui n’auraient pas bien lu les textes, la loi sur les retraites est plus que dure. Il faut comptabiliser 160 trimestres travaillés (40 ans) pour toucher pleinement sa retraite. En dessous, c’est 5% de retraite en moins par année manquante. A noter que les années au chômage ne sont pas comptabilisées. Aussi, si vous avez commencé à travailler à 25 ans (après des études par exemple) et que vous avez été tout au long de votre vie 5 ans sans emploi (ce qui est de moins en moins rare), vous toucherez pleinement votre retraite à 70 ans. Mais comme vous n’en aurez sans doute pas la force et comme les entreprises ne vous embaucheront plus à cet âge, vous partirez au mieux avec une retraite à 50% à l’âge de 60 ans. Pour ceux qui ne trouveront pas de travail après 50 ans, ils peuvent oublier leur retraite.


La santé au rabais :

. Suppression de l’aide médicale de l'Etat (aide médicale gratuite) pour les plus démunis.
. Augmentation de 20% des frais hospitaliers journaliers.
. Augmentation des frais médicaux restant à la charge de l'assuré (ticket modérateur).


La recherche est freinée :

. En même temps que l’argent public est dilapidé pour le distribuer à ces amis, le gouvernement a réduit les budgets de la recherche de plus de 25% par an à partir de 2002, alors que la recherche est un élément vitale pour notre avenir.


L’éducation publique est malmenée :

. Les effectifs d'enseignants ont été réduits en masse. Jusqu'à -30% dans les recrutements, ceci sans véritable base de planification pluriannuelle.
. La suppression de plusieurs filières universitaires, c’est le cas de l'anthropologie par exemple (avril 2005)
. La volonté de privatiser progressivement l’éducation nationale. Il a été question notamment un moment de décaler l’âge d’entrée en maternelle au profit des crèches privées. En perspective, une démarche en 2 temps : décentralisation puis privatisation. C’est le cas pour certains personnels techniques. En test dans quelques départements, la privatisation des locaux des lycées avec mise à disposition du personnel technique par l’opérateur privé.


Le travail et l’emploi, tout pour les gros actionnaires :

. De nombreuses mesures en faveur des entreprises (politique dite de l'"emploi") mais sans véritables contreparties exigées par l’Etat. Les entreprises peuvent empocher l’argent puis externaliser sans garantie d'embauche, ou délocaliser leurs activités.  A noter que les choses se passent en famille puisque le propre frère de Nicolas Sarkozy est vice-président du MEDEF (le syndicat patronal).
. Un élargissement de la capacité de licenciement pour les entreprises (oct. 2004) en utilisant la nouvelle notion de « risque vis à vis de la compétitivité".
. La suppression des « emplois jeunes ». Les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un travail rémunéré normalement. Les grandes entreprises qui ont pignon sur rue leur propose des stages sous-payés qui sont prolongés des mois alors qu’ils les exploitent sans apporter de formation, puis les virent à la fin de ces supposés stages. Certaines entreprises demandent même aux personnes de s’inscrire à l’université pour pouvoir bénéficier des conventions de stages alors qu’il s’agit d’emploi standard.
. Le CPE "contrat première embauche" (février 2006) voté de force en utilisant l’article 49.3 et sans consultation préalable des organisations syndicales, qui a été finalement retiré après des mois de grèves dures des lycéens et étudiants malgré des tentatives de manipulation et une répression sévère. Cette loi permettait notamment aux entreprises de pouvoir licencier à tout moment sans justificatif pendant une période de 2 ans.
. L’autorisation pour les entreprises de faire travailler leur salarié le dimanche se développe. C’est le cas notamment pour les centres d'appels (déc. 2004). Dur pour les employés, dur pour les consommateurs qui peuvent s'attendre à recevoir des appels le dimanche.
. La transformation du RMI en RMA : pas de véritable statut de salarié, calcul des points de retraite au taux de 25%.


L’environnement, des actes à l’opposé des beaux discours :

. La suppression au cours de l'été 2004 de la loi sur l'environnement qui instaurait en particulier le principe du pollueur/payeur (rééquilibrage de la charge entre grand public, industriels et agriculteurs), et qui limitait les contrats entre les collectivités et les entreprises de traitement d'eau à 12 ans maximum, etc. Ceci remet en cause pour de nombreuses années les principes qui étaient porté par cette loi. En gros, le gouvernement a préféré développer une industrie de la dépollution financée par le grand public plutôt que de sanctionner les pollueurs.
. Une baisse du budget de plus de 30% pour l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) qui est la structure publique en charge de l’environnement.
. L’autorisation de chasse des oiseaux dès le mois d'août, alors que certaines espèces sont encore en période de migration et de nidification (juin 2005).
. Un décret autorise l’épandage intensif de fientes de poulets et du lisier de porc (juin 2005).
. Une loi OGM votée en urgence (1 seul passage dans les assemblées) sans véritable consultation (mars 2006), et qui offre très peu de garanties. Le gouvernement n’a pas appliqué les directives européennes pour la traçabilité des cultures OGM, du coup on a aucune maîtrise des cultures OGM en France, et les contribuables sont amenés à payer les amendes en conséquence.
. Au niveau nucléaire, l’attribution dans la précipitation des marchés pour les projets ITER et de l’EPR qui n’ont pas fait l’objet d’études suffisamment approfondies.
. La révision de la loi sur le littoral. L’objectif de cette révision est de laisser aux maires la décision sur les développements urbanistiques en bord de mer ou au bord des lacs. Alors qu’il y avait dans la loi initiale un contrôle coordonné au niveau national, là on laisse le champ libre aux maires qui peuvent faire l’objet de pressions de la part des opérateurs immobiliers. Un premier projet immobilier est d’ores et déjà en débat au bord du lac d’Annecy.


Malaise dans la police, une politique du tout répressif qui donne peu de résultats :

. La suppression de la police de proximité. Au lieu d’avoir des policiers qui connaissent bien le terrain, on envoi uniquement le jour où il y a des problèmes des cars de CRS, ce qui alimente encore plus les tensions et ne permet pas de résoudre les enquêtes.
. La distribution des pistolets Tazer - pistolets avec décharge électrique - aux policiers (déc 2004) sans cadre règlementaire, alors qu'on sait qu'il y a eu des accidents et des débordements aux Etats Unis avec ce type d'arme 
. L’attribution de primes au mérite. Pour se faire bien voir, certains policiers n’hésitent pas à multiplier les PV, en particulier aux automobilistes.
. Nicolas SARKOSI envisage de mettre en place la "police civile citoyenne" (janv. 2006), des civils sans véritable formation qui se transforment en policier. Le retour des milices ?
. La multiplication des rafles dans plusieurs grandes villes. A Paris, sur la place de la République, une rafle est même organisée lors de la distribution des repas par les Restos du cœur (fév. 2007).
. La politique quasi-uniquement répressive, malgré un recrutement massif de policiers, donne de mauvais résultats avec le constat d’une forte augmentation des violences aux personnes.
. Le malaise chez les policiers. C’est une des premières fois qu’un syndicat de gauche (UNSA Police) opposé au gouvernement SARKOZY  / UMP sort majoritaire des élections syndicales dans la police.


Logement, attention à l’arnaque :

. L’offre "des maisons à 100000 euros avec terrain compris" est une véritable arnaque : le terrain n'appartient pas en fait à la personne acheteuse ! il reste propriété de la mairie. Impossible de revendre la maison dans ces conditions. En plus, le prix reste cher en province pour un bâti (hors terrain) de 70m2. 
. Fin janvier 2007, le gouvernement à le culot d'envisager d'appeler "loi Abbé Pierre" la future loi sur le logement opposable alors que le même gouvernement a augmenté largement la précarité. Au passage 2 personnes d'Emmaüs sont restées en garde à vue pendant 24h car elles avaient hébergé une personne sans lui avoir demandé ses papiers. La Fondation Abbé Pierre a refusé que la loi porte son nom.
. La location de pièce unique de moins de10m2 est autorisée (mai 2005). Vivre dans une pièce de 7 m2, c’est quand même pas très agréable.
. Le projet de loi sur le "Crédit hypothécaire rechargeable" où comment récupérer à faible coût les logements des familles endettées.


Economie, dilapidation de l’argent et mauvaise gestion :

. L'Etat vend tous ses actifs (l’or de la banque de France, des milliers de m2 à Paris et dans d’autres grandes villes, ses participations dans les anciennes entreprises publiques, etc.). Et dans certains cas, l’Etat est ensuite amené à louer au prix fort ce qu’il a vendu.
. Le budget de l’Elysée a été multiplié par 9 !
. Un déficit public de 3,7% du PIB en 2004 après 4,2% en 2003
. Une dette publique de 65,6% du PIB en 2004, après 63,9% en 2003, selon les chiffres de l'Insee.
. Le 30 mai 2006 Philippe Seguin président de la cour des comptes (pourtant proche du parti au pouvoir) fait état d'une manipulation budgétaire : le déficit de l'Etat pour 2005 serait de plus de 49 milliards (certains analystes de la cour des comptes parlent de plus de 53 milliards !) au lieu des 43,5 milliards annoncés par le gouvernement.


Et après tout cela, on se demande pourquoi la précarité augmente (les personnes dites SDF – sans domicile fixe – sont de plus en plus nombreuses),  pourquoi le pouvoir d’achat des français a diminué … 

Nicolas SARKOZY qui a été Ministre d’Etat, ministre des finances et ministre de l’intérieur de ce gouvernement, ainsi que président de l’UMP parti majoritaire à l’assemblée nationale (et qui a voté toutes ces lois) peut parfois convaincre avec ces beaux discours à l’approche de ces élections, mais quant est-il de ces actes ? 
Il se présente comme le « sauveur », le chantre de la « rupture » mais il est pleinement co-responsable de la situation. Et si on regarde certains des projets de sa candidature, on y voit une accélération encore plus importante des discriminations économiques et sociales, de la désintégration de notre société, et tout cela au profit des plus riches.

Photo : Gildas Pasquet gildaspasquet@gmail.com

 

vendredi, 27 avril 2007

Chroniques d'une élection (59)

C’est que, paradoxalement, depuis sa victoire au premier tour, Nicolas Sarkozy a perdu la main...

Lire ici

Chroniques d'une élection (58)

Des hauts et débats !

Chroniques d'une élection (57)

"Par toute une série de réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, les interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée"

François Bayrou, lire ici

jeudi, 26 avril 2007

Chroniques d'une élection (56)

Un tabou français ?

mercredi, 25 avril 2007

Chroniques d'une élection (55)

Vu sur le blog de Marie, toujours bien renseignée, ce site annonçait les résultats du premier tour dimanche vers 18 H. Si ça vous tente pour le deuxième...

mardi, 24 avril 2007

Chroniques d'une élection (54)

medium_h_4_appartenance_pol2.gifSource : Le Monde