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lundi, 16 mai 2016

Diable !

Philippe Sollers« Mais me direz-vous, avec une spontanéité candide, le Diable n'existe pas. En effet. Mais sa fonction est justement de faire croire que ce qui n'existe pas existe. Le non-être est, voilà sa répétition. Le non-être pourrait être ? Il est possible que le non-être soit ? Les mortels se laissent pénétrer et convaincre. Prince de ce monde, bien sûr, puisque ce monde n'est que celui de l'opinion à propos de ce qui n'est pas. Aller en enfer, signifie : vous aurez à souffrir, comme si vous étiez, de ne pas être. Diable veut dire étymologiquement : qui divise. »
Philippe Sollers, Le secret.

dimanche, 15 mai 2016

Desperadoes

Rimbaud« Les desperadoes languissent après l’orage, l’ivresse et les blessures. »

Rimbaud

 

02:37 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud

dimanche, 01 mai 2016

une grande pensée

« Ce qui fait ordinairement une grande penséec'est lorsqu’on dit une chose qui en fait voir un grand nombre d'autres, et qui nous fait découvrir tout d’un coup ce que nous ne pouvions espérer qu’après une grande lecture."

Montesquieu, Essai sur le goût

16:09 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montesquieu

Étonnants voyageurs

Samuel Beckett, Richard Avedon, baudelaire"Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers."
Baudelaire
Samuel Beckett, par Richard Avedon

samedi, 30 avril 2016

Appétit

baudelaire, Venise"Pour l'enfant amoureux de cartes et d'estampes, l'univers est égal à son vaste appétit."
Baudelaire
Venezia

jeudi, 28 avril 2016

Dans les choses de la pensée

Philippe Sollers"Dans les choses de la pensée, il faut toujours prévoir un pôle positif et un pôle négatif, sans quoi on s'égare, on croit au bien et au mal, et on n'est jamais par-delà, c'est-à-dire au lieu où l'on peut "divinement" comprendre ce qui se passe chez les mortels."
Philippe Sollers

samedi, 23 avril 2016

Vous

Louis Scutenaire"N'oublions pas que nos maîtres ont des âmes d'esclaves."

Louis Scutenaire

Grave !

La Rochefoucauld"La gravité est un mystère du corps inventé pour cacher les défauts de l'esprit."
La Rochefoucauld

jeudi, 14 avril 2016

Arme à feu

Jules Renard, Nicholas Bell"Cette sensation poignante qui fait qu'on touche à une phrase comme à une arme à feu."
Jules Renard, Journal, 26 décembre 1889
Photo de Nicholas Bell

samedi, 09 avril 2016

Oracles chaldaïques

Oracles chaldaïques"Ceux qui poussent l'âme hors d'elle-même et la font respirer sont libérés."

Oracles chaldaïques, fragment 124

Bonheur

Matisse odalisque 1923.jpg"Par bonheur, on entend, dans l'ordre qu'on veut, le plaisir et la connaissance."
Philippe Sollers, Le Cœur absolu
Matisse, Odalisque, 1923

mercredi, 06 avril 2016

Plaisir

CeqMcmQWIAAjdRh.jpg"Ceux qui ont de la probité dans leurs plaisirs en ont une sincère dans leurs affaires. C'est la marque d'un naturel peu féroce, lorsque le plaisir rend humain."
Lautréamont, Poésies

18:58 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lautréamont

jeudi, 31 mars 2016

Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien, sans se fâcher du mal contraire

Giacomelli“Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien, sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point : c'est le mouvement perpétuel.”
Blaise Pascal
Giacomelli, régate à Venise, années 30

23:44 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pascal

samedi, 26 mars 2016

Ruse géniale

Marcel Proust, Philippe Sollers"A la fin de sa vie, ruse géniale, Proust fait dire au narrateur de la Recherche qu'il va se mettre à écrire. La mort est là, et il a des milliers de pages derrière lui. C'est fini, et pourtant il commence. Le mot "temps" prend ici une majuscule, le Temps, retrouvé, avant d'être définitivement perdu. Il compare son oeuvre à venir (alors qu'elle est faite) à une cathédrale ou, plus modestement, à une robe. Cette embardée, du gothique à la mode, est sensationnelle, et la faute de goût est énorme. Peu importe, vous avez entre les mains un chef-d'oeuvre écrit en 15 ans, de 37 à 52 ans, alors que la durée de la rédaction nocturne aurait dû demander un siècle."
Philippe Sollers, L"Ecole du mystère
Photo de Ansel Adams

jeudi, 24 mars 2016

Nous sommes davantage conscients des événements négatifs que des événements positifs

Frédéric Lenoir« Les études psychologiques ont montré que nous sommes davantage conscients des événements négatifs que des événements positifs qui nous adviennent. Les négatifs nous marquent plus, on les mémorise davantage. Ce fait est probablement lié au principe de la psychologie évolutionniste selon lequel, pour survivre, il est plus important de repérer et de mémoriser un danger, afin d’y trouver la solution destinée à y parer plutôt qu’un événement agréable. »

Frédéric Lenoir

mercredi, 23 mars 2016

Semblable à la nuit

Homère, L'Iliade"Les flèches résonnèrent sur l'épaule du dieu irrité, quand il s'élança ; et il allait, semblable à la nuit."
Homère, L'Iliade

21:03 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homère, l'iliade

Démontrable

stendhal.gif23 mars 1842, mort de STENDHAL (Henri Beyle) à Paris. 
« La perfection de "Le Rouge et le Noir" et de "La Chartreuse de Parme" me semble cependant démontrable. Ces deux ouvrages, par leur donnée, les caractères qui y sont présentés, la construction des intrigues qui s’y développent, le charme de leurs descriptions, la curiosité et la bonté que l’auteur y exerce, l’intelligence qu’il y manifeste, ont ce caractère de nécessité qui rend parfaitement heureux, – propre aux véritables chefs-d’œuvre (...) La prose de Stendhal n’est jamais une draperie posée sur un quelconque contenu, elle est le contenu même de sa pensée, un mouvement qui nous est transmis sans aucune déperdition d’énergie. »
Claude Roy (Stendhal par lui-même)

dimanche, 20 mars 2016

l'étourderie française, moqueuse, insouciante, intrépide, était montée au cerveau de tous

Chateaubriand"Dans tous ces quartiers pauvres et populaires, on combattit instantanément, sans arrière-pensée : l'étourderie française, moqueuse, insouciante, intrépide, était montée au cerveau de tous ; la gloire a, pour notre nation, la légèreté du vin de Champagne."
Chateaubriand

Une lettre de Jacques Brel à Lino Ventura

jacques_brel.jpgJacques Brel ( 8 avril 1929 – 9 octobre 1978), chanteur-compositeur, mais aussi acteur et réalisateur triomphant, a connu son premier grand succès public avec son titre mémorable Quand on n’a que l’amour en 1956. D’autres s’en suivront qui établiront la prospérité de ce chanteur hors pair : Ne me quitte pas, La valse à mille temps ne sont que les exemples d’une plus longue liste. Mais le chanteur a aussi un autre talent : le cinéma. De son son dernier rôle, un dépressif aux prises avec un tueur à gages jouté par Lino Ventura dans L’emmerdeur, naîtra une merveilleuse amitié dont cette lettre illustre la puissance, écrite par le grand parolier Jacques Brel.

 

Ile d'Union (Antilles), le 28 décembre 1974 au soir

 

A bord de la « Korrig »

Cher Lino,

Plus de deux mois en mer déjà sur ce petit bateau, du vent, des orages, de la pluie qui lave et ce soir l’envie de te parler.
Tu sais, Lino, je suis plus jeune que toi mais je crois tout de même être autorisé à te dire que je t’aime bien.
J’ai rencontré si peu d’hommes en 45 ans qu’il me semble une faute de ne pas les serrer un peu contre moi, même si en échange, j’ai bien peu à donner.
Tu vois, je ne sais ni ce que sera ta vie ni ce que sera la mienne mais je trouverais désolant que nous nous perdions trop. C’est si rare la tendresse.
Bientôt j’aurai un bateau et je veux que tu saches que tu y seras toujours le très bienvenu.
Je te souhaite heureux et fier d’être.
Et je pense que de deviner tes fragilités je sais aussi ta force.
Tu sais Lino, nous avons 15 ans et je crains que nous n’en sortions jamais.
Au fond je vais très bien sur ce bateau. Ça n’est pas le grand confort et c’est bien fatigant mais il y a des moments formidables.

Bien sûr l’Atlantique c’est long mais avec la lune par-dessus et du vent dans les voiles, cela ressemble à une chanson d’amour. Et je ne sais encore rien de mieux que cela. Dans huit jours, je retrouverai ma Doudou à Point-à-Pitre puis nous rentrerons en France. Peut-être seras-tu à Paris fin janvier ? Je serais bien heureux de pouvoir te voir un soir.

Pour ne parler de rien et juste se comprendre.

A bientôt Lino, je t’embrasse de loin, il fait nuit et l’eau à 27°.
Sincèrement, Jacques.

jeudi, 17 mars 2016

il n'est pas nécessaire de les combattre pour les ruiner

Pascal"De sorte qu'il n'est pas nécessaire de les combattre pour les ruiner, puisqu'il suffit de les abandonner à eux-mêmes, parce qu'ils composent un corps divisé, dont les membres contraires les uns aux autres se déchirent intérieurement, au lieu que ceux qui favorisent le vide demeurent dans une unité toujours égale à elle-même, qui, par ce moyen, a tant de rapport avec la vérité qu'elle doit être suivie, jusqu'à ce qu'elle nous paraisse à découvert."
Pascal, Lettres

20:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pascal