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lundi, 31 août 2015

à quoi bon

Charles-Albert Cingria"Si l'on ne trouve pas surnaturel l'ordinaire, à quoi bon poursuivre ?" Charles-Albert Cingria

jeudi, 27 août 2015

Beauté

Guido Ceronetti"Tant qu'il existera des fragments de beauté, on pourra encore comprendre quelque chose au monde."

Guido Ceronetti

Rancune

"On m'a si souvent ramené à la raison, on m'a si souvent prévenu contre ma fantaisie que j'ai gardé rancune à la logique."

Joë Bousquet

Un jour

"Ecoute le silence et écris, pour faire de ton amour un jour au lieu d'un songe."

Charlotte Jousseaume

mercredi, 26 août 2015

J’ai une maladie : je vois le langage.

68014-large-215892.jpgL’écriture de Barthes se reconnaît aussitôt : elle frappe visiblement l’oreille. Découpée, mate, retenue, elle semble s’éloigner de ce qu’elle dit en l’annulant par avance. « J’ai une maladie : je vois le langage. »
Philippe Sollers
http://www.pileface.com/sollers/spip.php?article812

mardi, 25 août 2015

Zone obscure

"Écrire consiste donc le plus souvent à remplacer l’objet de notre émotion par un objet qui nous appartienne en propre et dont nous soyons, comme auteur, la zone obscure. L’inexprimé se trouve maintenant en nous par rapport à notre ouvrage, et non plus en notre modèle par rapport à nous. On écrit pour changer le mystère de place, le transplanter en soi, en transformer le contenant, pour être soi-même le prolongement de ce qu’on exprime à grand-peine, pour se débarrasser de tout le reste (qui est donc littérature)."

Philippe Sollers, Une curieuse solitude

Lecture

« Lorsque mon cœur oppressé me demande du repos, la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là sous ma main : il m’en faut peu, car je suis depuis longtemps bien convaincu de la parfaite inutilité d’une foule d’ouvrages qui jouissent encore d’une grande réputation… »

Joseph de Maistre

Faites-vous animal !

joseph-de-maistre.jpgDe Maistre joue sur les trois registres, ce qui est très rare ; il passe avec aisance du latin au grec, et du grec à l’hébreu. Cette agilité, dans notre langue, est à peu près unique à ce niveau d’élaboration. Ce nom propre ne pouvait dès lors qu’être rejeté passionnément par la corporation des ignorants. « Le génie de chaque langue, dit le Savoyard, se meut comme un animal pour trouver de tous côtés ce qui lui convient. » J’aime beaucoup cette déclaration, dont je me sens solidaire. Faites-vous animal, et vous comprendrez mieux la langue. Voilà ce qu’il faudrait à chaque humain, pour contrecarrer la tendance à blablater à côté. Voltaire est un animal impressionnant, lui aussi.

Philippe Sollers, L'infini n°130 Hiver 2015

samedi, 22 août 2015

Imagination

Imagination, Marcel ProustSpecial dedicace pour le Ray's Day
"Mon imagination, qui était mon seul organe pour jouir de la beauté." : Marcel Proust
Santa Maria della Pietà, Rocca Calascio (Abruzzi)

jeudi, 20 août 2015

Mémoires

Alexis de Tocqueville« J’ai observé que la plupart de ceux qui ont laissé des Mémoires ne nous ont bien montré leurs mauvaises actions ou leurs penchants que quand, par hasard, ils les ont pris pour des prouesses ou de bons instincts, ce qui est arrivé quelquefois. » : Alexis de Tocqueville.

mercredi, 19 août 2015

Alchimie du verbe

qingsheng-shan-montagne.jpg"À moi. L'histoire d'une de mes folies.

Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.

J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.

J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.

Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges"

Arthur Rimbaud Alchimie du verbe.

mardi, 18 août 2015

Un autre corps

A la longue, la main qui écrit vient d'un autre corps qui enveloppe et comprend le corps, ses déplacements, sa flexibilité, ses respirations, ses courbures, ses oublis, ses ondes, sa buée d'ondes. La durée, comme un orage, est mise à distance.

Philippe Sollers, Le secret

ils vont être contraints de l'aimer

Photo de Lionel André, la forêt des Carroz,mars 2009.JPG"Chacun est le fils de ses œuvres, et comme la passivité fait son lit, elle se couche. Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c'est que, pour la première fois dans l'histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé: car maintenant ils vont être contraints de l'aimer."

Guy Debord, Préface à la quatrième édition italienne de " La Société du Spectacle "
Photo de Lionel André, la forêt des Carroz, mars 2009

mardi, 28 juillet 2015

Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul

face-moon.jpg"Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais!
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques: tenir le pas gagné. Dure nuit! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau!. . . Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps."

Rimbaud, Une Saison en enfer (fin du texte)

dimanche, 19 juillet 2015

Le verbe

paysage-tchao-mong-fou-extrait-de-laurence-binyon-1869-1943-painting-in-the-far-east.jpg"Le verbe est au-dessus de la pensée et la pensée doit y remonter"

Philippe Sollers, extrait de Paradis

mardi, 07 juillet 2015

Paradis perdu

monastero-di-santa-chiara-napoli.jpg" - Pour toi, ce jardin, qu'est-ce que c'est ?
- Une sorte de paradis perdu à Naples, le lieu où l'on pense au paradis perdu.
- Et où se trouve l'arbre de la science du bien et du mal ?
- N'importe quel arbre peut être appelé ainsi : cela dépend de ce que chaque femme promet sous son feuillage. "
La femme d'ambre / Ramón Gómez de la Serna

12:43 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naples

dimanche, 05 juillet 2015

Génie de la langue

Joseph de Maistre« Le génie de chaque langue se meut comme un animal pour trouver de tous côtés ce qui lui convient. » 

Joseph de Maistre

vendredi, 26 juin 2015

Une montagne à l'envers

14124679.jpg"C’est toujours plus profond qu’on ne croit, le corps, plein de recoins oubliés, de réserves, de couloirs, de creux, caves, anfractuosités, niches, trappes, rivières, c’est une montagne à l’envers"

Philippe Sollers, Le Cœur absolu

dimanche, 14 juin 2015

A l'oreille

valère novarina« Je fréquente les auteurs anciens parce qu’ils ont plus d’oreille que nous, parce qu’ils sont plus musculaires dans le parler, plus respirés et surprenants. Dans Bossuet, dans  Pascal, dans La Fontaine, il y a une vigueur sonore, une respiration, un naturel, une joie immédiate. Je les fréquente plus que jamais aujourd’hui où la somptueuse forêt des langues risque de disparaître d’Europe, remplacée par une végétation rabougrie et passe-partout, un petit parterre uniforme. » : Valère Novarina

Photo : Fan Ho (1954)

samedi, 13 juin 2015

Le silence, l’exil, la ruse

james_joyce.jpg« Je ne veux pas servir ce à quoi je ne crois plus, que cela s’appelle mon foyer, ma patrie, mon église. Je veux essayer de m’exprimer sous une forme quelconque d’existence ou d’art librement et aussi complètement que possible en employant pour ma défense, les seules armes que je m’autorise à employer, le silence, l’exil, la ruse. »

James Joyce

12:25 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : james joyce