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samedi, 24 octobre 2015

Un écrivain

Yannick Haenel, Kouji Tomihisa« Au fond, un écrivain – un véritable écrivain – est quelqu’un qui voue sa vie à l’impossible. Quelqu’un qui fait une expérience fondamentale avec la parole (qui trouve dans la parole un passage pour l’impossible). Quelqu’un à qui il arrive quelque chose qui n’a lieu que sur le plan de l’impossible. Et ce n’est pas parce que cette chose est impossible qu’elle ne lui arrive pas : au contraire, l’impossible lui arrive parce que sa solitude (c’est-à-dire son expérience avec la parole) est telle que ce genre de chose inconcevable peut avoir lieu, et qu’elle a lieu à travers les phrases, à travers les livres qu’il écrit, phrases et livres qui, même s’ils ont l’air de parler d’autre chose, ne parlent secrètement que de ça. (…) Quelqu’un dont la solitude manifeste un rapport avec la vérité et qui s’y voue à chaque instant, même si cet instant relève de la légère tribulation, même si cette vérité lui échappe et lui paraît obscure, voire démente ; un écrivain est quelqu’un qui, même s’il existe à peine aux yeux du monde, sait entendre au cœur de celui-ci la beauté en même temps que le crime, et qui porte en lui, avec humour ou désolation, à travers les pensées les plus révolutionnaires ou les plus dépressives, un certain destin de l’être. (…) Qu’y-a-t-il de plus important que d’engager sa vie dans l’être et de veiller à chaque instant de sa vie un dialogue avec cette dimension ? Car alors, nous n’avons plus seulement une vie, mais une existence : nous existons enfin. (…) Quelqu’un qui fait coïncider son expérience de la parole avec une expérience de l’être ; et qu’au fond, grâce à une disponibilité permanente à la parole – à ce qui vient quand il écrit –, il ouvre son existence toute entière, qu’il le veuille ou non, à une telle expérience. Que celle-ci soit illuminée par Dieu ou au contraire par la mort de Dieu, qu’elle soit habitée ou désertée, qu’elle consiste à se laisser absorber par le tronc d’un arbre ou par des sillons dans la neige, à s’ouvrir au cœur démesuré d’une femme étrange ou à déchiffrer des signes sur les murs, elle porte en elle quelque chose d’illimité qui la destine à être elle-même un monde, et donc à modifier l’histoire du monde. »

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Yannick Haenel (L'infini n° 133) 
Photo de Kouji Tomihisa

jeudi, 27 août 2015

Un jour

"Ecoute le silence et écris, pour faire de ton amour un jour au lieu d'un songe."

Charlotte Jousseaume

mardi, 25 août 2015

Zone obscure

"Écrire consiste donc le plus souvent à remplacer l’objet de notre émotion par un objet qui nous appartienne en propre et dont nous soyons, comme auteur, la zone obscure. L’inexprimé se trouve maintenant en nous par rapport à notre ouvrage, et non plus en notre modèle par rapport à nous. On écrit pour changer le mystère de place, le transplanter en soi, en transformer le contenant, pour être soi-même le prolongement de ce qu’on exprime à grand-peine, pour se débarrasser de tout le reste (qui est donc littérature)."

Philippe Sollers, Une curieuse solitude

vendredi, 03 octobre 2014

Ecrire

"Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres."
Blaise Cendrars

lundi, 30 décembre 2013

Actuellement plongé dans l'écriture !

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18:59 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 03 mai 2010

Vous n'êtes pas sérieux

JoanCollins-CornelLucas.jpg"Du moment que vous savez écrire, vous n'êtes pas sérieux, et vos amis vous traitent comme un gamin."

Flaubert

Photo : Joan Collins par Cornel Lucas

vendredi, 22 mai 2009

Le démon de l'écriture...

nng5_images.jpgQuand il vous tient...

19:21 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : suzette

dimanche, 21 décembre 2008

Ce que l'on devient

bagua.gifMon idée  - qui était aussi celle de Michel Foucault dans ses tout derniers textes - c'est que l'on écrit moins pour savoir qui l'on est que ce que l'on devient ; ma conviction c'est que l'enjeu d'un livre c'est moins d'être soi, de se rejoindre, de coïncider avec sa vérité, ses ombres, l'éternel enfant en soi et autres idioties du même tonneau, que de se changer, de devenir quelqu'un de différent de celui qu'on était avant de commencer et que la croissance même du livre a rendu obsolète et inintéressant.

Bernard Henri-Lévy, Ennemis publics, p 39

lundi, 13 octobre 2008

Quand les révolutions arrivent

P5244639.jpg- - Les événements se précipitent, en dix ans les fonds de pensions ont bouleversé les marchés et creusé de manière abyssale les inégalités ; tu te rends compte, 2 % de l’humanité en possèdent la moitié du patrimoine ! le système bancaire mondial pourrait s’effondrer en effet…  Ceci dit, la réalité est élastique, elle peut absorber d’énormes ondes de choc… Jusqu’à un certain point… ensuite, quand les révolutions arrivent, elles emportent tout, même ceux qui les font !

Raymond Alcovère, extrait de 'Le Bonheur est un drôle de serpent", roman en lecture chez des éditeurs

Photo de Nina Houzel

mercredi, 09 avril 2008

Il faut sauver le point-virgule !

Mobilisons-nous !

jeudi, 12 octobre 2006

Pourquoi ces portes n’ouvrent sur rien

medium_Phototheque_-_0127.jpgElle commence d’aimer Montpellier, la ville étrangère, le jour où ils sont allés jusqu’à la mer proche. Immense plage sablonneuse, courbes des dunes, tons de gris incendiés le soir, douceur des lignes et humidité de l’atmosphère. Gaétan est parti se baigner, seul dans l’eau grise et la brume du couchant. Léonore, les pieds dans le sable, joue avec les galets. Il revient, se sèche vigoureusement, dans un ciel pâle, aux contours pistache. Elle le regarde : “ Gaétan, je vais rentrer à Aix ”. Le ciel se couvre, en grosses masses spongieuses, absurdes, menaçantes. Gaétan ne comprend pas, pourquoi ils sont là tous les deux, si bien ensemble et puis un abîme s’ouvre, pourquoi ces portes n’ouvrent sur rien ?

Extrait du roman "Le sourire de Cézanne", à  paraître mai 2007, N & B éditions

Photo : Michèle Fuxa

mercredi, 26 juillet 2006

10 conseils de Hemingway aux jeunes écrivains

1.     soyez amoureux 2.     crevez-vous à écrire 3.     regardez le monde 4.     fréquentez les écrivains du “ bâtiment ” 5.     ne perdez pas votre temps 6.     écoutez la musique et regardez la peinture 7.     lisez sans cesse 8.     ne cherchez pas à vous expliquer 9.     écoutez votre bon plaisir

10. taisez-vous