mercredi, 18 novembre 2009

Les deux !

louise_brooks.jpgL’art baroque — peinture et musique — qu’il faudrait d’ailleurs appeler l’art catholique, passe volontiers, on le sait, du sacré au profane sans contradiction : « Le plus souvent, on feint hypocritement de s’étonner d’un paradoxe irritant : Vierge Marie d’un côté ; prolifération voluptueuse de l’autre. Remarque de bon sens, donc de très courte vue. C’est  précisément à cause de l’Une qu’on obtient les autres. Titien ou Rubens auraient trouvé dépourvu de sens qu’on leur demande de choisir, de se limiter, de s’en tenir à la Vierge  ou à Vénus. Les deux, chers puritains, les deux ! » (Philippe Sollers, Eloge de l’infini).

Photo : Louise Brooks

mercredi, 23 juillet 2008

Le baroque, toujours

1428137804_924b32eef0.jpgtorinosanlorenzo.jpgSan Lorenzo, à Turin

mardi, 06 novembre 2007

L'oeuvre de Ernest Pignon-Ernest

f2927ce759f9d12f46f2cc62879a5f69.jpgJe découvris l’œuvre de Ernest Pignon-Ernest. Un dessin de lui ne prend sa vraie résonance qu’à l’endroit où il est placé, et où il se transformera. Et ces lieux bien sûr ne sont pas neutres : Naples, Soweto, Paris… L’art n’est plus dans un musée, dans un monde à part, mais là même où il doit être, concentration et focalisation.

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture

Voir le site de Ernest Pignon-Ernest

mercredi, 24 octobre 2007

Baroque, vous avez dit baroque ?

"Et si la beauté" est de retour ; Allegria !

20:50 Publié dans Baroque | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Bona, baroque

mardi, 26 septembre 2006

San Gregorio Armeno

medium_Email0345_1.jpgSan Gregorio Armeno, une sorte de rêve sans fin, brun, couleurs fauves. Les orgues, un clafoutis d’angelots, joufflus, persifleurs, gambadant, musiciens, sonnez buccins et trompettes ! L’oeil mais aussi tout le corps, tout l’être, happés, enveloppés comme par une brise chaude, volutes, arabesques.  Fontaines jaillissantes de dorures, stuc, chatoiements blonds, dorés, douceur capiteuse. Envahie de sensualité, comme un rêve, de l’enfance, que rien ne s’arrête jamais.

Extrait de "Fugue baroque", N & B  éditions.

Peinture de Frédérique Azaïs, petits formats, 2006

lundi, 18 septembre 2006

Riviera di Chiaia

Le soleil est brûlant à l’extérieur, avec le bruit vermeil de l’été, les ombres longues qui descendent sur la ville, et ce moutonnement de bruit. Je marche seul,  parmi les ombres. Elle est là, souvent, qui me parle dans le dos, guide ma marche. Son souffle léger, comme un murmure de vent, dans un roulis d’étoiles, et ce parfum entêtant. Je sens la douceur de ses mains, suis enveloppé par son être chaud, suivi par son ombre, arpentant les rues. Riviera di Chiaia. De là j’aime à monter sur les hauteurs, passer de la lueur extrême aux plaines de l’ombre. Dans les bassi où le soleil n’arrive jamais. La ville la plus lumineuse d’Europe, la plus brûlante a le goût des cryptes, des catacombes, ce besoin d’un retour quotidien vers les entrailles de la terre, les origines.

(Extrait de "Fugue baroque", n & b éditions)

09:31 Publié dans Baroque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fugue baroque, Naples

jeudi, 27 juillet 2006

ô baroque eucharistie de Naples !

medium_napsgregorioarm.2.jpgLe "mange et bois" est un tourbillon de délices dans une coupe de cristal : un pot pourri de parfums et de matières qui affolent papilles de la langue et pupilles de l'oeil. C'est l'art baroque à l'estomac. Confectionné sous vos yeux, selon la chaleur, votre faim, votre soif ou votre caprice du moment : un garçon vêtu de blanc vous offre une palette multicolore, et avec lui vous bâtissez la plus vertigineuse pyramide. Mûres, fraises, pistaches, abricots, amandes écalées, émincées et grillées, jet de cerise liquoreuse, traversin de gâteaux meringués et imbibés de fleurs d'oranger et de cet alcool que distillent les sorcières de Bénévent, la Strega, cerceaux de marrons liquéfiés, le tout piqué de fruits et de légumes précieusement confits, nimbé de crème saupoudrée de chocolat amer qui coule de la coupe sur vos doigts et monte sous votre nez. Mangez et buvez : ô sublime, généreuse, liquide et craquante, brûlante et glacée, mouvante, ô baroque eucharistie de Naples !

Jean-Noël Schifano

San Gregorio Armeno, Naples 

16:05 Publié dans Baroque | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Baroque, Naples, Schifano