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samedi, 18 février 2012

Rendez-vous un jour dans la Voie Lactée

Un flacon de vin au milieu de fleurs.
Je bois seul et sans compagnon.
Je lève ma coupe. Lune, à ta santé ;
Moi la lune, mon ombre : nous voilà trois.
La lune, hélas, ne boit pas.
Mon ombre ne sait qu’être là.
Amis d’un moment, la lune et mon ombre.
Le printemps nous dit d’être vite heureux.
Je chante et la lune flâne.
Je danse, et mon ombre veille.
Avant d’être ivres nous jouons ensemble.
L’ivresse venue, nous nous séparons.
Puisse longtemps durer notre amitié calme.
Rendez-vous un jour dans la Voie Lactée.

Li Po

18:26 Publié dans Chine, Poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : li po, li bai

mardi, 07 juillet 2009

Je m'écris

GILDAS - LES CIEUX DANS LES YEUX[1]1 copie.jpgJ'interprète ma page de vie

J'en use comme plaque de cuivre

Je la grène de plaisirs

Je la crible d'années

Je la saisis en verte saison

Je la racle de nuits d'hiver

Je la ronge en creux d'angoisses

Je m'y taille espace libre

Je l'attaque en matière noire

Je progresse d'épreuves en épreuves

Je la creuse de vaines morsures

Je la burine d'émotions

Je l'entame

Pour nier le temps

Je m'écris

Pour durer."

Andrée CHEDID Rythmes"

Photomontage de Gildas Pasquet

samedi, 04 juillet 2009

Les poèmes

Les poèmes appartiennent à ceux qui les aiment. (Roland Giguère)

03:33 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roland giguère

mercredi, 22 avril 2009

Les ténèbres vertes...

"Les ténèbres vertes dans les soirs humides de la belle saison"

Baudelaire, Fusées

23:09 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : baudelaire

samedi, 18 avril 2009

Corps artiste, de Françoise Martin-Marie

2397570349_87ce204011_o.jpgLe grand artiste souffle le squelette

En mélodie des os

Le grand artiste tricote les doigts

A dessiner les mots

Le grand artiste tisse les cheveux

En antenne vol au vent

Le grand artiste tresse la cervelle

A fabriquer les rêves

Le grand artiste accorde la voix

En grelots enchanteurs

Le grand artiste gonfle le coeur

En accordéon valseur

Le grand artiste gargouille les entrailles

En métamorphose

Le grand artiste pétrit les mains

En pâte à surprises

Le grand artiste modèle les pieds

En pas de danse molletonnés

Le grand artiste pose la cerise à l’eau de vie

Il ose diviser le sexe en deux

En magie à partager

Le grand artiste est patient

Il aime

C’est bien suffisant

Il sait qu’un jour

Ce grand corps trésors

Va lui faire des miracles.

 

 

Françoise MARTIN -MARIE ondelavie@free.fr

Camille Claudel, La Vague, ©Musée Rodin (Photo Ch. Baraja), ©ADAGP, Paris

 

 

vendredi, 17 avril 2009

Une lettre ouverte à Pierre Autin-Grenier

Superbe, par Thomas Vinau, à lire ici

samedi, 14 février 2009

Bonne pensée du matin

CezanneBaigneuses.jpgÀ quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bosquets, l'aube évapore
          L'odeur du soir fêté.

Mais là-bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
          Déjà s'agitent.

Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la richesse de la ville
          Rira sous de faux cieux.

Ah ! pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants
          Dont l'âme est en couronne

          Ô Reine des Bergers !
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie.
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, à midi.

Rimbaud

Cézanne, Les Grandes baigneuses

les_trois_baigneuses_cezanne.jpgCézanne a abordé maintes fois ce thèmes des baigneuses et des baigneurs dans son oeuvre.
Ici : Trois baigneuses
(1876-1877) : c'est Matisse qui l'acheta, mais à crédit sur douze mois... et lorsqu'il l'offrit au Petit-Palais en 1936, il déclara que l'oeuvre l'avait "soutenu moralement dans les moments critiques de mon aventure artistique. J'y ai puisé ma foi et ma persévérance".

vendredi, 13 février 2009

L'orgie parisienne ou Paris se repeuple

jpg_delacroix.jpgÔ lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares !
Le soleil essuya de ses poumons ardents
Les boulevards qu'un soir comblèrent les Barbares.
Voilà la Cité sainte, assise à l'occident !

Allez ! on préviendra les reflux d'incendie,
Voilà les quais, voilà les boulevards, voilà
Les maisons sur l'azur léger qui s'irradie
Et qu'un soir la rougeur des bombes étoila !

Cachez les palais morts dans des niches de planches !
L'ancien jour effaré rafraîchit vos regards.
Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches :
Soyez fous, vous serez drôles, étant hagards !

Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes,
Le cri des maisons d'or vous réclame. Volez !
Mangez ! Voici la nuit de joie aux profonds spasmes
Qui descend dans la rue. Ô buveurs désolés,

Buvez ! Quand la lumière arrive intense et folle,
Fouillant à vos côtés les luxes ruisselants,
Vous n'allez pas baver, sans geste, sans parole,
Dans vos verres, les yeux perdus aux lointains blancs ?

Avalez, pour la Reine aux fesses cascadantes !
Ecoutez l'action des stupides hoquets
Déchirants ! Ecoutez sauter aux nuits ardentes
Les idiots râleux, vieillards, pantins, laquais !

Ô coeurs de saleté, bouches épouvantables,
Fonctionnez plus fort, bouches de puanteurs !
Un vin pour ces torpeurs ignobles, sur ces tables...
Vos ventres sont fondus de hontes, ô Vainqueurs !

Ouvrez votre narine aux superbes nausées !
Trempez de poisons forts les cordes de vos cous !
Sur vos nuques d'enfants baissant ses mains croisées
Le Poète vous dit : " Ô lâches, soyez fous !

Parce que vous fouillez le ventre de la Femme,
Vous craignez d'elle encore une convulsion
Qui crie, asphyxiant votre nichée infâme
Sur sa poitrine, en une horrible pression.

Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,
Qu'est-ce que ça peut faire à la putain Paris,
Vos âmes et vos corps, vos poisons et vos loques ?
Elle se secouera de vous, hargneux pourris !

Et quand vous serez bas, geignant sur vos entrailles,
Les flancs morts, réclamant votre argent, éperdus,
La rouge courtisane aux seins gros de batailles
Loin de votre stupeur tordra ses poings ardus !

Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères,
Paris ! quand tu reçus tant de coups de couteau,
Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires
Un peu de la bonté du fauve renouveau,

Ô cité douloureuse, ô cité quasi morte,
La tête et les deux seins jetés vers l'Avenir
Ouvrant sur ta pâleur ses milliards de portes,
Cité que le Passé sombre pourrait bénir :

Corps remagnétisé pour les énormes peines,
Tu rebois donc la vie effroyable ! tu sens
Sourdre le flux des vers livides en tes veines,
Et sur ton clair amour rôder les doigts glaçants !

Et ce n'est pas mauvais. Les vers, les vers livides
Ne gêneront pas plus ton souffle de Progrès
Que les Stryx n'éteignaient l'oeil des Cariatides
Où des pleurs d'or astral tombaient des bleus degrés. "

Quoique ce soit affreux de te revoir couverte,
Ainsi ; quoiqu'on n'ait fait jamais d'une cité
Ulcère plus puant à la Nature verte,
Le Poète te dit : " Splendide est ta Beauté ! "

L'orage t'a sacrée suprême poésie ;
L'immense remuement des forces te secourt ;
Ton oeuvre bout, la mort gronde, Cité choisie !
Amasse les strideurs au coeur du clairon sourd.

Le Poète prendra le sanglot des Infâmes,
La haine des Forçats, la clameur des Maudits ;
Et ses rayons d'amour flagelleront les Femmes.
Ses strophes bondiront : Voilà ! voilà ! bandits !

- Société, tout est rétabli : - les orgies
Pleurent leur ancien râle aux anciens lupanars :
Et les gaz en délire, aux murailles rougies,
Flambent sinistrement vers les azurs blafards !

Rimbaud

Delacroix

vendredi, 16 janvier 2009

La Perle (en clin d'oeil à Lionel André)

2501_7_-_copie.JPGVoici dans le repli de notre substance la perle qui est le grain métaphysique, soustrait à la fois par le silence en lui de toute vocation terrestre à la menace du germe intérieur comme de la critique externe, une condensation de la valeur, une goutte de lait, un fruit détaché et sans tige, une solidification de la conscience, l'abstraction jusqu'à la lumière de toutes les couleurs, une conception immaculée. L'âme blessée et fécondée possède au fond d'elle même un appareil qui lui permet de solidifier le temps en éternité. C'est la perle, c'est cette réalisation de l'essence, c'est cet un nécessaire, c'est ce résumé entre nos doigts de toute possession qui sert de porte, nous dit l'Apocalypse, à la Jérusalem céleste. Elle ne brille pas, elle ne brûle pas, elle touche : fraîche et vivifiante caresse pour l'oeil, pour l'épiderme et pour l'âme. Nous avons contact avec elle. Telle est l'étoile polaire que le pèlerin taoïste va cueillir dans le moyeu même de la roue universelle : tel est le limpide joyau qui est enchâssé entre les deux sourcils de Bouddha.

Paul Claudel, L'oeil écoute

Une perle brillante exprime la réalité sans la nommer réellement ; c'est le nom de l'univers. Elle contient le passé inépuisable existant à travers le temps et parvenant jusqu'au présent. Dans le présent existent corps et esprit qui sont la perle brillante. Un brin d'herbe, les arbres, les montagnes, les rivières de ce monde ne sont pas seulement ce qu'ils sont, ils sont la perle brillante.

Dogen

Photo de Lionel André (voir ici son site : Fleuves et montagnes sans fin)

jeudi, 15 janvier 2009

Minuit vingt

10_Giorgio_De_Chirico_-_Piazza_-_Souvenir_d'_Italie.jpgMinuit vint

Minuit disparut

Minuit dix parut

Minuit vingt.

André de Richaud

Giorgio de Chirico - Piazza (Souvenir d'Italie) 1925
Olio su tela,  cm 60 x 73
Mart, Collezione L.F.,  Rovereto 

dimanche, 04 janvier 2009

Merde !

Coin_de_table.jpg"Fin janvier 1872. Dans l'entresol d'une brasserie du quartier Saint-Sulpice, les Vilains Bonhommes récitent des sonnets académiques ; Rimbaud, du fond de la salle, ponctue chaque vers d'un Merde retentissant."
Alain Borer, Rimbaud l'heure de la fuite.

Coin de table
Henri Fantin-Latour, huile sur toile, 1872.
 

vendredi, 19 décembre 2008

Chant de guerre parisien

verlaine_par_courbet.jpgLa Grand’ville a le pavé chaud,
Malgré vos douches de pétrole,
Et décidément, il nous faut
Vous secouer dans votre rôle...

J’ai résolu de vous donner une heure de littérature nouvelle. je commence de suite par un psaume d’actualité 

Rimbaud, Chant de guerre parisien, Charleville, 15 mai 1871. à Paul Demeny

Verlaine par Courbet

lundi, 15 décembre 2008

Poèmes de Sandy Bel

Joan_miro.jpgDoux vent

Imprégné du levant

 

La nuit

Est-elle finie ?

 

La ville comme une bête noyée

Sommeille 

Dans l’immense corbeille

Un chat retient la vie

D’une souris

Prête à s’échapper

 

  

                  ****

 

  

Hier

Dans l’île

Ce n’était pas possible

Maintenant

Je suis imaginaire

 

Les derniers rayons de soleil

Surtout ceux qui dérivent

Avec le vent

Et arrivent

A ma fenêtre

 

Certains, pas tous.
S’arrêtent

Et se projettent

 

Sur mon corps

En me transfigurant

 

Un instant

De silence

Ils me font belle

Comme dans un conte de fée

 

Et je prends cette chance

Sans remords

 

Heureuse j’avale une étoile

Exilée du ciel

Sandy Bel, poète amérindienne

Joan Miro

vendredi, 28 novembre 2008

Lys

P1020059.jpgô balançoire ! ô lys ! Clysopompes d'argent !
Dédaigneux des travaux, dédaigneux des famines !
L'aurore vous emplit d'un amour détergent !
Une douceur de ciel beurre vos étamines !

Rimbaud, Album zutique

Photo de Jean-Jacques Marimbert, Cathédrale d'Albi

samedi, 25 octobre 2008

Mon île

lartigue.jpgJ’aime la regarder par la fenêtre

Quand je suis seule

Sans bruit

Je crains toujours qu’ils puissent me surprendre du dehors Quand ils retournent à leur maison

Et qu’ils découvrent que je brûle pour elle

Ce sont des craintes inutiles, je ne veux pas, mais qu'y faire ?

Elles me dominent à jeun

C’est la vérité

 

 

Comme vous sans doute à cet instant

En train de me lire et de sourire sans lever les yeux vers la mer

Vous n’aimez pas les exilés. Non 

Ils n’ont pas de patrie et traînent  des maladies

J’entends vos murmures croisés, votre compassion provisoire


Mais vous la verrez forcement à un moment ou à un autre
Elle n’est pas pour moi seule, mais pour tous ceux qui attendent comme moi aux périphéries d’autres villes


Si je l’étouffe

Elle renaîtra au milieu des vagues

Et je regretterai longtemps mon geste

Mais je n’en ai pas l’intention tant qu’elle ne m’a pas renié

Je n’ai lieu qu’en elle, je l’avoue

 

Chaque matin, me lever tôt et être la première à la regarder

A six heures et demie, à la fin de l’été il n’y a personne

La rue est  humide de l’odeur de la nuit

Tournée vers elle, que mes  yeux puissent la toucher

Je prie que la mer reste calme dans l’archipel
J’attends à l’orée du doute

Puis elle se détache et flotte sur l’eau comme une tache.


Parfois à un orage passager

Elle se plie comme une ombre sous les rafales du vent presque noyé

Saisie de panique je me dis que je devrais la chercher

J’implore plus d'une fois le vent de ne pas trop appuyer son souffle sur les vagues,  tendant le cou pour essayer de l’apercevoir entièrement

 

Et j’ai mal

Plus je m’approche plus je la vois entr’ouverte, offerte par la mer

 

Je me se réjouis de l’apercevoir de ma fenêtre, de me jeter dans sa nudité

Comme une prairie claire posée sur l’eau  
Elle est superbe à cette distance
Elle vient parfois jusqu'à moi,  comme un insecte

Et quand la mer infinie l’avale en chantant, elle s'esquive.

Je hurle : reviens ! Puis je descends le store, ferme les yeux

Et refoule un long soupir

Je me dis: « Malheur au père qui a exilé tout un peuple !

Malheur à l’Amérique, cause de ma perte ! »

Et le passé, par bribes floues se réveille

Tel un serpent qui sort de la paille

Il ramène les choses sans les avoir cherchées

A cet instant

La mer pose sa main sur mon épaule
Elle me prépare

Que je sois prête

Lorsqu’elle va réapparaître sur ma rétine

 

Je ne sais pas si je suis en train de perdre mon temps ou d’y vivre de quelque façon

Je n’ai pas la réponse

 

Mais je dois me raisonner, ne pas me laisser aller

Est-ce une hallucination qui me nargue depuis l’enfance

Son appel persistant surplombe la mer et vient en moi

A cette force mystérieuse qui nous entraîne l’un vers l’autre

Je n’ai pas la réponse

Je dois vendre la maison pour acheter un bateau et embarquer vers l’île

Mon île

Sandy Bel, poète amérindienne

Photo de Jacques-Henri Lartigue

 

dimanche, 19 octobre 2008

Ma patrie, un bout de l’éternité

GORGES DE L'HERAULT (12).jpgMa patrie,  un bout de l’éternité.

Un lieu sans lieu peint sur un mirage, ailleurs.

 

J’ai oublié ses rives.

Je n’ai aucun moyen de les revoir, ni d’ailleurs aucune envie.

 

A cause du pain qui est cher et  l’hystérie des colons.

 

Je me souviens  de la  nuit  où je suis partie.  

Il faisait noir.

J’avançais courbée à travers les fleuves taris, le front étincelant de désespoir et les mains implorant du ciel une chose qui me précède.

 

Et plus tard quand une mémoire de larmes me prendra par le cou, comment y retourner ?

Comment retrouver, l’absurde territoire au milieu des cendres ?  

La guerre est  terrible.

Elle a tout décimé.

L’avenir, le présent et le passé.

 

Souvent entre les eaux du sommeil, mon rêve entrouvre une porte sur une terre entourée de paysages où tout est changé pour le mieux…

Du haut de mon nid d ‘aigle,  je vois des fleurs sur les tables dans les cafés, au cœur de la foule le méchant  Bascom  qui  est devenu aveugle, distribue tout son argent , mettant fin à son règne tyrannique depuis deux mille ans mais marquant son retour à Dieu.

Quelle effervescence dans la ville au répit qui se maquille ?

 

Et je sens comme un feu s’allumer au coin de mon cœur et réchauffer mon visage.

Je ne m’étonne de rien mais avant d’entrer à l’aurore  je m’approche avec le désir du partage.

 

A l’improviste, le vent se lève et arrête le mouvement impétueux de mes yeux.

Une poussière  se met  à danser autour de ma tête.

 

Chuchotement de défaite. Silence de l’énigme qui crache son étrangeté. Perte des repères de la ligne du cœur.

Dans l'impatience tout demeure inaccessible.

 

Sans parvenir à m’éloigner, triste je tourne, je tourne encore à la recherche d’un autre chemin de la plaine reconquise qu’on raconte dans  les légendes.

 

A l’heure ou Les ampoules s’éteignent, l‘aube tombe le rêve sur la grève, sa douleur retient une ombre qui dort toute nue. Il n’y a ni distance entre nous ni vent.

Est-ce mon image ce rêve qui porte un visage familier?

 

Un soir je reviendrai dans la lumière électrique.

J’y  courrai avec les oiseaux migrateurs en brassant l’air comme dans un rêve.

 

Sandy Bel, poète amérindienne

Photo de Gildas Pasquet

dimanche, 28 septembre 2008

La poésie Tang, vue par JLK

Lire et voir ici

samedi, 27 septembre 2008

Solaris

Bernini_Therese_detail.jpgTu te souviens de la voix recréée hors de toi
L'enfance au bout des doigts ...... la peau doublée plus loin
Plus loin l'image de tes yeux derrière tes yeux

Clos

S'absente .... tu étais vol au dessus
Des mares de glace proche du sommeil
Vol au dessus statues ravies vite défaites

Tombées

Les traces au seuil portes ouvertes
Portes fermées comme l'irrigation séculaire
De ta langue pulmonaire

Charbon

Remué et charrié jusque dans le ventre
A l'abri de l'écume tu étais toi
Et toi à l'aller sombre ..... toi dormant

Scelle le temps

Juliette Guerreiro

Bernini, détail, Sainte-Thérèse

Ce premier matin de liberté

stphalle.jpgJe n’ose pas y croire

Ce premier matin de liberté découpe la lumière en aubes nouvelles

Le parfum d’espoir remplit le ciel de juillet

Les revenants arrivent ivres de fatigue, les mains posées sur leurs plaies qui saignent encore

Ils marchent vers nous baisant à chaque pas les lèvres de la terre

Les volontaires déverrouillent les portes des huttes

Les femmes déformées par leur grossesse chantent pour le plaisir de chanter

Les vieux que l’on croyait éteints s’éveillent de leur torpeur et hurlent à pleins poumons « liberté »

 

Sandy Bel, poète amérindienne

Nikki de Saint Phalle

vendredi, 26 septembre 2008

Les anges ont faim

DSCN1594.jpgJe ne veux pas les couleurs
Pas les croyances, pas l’autre
Boire la terre
Boire la terre indifférente
Je ne veux pas la terre
Pas la terre
Les amas, les sculptures d’os
Des fleuves de sang coulent
Jusque moi et je ne peux
T’oublier

Je ne veux pas la peau
Pas de sens, pas moi
Croire les rêves
Croire les rêves insouciants
Je ne veux pas des rêves
Pas les rêves
Des miroirs brisés entament
Fragiles, fragile ma joue
S’écaille et coule le bleu tout
Contre toi

Je ne veux pas le temps
Pas de volets, pas toi
Fermer les paupières
Fermer les paupières déliées
Je ne veux pas les paupières
Pas les paupières
Des tempêtes lissées courent
Tendues, tendu le sein
Brûlent nouées nos estomacs
Mutilés
Juliette Guerreiro

Photo de Nina Houzel