jeudi, 30 juillet 2026
Raoul Vaneigem
Son Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations m'a accompagné de longs mois autour de mes vingt ans. En lisant la Nécro du Monde, j'ai appris qu'il venait du Hainaut, en Belgique, de même que René Magritte et Louis Scutenaire. Et que Raymond Queneau l'avait défendu à Gallimard. Sacré Queneau, toujours sur les bons coups !
19:04 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : raoul vaneigem, raymond queneau
mardi, 28 juillet 2026
Ca me sufffit
Après le coup d’état de Napoléon le petit, en exil à Bruxelles, Victor Hugo écrit : « Une fois ceux que j’aime en sûreté, qu’importe le reste : un grenier, un lit de sangle, une chaise de paille, une table et de quoi écrire, ça me suffit. »
09:09 Publié dans Grands textes, Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : victor hugo
samedi, 18 juillet 2026
Se doute-t-il ?
Quand Gustave Flaubert écrit ces mots, dans une longue lettre à Louise Colet, le 16 janvier 1852, se doute-t-il qu'ils vont hanter des générations d'écrivains ?
« Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet, ou du moins le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. »
Photo de Krissy Hunt
08:45 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gustave flaubert, krissy hunt
dimanche, 14 septembre 2025
Maigret voyage
Simenon, mais si ! Quel talent quand même ! Une affaire délicate, celle-ci. Elle se passe chez les riches, les ultra-riches comme on dirait aujourd'hui. Et du coup Maigret n'est pas à son aise, ce n'est pas son milieu. Les règles ne sont pas les mêmes, il lui faut prendre des gants, arrondir les angles. Il lui faudra deux jours d'imprégnation, à l'intuition comme d'habitude : il voyage, Monte-Carlo, Lausanne, des palaces évidemment, avant de revenir au point de départ de l'affaire : l'hôtel Georges V. On a droit à sa visite hallucinante en pleine nuit, y compris de l'envers du décor, ce que les clients ne voient pas, de tout le personnel au service de... Maigret "enregistrait tous les détails, machinalement." C'est toujours comme ça qu'il trouve...
11:33 Publié dans Critique, Histoire littéraire, Les oubliés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges simenon, maigret
jeudi, 04 septembre 2025
Hugo sur Baudelaire
« J'ai reçu, Monsieur, votre noble lettre et votre beau livre. L'art est comme l'azur ; c'est le champ infini. Vous venez de le prouver. Vos Fleurs du mal rayonnent et éblouissent comme des étoiles. Continuez. Je crie bravo de toutes mes forces à votre vigoureux esprit.17:44 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : baudelaire, victor hugo
jeudi, 09 janvier 2025
Victor
Tu t'attends à des détails sur Victor Hugo. Que veux-tu que je t'en dise ? C'est un homme comme un autre, d'une figure assez laide et d'un extérieur assez commun. Il a de magnifiques dents, un front superbe, pas de cils ni de sourcils. Il parle peu, a l'air de s'observer et de ne vouloir rien lâcher ; il est très poli et un peu guindé. J'aime beaucoup le son de sa voix. J'ai pris plaisir à le contempler de près ; je l'ai regardé avec étonnement, comme une cassette dans laquelle il y aurait des millions et des diamants royaux, réfléchissant à tout ce qui était sorti de cet homme assis alors à côté de moi sur une petite chaise, et fixant ses yeux sur sa main droite qui a écrit tant de belles choses. C'était là pourtant l'homme qui m'a le plus fait battre le cœur depuis que je suis né, et celui peut-être que j'aimais le mieux de tous ceux que je ne connais pas. On a parlé de supplices, de vengeances, de voleurs, etc. C'est le grand homme et moi qui avons le plus causé ; je ne me souviens plus si j'ai dit des choses bonnes ou bêtes, mais j'en ai dit d'assez nombreuses.
Gustave Flaubert, à sa sœur, décembre 1843.
10:54 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : victor hugo, gustave flaubert
vendredi, 20 décembre 2024
Sagan l’insaisissable
Jean-Paul Sartre m'a dit un jour :
"Les gens très intelligents ne peuvent pas être méchants, car le mal requiert de la bêtise et une pensée limitée."
Françoise Sagan
Très belle émission, Sagan l’insaisissable, ici :
https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison...
16:36 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françoise sagan
lundi, 07 octobre 2024
Justesse de Sartre sur Kafka
"Son univers est à la fois fantastique et rigoureusement vrai."
11:37 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kafka, jean-paul sartre
jeudi, 22 août 2024
Ces écrivains français, tout de même, quels noms ils portent
Ces écrivains français, tout de même, quels noms ils portent. Molière, Sévigné, La Fontaine, La Rochefoucauld, La Bruyère, Racine, Boileau, Vauvenargues, Voltaire, Sade, et, plus tard, Céline, Genet... On dirait un paysage, avec ses vallons, ses prairies, ses rivières, ses arbres, ses puits d’ombre, ses clairières, ses fleurs.
Philippe Sollers, Éloge de l'infini
Photo : Caroline Mitchell
11:20 Publié dans Grands textes, Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers
mercredi, 24 juillet 2024
Méfiez-vous des romanciers
En 1832, à la tête des conservateurs, le baron Thénard s'opposa farouchement au projet de Victor Hugo de réduire de 16 heures à 10 heures la durée du travail journalier des enfants. Thénard devint le "Thénardier", le couple d'aubergistes qui maltraite Cosette...
23:13 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : victore hugo
samedi, 06 juillet 2024
Audrey et Colette
Audrey Hepburn et Colette en 1951. Audrey se préparait alors à jouer Gigi à Broadway et était venue recueillir les derniers conseils de l'auteur à Paris.
12:05 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : audrey hepburn, colette
mercredi, 08 mai 2024
Le questionnaire Pivot

09:00 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bernard pivot
Robert Doisneau : Bernard Pivot chez lui, 7 avenue Niel, le 14 février 1985.

08:58 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bernard pivot
lundi, 26 février 2024
Proust en famille
Marcel Proust, à la droite de sa mère et son jeune frère Robert, à gauche, qui a fait des études de médecine et est devenu chirurgien…
12:59 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marcel proust
samedi, 17 février 2024
Voilà son style
"Voilà son style, dont il dit lui-même qu'il est "horriblement difficile à imiter, car il n'est qu'une suite de nuances vraies."19:06 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal, ernst haas, philippe sollers
jeudi, 11 janvier 2024
Correction des épreuves : Ulysse de Joyce

11:43 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : james joyce
vendredi, 04 août 2023
Léon-Paul Fargue à propos de Saint-Exupéry
« Son visage était complet : à la fois sourire enfantin et sérieux du savant ; héroïsme discret et fantaisie spontanée ; beauté de l’œil et souplesse du corps ; compétence en technique, en sport, en poésie, en politique, en morale, en camaraderie, en élégance d’âme. C’était toujours un événement que de lui serrer la main. On l’apercevait, on l’abordait, on s’emplissait d’idées nouvelles, de sentiments purs, et l’on était heureux. »
14:48 Publié dans Histoire littéraire, illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léon-paul fargue, saint-exupéry
vendredi, 21 juillet 2023
Rilke et Valéry à Anthy sur Léman, septembre 1926

16:37 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 13 juin 2023
Eveil
« L’éveil sollersien est un temps complexe, à la fois très long et très court : c’est un éveil naissant, un éveil dont la naissance dure. »
Roland Barthes, Sollers écrivain, p. 29
04:12 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roland barthes, philippe sollers
samedi, 03 juin 2023
Le divin Philippe Sollers
Par Alexandre Folman, la Revue des deux mondes, 19 mai 2023
Avec la disparition de Philippe Sollers survenue le 5 mai 2023, c’est une certaine idée de la littérature qui s’en va. Philippe Sollers y voyait une affaire à prendre très au sérieux, même la plus importante qui soit.
Il tenait la littérature pour la plus secrète matrice de notre monde, celle qui transcende les contingences du présent et éclaire les mystérieuses ruelles escarpées et zigzagantes de l’esprit humain, forcément vénitiennes pour cet amoureux de la Sérénissime et du Tintoret.
Sollers considérait que « l’existence est une illusion d’optique : la littérature est là pour la renverser. » Il avait compris mieux qu’un autre la valeur heuristique du roman. Elle l’habitait. Il y a consacré sa vie.
C’est-à-dire qu’il considérait vraiment la littérature comme le lieu de la vérité de l’être, au sens le plus heideggérien du terme qui soit, absolu, sans voile, tel qu’à lui-même. En ce sens, Sollers était donc déjà d’une certaine façon à lui tout seul un personnage de roman, parlant depuis et avec les livres.
En y repensant, c’est d’ailleurs l’impression fascinante qu’il pouvait donner parfois par son style extrêmement libre, d’une virtuosité constante dans son usage du langage. L’air madré et exégète, il semblait en permanence être détenteur d’ésotérismes jubilatoires ou d’apocryphes précieux. Il paraissait appartenir à un infra monde et arpenter ses lignes de force en voyageur du temps.
Sollers naquit Joyaux, ça ne s’invente pas. Il incarna cinquante ans durant, en tant qu’écrivain et éditeur, la figure radicalement solaire de l’homme de lettres germanopratin, érudit en diable et à l’élan vital débordant.
Deux traits de caractère foncièrement imbriqués pour celui qui s’était choisi pour pseudonyme quasi homophonique « tout entier art » en latin. Cela annonçait donc la couleur : chatoyante et intelligente, celle d’Éros et d’Hermès, des Lumières étincelantes du XVIIIe sa seconde patrie.
Sollers ou le perpétuel hymne à la joie, donc Mozart. Sollers ou le gai savoir, donc Nietzsche. Et tant d’autres : Dante, Voltaire, Casanova. Joueur et rieur, il aimait les masques et être où on ne l’attendait pas.
Cela avait démarré avec ses deux improbables parrains à tout juste 20 ans, et pas des moindres, Mauriac et Aragon, pour Une curieuse solitude, premier roman qui marqua son entrée en littérature. L’Église et le Parti. Sollers d’emblée Janus, tout à tour maoïste puis ultramontain.
Brouiller les pistes, toujours. L’art de la dissimulation, de l’esquive, du clair-obscur était chez ce lecteur averti des Jésuites, une seconde nature. Sa profession de foi.
La guerre de Sollers, celle du goût comme il l’avait nommée, se voulait souterraine et subversive, à la fois patiente à travers l’édition dont il fut le condottiere au Seuil puis à « la Banque centrale » Gallimard, soudainement éclatante et gentiment machiavélique à travers les médias dont il fut l’enfant chéri (Apostrophes, Le Monde des Livres).
Mais une guerre qui était aussi et surtout exigeante. Sollers a été un véritable stakhanoviste. Et pour cette raison, son œuvre restera. Il a publié et fait publier plusieurs centaines de livres. Il y eut bien sûr aussi les revues, fondamentales.
D’abord Tel Quel avec Jean-Edern Hallier au Seuil. Haut lieu expérimental de rencontre entre l’avant-garde et les classiques qui fédéra notamment Roland Barthes, Michel Foucault, Jacques Derrida, Francis Ponge. L’époque qui s’y reflétait était au maoïsme, à la psychanalyse et au structuralisme.
Puis vint L’Infini chez Gallimard avec ce même souci d’exploration esthétique, frondeur et précurseur au risque de fréquenter les infréquentable. La moraline ce n’était pas le genre de Sollers. Il eut le courage de regarder en face certains astres noirs de la littérature, qu’il s’agisse de Céline, de Sade, d’Artaud, de Bataille et d’autres antimodernes. Certainement pour mieux voir le monde ? Pari réussi.
Sollers fut à lui seul le centre de gravité de la vie littéraire et des idées des cinquante dernières années. Ce n’est pas rien et ce n’est pas si fréquent. Vite, la Pléiade pour le divin Sollers !
Alexandre Folman
20:46 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers


















