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lundi, 03 avril 2006

Remembrance of things past

Une bonne nouvelle, apprise sur le blog de Pierre Assouline : A la recherche du temps perdu, en anglais s'appelait : Remembrance of things past ; depuis peu c'est In search of lost time !

jeudi, 23 mars 2006

Allégorie de toute mon œuvre en quelque sorte

« A 6 ou 7 ans, ma tante m’a emmené faire un tour dans la campagne. Elle était un peu farceuse et un moment elle me dit : “Je me demande si on ne s’est pas perdus.” J’ai eu une trouille ! Puis honte d’avoir eu si peur. Sans doute pour surmonter cette honte, j’ai décidé, aussitôt rentré à la maison, d’écrire un livre, j’avais son titre, La Peur. Avec du bristol découpé, j’ai fait la couverture, mais je me suis arrêté là. Allégorie de toute mon œuvre en quelque sorte », résume-t-il en souriant.

Jacques Réda, flâneur à vie, à lire ici

jeudi, 09 mars 2006

Nova langue

Voici un joli texte sur le langage pris sur le blog de Lydia, la quelle cite Claude Simon qui cite lui-même Novalis, merci à tous...

 Claude Simon conclut sa série d'entretiens, par la lecture de ce fragment :

"Il y a quelque chose de drôle, à vrai dire, dans le fait de parler et d'écrire ; une juste conversation est un pur jeu de mots. L'erreur risible et toujours étonnante, c'est que les gens s'imaginent et croient parler en fonction des choses. Mais le propre du langage, à savoir qu'il est tout uniment occupé que de soi-même, tous l'ignorent. C'est pourquoi le langage est un si merveilleux et fécond mystère : que quelqu'un parle tout simplement pour parler, c'est justement alors qu'il exprime les plus originales et les plus magnifiques vérités. Mais qu'il veuille parler de quelque chose de précis, voilà alors le langage et son jeu qui lui font dire les pires absurdités, et les plus ridicules. C'est bien aussi ce qui nourrit la haine que tant de gens sérieux ont du langage. Ils remarquent sa pétulante espièglerie ; mais ce qu'ils ne remarquent pas, c'est que le bavardage négligé est justement le côté infiniment sérieux de la langue. Si seulement on pouvait faire comprendre aux gens qu'il en va, du langage, comme des formules mathématiques : elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n'expriment rien si ce n'est leur propre nature merveilleuse, ce qui justement fait qu'elles sont si expressives, que justement en elles se reflète le jeu étrange des rapports entre les choses. Membres de la nature, c'est par leur liberté qu'elles sont, et c'est seulement par leurs libres mouvements que s'exprime l'âme du monde, en en faisant tout ensemble une mesure délicate et le plan architecturale des choses. De même en va-t-il également du langage : seul celui qui a le sentiment profond de la langue, qui la sent dans son application, son délié, son rythme, son esprit musical; - seul celui qui l'entend dans sa nature intérieure et saisit en soi son mouvement intime et subtil pour, d'après lui, commander à sa plume ou à sa langue et les laisser aller : oui, celui-là seul est prophète. Tandis que celui qui en possède bien la science savante, mais manque par contre et de l'oreille et du sentiment requis pour écrire des vérités comme celles-ci, la langue se moquera de lui et il sera la risée des hommes tout comme Cassandre pour les Troyens (...)"

Monologue - Novalis (1798)

jeudi, 02 mars 2006

Roman ou réalité ?

La vie est mal faite: aux Etats-Unis on reproche au roman de ne pas être vrai, en France on lui reproche de l'être trop. Deux récentes «affaires» littéraires montrent à quel point l'art du roman est devenu difficile, paradoxal, complexe et menacé.

A lire ici

mardi, 21 février 2006

Tout d'un coup, un silence absolu, très particulier, se faisait dans la librairie

Le président qui aimait les livres, à lire ici

lundi, 13 février 2006

Le texte de Fernando Arrabal sur le procès de l’écrivain Michel Houellebecq

Fernando Arrabal connaît parfaitement le délit de blasphème, c'est à cause de lui qu'il fut jugé par un tribunal franquiste. L'écrivain jovial et souriant a enthousiasmé l'auditoire...medium_houellebecq_arrabal.jpg 

Texte de Fernando Arrabal sur le Procès de Michel Houellebecq (in " L’infini". Hiver 2002 - Numéro 81)

Ici le site de Arrabal

dimanche, 04 décembre 2005

La maîtrise complète de toutes les dimensions du temps

En réalité, c'est une question de temps. Il est arrivé quelque chose au temps, et la révolution, ici, tout de suite, n'a pas d'autre objectif, mais « grandiose », que la maîtrise complète de toutes les dimensions du temps.

(A lire en entier ici, cet article sur la Correspondance de Guy Debord)

vendredi, 18 novembre 2005

La vérité sur le Goncourt

Dans les coulisses d'une délibération, cliquez...

jeudi, 17 novembre 2005

Debord, Lacan, Joyce et les autres

Fa-bu-leux, vous pouvez, entre autres, les voir, les entendre, sur le site de Stephane Zagdanski

mercredi, 09 novembre 2005

Pour ne pas en finir avec Michel Houellebecq

Ce qui caractérise Michel Houellebecq il me semble c'est la lucidité. Comme pour beaucoup de gens - sauf que chez lui c'est de manière réfléchie, il sait jouer avec les médias, il s'en amuse, s'en moque quand il veut. Nietzsche a écrit dans "Le crépuscule des idoles" : "Même le plus courageux d'entre nous a rarement le courage d'assumer ce qu'il sait", Houellebecq repousse cette limite - en tout cas il s'efforce de, et bien sûr on ne s'aventure pas sans risques dans ces zones dangereuses, il lui arrive de déraper, de se tromper - mais c'est en ça qu'il est un grand auteur. Comme Proust, Kafka, Artaud, Shakespeare et quelques autres qui ont su chacun à leur manière repousser certaines limites et nous éclairer sur des aspects de l'âme humaine que sans eux nous n'aurions fait qu'entr'aparcevoir. Quoiqu'il arrive, ce sont toujours ces auteurs-là qui gagnent, à la fin. Ce n'est pas le choix de la facilité, libre à chacun d'aller voir ou non de ce côté-là.

lundi, 07 novembre 2005

Toute ressemblance...

Nous sommes très longs à reconnaître dans la physionomie particulière d'un nouvel écrivain le modèle qui porte le nom de " grand talent " dans notre musée des idées générales. Justement parce que cette physionomie est nouvelle, nous ne la trouvons pas tout à fait ressemblante à ce que nous appelons talent. Nous disons plutôt originalité, charme, délicatesse, force ; et puis un jour nous nous rendons compte que c'est justement tout cela le talent.
(Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

samedi, 05 novembre 2005

Lettre à Max Brod

Mon cher Max, peut-être ne me relèverai-je plus cette fois; il est fort probable qu'après ce mois de fièvre pulmonaire une pneumonie se déclarera; et même le fait que je l'annonce par écrit ne pourra pas l'empêcher, encore que cela ait quelque pouvoir. Voici donc dans cette éventualité ma dernière volonté au sujet de ce que j'ai écrit : De tout ce que j'ai écrit, seuls les livres Verdict, Soutier, Métamorphose, Colonie pénitentiaire, Médecin de campagne, et le récit Un artiste de la faim sont valables (les quelques exemplaires de Regard peuvent rester, je ne veux donner à personne la peine de les mettre au pilon, mais rien ne doit être réimprimé). Quand je dis que ces cinq livres et ce récit sont valables, cela ne signifie pas que je souhaite qu'ils soient réimprimés et transmis aux temps futurs; s'ils pouvaient au
contraire être entièrement perdus, cela correspondrait entièrement à mon désir. Simplement, puisqu'ils existent, je n'empêche personne de les avoir, si quelqu'un en a envie. En revanche, tout le reste de ce que j'ai écrit (les textes imprimés dans des revues, les manuscrits, les lettres), […] tout cela sans exception doit être brûlé, ce que je te prie de faire le plus tôt possible.
Franz

vendredi, 04 novembre 2005

Ré-primé

Houellebecq, en tout cas, a quelque chose à dire, et il le dit avec tant de force que le monde entier l'entend. Et que, primé ou non, c'est à lui que tout le monde s'intéresse, même si c'est pour le décrier !

Alina Reyes

mercredi, 02 novembre 2005

L’élection de Pierre Autin-Grenier à l’Académie Française (nouvelle mouture)

Le hasard m’a fait intercepter cet article du « Chasseur français » du 16 avril 2008, le voici en substance…


Une foule avenante et bigarrée se pressait hier, sous la Coupole, pour la réception à l’Académie Française de Pierre Autin-Grenier, au fauteuil de Jean d’Ormesson. Nombre de ses amis étaient là, déjà académiciens comme Jean-Pierre Ostende, Jean-Claude Pirotte et Gil Jouanard ou avec l’espoir de l’être un jour comme Eric Holder ou Philippe Delerm. Très élégant dans son costume dessiné par Christian Lacroix, l’œil pétillant et la démarche altière, l’ancien soixante-huitard dont on connaît le talent et l’ironie mordante a laissé quelque peu perplexe une partie de ses auditeurs en prononçant l’éloge de l’ancien directeur du Figaro Magazine : « Homme de plume mais aussi de combat et ce qui ne gâte rien, d’une immense culture, Jean d’O - comme l’appelaient ses nombreux amis – s’il n’a cessé de côtoyer les puissants, n’en aura pas moins été un défricheur, un chercheur inlassable de vérité. Seul contre tous, il n’hésitera pas à jouer les trouble-fête après mai 1981, à se dresser courageusement, tel Hugo face à Napoléon III, contre François Mitterrand et à faire du Figaro, le grand journal de la contestation d’alors, un rempart contre la pensée unique et une nécessaire alternative, un scrupuleux antidote (...) C’est à cet homme de résistance que je veux rendre hommage aujourd’hui, c’est ce compagnonnage que je revendique, celui de l’irrévérence et de la libre parole, même si nos convictions ont souvent été diamétralement opposées, concluait-il… » Quolibets et noms d’oiseaux ont alors fusé ci ou là, vite recouverts par les applaudissements d’usage et le sourire entendu de quelques uns. Tout cela fut oublié grâce à l’éloquence vibrante de Bertrand Poirot-Delpech qui, prononçant l’éloge de Pierre Autin-Grenier, mit l’accent sur « l’ironie convulsive, l’impertinence consubstantielle du nouvel académicien » : « il n’a jamais voulu appartenir à aucune école, sinon celle des « Moins que rien » , sous lequel un journaliste fort pertinent – cela existe, c’est prouvé, ajoutait-il - avait regroupé, dans les années quatre-vingt-dix, quelques unes des plus solides – et des plus caustiques - plumes du moment. Tels ces écrivains du bâtiment dont Hemingway conseillait au siècle dernier la fréquentation aux débutants, Autin-Grenier n’a cessé d’être prolixe. Lui le maître du « fond de court » surprit son monde en montant au filet, se lançant avec le succès que l’on sait dans le roman grâce à « Friterie-bar Brunetti ». Dès lors rien ne l’arrêta plus. Devenu, après avoir surfé sur la victoire du non au référendum de 2005, le maître à penser de la nouvelle gauche, sa notoriété grandissant, il entreprit son grand virage à droite pour soutenir (victorieusement) la candidature de Ségolène Royal à la Présidentielle de 2007. Devenu une véritable icône, il publia alors un poignant plaidoyer: « Je ne suis pas un bobo ! » où l’émotion de l’ancien gauchiste blessé dans son amour-propre transpirait à chaque ligne. Son œuvre n’est pas terminée heureusement, et lui qui fit de la célèbre boutade : « Il poursuivait une idée fixe, il était surpris de ne pas avancer ! » un de ces chevaux de bataille, ne manquera pas de nous surprendre encore, n’en doutons pas, puisque le voilà bien reverdi  ! »

C’est dans un des quartiers du vieux Lyon qu’il affectionne tant, qu’une partie de cette joyeuse assemblée, par un TGV spécialement affrété, s’est rendue ensuite, pour fêter cet irrésistible événement. Et le vin blanc, comme il se doit, a coulé jusqu’à une heure fort avancée de la nuit ! Les plus vieilles institutions ont parfois aussi leurs moments de folie…

 

samedi, 29 octobre 2005

Une terre chtonienne

A l'entrée de Naples, il y a les Champs Phlégréeens, une terre chtonienne, avec la Solfatare de Pouzzoles, où Virgile situe l’entrée des enfers.

"Énée, rescapé de Troie que les Grecs ont prise d’assaut au terme de dix longues années de siège, aborde les rivages de Cumes. Il vient consulter la prêtresse, la fameuse Sybille, qui lui révélera l’avenir et lui indiquera la voie à suivre pour accomplir son destin et fonder en Occident la cité nouvelle dont la gloire et la puissance parviendront à estomper le prestige de la Troie d’hier. Ensemble, par une nuit sans lune, ils descendent au milieu des volcans et pénètrent dans le royaume des morts. Énée recevra ainsi des dieux la devise qui fera la grandeur de Rome : « Voilà quel sera ton destin : imposer la paix au monde, épargner les vaincus et écraser les superbes »."

lundi, 24 octobre 2005

La nuit sera blanche et noire

Ne m'attendez pas ce soir, car la nuit sera blanche et noire

Mot d'adieu de Gérard de Nerval le 26 janvier 1855

Le singe qui chauce les sollers

medium_b2_07.jpgLe singe qui chausse les chaussures du chasseur

(Bestiaire médiéval, source BNF)

A voir ici

dimanche, 23 octobre 2005

Notes

Certains maniaques, dans la marge du livre aux pages fiévreusement coupées, ne peuvent s'empêcher de déposer, comme instinctivement, le résultat à peine intelligible de leur réflexion. Font un livre, hybride, avec l'oeuvre lue. Il arrive que leurs remarques soient plus intéressantes que le discours qui les a provoquées.

Georges Perros

La possibilité...

L'arrivée d'un écrivain comme Michel Houellebecq (étant donné l'aspect profondément novateur de ce qu'il propose), outre le fait qu'elle ringardise ipso facto la quasi-totalité de la production actuelle, est très stimulante. Ce qu'on croyait figé voire moribond depuis trente ou quarante ans ne l'était pas : on peut aujourd'hui dire quelque chose de totalement nouveau à travers la littérature et en français. Nous voilà d'un coup réconciliés avec le passé récent et en même temps notre regard sur l'avenir a changé...

mercredi, 19 octobre 2005

Autant en emporte le vent

Ce fameux titre de livre et de film, bien avant d'avoir servi de traduction à "Gone with the wind", trouve sa source dans une expression vieille de cinq siècles.

Pour désigner des promesses non tenues, c'est au XV ème siècle que l'expression prend sa forme proverbiale.

Si elle apparaît déjà dans une moralité de 1426 (nous dit le "Dictionnaire commenté des expressions d'origine littéraire, les allusions littéraires" de Jean-Claude Bologne, Larousse, 1989) : "Trop bien oyons blasmer les vices, Mais autant emporte le vent, c'est Villon qui lui assure un succès durable en en faisant le refrain de sa "ballade en vieil langage françois" :

Ont ils bien bouté soubz le nez ?

Autant en emporte ly vens.

On peut même remonter plus haut. Avant de prendre forme proverbiale, l'expression est fréquente sous des formes variées, comme dans la célèbre "Complainte Rutebeuf" réactualisée en son temps par une chanson de Léo Ferré :

Ce sont ami que vens emporte,

Et il ventoit devant ma porte :

Ses emporta