mercredi, 10 octobre 2012

« Nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force. »

Philippe_Sollers_photo_Sophie_Zhang_Gallimard.jpgQue dit La Rochefoucaud ? « Nous n'avons pas assez de force pour suivre toute notre raison. » Correction de la fille de Madame de Sévigné : « Nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force. » C'est une femme qui le dit à une autre femme. Ce que je vois se dessiner là, c'est une tout autre conception de la raison et de la force. Lautréamont dans Poésies ne fait pas autre chose que de retourner Pascal, La Bruyère...

Lire l'article entier dans Transfuge, ici

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vendredi, 08 janvier 2010

Le libertin libertaire

A lire ici par JLK une interview (tonique) de Jean-Jacques Pauvert

jeudi, 21 août 2008

A propos de "Guerres secrètes"

Voir ici

vendredi, 18 avril 2008

Je crois simplement en l'homme

Je crois simplement en l'homme. Je ne suis pas du tout raciste. Je respecte l'homme européen. Je connais son histoire. Je respecte le peuple français. Je respecte tous les hommes quels qu'ils soient, mais je pense aussi qu'il faut leur faire la leçon et leur dire que l'homme nègre, ça existe et que lui aussi il faut le respecter.

Lire ici sur le blog de Bona Mangangu un entretien avec Aimé Césaire

mercredi, 12 décembre 2007

A propos de "Eloge de l'infini"

Voir ici le passage de Philippe Sollers à "Bouillon de culture"

mercredi, 14 novembre 2007

Franck Pavloff

 

82974042c1f070ca955c6e1ac7df2b88.gifVoici un entretien que j'avais réalisé avec l'écrivain Franck Pavloff  (le 11 février 2004) pour la revue Salmigondis n° 21 (un dossier lui était consacré)

Ø Il y a chez vous en tant qu’écrivain un désir de parler du réel.  Pourquoi avoir choisi la fiction ?

Je suis un écrivain du réel, inscrit fortement dans la vie sociale ; c’est ça pour moi le réel.   Professionnellement aussi, ce qui m’intéresse c’est la réalité du monde. Mais je ne suis pas journaliste ; le privilège de l’écrivain c’est de s’appuyer sur le réel pour en dire plus. Bizarrement, si on ne parle que du réel, on ne s’approche pas forcément de la réalité.  Par exemple ici, nous sommes dans un bar, il y a des gens autour, apparemment tout est calme, mais il se passe peut-être dans leur vie des tempêtes, des drames, des bonheurs, qu’on ne voit pas. L’écriture justement, permet de raconter cela. C’est dire l’autre face du réel. La fiction c’est cette capacité qu’un écrivain doit avoir de pousser le réel dans ses retranchements. Pour y mettre de la tension.  Et la fiction quand elle est réussie, c’est aussi ce qui permet d’atteindre à l’universel.

ØVous êtes un écrivain intéressé par d’autres formes d’expression ?

Oui, je trouve que l’écriture est un support un peu lent. J’ai envie de me frotter avec d’autres moyens d’expression, la photo, le théâtre, le cinéma. Aujourd’hui, ce qui raconte le plus le monde aux jeunes, c’est l’image ; je suis très intéressé par un échange avec d’autres formes d’expression. Les arts plastiques ont fait un travail que l’écriture n’a pas fait ; il me semble que l’écriture reste policée, elle est un peu “ le gardien du temple ”.  Pourtant l’invention de l’image animée a changé l’écriture. Le polar est à peu près contemporain du cinéma. L’écriture de polar, par la tension qu’elle implique, a changé la donne. C’est pour ça que j’aime le roman noir, car il implique une écriture comportementaliste, ce qui constitue un bouleversement par rapport au roman psychologique du XIX ème.

ØVous êtes spécialiste du droit des enfants, vous intervenez à ce titre pour des tribunaux, et vous êtes aussi directeur de collection pour la jeunesse : c’est un aspect important de votre activité ?

Oui j’ai toujours beaucoup travaillé avec les jeunes : l’avantage du roman noir pour eux c’est qu’il reflète leur vie de tous les jours : on parle d’eux, en un sens le livre leur appartient, ce n’est pas un objet éloigné du réel, de leur réel, il devient accessible. Le noir aussi c’est la couleur de l’initiation, le roman noir c’est un roman d’initiation : comme dans les rites initiatiques en Afrique par exemple, où le héros doit traverser un certain nombre d’épreuves avant d’entrer dans le monde des adultes. C’est ce qui fait la différence avec le roman noir pour adultes ; dans le roman jeunesse, le héros doit sortir vainqueur de l’épreuve.

Sinon j’ai écrit aussi pour dénoncer la maltraitance des enfants, la prostitution en Asie notamment : sur ce genre de sujets l’écriture s’avère à mon sens un meilleur moyen d’expression, car la télévision parfois n’échappe pas au voyeurisme. Et puis il y a cette liberté de la lecture, qu’on peut interrompre à son gré et qui n’existe pas avec le défilement des images. Sur ces questions du droit des enfants, je travaille avec des ONG, Terre des Hommes Lausanne, Handicap International, etc. et c’est un travail qui a commencé de porter ses fruits, il existe maintenant des lois pour lutter contre le tourisme sexuel : pour faire avancer le droit des enfants, il faut un “ coup de gueule ” puis un “ coup de droit ” , c’est ainsi !

ØVous voyagez beaucoup : que pensez du monde aujourd’hui ?

Je ne suis pas pessimiste pour le monde, il est terriblement complexe, mais je trouve beaucoup d’intérêt chez les jeunes, ils ne font pas que regarder la télévision. Suite à “ Matin brun ”, je suis intervenu dans des dizaines et des dizaines de classes, et j’y ai rencontré beaucoup d’enthousiasme, de nombreux jeunes ont envie de faire autre chose aujourd’hui…

Ø  Sur l’île déserte, quel(s) livre(s) emporteriez-vous ?

“ Les saisons ” de Maurice Pons, un livre qui m’emporte dans un imaginaire lourd de sens, où la dérision se mêle à la poésie, l’or à la suie, un univers d’images glaciales et brûlantes, que je lis et relis, chahuté par le rire, l’émotion, la tendresse et le désespoir. Ensuite un exemplaire de la Pléiade avec au moins 2000 pages de  papier bible vierges (je triche un peu), et écrire enfin totalement isolé du monde réel et apprivoiser la page blanche.

 

lundi, 04 septembre 2006

L’imposture elle-même est l’âme de la vie sociale

l’imposture elle-même est l’âme de la vie sociale. Sans elle, l’authenticité ne peut rien. Sans une dose d’imposture, même le plus authentique des parangons de vertu n’est pas complet, car l’authenticité elle-même est obligée de composer avec l’imposture. Examinez attentivement ceux que vous considérez comme des êtres absolument véridiques et vous découvrirez toujours la petite dose d’imposture qui leur a permis d’être reconnus comme tels. En fait, l’authenticité nous ennuie, elle est trop simple et trop pauvre pour nous divertir vraiment. Nous désirons toujours plus qu’on ne peut nous donner. Nous réclamons notre dose d’illusion et d’erreur. Sans elle – et observez dans la nature elle-même, les multiples trompe-l’œil du mimétisme et des parures qui ne cessent de nous abuser -, sans l’illusion et l’imposture, oui, la vie n’est plus désirable ni supportable.

Très intéressante interview de Denis Grozdanovitch sur le site de Calou

mercredi, 07 juin 2006

Eros aux doigts de rose

Sur le site de JLK, une belle interview de Alina Reyes, qui vient de sortir  "Carnet de Rrose" chez Robert Laffont.

20:30 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 03 mai 2006

« Peu m'importent les nouveaux continents, seuls m'importent les hommes nouveaux. »

A lire ici, sur le site de Calou, une interview inédite de Luis Sepulveda

11:45 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 mars 2006

« La littérature, comme toute autre forme d'art, est l'aveu que la vie ne suffit pas »

Plus que la solitude, ce que j'aime, c'est être sur les marges. A la limite entre mon univers et le monde. J'aime beaucoup le spectacle des frontières, pour le mystère, leur situation en limite entre le connu et l'inconnu.

A lire une intéressante interview de Eric Faye, ici, sur le site de Calou

17:24 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (3)

vendredi, 13 janvier 2006

Renaissance

Je crois que nous vivons une période assez analogue à la fin de l’Antiquité et à la Renaissance

Intéressante interview de Michel Serres dans les Carnets de J.L.K. à lire ici

09:30 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 26 novembre 2005

Cette séparation radicale entre le paraître et la réalité n'a sans doute jamais été aussi grande

Je crois effectivement que le travail fondamental de l'écrivain ne peut plus se faire autrement que dans la clandestinité, malgré d'ailleurs une apparence soit tout à fait convenable, soit tout à fait trompeuse. Cette séparation radicale entre le paraître et la réalité n'a sans doute jamais été aussi grande. Cela vient du fait que, désormais, la société contrôle tout et se raconte à elle-même dans des séries d'images. J'ai une grande habitude d'être pris pour quelqu'un d'autre. Je suis aussi habitué à ce qu'on ne lise pas du tout ce que j'écris. J'en retire à la fois un sentiment d'impunité et de liberté très grande. Je peux vivre selon l'image qu'on a de moi et poursuivre dans le même temps des activités tout autres...

Une autre interview de Philippe Sollers à lire ici

16:45 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0)

La possibilité de parler la langue des oiseaux

Qui vole selon, c’est dans le poème de Rimbaud: « Elle est retrouvée! / Quoi? l’éternité./ C’est la mer mêlée/ Au soleil. Mon âme éternelle,/ Observe ton vœu/ Malgré la nuit seule/ Et le jour en feu./ Donc tu te dégages/ Des humains suffrages/Des communs élans!/ Tu voles selon... » Qu’est ce que ça veut dire quelqu’un qui en arrive à tutoyer son âme, son âme éternelle? « Mon âme éternelle, dit le poème, observe ton vœu malgré la nuit seule et le jour en feu  ». Donc il lui donne, il lui assigne une position. Tu voles selon: ça c’est magnifique! Ça veut dire qu’une fois entré dans ce temps-là, l’éternité est retrouvée: on ne va pas vers l’éternité, on la retrouve, mais d’une toute autre façon qu’on l’aura imaginée autrefois, parce que c’était Dieu. L’homme n’a même pas besoin de Dieu, c’est tout à fait une autre expérience, vous entrez dans une dimension où tout devient une situation libre. Vous êtes devenu une sorte d’oiseau libre, l’alchimie vous savez, c’est aussi la possibilité de parler la langue des oiseaux!

Interview passionnante de Philippe Sollers à lire en entier ici

 

14:50 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0)

Le corps est la grande raison

medium_matisse2.jpgJe crois que Nietzsche a anticipé ce qui est en train de nous arriver lorsqu’il a dit que « le corps était la grande raison », et qu’il s’agirait, désormais, presque d’être l’incarnation animale de Dieu, ou bien qu’il faudrait penser enfin ses sens, ses cinq sens! Je crois désormais effectivement vérifiable que tout est fait pour priver l’être humain de sa perception et de ses sensations, de le scotcher à l’image publicitaire, d’appauvrir son langage, de façon à ce qu’il se vive parfaitement embarrassé, désespéré et vite évacuable. Ce qui fait que le totalitarisme du XXe siècle ayant démontré, comme le dit Hannah Arendt, la « superfluité » de la vie humaine, nous entrerions dans un système planétaire qui ferait qu’une vie n’est pas seulement superflue – tout le monde est devenu remplaçable –, mais que ça ne vaut même plus la peine de s’arrêter sur la perception et la sensation! Ce que vous démontre, au contraire, la ténacité, le courage, la sublime assurance de peintres comme Matisse et Picasso, par exemple, qui, précisément, ont agi en tant que réfractaires à leur époque et ont tenu bon en peignant des choses qui pourrait vous paraître inessentielles par rapport à la propagande du temps: c’est une magnifique leçon! On l’accepte en peinture, pourquoi ne pas l’accepter en littérature, avec des mots?

Interview passionnante de Philippe Sollers à lire en entier ici

Matisse, La joie de vivre

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