samedi, 30 mai 2026
Extrait de l'article du Monde de ce jour sur Edgar Morin
"Il est nommé lieutenant des Forces françaises combattantes. A cette période, il y eut beaucoup de « rendez-vous ratés avec la mort ». Résistants urbains, ses camarades et lui étaient sans cesse traqués. Un jour, à Paris, fin 1943, alors qu’il a rendez-vous avec « Jean » – ce marin de Hambourg dont le dévouement amena sans doute Edgar Morin à réfuter, après-guerre, la thèse d’une culpabilité collective du peuple allemand –, il manque de se faire prendre dans une souricière.12:24 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : edgar morin
jeudi, 21 mai 2026
Des opinions violemment contradictoires
« Lorsqu'une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu'elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance. »
Voltaire
Photo : Elliott Erwitt, Roma, 1955
13:42 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, elliott erwitt
mercredi, 20 mai 2026
De légères touches de nuit
"Rembrandt pouvait peindre les bourgeois affairés tels qu'ils venaient poser après déjeuner, mais, à minuit, alors qu'ils dormaient pour se reposer parce qu'il fallait travailler le lendemain, le brave Rembrandt était dans son atelier, occupé à mettre de légères touches de nuit sur ses toiles."
Jack Kerouac, Desolation Angels
16:18 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rembrandt, jack kerouac
lundi, 18 mai 2026
Un vrai roman !
On connaissait Jacki Maréchal surtout pour sa peinture et sa capacité d’évoluer, de se réinventer, en abordant des langages, des genres différents : expressionnisme, abstraction et plus récemment la figuration avec un hymne magnifique à la nature.
Côté écriture, il avait jusque là privilégié la forme brève, et voilà qu’il nous livre aujourd’hui un roman, un vrai, bien construit, avec une histoire, des personnages riches et subtilement dessinés, de l’émotion, de la poésie mais aussi l’Histoire avec une grande hache. Le roman se passe autour de la première guerre mondiale et, plus original, il se concentre sur l’histoire de l’anarchisme et nous le montre sous un jour éloigné des sentiers battus. Ainsi s’exprime Baptiste, devant le Procureur : « Aucune société ne pourrait exister sans règles, il s’agirait pour moi simplement de concevoir des règles qui soient consenties, sans nécessité de domination. De plus, mes mots ne portent jamais sur l’égalité matérielle, mais l’égalité de dignité. Je souhaiterais seulement que soit favorisée et respectée la créativité de chaque individu, les inégalités ne se présenteront plus alors comme des frustrations, elles ne seront que des différences, ces différences, bien utilisées, favoriseront le progrès industriel et économique, autant que social. »
Et puis, ceux qui connaissent Jacki savent que son autre grande passion c’est la musique. Pas étonnant donc qu’on la retrouve ici comme fil d’Ariane de l’intrigue. Mais une musique pas comme les autres (on ne pouvait pas s’attendre à autre chose avec Jacki !) qui a voir avec quelque mystérieux arcane…
Alors, plongez dans ce roman, vous irez de surprise en émerveillements…
Pour une mise en bouche, en voici l’incipit :
Debout, lèvres entrouvertes, cheveux épais, longs, rabattus en une mèche de côté, jambes légèrement écartées au centre d’un champ d’herbes hautes, tête renversée là où se mélangent les cimes des grands frênes, je laisse mes doigts courir au‑dessus des claviers de l’accordéon, sans en enfoncer les touches. Un oiseau raye le ciel. Dans son sillage monte la terre, le crépuscule. C’est la nuit. Une silhouette d’homme, des doigts minces sur le clavier d’un instrument, séparés du reste du corps, se confond aux fûts des arbres. Cette présence me laisse seul au monde, en apnée, tant son immobilité parait enracinée dans le noir. Cette nuit, je l’entends parler d’un souffle, comme si ma filiation avec cet être n’avait jamais été aussi palpable.
Jacki Maréchal. Cinq notes secrètes, roman. 2026. 230 p., 15 €.
Contact : jackimarechal@yahoo.fr
16:57 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jacki maréchal
dimanche, 17 mai 2026
Un avenir préexistant
"C'est vers un avenir préexistant que s'écoule le fleuve absolu du temps cosmique."
Borges
19:47 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : borges
dimanche, 10 mai 2026
Cinq notes secrètes
Monsieur le président, je ne suis pas un terroriste. Je ne cache pas ma passion, mon espoir d’une société différente, mais ma démarche est pacifique, purement politique, absolument pas terroriste ». Le président acquiesce puis le procureur, front haut et cheveux gris plaqués, interroge maintenant Baptiste :Extrait de "Cinq notes secrètes", roman de Jacki Maréchal, 230 p. 15 €, vient de sortir.
10:49 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jacki maréchal
mardi, 05 mai 2026
Mousse
"Mes pensées s'échappent de ma tête comme de la mousse d'une bouteille de bière."
Anatole France
18:36 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anatole france
mardi, 28 avril 2026
Paysage par temps calme.
On peut passer des dizaines de fois devant un tableau de Poussin et ne rien voir. A son ami Chantelou : "Les choses esquelles il y a de la perfection ne se doivent pas voir à la hâte, mais avec temps, jugement et intelligence. Il faut user des mêmes moyens à les bien juger comme à les bien faire". L’émotion tisse son œuvre. L’espace est baigné d’une douce lumière, transfiguré, présence de la volupté, mais aussi de la volonté farouche des hommes, touches graciles de vert dans le jade du ciel. Une perfection qu’on devinait confusément est là, manifeste, sur la toile. Lumière romaine, tour à tour triomphante et souple, sensualité des corps, justes, voluptueux, jamais idéalisés, tout précise l’harmonie, la souplesse, l’éternel retour...
Cette œuvre : Paysage par temps calme. Le bleu de l’eau et des météores se contemplent, enserrent le paysage, un rêve entre les deux, lui aussi dédoublé par son reflet. Sinon presque rien, des animaux paisibles, la montagne se fond dans l’architecture des nuages, les feuilles de l’arbre sur la droite s’effilochent irréelles, ténues, graciles, les nuages s’envolent vers le haut du ciel, la sensation de calme est rassemblée, ramenée partout, innervée.
Un homme au premier plan s’appuie sur une canne, près de lui un chien mais leur regard flotte indifférent à cette beauté, ils en sont tellement pénétrés qu’ils n’ont pas besoin de la regarder. Le mouvement de leur corps est le lever de rideau de la scène. D’autres personnages, minuscules, des cavaliers, l’un d’entre eux lance sa monture à toute vitesse, il va quitter le tableau, il n’a pas place ici, son départ imminent le montre, la tranquillité va reprendre sa place.
Partout dans l’œuvre de Poussin, ces nuances de teintes qui sculptent le paysage, répandues sur les contours, cieux déchirés, adamantins, douceur infinie des regards, apaisante. Souvent, les personnages sont pris de frénésie, c’est l’orage, le grand vent de l’Histoire, la Bible, rien n’échappe à ce déferlement. Toujours les météores, les nuées décrivent l’action, les sentiments, la palette est infinie. Son but, la délectation, la sensualité pure, l’arrondi des corps, cette chair que l’on respire. Plus on regarde un tableau de Poussin, plus on y décèle d’harmonie, plus la vue s’éclaire, prend de l’expansion, devient assurée. La fièvre subtile qui se dégage de la composition gagne le spectateur.
Raymond Alcovère, Le Sourire de Cézanne, roman, éditions n & b, 2007, extrait
15:50 Publié dans Le Sourire de Cézanne | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 13 avril 2026
Tout d'un train
« Ici, nous allons conformément et tout d’un train, mon livre et moi. »
Montaigne
Gustave Doré
17:22 Publié dans En cours d'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montaigne, gustave doré
mardi, 07 avril 2026
Pourquoi ?
« Pourquoi dans ces conditions, s’étonna Lao Tseu, ne lui as-tu pas appris pour le libérer de ses chaines que la vie et la mort étaient une seule et même chose, et que le vrai et le faux se confondaient ? »
Zhuangzi
Illustration : Gustave Doré
19:42 Publié dans Chine, Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gustave doré, zhuangzi
dimanche, 08 mars 2026
Un jeune homme...
Un jeune homme... – Traçons son portrait d'un seul trait de plume : figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d'un pourpoint de laine dont la couleur bleue s'était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d'azur céleste. Visage long et brun ; la pommette des joues saillante, signe d'astuce ; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portait un béret orné d'une espèce de plume, l'œil ouvert et intelligent ; le nez crochu, mais finement dessiné ; trop grand pour un adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu'un œil peu exercé eût pris pour un fils de fermier en voyage, sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval.
Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, chap. 1, 1844 (extrait)
11:18 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre dumas
vendredi, 06 mars 2026
John Huston, par Irving Penn

19:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : john huston
Démontrable
Claude Roy dans son Stendhal par lui-même écrit : « La perfection de Le Rouge et le Noir et de La Chartreuse de Parme me semble cependant démontrable. Ces deux ouvrages, par leurs données, les caractères qui y sont présentés, la construction des intrigues qui s’y développent, le charme de leurs descriptions, la curiosité et la bonté que l’auteur y exerce, l’intelligence qu’il y manifeste, ont ce caractère de nécessité qui rend parfaitement heureux, – propre aux véritables chefs-d’œuvre (...) La prose de Stendhal n’est jamais une draperie posée sur un quelconque contenu, elle est le contenu même de sa pensée, un mouvement qui nous est transmis sans aucune déperdition d’énergie. »
19:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal
Une deuxième Révolution
« Une deuxième Révolution a eu lieu en France, plus fondamentale que la première, dans le dernier tiers du dix-neuvième siècle. Elle a porté sur les racines mêmes de ce qu'on appelle communément penser, dire, percevoir, représenter, se souvenir, sentir. En peinture, au-delà du surgissement héroïque de l'Impressionnisme (qui continue à culpabiliser la Banque), cette révolution a un nom : Cézanne. En poésie : Rimbaud. On rapproche ici, pour la première fois, ces deux expériences ayant engendré tour à tour le rejet, l'incompréhension, la fascination, l'appropriation, la spéculation. Sous le béton des cultes, les forêts de la liberté ; sous le pavé des thèses, l'évidence. Même si on essaie de la recouvrir sous des flots d'argent ou de tourisme "culturel", une vraie révolution persiste. L'art "moderne" se dissout dans l'affairement spectaculaire ? La Montagne Sainte-Victoire ou Les Illuminations sont là. Que signifie donc cette subversion en couleurs ? Dans quelles dimensions prennent place ces portraits, ces paysages, ces Baigneuses, vers quelle Présence cet espace jamais vu fait-il signe ? Qu'est-ce qu'un Cézanne ? Quel est son Temps ? »19:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 28 février 2026
"Le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations." Rimbaud

11:06 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud
jeudi, 26 février 2026
L’odeur matinale et pure de l’océan
« Chaque coup de rame l’enfonçait dans l’odeur matinale et pure de l’océan »19:03 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ernest hemingway, caroline mitchell
mercredi, 25 février 2026
Femme et enfant dans une barque 1892 BERTHE MORISOT

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 24 février 2026
Vous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps...
Vous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps, vous prenez un livre, le premier livre venu, vous vous mettez à lire ce livre comme vous liriez le journal officiel de la préfecture ou la feuille d’affiches du chef-lieu, pensant à autre chose, distrait, un peu bâillant. Tout à coup vous vous sentez saisi, votre pensée semble ne plus être à vous, votre distraction s’est dissipée, une sorte d’absorption, presque une sujétion, lui succède, vous n’êtes plus maître de vous lever et de vous en aller. Quelqu’un vous tient. Qui donc ? ce livre.18:11 Publié dans Grands textes, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : victor hugo
vendredi, 20 février 2026
"L'hiver qui découvrait l'âme des arbres." Henri Vincenot

16:45 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri vincenot
Une histoire parallèle
"Ne croyez pas quelqu'un qui vous dit qu'une phrase ne pourra jamais transformer quoi que ce soit. C'est un flic. Le temps historique continue de se scander au calendrier des impostures politiques ; il s'est définitivement résorbé, sur l'ensemble de la planète, en guerre.11:22 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yannick haenel, mark littlejohn


















