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mardi, 27 septembre 2022

Jetée d’étoiles dans le ciel bleu nuit

le sourire de CézanneJetée d’étoiles dans le ciel bleu nuit. Il fait presque toujours doux à Montpellier. Soudain il comprend à quel point il aime cette ville. Pas de façon exclusive, mais à cause de son ouverture, de sa légèreté, cette façon de ne pas être vraiment à soi. Rien de pesant, de trop enraciné ici.
Il retrouve son quartier, Les Halles Castellane, en pleine effervescence. Le moment idéal pour aller dormir, dans une aube lilas. Une dernière pensée vers Léonore, un sourire sur les lèvres. Respecter sa solitude, sans cela, il n’y a rien. Cette image de lui-même, rassurant et protecteur, lui plaît.
Une semaine plus tard, la chair de Léonore bien présente, chez lui. Le feu crépite dans la cheminée. Gaétan contemple son corps endormi pigmenté de rouge par les reflets incandescents.
Son regard est si intense, scrutateur, gourmand, qu’il craint de la réveiller. Elle est sublime, dos nu jusqu’aux reins, on devine l’arrondi des hanches. La dénuder complètement, il en a furieusement envie. Il dévoile les fesses, les cuisses. Clarté rougeoyante. Pas un pouce de son corps qu’il ne vénère. Le monde s’arrête d’être multiple, il s’est envolé, résumé en elle, sa chair.
Il n’aime rien tant chez les femmes que l’effet du repos sur le visage, le relâchement, cette grâce dans l’abandon. La sensualité, visible, palpable, dans le granulé de la peau, les lignes du geste inachevé, la respiration du sommeil. Certaines femmes laissent flotter cette ondulation en permanence autour d’elles, à la lisière. Alors, la rudesse du monde s’estompe. Il éprouve de la fierté à la contempler dans son lit, avec le sentiment du devoir accompli. Plaisir âcre, puissant, paisible.
Raymond Alcovère, Le Sourire de Cézanne, roman, extrait, N&B éditions, 2007

lundi, 26 septembre 2022

L'intérieur d'un violon

Charles BrooksPhoto : Charles Brooks

20:36 Publié dans Curiosités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charles brooks

vendredi, 23 septembre 2022

Ferdinando Scianna

ferdinando scianna

jeudi, 22 septembre 2022

Régis Jauffret

Régis Jauffret

dimanche, 18 septembre 2022

Josef Koudelka, Greece, 1982

josef koudelka

10:39 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : josef koudelka

samedi, 17 septembre 2022

Portrait de Paul Verlaine par Gustave Courbet

verlaine, gustave courbet

Hugh Warren - Open Gate

Hugh Warren

photo de Sophie Carr : Islande

Sophie Carr

Jeanne Moreau par Agnès Varda, 1963

agnès varda, jeanne moreau

mardi, 13 septembre 2022

Frisson

baudelaire, Vadim Antokhin"L'air est plein du frisson
des choses qui s'enfuient."
Baudelaire
Photo de Vadim Antokhin

lundi, 12 septembre 2022

Boycott de la Coupe du Monde

306458443_10160322195883469_2730235091016134466_n.jpgJ'adhère à ce message d’Eric Cantona:
"Moi, l’amoureux de foot, à contre cœur, j’ai pris ma décision, je vais le suivre, lui et d’autres personnalités comme Philipp Lahm, Vincent Lindon et j’en passe. Je ne regarderai pas un seul match de cette coupe du monde.
Ça me coûte parce que depuis que je suis gosse c’est un évènement que j’adore, que j’attends et que je regarde avec passion!
Mais soyons honnêtes avec nous mêmes! Cette coupe du monde là n’à aucun sens! Pire c’est une aberration!
Déjà parce que le Qatar n’est pas un pays de foot! Aucune ferveur, aucune saveur.
Une aberration écologique, avec tous ces stades climatisés… quelle folie, quelle stupidité!
Mais surtout, surtout, une horreur humaine… combien de milliers de morts, pour construire ces stades, pour au final quoi, amuser la galerie 2 mois… et tout le monde s’en fout…
La caricature même de ce que l’homme est capable de porter en lui comme saloperie extrême!
Le seul sens de cet évènement, on le sait tous, c’est le pognon. Il est plus fort que tout… business is business… le reste…
J’ai pris ma décision! Je ne regarderai pas! Arfff je sais bien qu’ils s’en foutent et que ma petite personne ne changera pas la face du monde.
Mais moi personnellement, je n’ai juste pas envie de participer à cette grande mascarade. Et faire gagner de l’argent à ceux qui ferment les yeux et se cachent derrière leur petit doigt en disant c’est pas de notre ressort on peut rien faire… États, fédérations, diffuseurs, annonceurs etc etc. Si tu peux faire, il suffit juste de prendre une décision simple.
Dire nous on joue pas, dire nous on diffuse pas, nous on fait pas de pub etc etc. C’est tout à fait faisable. Parfois dans la vie, il faut prendre des décisions, même si ça nous coûte.
Mais tous ces gens là ne l’ont pas prise… encore une fois, le pognon est plus fort que tout.
Donc moi je ne participerai pas à ça! Que la France gagne, perde, rien à carrer! Dans la vie, il y a des choses bien plus importantes que le foot! A la place, je me referai tous les épisodes de Colombo, ça fait longtemps que je les ai pas vus.
En espérant que ça fasse réfléchir tous mes amis fouteux comme moi</p>
                                                    <div style=

lundi, 29 août 2022

Tout avait commencé avec les pommes

PAUL-CEZANNE-APPLES-AND-BISCUITS-1.JPGÉtonnante amitié entre Cézanne et Zola, nouée dans l’enfance. Zola a pressenti le génie de Cézanne, il l’a encouragé, poussé à persévérer. Puis comme s’il avait reconnu en lui sa part maudite, ses doutes, sa difficulté à créer, il ne l’a plus supporté.

Il le tue symboliquement dans L’Œuvre, ce roman qui provoquera la rupture, où Cézanne découvre son portrait déformé. Après avoir lu le livre, il écrit sa dernière lettre à Zola et termine par ses mots : Tout à toi sous l’impulsion des temps écoulés. La vie de l’écrivain était devenue de plus en plus publique, celle du peintre retirée. Au début, c’était le contraire.

Tout avait commencé avec les pommes. Zola adolescent chétif, renfermé, italien par son père et parisien par son accent, est mal accepté ; il est mis en quarantaine par les autres. Un jour, Cézanne, plutôt solide, bien dans son corps et de deux ans son aîné, transgresse l’interdit : “ Je ne pouvais m’empêcher de lui parler quand même ”. Il reçoit une raclée de toute la cour, petits et grands. Le lendemain, pour le remercier, Zola lui offre un plateau de pommes. Lesquelles reviendront constamment dans sa peinture. Leur amitié venait de naître, elle ne cesserait pas. Malgré la rupture, l’éloignement, quand il apprendra sa mort, bien des années plus tard, Cézanne, fou de douleur, s’enfermera dans sa chambre.

Toute sa vie il peindra des pommes.

Raymond Alcovère, extrait de "Le Sourire de Cézanne", roman, éditions N&B, 2007

samedi, 20 août 2022

Claude Monet

Claude Monet

jeudi, 18 août 2022

Matisse, studio à Collioure, 1905

Matisse

mardi, 16 août 2022

Le vent avait forci

LFZPM0eaVsAECVgn.jpge vent avait forci. Quand il souffle, on peut croire que tout est déplaçable, en suspens. Au milieu de ce grand cirque, avec le ciel immense, en décor de théâtre, on a continué de parler. Une façon de dévorer l’autre. A notre première rencontre au Mexique, j’avais eu l’impression déjà que tout se figeait, on devenait imperméables à tout mouvement. De nouveau, presque palpable, une corde sensible, tendue entre nous, entrait en résonance chaque fois qu’on la frôlait. Et on avait envie de la frôler souvent. Pas trop pour ne pas l’agacer et brouiller son mouvement mais c’était troublant, cette vibration, les abîmes qui se creusaient parfois où s’engouffre le désir, on observait l’attirance grandir, deux aimants cherchant inutilement à se retenir.
Certaines inflexions de voix, des images communes apparaissaient brusquement dans la conversation. Pourtant peu de choses, a priori, nous reliaient. Ces balises, incertaines d’abord, s’allumaient au fur et à mesure comme des harmoniques. Elle hésitait toujours entre l’exubérance et la discrétion. Parfois, elle voulait aller tellement vite vers l’autre qu’elle brûlait les étapes, une question à double sens ou un brin d’ironie la prenait en défaut, elle essayait par tous les moyens de se rétablir, craignant que le monde lui échappe. On est tous comme ça à un moment, avec cette peur que la pièce se joue sans nous, et pourtant elle se joue sans nous.
Le Bonheur est un drôle de serpent, roman, extrait, Raymond Alcovère, Lucie éditions, 2009

lundi, 15 août 2022

Les Tour Eiffel auxquelles vous avez échappé

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dimanche, 14 août 2022

Claude Monet devant ses Nymphéas

Claude Monet, Nymphéas

vendredi, 12 août 2022

Une brume opaque

FZQRkFpXEAAmEQy.jpgUne brume opaque couvrait le ciel. Le jour s’en allait lentement. Il n’y aurait pas de crépuscule mais une nuit lourde, obscure installée comme chez elle. Je me laissais aller à ne plus penser, envahi par les effluves marins. Restait le noir désir. J’étais une parcelle de cet univers-là, fluide et transparent, un grain de sable perdu sur la plage, repoussé sans cesse par la vague, refusant de prendre le large.
Je la retrouvai allongée sur le lit. On a fait l’amour jusqu’au matin, dans une atmosphère de soufre. Avec ce tressaillement sur la peau, devenue électrique. De nouveau, mes espoirs, mes craintes, mes peurs, mes désirs se sont brisés en mille morceaux. J’aurais tout donné pour le droit de vivre des minutes comme celle-là. J’en étais sûr, rien ne s’arrêterait, il n’y avait plus de sommeil, seulement elle et moi. On est allés décrocher les étoiles une à une dans le ciel, on les a emportées dans un grand sac, puis semées à nouveau. Elles se sont déployées dans une configuration différente.
On a dû dormir à un moment et elle est repartie dans l’aube grise. Je l’ai accompagnée à l’autocar. Je flottais dans de la ouate. Le décor du quotidien devenu factice. Seule comptait la force des sentiments. On était silencieux, mais beaucoup de mots rôdaient entre nous, là, diffus. Parfois l’un d’entre eux se dessinait en lettres de feu, emplissant l’espace, au point de battre les tempes, à les marquer au fer rouge. C’était le mot amour ou une de ses conjugaisons. Des doutes rôdaient aussi, plus chez moi, du moins je le croyais. Où était la réalité, mystère... A la gare de Montpellier, le train est parti silencieusement.
Le Bonheur est un drôle de serpent, roman, extrait, Raymond Alcovère, Lucie éditions, 2009

jeudi, 04 août 2022

 Réaliser un film

Stanley Kubrick« Réaliser un film, c'est comme écrire Guerre et Paix dans des auto-tamponneuses. »

Stanley Kubrick

18:53 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stanley kubrick

mercredi, 03 août 2022

Le combat

Mark Littlejohn14.jpg« Rien ne nous plaît que le combat mais non pas la victoire. On aime à voir les combats des animaux, non le vainqueur acharné sur le vaincu. Que voulait‑on voir sinon la fin de la victoire et dès qu’elle arrive on en est saoul. Ainsi dans le jeu, ainsi dans la recherche de la vérité. On aime à voir dans les disputes le combat des opinions mais de contempler la vérité trouvée ? Point du tout. Pour la faire remarquer avec plaisir il faut la faire voir naître de la dispute. De même dans les passions il y a du plaisir à voir deux contraires se heurter, mais quand l’une est maîtresse ce n’est plus que brutalité.
Nous ne cherchons jamais les choses, mais la recherche des choses. Ainsi dans les comédies les scènes contentes, sans crainte, ne valent rien, ni les extrêmes misères sans espérance, ni les amours brutaux, ni les sévérités âpres. »

Blaise Pascal

Photo de Mark Littlejohn