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lundi, 26 octobre 2020

Un oppidum, une étoile de champs et un drôle de tunnel

étang de Montady.jpgAu sud-ouest de l’Hérault, l’oppidum d'Ensérune s’élève sur une colline escarpée à 120 mètres au-dessus du niveau de la mer. On y a découvert les vestiges d’un village antique parmi les plus importants du midi méditerranéen, né dès le VI éme siècle avant J.-C., à l’âge du fer. Le site offre en outre une vue plongeante sur l’étonnante étoile de champs de Montady. Enfin, sous la colline, le canal du Midi emprunte le tunnel du Malpas, premier tunnel au monde creusé pour un canal !
Extrait de : "Un oppidum, une étoile de champs et un drôle de tunnel"
Dans "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault"
Papillon rouge éditeur, 19,90 €, illustrations
 

jeudi, 22 octobre 2020

Lancement de "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault" au Gazette Café : nouvelle date, le samedi 31 octobre à 13 H

Trois-graces_free_format.jpgNouvelle date pour le lancement de "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault" : samedi 31 octobre à 13 H au Gazette Café à Montpellier.
 
Ce livre est une invitation à la flânerie. À la rêverie. Et à de superbes découvertes ! De l’abbaye de Valmagne au canal royal de Sète, des eaux miraculeuses d’Avène-les-Bains au siège héroïque de Minerve, en passant par la promenade du Peyrou ou la manufacture royale de Villeneuvette, ce livre est même un peu plus qu’un simple livre... Il est un étonnant voyage à travers l’histoire de l’Hérault.
Une exploration jalonnée de sites peu connus et inédits, qui commence avec les mystérieuses statues-menhirs du département et qui s’achève dans l'invention de l'outrenoir par Pierre Soulages. Entre-temps se dressent plus de deux millénaires d’une histoire exceptionnellement riche. Une histoire mouvementée, parfois tragique, mais toujours haletante.
 
Petit extrait : La féminité de Montpellier est indéniable, ce qui ancre la ville dans la modernité. Elle a été de tous temps réputée pour la beauté et la liberté de ses femmes, notamment ses grisettes. Et c’est tout naturellement que la fontaine des 3 Grâces a contribué à imposer au XIXe siècle la place de la Comédie comme lieu de rencontre et symbole de la ville.

Entrée libre 

6 rue Levat 34000 Montpellier

Au cœur du nouveau quartier Saint Roch, face à la gare SNCF,  à 500 mètres de la place de la Comédie. 

​ 04 67 59 07 59

lundi, 19 octobre 2020

Le Mont Saint-Clair à Sète et l'invention de l'outrenoir

les hauts-lieux de l'histoire dans l'hérault« Avec le pic Saint-Loup, le mont Saint-Clair qu'on voit de partout est l'un des deux pôles où s'organise la tension spirituelle, symbolique mais aussi tellurique du département de l'Hérault », racontait l’historien et félibre Gustave Thérond.
Paul Valéry qualifiera plus tard Sète et pour l'éternité d’« Île singulière », mais déjà des historiens grecs et latins avaient remarqué cette colline de 175 mètres se détacher sur un littoral si plat par ailleurs. L'endroit était difficile d'accès, on l'appelait « l'île au milieu des étangs » ou « la presqu'île », jusqu'à ce que Louis XIV décide la fondation d'un port en 1666.
C'est sur ce promontoire baigné de lumière que le peintre Soulages a posé ses valises en 1960. Puis, une nuit de janvier 1979, rebaptisée « La nuit du combat avec l’Ange », il a eu la révélation dans son atelier de son fameux outrenoir !
Extrait de : "Le Mont Saint-Clair à Sète et l'invention de l'outrenoir"
Dans "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault"
Papillon rouge éditeur, 19,90 €, illustrations

samedi, 17 octobre 2020

La révolte des vignerons de 1907 et la grande manifestation de Montpellier

Montpellier 9 juin 1907 rue de la loge.jpgOn a oublié aujourd’hui qu’une manifestation gigantesque – la plus importante de la Troisième République en France – a eu lieu à Montpellier le 9 juin 1907. Cette incroyable marée humaine marquait alors le point d’orgue d’une grande révolte dans le Midi de la France. Elle a rassemblé plus de 600 000 personnes dans une ville qui ne comptait que 90 000 habitants !
Extrait de : "La révolte des vignerons de 1907 et la grande manifestation de Montpellier"
Dans "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault"
Papillon rouge éditeur, 19,90 €, illustrations

vendredi, 16 octobre 2020

La Villa Argentine à Montpellier, Haut lieu de la Résistance dans le Sud de la France

les hauts-lieux de l'histoire dans l'héraultLa charmante villa Argentine, située 34 rue Marcel de Serres, à Montpellier, dans le quartier paisible des Arceaux, a abrité, dès 1940, la première cellule de résistance de la zone non occupée par les allemands. Pendant deux ans, la pension Guibal et ses occupants furent le principal lien du Sud de la France avec Londres.
Extrait de : "La Villa Argentine à Montpellier, Haut lieu de la Résistance dans le Sud de la France"
Dans "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault"
Papillon rouge éditeur, sortie en librairie aujourd'hui

mercredi, 14 octobre 2020

Soirée de lancement de "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault" au Gazette Café annulée

iz6DloCH.jpgToute la programmation du Gazette Café est suspendue pour 6 semaines : la soirée de lancement de "Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault le 23 octobre à 18 h est annulée; et je l'espère, sera reprogammée dès que possible...

samedi, 10 octobre 2020

Les Hauts lieux de l'Histoire dans l'Hérault

Les Hauts lieux d l'Hstoire dans l'HéraultCe livre est une invitation à la flânerie. À la rêverie. Et à de superbes découvertes ! De l’abbaye de Valmagne au canal royal de Sète, des eaux miraculeuses d’Avène-les-Bains au siège héroïque de Minerve, en passant par la promenade du Peyrou ou la manufacture royale de Villeneuvette, ce livre est même un peu plus qu’un simple livre... Il est un étonnant voyage à travers l’histoire de l’Hérault.
Une exploration jalonnée de sites peu connus et inédits, qui commence avec les mystérieuses statues-menhirs du département et qui s’achève dans l'invention de l'outrenoir par Pierre Soulages. Entre-temps se dressent plus de deux millénaires d’une histoire exceptionnellement riche. Une histoire mouvementée, parfois tragique, mais toujours haletante.
À travers cette cinquantaine de hauts-lieux du passé héraultais, Raymond Alcovère se fait ici tout à la fois aventurier, historien et enchanteur. Tout cela dans l’unique but de faire aimer, à ceux qui le peuplent comme à ceux qui le traversent, un département plus mystérieux qu'il n'y paraît… et qui nous réserve bon nombre de surprises !
Né à Montpellier où il réside toujours, Raymond Alcovère est un passionné d’histoire et de littérature. Auteur de plusieurs romans, récits, nouvelles et recueils poétiques, il a publié au Papillon Rouge éditeur Histoires vraies en mer Méditerranée et Ces Héraultais qui ont fait l’histoire. Aujourd’hui, il offre à ses lecteurs une plongée passionnante dans les sites de son département au prestigieux passé.
 
Sortie du livre en librairie le 16 octobre
Je présenterai le livre vendredi 23 octobre à 18 H au Gazette Café à Montpellier
 

jeudi, 08 octobre 2020

Me permettrez-vous

EivubGTXkAEHkYS.jpg"Me permettrez-vous, l’hiver prochain, de venir un soir poser mes pieds sur vos chenets, pour causer un peu longuement de cette chère littérature que si peu de monde aime par le temps qui court." Gustave Flaubert : "Lettre à Charles-Augustin Sainte-Beuve"

mardi, 29 septembre 2020

Soirée littéraire et musicale Boby Lapointe et Georges Brassens vendredi 2 octobre au Crès dans l'Hérault

bd_affiche_soiree_litteraire.jpgEn attendant la sortie de mon prochain livre : "Les Hauts-lieux de l'Histoire dans l'Hérault" le 16 octobre...

La Bibliothèque Municipale du Crès dans l'Hérault organise vendredi 2 octobre, une soirée littéraire et musicale dès 18h30 en présence de l’écrivain Raymond Alcovère et de l’accordéoniste Caroline Fedi.

Pour l’occasion, l’auteur montpelliérain présentera et dédicacera son livre « Ces Héraultais qui ont fait l’Histoire ». Publié en 2018, il met en lumière des personnalités héraultaises, connues - parfois oubliées, dont la réputation a largement dépassé les limites de la région. Artistes, politiques, savants…

Caroline Fedi revisite de manière punchy le répertoire de la chanson française. Vous découvrirez notamment ce soir-là les textes de Bobby Lapointe et de Georges Brassens !

Entrée libre mais réservation indispensable au 04 67 70 83 42
Bibliothèque Municipale 19 avenue des Cévennes 34920 Le Crès

Afin de respecter au mieux les mesures sanitaires de sécurité, la soirée se déroulera dans la grande salle du Nouvel Essor (entrée côté bibliothèque)

 
 

lundi, 28 septembre 2020

Son nom est personne (Lisbonne 1993)

Lisbonne 1993 (2).jpg

samedi, 26 septembre 2020

Claude Monet, le bateau-atelier

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10:19 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : claude monet

vendredi, 25 septembre 2020

Renoir, nature morte avec fraises, 1880

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15:47 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auguste renoir

lundi, 21 septembre 2020

Jetée d’étoiles dans le ciel bleu nuit

EhPBtjqWAAAOzan.jpgGaétan a travaillé tard. Quatre heures du matin, il n’a pas sommeil. Plutôt envie d’aller manger à L’Escargot près de la gare. Fêtards en fin de soirée et travailleurs matinaux s’y croisent, en un savant mélange. Un endroit en suspension, hors du temps, ou au centre plutôt. Un peu son état après une soirée de travail. Lui, de quel côté est-il ? D’aucun, tant mieux ! Agréable de ne penser à rien, de mener une vie presque animale, acheter le premier journal du matin. Nuit claire, temps radouci. Instant magique juste avant le sommeil où l’esprit se promène libre, sans attache, éloigné des pesanteurs de la journée.
Jetée d’étoiles dans le ciel bleu nuit. Il fait presque toujours doux à Montpellier. Soudain il comprend à quel point il aime cette ville. Pas de façon exclusive, mais à cause de son ouverture, de sa légèreté, cette façon de ne pas être vraiment à soi. Rien de pesant, de trop enraciné ici.
Il retrouve son quartier, Les Halles Castellane, en pleine effervescence. Le moment idéal pour aller dormir, dans une aube lilas. Une dernière pensée vers Léonore, un sourire sur les lèvres. Respecter sa solitude, sans cela, il n’y a rien. Cette image de lui-même, rassurant et protecteur, lui plaît.
Une semaine plus tard, la chair de Léonore bien présente, chez lui. Le feu crépite dans la cheminée. Gaétan contemple son corps endormi pigmenté de rouge par les reflets incandescents.
Son regard est si intense, scrutateur, gourmand, qu’il craint de la réveiller. Elle est sublime, dos nu jusqu’aux reins, on devine l’arrondi des hanches. La dénuder complètement, il en a furieusement envie. Il dévoile les fesses, les cuisses. Clarté rougeoyante. Pas un pouce de son corps qu’il ne vénère. Le monde s’arrête d’être multiple, il s’est envolé, résumé en elle, sa chair.
Il n’aime rien tant chez les femmes que l’effet du repos sur le visage, le relâchement, cette grâce dans l’abandon. La sensualité, visible, palpable, dans le granulé de la peau, les lignes du geste inachevé, la respiration du sommeil. Certaines femmes laissent flotter cette ondulation en permanence autour d’elles, à la lisière. Alors, la rudesse du monde s’estompe. Il éprouve de la fierté à la contempler dans son lit, avec le sentiment du devoir accompli. Plaisir âcre, puissant, paisible.
Raymond Alcovère, Le Sourire de Cézanne, roman, extrait, N&B éditions, 2007

dimanche, 13 septembre 2020

Ces Héraultais qui ont fait l'Histoire à Saint-Mathieu-de-Tréviers

Couverture Ces Héraultais qui ont fait l'histoire.jpgJe présenterai "Ces Héraultais qui ont fait l'Histoire", samedi 19 septembre à 10h30 à la médiathèque de Saint-Mathieu-de-Tréviers.
Entrée libre, sur inscription :
04 67 84 40 96
Médiathèque municipale Jean Arnal
330 avenue des Coteaux de Montferrand
equipe.mediatheque@villesmdt.fr
Au plaisir de vous y retrouver

mardi, 08 septembre 2020

Ici, la mer fait l’amour avec la terre

Carole 2.jpgLe vent s’est calmé. Ici, la mer fait l’amour avec la terre, paisiblement. Dans une infinie solitude, gris, bleu et vert sauge. Les plus belles couleurs du monde. Tout est plat à perte de vue. Seule une langue de sable sillonne entre les étangs et la mer. Au bout d’un moment, on ne sait plus où est la terre, où est l’eau.

Un envoûtement rôdait dans l’atmosphère. La matinée avançait. En même temps que des vapeurs de l’air, on se saoulait de mots. Je ne sais pas quand elle commencé, mais elle m’a parlé comme personne ne l’avait fait jusque là. J’aurais juré qu’elle me connaissait mieux que moi-même. D’abord, je n’ai fait qu’écouter, abasourdi. Je voyais de plus en plus distinctement se dévoiler un autre moi auquel je n’avais pas prêté attention.

Je suis tombé dans ses bras. Et la terre entière et le ciel et le vent me sont tombés dans les bras. Il y avait l’horizon immense, nos pieds à peine posés sur le sable, les vagues recroquevillées et leur fracas d’écume. On est restés longtemps enlacés, sans penser, à peine respirer. Ensuite on a marché. Des lumières s’allumaient çà et là. Une brume enveloppait l’espace et nous portait sur un nuage. Un de ces nuages minuscules et de beau temps qui éclairent le ciel parfois, en été. Puis on est rentrés. Au fur et à mesure, les gestes, furtifs d’abord, sont devenus plus incisifs. On cherchait un trésor, et on l’a trouvé. Comme si des milliers de vies nous attendaient, s’il n’y avait plus rien devant, qu’un immense point d’interrogation.

Elle s’est endormie. Je suis sorti fumer une cigarette. Nuit paisible. Un vent coulis glissait entre les maisons. Je le voyais presque, à distinguer l’intérieur des choses. Quand on s’est réveillés, le soleil avait déjà accompli une partie de sa course. L’après-midi s’est écoulé avec lenteur.

Par la fenêtre, le gris du ciel étalé comme une gouache et de temps à autre, un passant. La nuit est venue par mégarde, sans grande différence avec le jour. Nos pas nous ont menés jusqu’à un bar ouvert, au bord du canal. J’ai bu de la bière. Transparent, devenu cette légère euphorie mousseuse, désordonnée mais vivante. Jamais je n’avais eu la sensation d’exister à ce point. Puis, à la manière des lampions de la fête, les lumières se sont éteintes. Au fond, la montagne de Sète figurait une île que des marins à la recherche d’une terre auraient découverte, après de longues recherches infructueuses, balise rassurante. Au retour, la cheminée crépitait dans la maison. Le temps s’obstinait à être uniformément gris. On écoutait Miles Davis. Une moiteur, l’épaisseur de l’atmosphère nous protégeaient de l’extérieur.

Le lendemain, on est allés à Montpellier. Les rues baignaient dans l’humidité, derrière un rideau liquide. La ville se retrempait dans son passé. Les vieux hôtels émergeaient à peine de l’histoire. Elle était là, vivante, ils nous la racontaient, bruissant du cliquetis des armes et du va-et-vient des fantômes. Puis, vers la fin d’après-midi, la ville s’est réveillée de son apathie. À nouveau, la lumière tamisait les pierres. Les jours suivants, le soleil a répandu sa clarté crue. Comme sous un projecteur, les gestes, se sont mis en perspective. Un désir vague mais puissant rôdait. Un moment que rien n’égale, les sens en attente, chaque souffle, chaque mot, débordant d’émotions à peine contenues.

Presque à notre insu, une harmonie s’installait. Inexplicable mais on n’avait pas envie de l’expliquer. Parfois, aux premiers rayons du soleil, j’écoutais Solsbury Hill, puis je sortais jouer avec les perles de l’écume, seul dans la lumière du matin. On a passé trois semaines ensemble, presque sans se quitter, juste avant que je commence à travailler, à réfléchir à ce qui m’attendait, à tout ce que je refusais de voir.

Raymond Alcovère, Le Bonheur est un drôle de serpent, roman, extrait, Lucie éditions, 2009

Photo de Carole Alignan

samedi, 05 septembre 2020

C’était le mot amour ou une de ses conjugaisons

CqyFJGNUAAAc7tJ.jpgUne brume opaque couvrait le ciel. Le jour s’en allait lentement. Il n’y aurait pas de crépuscule mais une nuit lourde, obscure installée comme chez elle. Je me laissais aller à ne plus penser, envahi par les effluves marins. Restait le noir désir. J’étais une parcelle de cet univers-là, fluide et transparent, un grain de sable perdu sur la plage, repoussé sans cesse par la vague, refusant de prendre le large.
Je la retrouvai allongée sur le lit. On a fait l’amour jusqu’au matin, dans une atmosphère de soufre. Avec ce tressaillement sur la peau, devenue électrique. De nouveau, mes espoirs, mes craintes, mes peurs, mes désirs se sont brisés en mille morceaux. J’aurais tout donné pour le droit de vivre des minutes comme celle-là. J’en étais sûr, rien ne s’arrêterait, il n’y avait plus de sommeil, seulement elle et moi. On est allés décrocher les étoiles une à une dans le ciel, on les a emportées dans un grand sac, puis semées à nouveau. Elles se sont déployées dans une configuration différente.
On a dû dormir à un moment et elle est repartie dans l’aube grise. Je l’ai accompagnée à l’autocar. Je flottais dans de la ouate. Le décor du quotidien devenu factice. Seule comptait la force des sentiments. On était silencieux, mais beaucoup de mots rôdaient entre nous, là, diffus. Parfois l’un d’entre eux se dessinait en lettres de feu, emplissant l’espace, au point de battre les tempes, à les marquer au fer rouge. C’était le mot amour ou une de ses conjugaisons. Des doutes rôdaient aussi, plus chez moi, du moins je le croyais. Où était la réalité, mystère... A la gare de Montpellier, le train est parti silencieusement.
Le Bonheur est un drôle de serpent, roman, extrait, Raymond Alcovère, Lucie éditions, 2009

Picasso, portrait d'Olga, 1920

Picasso

21:42 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : picasso

vendredi, 04 septembre 2020

La pièce se joue sans nous

EgL0gO_WsAEwHok.jpgLe vent avait forci. Quand il souffle, on peut croire que tout est déplaçable, en suspens. Au milieu de ce grand cirque, avec le ciel immense, en décor de théâtre, on a continué de parler. Une façon de dévorer l’autre. A notre première rencontre au Mexique, j’avais eu l’impression déjà que tout se figeait, on devenait imperméables à tout mouvement. De nouveau, presque palpable, une corde sensible, tendue entre nous, entrait en résonance chaque fois qu’on la frôlait. Et on avait envie de la frôler souvent. Pas trop pour ne pas l’agacer et brouiller son mouvement mais c’était troublant, cette vibration, les abîmes qui se creusaient parfois où s’engouffre le désir, on observait l’attirance grandir, deux aimants cherchant inutilement à se retenir.
Certaines inflexions de voix, des images communes apparaissaient brusquement dans la conversation. Pourtant peu de choses, a priori, nous reliaient. Ces balises, incertaines d’abord, s’allumaient au fur et à mesure comme des harmoniques. Elle hésitait toujours entre l’exubérance et la discrétion. Parfois, elle voulait aller tellement vite vers l’autre qu’elle brûlait les étapes, une question à double sens ou un brin d’ironie la prenait en défaut, elle essayait par tous les moyens de se rétablir, craignant que le monde lui échappe. On est tous comme ça à un moment, avec cette peur que la pièce se joue sans nous, et pourtant elle se joue sans nous.
Le Bonheur est un drôle de serpent, roman, extrait, Raymond Alcovère, Lucie éditions, 2009

mardi, 01 septembre 2020

C’est calme ! C’est calme !

Gustave Flaubert« Ce qui me semble à moi, le plus haut dans l’Art (et le plus difficile), ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon de la nature, c’est-à-dire de faire rêver. Aussi les très belles œuvres ont ce caractère. Elles sont sereines d’aspect et incompréhensibles. Quant au procédé, elles sont immobiles comme des falaises, houleuses comme l’Océan, pleines de frondaisons, de verdures et de murmures comme des bois, tristes comme le désert, bleues comme le ciel. Homère, Rabelais, Michel-Ange, Shakespeare, Goethe m’apparaissent impitoyables. Cela est sans fond, infini, multiple. Par de petites ouvertures on aperçoit des précipices ; il y a du noir en bas, du vertige. Et cependant quelque chose de singulièrement doux plane sur l’ensemble ! C’est l’éclat de la lumière, le sourire du soleil, et c’est calme ! C’est calme ! »
Gustave Flaubert, 26 août 1853

samedi, 29 août 2020

Solution

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18:04 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gabriela manzoni