mardi, 05 août 2014

Ils font signe

Beagle.jpg"Il y a les écrits qu’on lit distraitement, ceux qu’on lit en sachant qu’on ne les relira jamais, et puis, en très petit nombre, ceux qu’on relit sans cesse. On les sait presque par cœur, à la virgule près, mais, rien à faire, ils révèlent toujours quelque chose de nouveau, ils sont actifs sans en avoir l’air, ce sont des émetteurs constants, des trésors. Ils font signe. Du coup, une autre vision se dessine."

Philippe Sollers, Les voyageurs du temps, roman

Le Beagle

lundi, 04 août 2014

Cela fera l'affaire !

11223_474573052662006_717399411_n.jpg"Il arrive souvent qu'à partir d'un certain âge, l'œil d'un grand chercheur trouve partout les éléments nécessaires à établir les rapports qui seuls l'intéressent. Comme ces ouvriers ou ces joueurs qui ne font pas d'embarras et se contentent de ce qui leur tombe sous la main, ils pourraient dire de n'importe quoi : cela fera l'affaire." :

Marcel Proust.

23:32 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : buster keaton

Gaieté

Logan zillmer3.jpgPoint d'injure ; beaucoup d'ironie et de gaieté. Les injures révoltent ; l'ironie fait rentrer les gens en eux-mêmes, la gaieté désarme."

Voltaire

Logan Zillmer

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mercredi, 30 juillet 2014

La grande route du sentiment

"Nous enfilions la grande route du sentiment, et la reprenions de si haut, qu'il était impossible d'entrevoir le terme du voyage."

Vivant Denon, Point de lendemain, 1812

23:52 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0)

... j'entends passer le vent

... j'entends passer le vent, - et je trouve que rien que pour entendre passer le vent, il vaut la peine d'être né. - Fernando Pessõa

Enjambements

jpg_La_Vierge__l_Enfant_Je_sus_et_sainte_Anne__by_Leonardo_da_Vinci__from_C2RMF_retouched.jpgTrès significative est la position, dans ce tableau, de l’enfant Jésus qui est déposé et comme retenu par sa mère, assise elle-même sur les genoux de sa mère. Les regards sont à analyser de près. Anne regarde en surplomb, la mère a les yeux plus ouverts, et le garçon, car c’en est un assurément, tourne la tête de l’autre côté comme rétroactivement, comme s’il se tournait vers un passé qui ne finira pas d’être toujours présent. En même temps, comme vous le voyez je suppose, il saisit très fermement les oreilles de cet agneau qui se trouve là pas par hasard, l’agneau christique donc, et la jambe gauche — ceci est peu souligné parce qu’on s’attarde, et il ne s’agit pas de vautour, sur les pieds d’Anne et de Marie — de façon très symphonique, la jambe gauche enjambe. Ce garçon enjambe le dos de l’agneau qu’il est. Il s’enjambe.

Philippe Sollers, Le Saint-Âne, 2004, Verdier

Léonard de Vinci, 1508-1510
Huile sur bois, 168 cm × 130 cm. Le Louvre.

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lundi, 28 juillet 2014

Robert Doisneau, autoportrait

Robert Doisneau

23:48 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : robert doisneau

Il est grand temps de rallumer les étoiles (Apollinaire)

Logan ZillmerLogan Zillmer

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Logan Zillmer le grand

Logan Zillmer

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samedi, 26 juillet 2014

Cap Horn !

Cap Horn

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vendredi, 25 juillet 2014

Méditation

Santa Maria della Pietà, Rocca Calascio..jpg"Une méditation intense plane sur le paysage" Philippe Sollers
Photo : Santa Maria della Pietà, Rocca Calascio.

Sommeil

"Le sommeil est la moralité même."

Philippe Sollers, Grand beau temps (Cherche midi éditeur)

mercredi, 23 juillet 2014

Joseph Kessel

Joseph Kessel.jpg23 juillet 1979, mort de Joseph KESSEL, grand romancier français. Son œuvre connut et connaît encore un succès jamais démenti par ses récits épiques et son style dépouillé et efficace. Il est aussi le parolier (avec Maurice Druon) du Chant des Partisans.
Lire et relire : L’équipage, Belle de jour, Les captifs, Le Lion, Les cavaliers (et tout le reste !).
Joseph Kessel fut membre de l’Académie Française. Voici un extrait de son discours d’admission :

« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ? Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d’Europe orientale… vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »

mardi, 22 juillet 2014

Songe

Paul Klee.jpg« La vie et le monde sont le songe d'un dieu ivre qui s'échappe furtivement du banquet divin et s'en va dormir sur une étoile solitaire, ignorant qu'il crée ce qu'il songe... Et les images du songe se présentent tantôt dans une extravagance bigarrée, tantôt harmonieuses et raisonnables... L'Iliade, Platon, la bataille de Marathon, la Vénus de Médicis, le munster de Strasbourg, la Révolution française, Hegel, les bateaux à vapeur, sont des pensées issues de ce long rêve. Mais un jour, le dieu se réveillera en frottant ses yeux bouffis, il sourira et notre monde s'enfoncera dans le néant sans avoir jamais existé... »

Henri Heine, Tableaux de voyage

Paul Klee, son ancien

Visages

ciné.jpg«  Si je perdais ma bibliothèque, j’aurais toujours le métro et l’autobus. Un billet le matin, un billet le soir et je lirais les visages. » 

Marcel JOUHANDEAU

C’est dimanche, au bord de la mer

turner.jpgC’est dimanche, au bord de la mer. Le vent souffle en bourrasques, les promeneurs ont rebroussé chemin. Luminosité coupante. Il y a de la magie dans l’atmosphère, univers en suspens, près de basculer. Phénomène rarissime, on aperçoit le Canigou et la chaîne des Pyrénées en surimpression sur l’horizon. On tient à peine debout. Contre la violence des éléments, ils marchent. Puis ils s’arrêtent, seuls au milieu de l’espace.

Soudain Léonore le prend dans ses bras, l’embrasse à le dévorer. Ils sont serrés. Le vent hurle, soulève le sable. Elle crie : « dis-moi que tu m’aimes, que tu m’aimeras toujours ». Il l’embrasse en pleurs et crie à son tour : « je te le jure ». La tempête est effroyable. Ils tombent par terre, incapables de se détacher. Gaétan est sûr que, s’ils le faisaient à cet instant, ce serait à jamais. Emportés par un souffle qui vient du dedans, accrochés l’un à l’autre avec l’énergie du désespoir.

Le sable leur fouette le visage, s’insinue mais ils ne le sentent pas ou bien cette douleur est encore du plaisir. Au bout d’un temps, le vent a creusé un abri autour. Ils restent immobiles, puis la tension tant en eux qu’à l’extérieur s’apaise. Ils se lèvent sans dire un mot. Bientôt avec l’accalmie, ils ne seront plus seuls. Ils s’en vont, avec la sensation d’avoir été au bout du voyage, d’en être sortis vainqueurs. Silencieux, envahis par un bien-être profond.


Raymond Alcovère, extrait de "Le Sourire de Cézanne", roman, 2007 éditions N&B

Turner

dimanche, 20 juillet 2014

Jean-Jacques Marimbert ouvre son blog

jjm.jpgAu jour la nuit

Ici

Photo de Jean-Jacques Marimbert

vendredi, 18 juillet 2014

Te souviens-tu ?

Andrea Mantegna (1431-1506), plafond du palais ducal de Mantoue.jpg"Te souviens-tu, chère amie, quand nous étions dans cette triste chambre où on montait par ce vilain escalier, où il faisait si froid, où nous étions contents de nous, c'est qu'il existe un soi qui, lorsqu'on sait le respecter, est indépendant, inattaquable, et qu'il a encore un aplomb dans les orages, dans les tremblements de terre. Eh bien, en vérité, ce n'est chez moi que de l'instinct, dont ton aimable intérêt me fait raisonner avec toi, toi toute seule..."

Vivant Denon à Bettine, 1814

Andrea Mantegna (1431-1506), plafond du palais ducal de Mantoue 

02:07 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0)

Les coordonnées se redistribuent

Lautréamont« Tout au long du XXe siècle, des écrivains ont mis leurs phrases à l’épreuve des Chants et des Poésies : Jarry, Tzara, Aragon et Breton, Ponge, Sollers, Debord. A chaque fois se produit un renversement des perspectives, une avant-garde naît, les coordonnées se redistribuent. »

Yannick Haenel 

Au temps de la marine à voile, aucun capitaine n’aurait eu l’idée d’appareiller un vendredi 13

Costa ConcordiaAu temps de la marine à voile, aucun capitaine n’aurait eu l’idée d’appareiller un vendredi 13, mais nous sommes en 2012, et ces vieilles superstitions sont dépassées. On commémore cette année-là le centenaire du naufrage du Titanic, mais ça aussi c’est le hasard. 
Pourtant, ce vendredi 13 janvier 2012, au moment où le paquebot Costa Concordia quitte le port de Civitavecchia, comme le Titanic en son temps, il accumule les superlatifs et les chiffres vertigineux. Un des plus grands bateaux de croisière d’Europe, surnommé « le temple du luxe et du divertissement ». Haut de treize étages, il emporte 4 252 passagers. 1 500 cabines, quatre piscines, cinq restaurants, treize bars et un centre thermal parmi les plus fastueux au monde, un casino, un atrium de huit ou neuf étages, de quoi donner le vertige…
Et puis, nous sommes bien loin de l’Atlantique nord, pas d’iceberg en vue en Méditerranée occidentale, de plus le paquebot suivra le plus souvent les côtes. Sept escales en sept jours, départ de Civitavecchia en Italie pour atteindre Savona, puis ce seront Marseille, Barcelone, Palma de Majorque, Cagliari, Palerme et retour.
Il a fière allure ce Concordia et il est presque neuf, baptisé en 2006. La cérémonie, il est vrai, avait été marquée par un incident : la bouteille de champagne, lancée par la top-modèle Eva Herzigova, ne s’est pas brisée, un signe de mauvais sort pour les marins mais bien vite oublié. 
Raymond Alcovère, "Tragique vendredi 13", début du texte extrait de "Histoires vraies en mer Méditerranée"

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