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dimanche, 01 février 2015

La vraie bonté

giotto3a.jpg"Quand plus tard, j'ai eu l'occasion de rencontrer, au cours de ma vie, dans des couvents par exemple, des incarnations vraiment saintes de la charité active, elles avaient généralement un air allègre, positif, indifférent et brusque de chirurgien pressé, ce visage où ne se lit aucune commisération, aucun attendrissement devant la souffrance humaine, aucune crainte de la heurter, et qui est le visage sans douceur, le visage antipathique et sublime de la vraie bonté."

Marcel Proust

Giotto

Social

proust_stamp.jpg"Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres."

Marcel Proust

mercredi, 28 janvier 2015

Alphabets

Nina Houzel2.jpgLe monde abonde en alphabets hors d'usage, dont le code est perdu.

Roger Caillois

Photo : Ni Houzel Belliapa

Paroles

Nina Houzel1.jpg"Ce pour quoi nous trouvons des paroles, c'est que nous l'avons dépassé"

Nietzsche, Crépuscule des idoles

Photo : Ni Houzel Bellapia

dimanche, 25 janvier 2015

Magie

Carl Friedrich Lessing 2.jpgIl est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu’elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde ; - qu’on l’invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C'est là l'essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque.

Franz Kafka, Journal18 octobre 1921

Carl Friedrich Lessing

vendredi, 23 janvier 2015

Face à la lune

face-moon.jpgUn flacon de vin au milieu de fleurs.
Je bois seul et sans compagnon.
Je lève ma coupe. Lune, à ta santé ;
Moi la lune, mon ombre : nous voilà trois.
La lune, hélas, ne boit pas.
Mon ombre ne sait qu’être là.
Amis d’un moment, la lune et mon ombre.
Le printemps nous dit d’être vite heureux.
Je chante et la lune flâne.
Je danse, et mon ombre veille.
Avant d’être ivres nous jouons ensemble.
L’ivresse venue, nous nous séparons.
Puisse longtemps durer notre amitié calme.
Rendez-vous un jour dans la Voie Lactée.

Li Po

18:43 Publié dans Chine, Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 19 janvier 2015

La joie des poissons

chu-ta-228x300.jpgTchouang-tseu et Houei-tseu se promenaient sur un pont de la rivière Hao. Tchouang-tseu dit : " Voyez comme les vairons se promènent tout à leur aise ! C'est là la joie des poissons.
— Vous n'êtes pas un poisson, dit Houei-tseu. Comment savez-vous ce qui est la joie des poissons ?
— Vous n'êtes pas moi, répondit Tchouang-tseu. Comment savez-vous que je ne sais pas ce qui est la joie des poissons ?
— Je ne suis pas vous, dit Houei-tseu, et assurément je ne sais pas ce que vous savez ou non. Mais comme assurément vous n'êtes pas un poisson, il est bien évident que vous ne savez pas ce qui est la joie des poissons.
— Revenons, dit Tchouang-tseu, à notre première question. Vous m'avez demandé : comment savez-vous ce qui est la joie des poissons ? Vous avez donc admis que je le savais, puisque vous m'avez demandé comment. Comment le sais-je ? Par voie d'observation directe sur le pont de la rivière Hao ".

Tchouang-tseu

20:52 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poisson

dimanche, 18 janvier 2015

Vers la Chine

1276f84f557b4bf76c775eee3b6b1406.jpg« Le monde et moi-même nous nous rencontrons en esprit, et les traces se transforment. »

Shi Tao (Shih T'ao) 1640-1718?

12:27 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 14 janvier 2015

Ce prodigieux 11 janvier

Il y a quelque chose de mystérieux dans la mobilisation de ce dimanche.

Car enfin il y a déjà eu, en France, des attentats terroristes de grande ampleur.

Et l’on a connu des époques (guerre d’Algérie…) où des bombes explosaient chaque matin, où l’on tirait, au Petit-Clamart, sur le président de la République et où FLN et OAS rivalisaient de sauvagerie pour mettre Paris à feu et à sang.

Mais jamais l’on n’avait vu 43 chefs d’Etat, autant dire un quart des Nations unies, faire le voyage pour défiler au coude-à-coude avec les survivants des attentats.

Jamais, depuis le 8 novembre 1942 et le discours en français de Roosevelt sur Radio-Londres, l’on n’avait eu l’équivalent d’un John Kerry prononçant, lui aussi, dans la langue
de Molière son hallucinant « Je suis Charlie ».

Et ces millions de Parisiens descendus dans la rue pour pleurer un journal satirique dont ils connaissaient, la veille encore, tout juste l’existence…

Et ces églises sonnant le glas pour des caricaturistes dont elles étaient les premières cibles…

Et ces musulmans de France – pas tous naturellement, pas tous… – que l’on attendait depuis si longtemps et qui se sont sentis requis, appelés par la circonstance : « pas en notre
nom… les islamistes hors de l’islam… il y a une bataille au sein de l’islam et nous défendons pied à pied notre islam de paix contre celui qui arme les assassins de flics, de journalistes et de juifs… »

Et puis ces profiteurs de haine qui, au Front national, croyaient capitaliser sur la tragédie (ah ! la pauvre Mme Le Pen confondant une manifestation populaire avec un bal à
Vienne et réclamant sottement son bristol avant de décider, boudeuse, d’aller défiler, seule, à… Beaucaire !).

Tout cela est du jamais-vu.

Ce fut un de ces moments de grâce, métapolitiques, comme les grands peuples en connaissent quelquefois.

Et encore… Pas comparable, non plus, avec les émois de 1789… Ni avec ceux de 1848… Ni même avec le million de gens descendus fêter, en août 1944, la Libération de Paris…

Je ne suis même pas certain qu’il faille encore dire, pour cette levée en masse, « manifestation » ou « défilé »… Et le dernier épisode du genre, le seul à lui être un peu comparable, ce sont les funérailles de Victor Hugo mettant sur le pavé cette « escorte de tout un peuple » racontée par Barrès – mais, là non plus, ce c’est pas cela ; là non plus, le compte n’y était pas…

Alors, que s’est-il passé pendant cette folle semaine ?

Il y a quelque chose qui, en chaque Français, a été atteint, touché, bouleversé – mais quoi ?

Il y a un groupe en fusion mondial qui s’est formé et a fait que cette France que l’on disait à bout de souffle, déclinante, en voie d’être rayée de la carte des puissances, est
redevenue, soudain, la capitale mondiale des Lumières assassinées et ressuscitées – mais pourquoi ?

Peut-être le nom « Charlie », magique, et qui résonne – Charlie Chaplin… – dans toutes les langues du monde.

Peut-être le droit de rire, juste de rire, ce droit dont Rabelais disait qu’il est le « propre de l’homme » et dont la preuve serait alors faite qu’il faut, comme le droit de se contredire et celui de s’en aller, l’ajouter à la liste des droits de l’homme.

Peut-être, oui, ce rire du diable et du Bon Dieu, ce glorieux rire de Pâques des églises du Moyen Age qui était un hommage à la Résurrection, peut-être ce rire libérateur dont Freud disait qu’il est la langue même de l’inconscient et dont un autre poète, André Breton, soutenait qu’il est la révolte supérieure de l’esprit, peut-être, oui, ce rire viscéral, vital, et dont la privation nous serait aussi fatale que celle de l’air que nous respirons et de la lumière qui nous met debout.

Ou peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de l’horreur et qui fait qu’un peuple décide de dire non à une barbarie à laquelle on a trouvé, trop longtemps, trop d’excuses.

La vérité est que personne ne sait.

Et l’on se trouve, là, face à l’un de ces mystérieux sursauts – révolte logique… pur diamant de l’événement… avènement d’un courage qui se propage comme une flamme et dont aucune langue n’explique la course sans fin…

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que la France n’a plus peur.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a désormais toute une Europe qui ne veut plus choisir entre ces deux versions du nihilisme que sont l’islamisme et les populismes.

Et ce qui est sûr, c’est qu’il y aura d’autres attentats, forcément d’autres, mais qu’il y aura de moins en moins de monde pour murmurer qu’il faut faire profil bas et trouver des accommodements – et ce qui est sûr, enfin, c’est que les réponses faciles, les réponses par amalgame, les réponses de ceux qui prétendent s’en tirer en « déportant » des communautés
entières d’Européens, ont été provisoirement balayées par le souffle de ce qui s’est produit.

La France est de retour : preuve que la grandeur d’un pays n’est pas réductible à la plus ou moins exacte conformité de ses comptes avec les « paramètres » d’une bureaucratie, fût-elle européenne.

L’Europe est de retour : la vraie, celle de Husserl et de cette universalité concrète que veulent abattre les deux avantgardes du fascisme contemporain que sont, en France, les tenants du djihadisme et leurs jumeaux qui, comme Jean-Marie Le Pen, ont tenu à déclarer qu’ils n’étaient « pas Charlie ».

Tout peut encore arriver, bien sûr.

Et l’éclat de ce moment de grâce va forcément pâlir dans les mémoires.

Mais telle est la marque des événements, les vrais, qu’ils laissent derrière eux une longue et forte trace : à nous de lui être fidèles et de tout faire pour la vivifier.

Bernard Henri-Levy

Crédit : La Règle du Jeu

12:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Choses vues

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12:47 Publié dans Actu, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 janvier 2015

Un morceau de bois flotté

feuilleton, Chroniques retrouvées du midiDeuxième épisode du feuilleton des Chroniques retrouvées du midi à lire ici

jeudi, 08 janvier 2015

Immortel

Charlie Hebdo

mercredi, 07 janvier 2015

Résistance !

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves. Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute... Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh... Le chant des partisans Paroles de Joseph Kessel et Maurice Druon Musique de Anna Marly 1943

lundi, 05 janvier 2015

La justice est au-dessus de l’amour

fran-ois-sabatier-l-itin-raire-d-un-honn-te-homme-du-xixe-si-cle-2-s.jpgA lire ici sur Les Chroniques retrouvées du midi, le premier épisode d'un feuilleton : La justice est au-dessus de l’amour, dont le héros est François Sabatier

mardi, 30 décembre 2014

Hasard ?

maureen o'hara.jpg« C’est une règle de la vie que nous pouvons, et devons, apprendre avec tous ceux qui nous entourent. Certains des aspects les plus sérieux de la vie, nous pouvons les apprendre de charlatans et de bandits ; il est des philosophies que nous enseignent les imbéciles, il est des leçons de loyauté et de constance qui nous viennent par hasard, de rencontres de hasard. » 

Fernando Pessoa

Maureen O'Hara

jeudi, 25 décembre 2014

Conte de Noël

NouvelleVeille de Noël, il est presque dix-sept heures. Sa maîtresse l’appelle au bureau. Elle veut lui parler, tout de suite. La fin d’année a été pénible, il n’a qu’une envie, rentrer chez lui, retrouver sa femme, ses enfants, des situations simples. La famille, c’est justement quand on connaît d’avance les réponses non ?

 Tout oublier, même Evelyne. N’empêche, mieux vaut rester prudent. Elle ne l’a jamais menacé, mais il n’a pas confiance en elle. Lui, le mari irréprochable. Puis, Evelyne est arrivée. Pas au point de quitter sa femme, quand même. Il préfère laisser l’illusion à Evelyne qu’un jour ils passeront de vraies vacances ensemble, pas seulement un week-end à Barcelone ou une soirée de temps en temps.

Ils ont rendez-vous dans un bar du centre-ville. Elle tient à ses rencontres. Ils changent souvent d’endroit, pour plus de discrétion. Et puis, en parcourant la ville en dehors de chez elle, ils ressemblent à un vrai couple, avec une vie normale.

Le plaisir des débuts s’est dilué, les éternels reproches d’Evelyne le lassent. Elle n’a personne d’autre dans sa vie, lui n’est jamais assez disponible. Que va-t-elle encore inventer ? L’angoisse de Noël des gens seuls ?

Il pense à sa femme, toujours là. Elle l’accepte tel qu’il est, avec ses défauts. Ils vivent l’un à côté de l’autre mais heureux, indépendants. Ce désir de fusion, chez les couples officiels c’est déjà ridicule, mais là…

Le déranger une veille de Noël ! Ils ne pourront même pas faire l’amour. Cette manie de se voir dans des lieux publics… Une fois déjà, elle lui a fait une scène. Elle voulait le toucher, lui, gêné, avait enlevé sa main. Elle s’était fâchée.

Il entre au Bar du Musée. La voilà, au fond, le teint pâle, cigarette allumée entre les doigts. Il sait qu’il va passer un mauvais quart d’heure, un de plus. Ils s’embrassent sur la joue. Elle déteste ça. Quand il la sent ainsi, il se crispe encore plus. Elle triture son paquet de cigarettes. Ses mains sont toujours aussi belles, le désir monte en lui, puis il oublie - pas le moment - ils sont venus pour parler. Catastrophe : Evelyne est enceinte.

-  Et que comptes-tu faire, lui demande-t-il ?

- Voilà, j’en étais sûre ! Qu’est-ce que je compte faire ? Et toi, que comptes-tu faire ?

-  Evelyne…

Il tente de lui prendre une main qu’elle retire aussitôt. Elle commence à sangloter.

- Je le savais, ne me prends pas pour une idiote, que pas une seconde tu ne te sentirais concerné, tu ne penses qu’à toi, comme toujours. Tu t’es servi de moi, et maintenant ce qui m’arrive t’est bien égal. Parfois je me demande si j’existe vraiment pour toi, si je ne fais pas partie du décor, sortie tout droit de ton imagination, de ta fameuse imagination ?

Est-ce bien à lui qu’elle s’adresse ? Il n’a jamais eu particulièrement d’imagination. Et il pense surtout à sa femme et ses enfants. Mais vu sous son angle, elle a raison, évidemment. Il se sent vidé, que dire, des phrases banales, temporiser, trouver une solution ? Il ne peut y en avoir qu’une…

Il est abattu. Un soir de Noël en plus. La situation est absurde et pourtant logique. Les mots lui manquent. Evelyne s’y attendait. Et si elle lui avait tendu un piège ? Non, elle est surtout malheureuse.

Au bout du rouleau, elle range son briquet et ses cigarettes, laisse de l’argent sur la table et s’en va, silencieuse.

Il esquisse un geste puis la regarde sortir. Dehors, les gens s’activent, emmitouflés. Il flotte cette insouciance joyeuse, la frénésie des derniers préparatifs avant la fête. Il voudrait la suivre, lui parler, mais impossible. Et si elle n’avait jamais existé ? Il a envie d’y croire, ce cauchemar enfin terminé. Elle irait tout raconter à sa femme ? Et pourquoi s’acharne-t-elle justement sur lui, il y a tant de célibataires, si c’est en couple qu’elle veut vivre, avoir des enfants, un pavillon en banlieue !

Au diable les soucis ! Il commande un cocktail. À la radio résonne les premiers accords de Jumping jack flash, qui l’ont toujours fait jubiler. Il sent un air de reproche chez la serveuse venue ramasser la monnaie. Avec ses cheveux retenus par un chignon et ses vêtements à l’ancienne, elle ressemble vaguement à Virginia Woolf. Elle non plus ne doit pas aimer Noël.

Il se lève. Se mêle à la cohue, achète un champagne millésimé. À quelles extrémités on se prête pour le frisson de l’aventure ! Evelyne doit terriblement lui en vouloir. Elle est jolie, trouvera un autre tourtereau, aussi naïf, aussi sot que lui ! Il se dit qu’il exagère, lui fera un beau cadeau, il n’est pas un salaud quand même !

Il enfourche sa moto, un peu flottant. L’air froid lui fait du bien. Le voilà chez lui.

Catastrophe, la voiture d’Evelyne est garée devant la porte. Il sent qu’il ne maîtrise plus rien, que faire, s’enfuir ? Ses enfants l’ont vu, lui font des signes. Tant pis, se dit-il, je suis crucifié, la partie est jouée !

Sa femme l’accueille en souriant :

 

- J’ai invité une collègue de travail que tu ne connais pas. Noël la déprime un peu, ça la changera et nous aussi… Ça ne te dérange pas ?

Raymond Alcovère, nouvelle

Photo de Gildas Pasquet

08:07 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nouvelle

samedi, 20 décembre 2014

Devise de James Joyce

"L'exil, le silence, la ruse."

02:21 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : james joyce

mardi, 16 décembre 2014

Le proche

 

pommes.jpg« Celui qui désire voir les choses extraordinaires doit observer les choses que les autres ne daignent même pas regarder. Celui qui désire atteindre l’inaccessible doit pratiquer ce que les autres négligent. Que celui qui s’exerce dans la contemplation regarde d’abord un char à foin. Que celui qui s’exerce à écouter soit attentif d’abord au son des cloches. Ce qui est facile à réaliser intérieurement n’est pas difficile à réaliser au dehors. »

Lie-Tseu ; Le vrai classique du vide parfait 

samedi, 13 décembre 2014

Lecture

« Celui qui lit sans crayon à la main dort. » Voltaire

vendredi, 12 décembre 2014

Lumière du corps

1960133_651537711550803_1866767100_n.jpg« Mais les idoles d’aujourd’hui les plus mortes sont les mots. Nous nous sommes forgés à partir d’eux des statues invisibles que nous vénérons mécaniquement ; nous nous agenouillons devant les mots magiques agités comme des grigris… Alors qu’il faut replacer les mots dans leur dépense, leur marche, leur chemin, leur passion, dans leur voie ardente. Le langage doit être remis au feu. Notre corps est emporté par la pensée. La respiration nous donne ordre de traverser, nous rappelle que nous sommes des animaux de passage. » 

Valère Novarina, Lumière du corps