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vendredi, 06 mars 2026

Démontrable

51wlQpUyO2L._SY600_.jpgClaude Roy dans son Stendhal par lui-même écrit : « La perfection de Le Rouge et le Noir et de La Chartreuse de Parme me semble cependant démontrable. Ces deux ouvrages, par leurs données, les caractères qui y sont présentés, la construction des intrigues qui s’y développent, le charme de leurs descriptions, la curiosité et la bonté que l’auteur y exerce, l’intelligence qu’il y manifeste, ont ce caractère de nécessité qui rend parfaitement heureux, – propre aux véritables chefs-d’œuvre (...)  La prose de Stendhal n’est jamais une draperie posée sur un quelconque contenu, elle est le contenu même de sa pensée, un mouvement qui nous est transmis sans aucune déperdition d’énergie. »

19:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal

Une deuxième Révolution

cezmontsm-1.jpg« Une deuxième Révolution a eu lieu en France, plus fondamentale que la première, dans le dernier tiers du dix-neuvième siècle. Elle a porté sur les racines mêmes de ce qu'on appelle communément penser, dire, percevoir, représenter, se souvenir, sentir. En peinture, au-delà du surgissement héroïque de l'Impressionnisme (qui continue à culpabiliser la Banque), cette révolution a un nom : Cézanne. En poésie : Rimbaud. On rapproche ici, pour la première fois, ces deux expériences ayant engendré tour à tour le rejet, l'incompréhension, la fascination, l'appropriation, la spéculation. Sous le béton des cultes, les forêts de la liberté ; sous le pavé des thèses, l'évidence. Même si on essaie de la recouvrir sous des flots d'argent ou de tourisme "culturel", une vraie révolution persiste. L'art "moderne" se dissout dans l'affairement spectaculaire ? La Montagne Sainte-Victoire ou Les Illuminations sont là. Que signifie donc cette subversion en couleurs ? Dans quelles dimensions prennent place ces portraits, ces paysages, ces Baigneuses, vers quelle Présence cet espace jamais vu fait-il signe ? Qu'est-ce qu'un Cézanne ? Quel est son Temps ? »
Philippe Sollers, Le Paradis de Cézanne

samedi, 28 février 2026

"Le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations." Rimbaud

lieux fuyants.jpg

11:06 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud

jeudi, 26 février 2026

L’odeur matinale et pure de l’océan

Ernest Hemingway, Caroline Mitchell« Chaque coup de rame l’enfonçait dans l’odeur matinale et pure de l’océan »
Ernest Hemingway Le Vieil homme et la mer
Photo de Caroline Mitchell

mercredi, 25 février 2026

Femme et enfant dans une barque 1892 BERTHE MORISOT

Femme et enfant dans une barque 1892, Berthe Morisot.jpg

mardi, 24 février 2026

Vous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps...

oiseau.jpgVous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps, vous prenez un livre, le premier livre venu, vous vous mettez à lire ce livre comme vous liriez le journal officiel de la préfecture ou la feuille d’affiches du chef-lieu, pensant à autre chose, distrait, un peu bâillant. Tout à coup vous vous sentez saisi, votre pensée semble ne plus être à vous, votre distraction s’est dissipée, une sorte d’absorption, presque une sujétion, lui succède, vous n’êtes plus maître de vous lever et de vous en aller. Quelqu’un vous tient. Qui donc ? ce livre.
Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas.
Un livre est un engrenage. Prenez garde à ces lignes noires sur du papier blanc ; ce sont des forces ; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l’une dans l’autre, pivotent l’une sur l’autre, se dévident, se nouent, s’accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu’après avoir donné une façon à votre esprit. Quelquefois les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés.
Victor Hugo, "Du Génie", Proses philosophiques de 1860-65

vendredi, 20 février 2026

"L'hiver qui découvrait l'âme des arbres." Henri Vincenot

arbre en hiver.jpg

Une histoire parallèle

Yannick Haenel, Mark Littlejohn"Ne croyez pas quelqu'un qui vous dit qu'une phrase ne pourra jamais transformer quoi que ce soit. C'est un flic. Le temps historique continue de se scander au calendrier des impostures politiques ; il s'est définitivement résorbé, sur l'ensemble de la planète, en guerre.
Il existe une autre histoire - une histoire parallèle.
C'est l'histoire des gestes poétiques ; et de leur transmission secrète à travers le temps. Cette transmission opère d’œuvre à œuvre. Elle ne s'arrête jamais."
Yannick Haenel,
évoluer parmi les avalanches
Photo : Mark Littlejohn
 

lundi, 16 février 2026

Gilbert Cram

Gilbert Cram

17:44 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilbert cram

dimanche, 15 février 2026

Espoir

Espoir.jpg

15:57 Publié dans Humeur, humour | Lien permanent | Commentaires (0)

Tyler Spangler

Tyler Spangler

15:52 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tyler spangler

Marseille, Willy Ronis, 1954

Vieux port de Marseille en 1954 Willy Ronis.jpg

15:48 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marseille, willy ronis

Il parle !

il parle.jpg

15:32 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)

Laissez-moi réfléchir...

réfléchir.jpg

15:24 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 06 février 2026

Ô my saule...

04.jpgMe voici sur une île. Autour de moi des saules, des milliers de saules, de petite taille, serrés les uns contre les autres, à croire qu’ils ne parviendront jamais à l’âge adulte. Le plus étonnant est leur bruit. Non pas leur bruit, leur voix. C’est plutôt un feulement, une plainte, même si, à l’intérieur, on devine une détermination, une force, une violence peut-être. Ils bruissent, se balancent de la cime à la racine. On les croirait doués de vie.

Il n’y a que des saules sur cette île, comme au milieu d’un delta. Ce morceau de terre est décidément curieux. J’atteins la berge. Autour, ce n’est pas la mer, mais un fleuve, puissant, indompté. Le mystérieux Danube qui irrigue l’Europe de part en part ? Un moment, l’aspect marécageux du paysage me fait penser à celui de The African queen, mais non, c’est plus étrange encore, plus inquiétant. Aucune habitation, pas la moindre trace humaine. Le ciel est gris, le vent puissant. Et ce bruit lancinant, la voix des saules…

Le bruissement vient de tous les points de l’île à la fois. Les vents se déplacent souvent sous les arbres comme des êtres vivants. Mais là c’est différent. Je tends l’oreille. Les saules parlent entre eux, oui, ils jacassent même, ils rient parfois. Je sais que tout cela n’a pas beaucoup de sens, pourtant leur langage est étranger au monde que je connais. Surtout, leur banalité, leur nombre masquent un je ne sais quoi d’hostile et de malfaisant.

Début de la nouvelle : "Ô my saule" inclus dans le livre d'artiste : "Le Monde n'est pas si réel." illustrations de Laurence Fauchart. Vient de paraître (48 pages, quadrichromie, format A4 paysage, dos carré collé, contient 9 nouvelles dont 4 inédites, 25 €). Contact : raymond.alcovere@gmail.com

 

mardi, 03 février 2026

Eté

Albert Camus, Dima Begma“Au milieu de l'hiver, j'apprenais qu'il y avait en moi un été invincible.”
Albert Camus
Photo : Dima Begma

mardi, 27 janvier 2026

Le dernier

2066088653.jpgC'est le dernier homme sur la terre. Il entre dans un bar et dit : "Verre, un autre barman !"

19:08 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jack nicholson

lundi, 26 janvier 2026

Enfin le voilà !

la grande bibliothèque.jpg

20:47 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 25 janvier 2026

Rendez-vous un jour dans la Voie Lactée

li poUn flacon de vin au milieu de fleurs.
Je bois seul et sans compagnon.
Je lève ma coupe. Lune, à ta santé ;
Moi la lune, mon ombre : nous voilà trois.
La lune, hélas, ne boit pas.
Mon ombre ne sait qu’être là.
Amis d’un moment, la lune et mon ombre.
Le printemps nous dit d’être vite heureux.
Je chante et la lune flâne.
Je danse, et mon ombre veille.
Avant d’être ivres nous jouons ensemble.
L’ivresse venue, nous nous séparons.
Puisse longtemps durer notre amitié calme.
Rendez-vous un jour dans la Voie Lactée.
Li Po
Peinture de Ma Yan
 

15:37 Publié dans Chine, Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : li po, ma yan

dimanche, 18 janvier 2026

Ainsi le ciel

tempête.jpgLa sirène du steamer mugit.
La fumée s’échappe à gros bouillons et rejoint les nuages, effacées leurs traces.
Le sillon se dévide dans une infinie lenteur.
L’horizon s’enflamme de jets saccadés, monstrueux, barbaresques.
Le ciel est une lutte, un amas de lances, un combat fratricide.
Ainsi le ciel.
De grandes orgues joufflues gonflées de nuit.
Une symphonie du nouveau monde.
Lumière plombagine.
Les éclairs ouvrent des plaies, un écrin d’enluminures.
Reflets zinzolins de l’aurore, devant.
A un moment il ne reste que la fuite, se dissimuler.
Fixer des silences, des pauses, masquer le tumulte, l’arrogance, la brutalité du monde.
Pluie incessante et chaude.
Écriture penchée des nuages.
Flaques grises dans les sous-bois de la nuit.
Raymond Alcovère, extrait de "L'aube a un goût de cerise", N&B éditions, 2010