vendredi, 27 juin 2014

Cherchons !

« Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes, et on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme. »

Arthur Cravan

jeudi, 26 juin 2014

Allo, ici l'ombre !

ss-314-les-femmes-de-jeanloup-sieff.jpgVoici l'été, épousez une femme ombrageuse !

Jules Jouy

Photo de Jean-Louis Sieff

mercredi, 25 juin 2014

Salon du livre de Figuerolles

Affiche site.jpgBonjour !  J'y serai dimanche 29 juin, c'est au parc de la Guirlande, à Montpellier, de 10 h à 18 h

lundi, 23 juin 2014

Les ailes du désir

François PlazyTout a été dit et il reste des mots encore. Tout a été dit et le clair-obscur se recompose. Le feu est à la terre ce que la nuit est au ciel, cet instant ayant été. Pour toujours.

Perche appressando se al suo disire

Nostro intelleto si profonda tanto

Che dietro la memoria non puo ire.

La vie n’est qu’une incarnation passagère, un instant de lumière. L’écriture frôle les ailes du désir.

Raymond Alcovère,extrait de "L'aube a un goût de cerise", N&B éditions, 2010

Peinture de François Plazy

samedi, 21 juin 2014

Comme un homme nu au milieu de gens habillés

"Nous sommes tous en apparence capables de vivre parce que nous avons eu un jour ou l’autre recours au mensonge, à l’aveuglement, à l’enthousiasme, à l’optimisme, à une conviction ou à une autre, au pessimisme ou à quoi que ce soit. Mais lui est incapable de mentir, tout comme il est incapable de s’enivrer. Il est sans le moindre refuge, sans asile. C’est pourquoi il est exposé, là où nous sommes protégés. Il est comme un homme nu au milieu de gens habillés."

kafka.jpgMilena, lettre à Max Brod

vendredi, 20 juin 2014

Jeu de l'ego

"Là encore, les traditions orientales (et la perspective ésotérique des religions monothéistes) nous enseignent que ce "moi" séparé, cet "ego" est un leurre et un mirage : "En vérité, tout cet univers est Brahman (Dieu) et "Il n'y a qu'Un sans second". Chaque individu est alors comparable à une vague à la surface de l'Océan : simple boursouflure éphémère individualisée en apparence, elle n'a en fait d'autre réalité que celle de l'océan lui-même, d'où elle naît et où elle retourne sans jamais avoir été séparée."

Jean Marchal

17:35 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean marchal

Surtout l'andante !

MozartA écouter ici (l'andante commence à 14 : 30)

http://www.youtube.com/watch?v=i2uYb6bMKyI

 

17:22 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mozart

lundi, 16 juin 2014

Paysage par temps calme, Nicolas Poussin

 

800px-Paysage_par_temps_calme_-_Poussin_-_GettyCenter.jpg"Nombre de tableaux sont là pour être regardés, mais les meilleurs sont ceux qui offrent l’espace médiumnique pour qu’on puisse y séjourner indéfiniment."

Guo Xi (peintre chinois du XI è siècle)

14:07 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas poussin

dimanche, 15 juin 2014

Mozart, en train d'écrire

"Je suis maintenant comme un lièvre dans le poivre depuis 3 semaines"

Mozart, en train d'écrire L'Enlèvement au sérail, 1782

01:54 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mozart

Je marche !

Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! 

Raymond Devos

01:42 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : raymond devos

Bataille

"L’homme ne peut se trouver qu’à la condition, sans relâche, de se dérober lui-même à l’avarice qui l’étreint."

Bataille

vendredi, 13 juin 2014

Start

fun.jpg

Ouvert !

licence poétic.jpg

12:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 07 juin 2014

La Révolution expliquée aux enfants

mains.jpg« Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ? »

Beaumarchais

10:42 Publié dans citation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : beaumarchais

jeudi, 05 juin 2014

Un peu court, mais...

Tintin

00:04 Publié dans BD, humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tintin

mardi, 03 juin 2014

Une belle carte des régions

fruits,carte des régions

Le Pierrot de Watteau

WatteauPierrot.jpg

03:38 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : watteau

Fuite

"Ce n'est pas le temps qui fuit, mais la présence éveillée dans le temps."

Ph Sollers, Carnet de nuit

03:29 Publié dans Grands textes, temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : temps

lundi, 02 juin 2014

Monsieur Brassaï

Brassaï

17:04 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brassaï

jeudi, 29 mai 2014

MANUEL DE CONTRE-FOLIE

Vous êtes fou, c’est entendu, mais vous n’avez aucune raison de préférer la folie des autres à la vôtre. Celle des autres, vous la connaissez depuis l’enfance, elle est lourde, elle vous suit partout, elle essaye, par tous les moyens, de briser la vôtre, que vous avez la folie (c’est le mot) de trouver enchantée, légère.

Vous avez l’intention d’être clair, précis. Il faut que ce Manuel puisse vous servir en toutes circonstances, dans les situations les plus imprévues. La folie est un tourbillon continu, la contre-folie doit être un contre-tourbillon constant. Poison ? Contre-poison. Blessures ? Cicatrices, Cauchemars ? Extases programmées. Mauvaise humeur ? Rires. Problèmes d’argent ? Augmentez les dépenses.

La folie vous guette ? Vous la devinez. Elle s’exprime ? Vous faites le mort. Elle augmente son bruit ? Montez la musique. Elle rentre chez vous comme si elle était chez elle ? Sortez, disparaissez, revenez. Inutile d’opposer à la folie la raison, le bon sens, la décence, la compassion, le respect, le souci de l’humanité ou de l’autre. Par définition, même avec des discours « humains », la folie est furieuse. Elle n’en a pas l’air, mais ça va venir. Cet orage vous surprend ? Cette agression vous gêne ? Vous avez des progrès à faire, c’est urgent.

Plus vous vous sentez à l’aise avec votre folie, plus la folie générale est désorientée par votre existence. À l’aide de votre contre-folie, vous lisez dans les pensées des fous qui se croient normaux. Ils se répètent, vous divaguez. Ils insistent, vous changez de sujet. Ils vous accablent de clichés, vous leur récitez des poèmes.

Le silence réprobateur des fous vous fatigue. Vous en rajoutez donc dans la gratuité, la désinvolture, le narcissisme épanoui. Vous blasphémez allègrement les poncifs moraux, vous dites du mal de toutes les religions et des plus grands philosophes. Avec les folles, pas d’efforts à faire : elles parlent tout le temps, c’est commode. Vous ponctuez de temps en temps, tout en pensant intensément à tel détail de tableau ou de paysage. Vous faites semblant d’être là, vous êtes dehors, et vous oubliez instantanément ce qu’elles viennent de dire. Supposons que vous soyez écrivain : vous avez une phrase à finir, c’est le moment, en plongée, d’écouter mieux sa cadence. Malgré le bruit, ça s’écrit. Comme elles ne lisent rien, vous êtes tranquille.


La folie fait du cinéma, votre contre-folie est astrophysique. La matière noire vous émeut, la découverte du boson vous comble, le néant marche avec vous dans la rue. Vous aimez les enfants, dont la contre-folie est évidente. On tente sans arrêt de les rendre fous, mais ils multiplient les incartades, les jeux de mots idiots, les maladies, les chagrins rentables. Ils sont là pour aggraver la folie de leurs parents, des éducateurs, des maniaques sociaux. Ces emmerdeurs-nés enfantins sont coriaces. Vous êtes comme eux, mais, vous, vous allez le rester contre vents et marées. Ils grandissent, vous rapetissez, ça y est, vous êtes maintenant un atome invisible. Pas besoin de dissimuler, vous êtes caché.

Vous êtes récusé, gardez-vous d’accuser. Vous savourez ce rejet, cet hommage. Plus la folie vous oublie, plus elle s’inquiète de son oubli. Elle sent que son temps est compté, pesé, divisé, alors que vous avez atteint la durée. La folie a besoin de se renouveler pour se répéter, la contre-folie, au contraire, est immuable, comme les mathématiques ou les pyramides sur lesquelles passe soudain un vent frais. Vous êtes dans le désert, servi par des anges. Votre retraite est introuvable, les oiseaux et les papillons vous aiment. La lune, toutes les nuits, vous sourit.

Encore des factures, des rappels à l’ordre, des chèques à remplir, des prélèvements en tous genres ? Vous payez selon votre contrat avec la folie. Après tout, c’est votre employée. Ne soyez pas grossier ni méprisant avec elle, le mépris est un mauvais placement, une faiblesse qu’il faut éviter. Vous ne méprisez personne, vous comprenez. Vous payez vos impôts, vos dettes, vous êtes un citoyen irréprochable, un virtuose de duplicité. Vous ne mentez pas, vous omettez. La vérité est un manteau sombre, une déesse que vous avez rencontrée. Dans votre vie, au fond très simple, les calculs se font d’eux-mêmes, les chiffres se débrouillent seuls, l’ordre règne sans avoir à se prononcer. Vous avez faim ? Vous mangez. Soif ? Vous buvez. Sommeil ? Vous dormez. 

Philippe Sollers, Médium, Gallimard, 2014, p. 45-48.