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mercredi, 23 avril 2008

Le bleu des pins fraîchit

357749106.jpg"A la couleur du soleil, le bleu des pins fraîchit."

Wang Wei

Paul Cézanne. Grand Pin et Terres rouges.
1890-1895. Musée de l'Ermitage (Saint-Pétersbourg).

01:36 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, poésie, wang wei, cézanne

Au moins mille années

1284369773.jpg"Qui boit tous les jours à la Source d'or vivra au moins mille années"

Wang Wei

mardi, 22 avril 2008

Je me demande comment j'ai pu vivre jusqu'à aujourd'hui

13947564.JPGJe me demande comment j'ai pu vivre jusqu'à aujourd'hui. Le temps est long, les instants innombrables, inamovibles, ne s'arrêtent jamais, défilent lentement sur l'échelle des heures. Qu'ai-je fait de ma vie ? Je l'ai  aimée, bien sûr, comme la  seule  chose qui soit. Et encore... Au volant de ma voiture, aujourd'hui, entre chien et loup. L'autoroute est rectiligne, presque personne, la musique bourdonne, gobe les kilomètres. “Got a sweet black angel “. J’ai  peur aujourd'hui, peur d'être devenu un homme efficace, rationnel, posé, méticuleux. Chacun est à sa place, je le vois bien, il y a une logique dans les choses, si peu de folie. La décrépitude doucement, déjà quelques signes avant-coureurs. Peut-être ai-je déjà atteint le sommet, le début de la pente descendante. Maintenant tout va s'effilocher, doucement s'évanouir. C'est biologique. “Got upon my heart”... Insensible  accélération de la vitesse, du volume sonore. Je suis en pleine possession de  mes moyens.  Qu'est-ce qui m'attend ? Les amis qui s'en vont, les corps qui se fanent,  les souvenirs... Tombée de la nuit. Le vent a poussé les nuages vers le couchant. Crescendo de musique. Des camions, longs stylets gris, s’effilochent sur le ruban de l'horizon. La mer est là, proche, ses effluves, vitres ouvertes... J'accélère toujours, les souvenirs accourent, pluie drue, précipitation.

Ce rêve, une nuit qui n’en finit pas, ne se termine pas par une aurore vague, le grand réveil de la vie, matutinale, fébrile, industrieuse... Plutôt rouler, toujours plus vite, avec la musique, légère ou opaque, peu importe. Jauge près de zéro. Plus envie de m'arrêter. Au loin, comme une station orbitale, une station-service, tous feux allumés dans la nuit vide, ouverte. Est-ce le début ou la fin ?

 

Raymond Alcovère, Extrait de "Fugue baroque", roman, éditions n & b, 1998, , prix de la ville de Balma(début du roman)

Photo de Gildas Pasquet

Sensibilité

2060615030.JPG« Une sensibilité forte n’est pas celle qui n’est capable que d’émotions fortes, mais celle qui conserve l’équilibre sous le coup des émotions les plus fortes, de manière qu’en dépit des tempêtes qui soufflent dans son cœur, vision et conviction, comparables à l’aiguille d’un compas sur un vaisseau ballotté par les vagues, continuent de réagir avec la même subtilité. »

Clausewitz

Peinture : "Le Dialogue" ; Delbar Shahbaz

delbar_shahbaz@yahoo.com

lundi, 21 avril 2008

Haïku

1065269324.jpgJ'ai vu une herbe folle

Quand j'ai su son nom

Je l'ai trouvé plus belle

Photo de Gildas Pasquet

dimanche, 20 avril 2008

La survie du cinéma d’art et essai, c’est David contre Goliath

197569274.jpg"Les salles art et essai représentent la moitié des cinémas en France. Or ces salles, qui se battent pour diffuser un large éventail de films venant du monde entier, se heurtent à l’offensive des grands groupes comme UGC ou Gaumont, qui multiplient les attaques et, surtout, à l’instauration de cartes de cinéma illimitées."

Lire ici l'enquête de « Bakchich

13:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, art et essai

Les yeux

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« Je me demande si dans tout l'univers il existe quelque chose qui puisse s'y comparer, quelle fleur, quel océan ? Le chef-d'oeuvre de la création est peut-être là, dans le brillant de ses couleurs inimitables. La mer n'est pas plus profonde. Dans ce gouffre minuscule transparaît ce qu'il y a de plus mystérieux au monde, une âme, et pas une âme n'est parfaitement semblable à une autre. » 

Julien Green, La traversée des apparences.

Peinture de Lambert Savigneux

samedi, 19 avril 2008

Y séjourner indéfiniment

1670426603.jpg"Nombre de tableaux sont là pour être regardés, mais les meilleurs sont ceux qui offrent l’espace médiumnique pour qu’on puisse y séjourner indéfiniment."

Guo Xi (peintre chinois du XI è siècle)

Watteau, L'embarquement pour l'île de Cythère

Born to be Wilde

Vient de sortir les Aphorismes d'Oscar Wilde, chez Arléa : Lire ici l'article de Philippe Sollers dans le Nouvel Obs

vendredi, 18 avril 2008

Je crois simplement en l'homme

Je crois simplement en l'homme. Je ne suis pas du tout raciste. Je respecte l'homme européen. Je connais son histoire. Je respecte le peuple français. Je respecte tous les hommes quels qu'ils soient, mais je pense aussi qu'il faut leur faire la leçon et leur dire que l'homme nègre, ça existe et que lui aussi il faut le respecter.

Lire ici sur le blog de Bona Mangangu un entretien avec Aimé Césaire

Temple du sommet

33917015.gifTemple du Sommet, la nuit :

Lever la main et caresser les étoiles.

Mais chut ! baissons la voix :

Ne réveillons pas les habitants du ciel.

Li Po

Peinture de Lambert Savigneux

A propos d'une photo de faux moines tibétains qui a fait le tour du monde

Le canular des soldats chinois prêts à se déguiser en moines tibétains, voir ici

L'orage

739950362.JPG« L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme tourbillonne » : Beethoven

Photo : L'Ile Sainte-Marie à Madagascar, août 2007 

jeudi, 17 avril 2008

Execution

929315781.jpgPeinture de Yue Minjun : Execution, 1995, huile sur toile

19:53 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : minjun, peinture, chine

Le vent est ivre

806496800.jpg"En Camargue le vent est ivre. Il trépigne, il tournoie, il perd la tête. Nul obstacle aux dévastations: une terre nue, des eaux pâles et, à l'horizon, toute moutonnante, la mer arrive du large en se hérissant. Tout se plie à la loi du vent: les eaux, le végétal, l'homme, les bêtes. Et la plus puissante de toutes prend à la brise âpre son impétueuse fureur. Là, règne le taureau, bête du vent !"

Henri Bosco, Malicroix

Nicolas de Staël

mercredi, 16 avril 2008

Sur la solitude

Superbe extrait de Malicroix, de Henri Bosco, à lire ici, sur le blog de Bona

"Au revoir Seigneur, nous allons à Bodie"

197807624.jpgPhoto d'Eddie Bonesire, voir ici

Plus d'info ici, sur Bodie

mardi, 15 avril 2008

La même sorte de probabilité qu’un Cézanne existe

179419136.jpgElle se lève tôt le lendemain matin, ouvre la fenêtre. L’air, étonnamment doux, palpite au dessus des toits. L’ombre est grise encore. Une trouée dans le ciel orgeat, derrière Saint-Sauveur, plus ocre et violente au fil des minutes. Des vols de moineaux décrochent des toits avant de plonger dans les rues vides. Sa vie commence. Elle a dix-huit ans, mais avec le calme en plus. Elle ira posément dans la direction fixée, une certaine forme de doute n’a plus sa place. Gaétan dort tranquillement. Ses affaires, posées sur une chaise, sont animées d’une vie propre. Elle déborde d’un amour absolu envers lui, un amour qui ne remet pas en cause sa liberté. Le plus improbable est arrivé, il en est ainsi depuis les origines de l’univers. La même sorte de probabilité qu’un Cézanne existe.

Raymond Alcovère, extrait du roman "Le Sourire de Cézanne", n & b éditions, mai 2007

Tableau de Frédérique Azaïs-Ferri 

Les photos d'Eddie Bonesire

917137336.jpg"La photographie doit être silencieuse. Ce n'est pas une question de discrétion, mais de musique."

Roland Barthes

 

Voir ici le site d'Eddie Bonesire

02:55 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, eddie bonesire

dimanche, 13 avril 2008

N'ayez point pitié

651199966.jpgFumez marais

les images rupestres de l'inconnu
vers moi détournent le silencieux crépuscule
de leur rire

Fumez ô marais cœur d'oursin
les étoiles mortes apaisées par des mains merveilleuses
jaillissent
de la pulpe de mes yeux
Fumez fumez
l'obscurité fragile de ma voix craque de cités
flamboyantes.
et la pureté irrésistible de ma main appelle
de loin de très loin du patrimoine héréditaire
le zèle victorieux de l'acide dans la chair
de la vie - marais -

telle une vipère née de la force blonde de l'éblouissement.

Aimé Césaire

Frédérique Azaïs-Ferri : Passion de mai