samedi, 19 juillet 2008
Le baroque...
- Le baroque, c'est justement ça, travestir la réalité, la mettre en scène. Le baroque c'est la peur de l'ennui, de la platitude, c'est l'outrance, la grandiloquence. Pour défier la vie, sa sécheresse. Le baroque c'est toute une vie d'un seul regard, d'une seule caresse, c'est magnifier les sentiments, leur donner la plénitude, c'est oublier la raison, la mesure, retrouver la vraie vie, son intensité, sa folie. C'est l'Orient, la faconde. C'est un instant saisi au vol, la grâce de la pierre qui saisit la fluidité de la vie, cette sorte de miracle ! Mais tout ça ne sont que des mots, vous verrez, à Naples, tout sera beaucoup plus clair...
Borromini (San Carlo alle Quattro Fontane, Rome, 1638-41)
09:12 Publié dans Fugue baroque | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rome, naples, borromini, fugue baroque
jeudi, 17 juillet 2008
Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages
Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages de Françoise Renaud, a obtenu le Prix 2008 du Manuscrit Régional VALLEELIVRES Cévennes.
Extrait :
Le deuxième trimestre était largement entamé quand je revis par hasard Virginia au bar de Jacquelin.
Elle paraissait changée, son visage amaigri, sa peau ternie. Dans l'instant où elle avait franchi le seuil du bar, j'avais cru qu'elle me cherchait des yeux, raison pour laquelle j'avais levé le bras pour lui faire signe. Lentement elle avait marché vers moi, alors j'avais vu combien elle était changée.
Je rentrais d'une excursion à l'île de Groix avec mes camarades de maîtrise, aussi j’entrepris de lui raconter la pointe des Chats, les litages fins et plissés des schistes étonnamment bleus. Bleus à cause du glaucophane. Oui, le glaucophane : un minéral abyssal qui donnait idée de ce qui arrivait quand l'écorce terrestre rencontrait le plancher océanique, un minéral engendré sous de très hautes pressions qui témoignait de chevauchements anciens. J'assurais que sa couleur était inimitable, proche de l'indigo des robes de désert, proche des lavandes du plein été. À la fois marin et végétal. Elle n'avait jamais entendu ce nom-là. Pour conclure elle affirma que je ne manquais pas de talent pour conter les histoires.
En vérité j'étais fou, fou d'avoir découvert les roches à glaucophane et fou de la revoir, persuadé que le premier événement avait suscité l'autre.
Souvent j’avais guetté sa silhouette au sein de la marée d'étudiants qui franchissait le seuil du restaurant, mais jamais ne l'avais aperçue. Chaque fois j’avais refoulé ma déception. Et maintenant j'avais envie de le lui avouer quand, brusquement, elle proposa de sortir dans le parc. L'air lui manquait.
La pluie était tombée une bonne partie de la matinée et les végétaux dégageaient encore des odeurs de tempête. Tout de même, on sentait que le vent du nord était en train de rentrer, que le ciel lentement s'abandonnait à ses courants indécis.
Nous nous assîmes sur un muret à proximité de la bibliothèque.
Les gouttes géantes suspendues aux branches d'arbre au-dessus de nos têtes tremblaient. Parfois chutaient dans nos cheveux.
Quel prix accorder à ces secondes où nous avions les yeux posés sur le même ciel ? Il était plombé comme après un naufrage, pourtant la clarté grandissait à mesure que le vent se précisait, nimbait nos corps et nos visages d’un halo blanc. Tout le reste de la vie aurait pu se dérouler à l'aune de cette clarté, du moins en avoir la saveur : moi assis près d'elle à frôler sa manche, le vent en train de naître, l’imperceptible frémissement du monde après la pluie.
Peut-être que c'était ça le bonheur.
08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : françoise renaud, le voyageur au-dessus de la mer de nuages
mercredi, 16 juillet 2008
Montpellier...
Toujours ma vie a tourné autour de Montpellier. Je m’y revois pour la première fois, à onze ans, sur la promenade du Peyrou. J’ai su tout de suite que ce lien durerait. Il y flotte en permanence une atmosphère légère et sensuelle. On y sent à peine l’hiver. C’est une ville mystérieuse, transparente, au charme subtil. On peut y passer à côté, pourtant elle crée un lien étrange et diffus, et ceux qui l’aiment ne savent pas toujours pourquoi.
Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture
12:20 Publié dans En cours d'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : montpellier, solaire, raymond alcovère, en cours d'écriture
dimanche, 13 juillet 2008
Voyage, par Delbar Shahbaz
00:12 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : art, peinture, delbar shahbaz
mercredi, 09 juillet 2008
Jeux de miroirs
03:58 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : peinture, art, miroir, rockwell, wodka
mardi, 08 juillet 2008
Pour le livre
Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».
Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.
Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.
15:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : livre, politique, loi lang, frédérique azaïs-ferri
lundi, 07 juillet 2008
Le nu dans la peinture au XIX ème
14:40 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, peinture, nu, renoir
vendredi, 04 juillet 2008
Les liseuses
George CLAUSEN Twilight: Interior (Reading by lamplight)
12:44 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : art, peinture, lecture, liseuses, clausen
mercredi, 02 juillet 2008
Les résultats du bac seront mis aux enchères sur e-Bay
13:13 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bac, e-bay, politique, gouvernement
mardi, 01 juillet 2008
S'il suffisait...
"S'il suffisait de se mettre en position du lotus pour accéder à l'illumation, toutes les grenouilles seraient des bouddhas"
Louis Pauwels
08:27 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : humour, bouddhisme, grenouille, louis pauwels
Elisez l'homme politique le moins drôle de l'année
Certes il n'y a que l'embarras du choix, voir ici
J'avoue un faible pour Bernard Laporte avec cette phrase : «On devrait reconnaître la spécificité du sport comme on reconnaît la spécificité de la culture», Toute l'Europe.fr, 24 juin 2008.
08:09 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, humour
samedi, 28 juin 2008
Sur la question du corps
Une saison en enfer se termine par la phrase suivante : « Et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps. » Qu’est-ce que ça veut dire : posséder la vérité dans une âme et un corps ? « Loisible », quel mot ! Et puis « posséder » ? Ah, posséder la vérité ! Comment ne pas se faire posséder ? C’est l’expérience de Dostoïevski : dans les souterrains, vous avez affaire à des possédés. Vous les laissez se demander pourquoi ils le sont. C’est à eux de trouver la réponse. J’aime ce mot-là, même argotiquement : être possédé ou non. Un style, on n’arrive pas à le posséder du dehors. Hôlderlin dit, par exemple, que le poète est un demi-dieu. Sa position est très difficile, parce que d’un côté il a affaire à la jalousie rituelle des dieux qui peuvent le rendre fou. Mais il a aussi à se défendre des mortels qui sont par rapport à lui (pour autant que ce verbe est fait de chair) dans une avidité particulière, provoquant des désirs passionnels qui peuvent aller jusqu’à la mise à mort. Alors, entre devenir fou et se faire crucifier par désir, par appropriation désirante, la voie est assez étroite, n’est-ce pas ? Le verbe fait chair est l’objet d’un violent investissement érotique, qui peut déboucher assez facilement sur le meurtre. Comme dit un libertin chez Sade : il ne faut pas que je vous désire trop, autrement vous allez y passer. Il dit cela à Juliette. Je ne vais pas vous regarder trop parce que, sinon, cela ira jusqu’au bout, je vous tuerai. Sade effraie parce qu’il dévoile, au fond, que tout corps veut la mort de l’autre. Peut-il y avoir un Éros, indépendant de la pulsion de mort, un Éros qui ne serait pas le « jumeau » de Thanatos ? Mais oui : c’est cela, le style. C’est un don, une grâce, une musique qui, au fond, n’ont rien d’humain. D’où la jalousie qu’il provoque. C’est ainsi.
Philippe Sollers, Eloge de l'infini (Interview de N. CASADEMONT)
05:22 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rimbaud, une saison en enfer, corps, philippe sollers, gildas pasquet
vendredi, 27 juin 2008
Un mental de résistant
« La vie ce n’est pas facile/Il faut avoir un mental de résistant »
Grand corps malade
11:17 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : slam, résistance, grand corps malade
jeudi, 26 juin 2008
Derrière une porte de pluie
Derrière une porte de pluie
Un bruit de caresse d’étoffe arrive sur mes rives et je rêve de l’océan
Des hommes silencieux retenus depuis l’enfance
Entre eux et le feu
Une femme parle avec peine de ce qui vient
Elle cherche un sens qui l’aide à vivre
Elle aimerait arrêter cette pluie, lui indiquer un autre lieu
Un flux continu de mots l’assaille, sa voix intérieure
L’immense paysage de la mort
L’automne infini où habitent les hommes et les arbres dépourvus de sang
La pluie jaune de l’oubli
Quitter ce lieu inconnu
Elle aimerait se reposer
S’échapper là haut et s’exercer à rêver
Elle a mangé la soupe froide des morts
Derrière une porte de pluie
Une lueur d’espoir danse dans ses yeux
Sandy Bel, poète amérindienne
03:16 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, sandy bel, poésie amérindienne, gildas pasquet
mercredi, 25 juin 2008
Excepté quand
"Vous savez que je hais la morale, excepté quand elle est faite par Athos."
Aramis
Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
00:39 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dumas, morale, athos
mardi, 24 juin 2008
Si Cézanne a raison, j’ai raison
« Remarquez que les classiques ont toujours refait le même tableau, et toujours de façon différente. À partir d’une certaine époque, Cézanne01:00 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, cézanne, matisse
lundi, 23 juin 2008
Bona Mangangu, d'après Van Dyck
Bona Mangangu. Etudes (une dizaine) d'après Antoine van Dyck (1599-1641). Crayon graphite et encre de Chine sur papier Kraft froissé. 1998
12:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, dessin, bona mangangu, van dyck
Origine du bon et du mauvais
"Seul invente l'amélioration, celui qui sait sentir : "telle chose n'est pas bonne"."
Nietzsche, Le Gai Savoir
Titien, Danaé
05:02 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, titien, nietzsche
dimanche, 22 juin 2008
Le Solitaire
"Je déteste suivre autant que conduire. Obéir ? Non ! Et gouverner, jamais ! Qui ne s'inspire pas d'effroi n'en inspire à personne, Et celui seul qui en inspire peut mener. Je déteste déjà me conduire moi-même ! J'aime comme les animaux des forêts et des mers, Me perdre pour un bon moment, M'accroupir à rêver dans un désert charmant, Et me faire revenir de loin à mes pénates, M'attirer moi-même… Vers moi."
Nietzsche, Le Gai savoir, prologue
00:47 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nietzsche, le gai savoir, gildas pasquet
samedi, 21 juin 2008
Vois
"Vois : j'ai posé sur le papier un point d'encre très
noire; ce feu sombre est l'eau même de la nuit; un
silence d'étoiles échevelées"
Roger Kowalski
00:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, poésie, roger kowalski




















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