mercredi, 10 octobre 2007
En lisant "Guerres secrètes" (3)
On voit donc se dessiner l’enjeu militaire planétaire du XXIe siècle : il opposera les Etats-Unis à la Chine. Nous sommes dans une Quatrième Guerre mondiale, la troisième ayant été gagnée contre les Russes, à la fois par les Américains, pour la force de frappe et la guerre des étoiles, les Anglais, pour l’espionnage, et Jean- Paul II, pour le combat spirituel. Avec les Chinois, cela va être une autre paire de manches. (...)
Il y a une guerre incessante : celle qui nous saute à la figure à travers le terrorisme déchaîné par la stratégie directe. Et une guerre plus secrète qui se mène sans cesse, pas seulement économique, et dont les Chinois sont en train de tirer la plupart des fils. Si l’adversaire est unilatéral, je vais faire du multilatéralisme ; comme l’adversaire est capitaliste, je vais devenir encore plus capitaliste. Pratiquer la défensive stratégique, utiliser la force de l’adversaire pour la retourner en ma faveur.
Le Chinois s’appuie d’instinct sur la compréhension interne de ce que l’adversaire ose, veut, calcule et est obligé de faire. Il mène une guerre défensive qui peut durer une éternité : sa conception du temps n’est pas la nôtre. Cette guerre peut se prolonger indéfiniment pour user l’adversaire. Elle ne cherche pas l’anéantissement, mais la domination.
Philippe Sollers, Guerres secrètes
05:50 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Guerres secrètes, Philippe Sollers, Lambert Savigneux
France-Angleterre
Etant donné l'histoire réciproque des deux pays, le résultat de ce match-là aura forcément un sens métaphysique !
Pablo Picasso, le Picador
01:05 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Picasso, rugby, France-Angleterre
mardi, 09 octobre 2007
Prémonitoire
Etrange pouvoir de l'anagramme : Dans "Révolution française" on a pu lire : "Un veto corse la finira" !
14:05 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : anagramme, Napoléon
Le calembour du mardi
- Comment ça va avec votre frère ?
- Caïn-caha !
01:30 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : humour
lundi, 08 octobre 2007
Entre chien et loup...
11:32 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Peinture, Denis Leenhardt
Ukulele weeps
Voir et entendre ici (merci Nin !)
00:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : George Harrisson
dimanche, 07 octobre 2007
En lisant "Guerres secrètes" (2)
"Aussitôt sous ses pieds, il lie ses belles sandales d'or immortelles, qui le portent sur l'étendue liquide, sur la terre infinie, en même temps que le souffle du vent. Il se saisit de la baguette qui lui sert à charmer les yeux des gens qu'il veut, et à les éveiller aussi, quand ils dorment. La baguette en main, le puissant dieu fulgurant s'envole. Quittant l'éther, il passe sur la Piérie et tombe dans la mer. Il bondit alors sur les vagues, et l'on dirait le goéland qui chasse les poissons, parmi les replis terrifiants de la mer inféconde, et trempe d'eau salée ses ailes épaisses. Transporté sur les vagues sans nombre, Hermès lui ressemble. Mais lorsqu'il parvient à l'île lointaine, il sort de la mer à l'aspect de violette, sur la terre ferme, et s'en va jusqu'au moment qu'il atteint la vaste grotte où habite la nymphe aux belles tresses."
Homère, Odyssée, Chant V
11:45 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Nina Houzel, Philippe Sollers, Homère, l'Odyssée
En lisant "Guerres secrètes" (1)
"Puissance du chant sur le temps - que les pauvres mortels, si peu chanteurs, ne reconnaissent pas, en croyant que le temps se déroule, alors qu'il faut dire qu'il surgit. Ils croient que le temps passe, alors qu'il se dresse dans la parole, le langage, dans le chant. Simplement, par la façon de dire, vous changez de temps. Ou plus exactement, tous les temps sont à votre disposition."
Philippe Sollers, Guerres secrètes
00:47 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Philippe Sollers, Guerres secrètes
vendredi, 05 octobre 2007
Cecilia !
19:31 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Cecilia, rock and roll
Passe Ouest (suivi de) Ikaria Lo 686070, de Alain Jégou
Passe Ouest, le chenal emprunté par les navires lorientais pour rejoindre les zones de pêche du large. Ikaria Lo 686070, nom du navire et son numéro d'immatriculation au quartier maritime de Lorient. Et un sacré livre qui comme un bon mal de mer, le plus souvent dantesque ("l'horizon s'est fait rouler, englober, becter par le buée. Le flou fluctuant s'agrippe à la vision. Internés dans une bulle de purée amniotique tels de vieux foetus bigleux, frissonnant sous nos cirés mouillés, nous essayons de scruter l'espace avant d'y replonger"), avec quelques pages apaisées entre deux tempêtes, vous retourne les tripes, vous met le coeur à l'envers et vous fait gôuter la vie, certes par procuration, comme rarement on l'a vu écrire. A la barre, le vieux (pas tant que ça) compagnon de la beat generation Alain Jégou raconte 28 ans de sa vie de marin pêcheur entre l'île d'Yeu et l'archipel des Glénans. Avec son style et ses mots à lui, un poil techniques (glossaire à la fin), mais surtout poétiques et populaires, introuvables dans le dictionnaire mais tellement évocateurs, et aussi poé-litiques lorsqu'il évoque la déroute de la pêche indépendante face aux énormes chalutiers de la pêche industrielle. L'existence de ceux "qu'ont réellement endossé la défroque du fêlé", décrite grandeur nature, sans "mic mac ni bidouillages d'esprit, genre occultisme ou bigoterie, sur la brèche toujours le fil de la lame, à jouer les équilibristes pour rester en surface, garder le moral loin des godasses, bien au dessus de l'horizon et de la flottaison". Alors maso l'ami Alain ? Que non ! "Drôle d'expérience vivante que celle de la mer. L'engagement spontané qui m'aura permis de me récupérer, m'assumer, trouver un sens à mon existence. M'ouvrir et aérer l'esprit, échapper au milieu étriqué où se trament les entreprises humaines et s'engluent les destinées".01:39 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Alain Jégou, Passe Ouest, Jean Azarel
mercredi, 03 octobre 2007
Miel mon sari !
Nina, j'espère que tu ne m'en voudras pas, ce contrepet est de Jean Azarel, je n'y résiste pas !
14:02 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Inde, Nina Houzel
Ce n'est chez moi que de l'instinct
"Te souviens-tu, chère amie, quand nous étions dans cette triste chambre où on montait par ce vilain escalier, où il faisait si froid, où nous étions contents de nous, c'est qu'il existe un soi qui, lorsqu'on sait le respecter, est indépendant, inattaquable, et qu'il a encore un aplomb dans les orages, dans les tremblements de terre. Eh bien, en vérité, ce n'est chez moi que de l'instinct, dont ton aimable intérêt me fait raisonner avec toi, toi toute seule..."
Vivant Denon à Bettine, 1814
Georges Romney, Lady Hamilton, 1782
00:20 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Vivant Denon, Le Cavalier du Louvre, Lady Hamilton
mardi, 02 octobre 2007
Peut-être
"Si tu ne deviens pas hyprocrite, lui disait-il, peut-être tu seras un homme."
Stendhal, La Chartreuse de Parme
22:43 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Stendhal, La Chartreuse de Parme
Portrait
01:37 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, Jean-Louis Bec
lundi, 01 octobre 2007
Une nouvelle lecture du "Sourire de Cézanne"
18:55 Publié dans Le Sourire de Cézanne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Le Sourire de Cézanne, littérature, roman, Roland Fuentès
Raconter
J’ai compris que les choses devaient venir d’elles-mêmes à soi. Toutes ces rencontres et Laure. Et que mon rôle était de raconter. Raconter par la peinture. Les rencontres sont métaphysiques bien sûr et l’art est la manifestation, la concrétisation, à un moment, de cette métaphysique.
Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture
10:32 Publié dans En cours d'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Raymond Alcovère, Solaire
L'Embarquement pour Cythère, vu par Peter Milton

01:35 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Peter Milton, L'Embarquement pour Cythère
dimanche, 30 septembre 2007
Si j'étais peintre
Devant, ciel gris, âpre. Une chaleur insensible flotte. Le monde ne peut être paisible sans cette trouée lilas, monocorde, à fixer les nuages, les rendre transparents. La terre s’approfondit. Une musique monte dans le lointain, symphonie élastique. Gammes bleues et mauves. La terre est prête à s’engouffrer dans l’océan. Terre blonde et vermeille. Un lit de terre. Loin encore l’Europe est là, je la sens. J’y jette tous mes espoirs, je ne reverrai jamais les îles je crois. Pourquoi revenir en arrière ? La symphonie de l’aurore jette une lumière ocre. Des plages longilignes dévorent la terre devant l’étrave du bateau. Si j’étais peintre, je poserais mon chevalet ici. Le ciel étagé en rumeurs, les couleurs comme des bruits, des notes, qui s’attirent, se repoussent, s’aiment.
Raymond Alcovère, extrait de "L'or du temps", 2002
08:50 Publié dans Inédits | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Raymond Alcovère, Nina Houzel
Le calembour du dimanche
Un trou noir, c'est troublant !
02:15 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : calembour, humour
Le style de Flaubert
La conjonction « et » n'a nullement dans Flaubert l'objet que la grammaire lui assigne. Elle marque une pause dans une mesure rythmique et divise un tableau. En effet partout où on mettrait « et », Flaubert le supprime. C'est le modèle et la coupe de tant de phrases admirables. « (Et) les Celtes regrettaient trois pierres brutes, sous un ciel pluvieux, dans un golfe rempli d'îlots » (C'est peut-être semé au lieu de rempli , je cite de mémoire.) « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. » « Le père et la mère de Julien habitaient un château, au milieu des bois, sur la pente d'une colline. » Certes la variété des prépositions ajoute à la beauté de ces phrases ternaires. Mais dans d'autres d'une coupe différente, jamais de « et ». J'ai déjà cité (pour d'autres raisons) : « Il voyagea, il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l'étourdissement des paysages et des ruines, l'amertume des sympathies interrompues. » Un autre aurait mis : « et l'amertume des sympathies interrompues. » Mais cet « et » là, le grand rythme de Flaubert ne le comporte pas. En revanche, là ou personne n'aurait l'idée d'en user, Flaubert l'emploie. C'est comme l'indication qu'une autre partie du tableau commence, que la vague refluante, de nouveau, va se reformer. Tout à fait au hasard d'une mémoire qui a très mal fait ses choix : « La place du Carrousel avait un aspect tranquille. L'Hôtel de Nancy s'y dressait toujours solitairement ; et les maisons par derrière, le dôme du Louvre en face, la longue galerie de bois, à droite, etc., étaient comme noyées dans la couleur grise de l'air, etc. tandis que, à l'autre bout de la place, etc. » En un mot, chez Flaubert, « et » commence toujours une phrase secondaire et ne termine presque jamais une énumération. Notons au passage que le « tandis que » de la phrase que je viens de citer ne marque pas, c'est toujours ainsi chez Flaubert, un temps, mais est un de ces artifices assez naïfs qu'emploient tous les grands descriptifs dont la phrase serait trop longue et qui ne veulent pas cependant séparer les parties du tableau. Dans Lecomte de Lisle il y aurait à marquer le rôle similaire des « non loin », des « plus loin », des « au fond », des « plus bas », des « seuls », etc. La très lente acquisition, je le veux bien, de tant de particularités grammaticales (et la place me manque pour indiquer les plus importantes que tout le monde notera sans moi) prouve à mon avis, non pas, comme le prétend le critique de La Nouvelle Revue française , que Flaubert n'est pas « un écrivain de race » , mais au contraire qu'il en est un. Ces singularités grammaticales traduisant en effet une vision nouvelle, que d'application ne fallait-il pas pour bien fixer cette vision, pour la faire passer de l'inconscient dans le conscient, pour l'incorporer enfin aux diverses parties du discours !
Marcel Proust
Article paru dans la NRF en janvier 1920, à lire en entier ici
00:20 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, Proust, Flaubert



















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