mercredi, 17 mars 2010
Mes hôtes de la nuit
« J'aime les histoires. Je suis d'ailleurs un excellent écouteur d'histoires. Je sais toujours, même si c'est parfois vague, quand une âme ou un personnage est en train de voyager dans l'air et a besoin de moi pour se raconter. Écouter et raconter, c'est un peu la même chose. Il faut apprendre à être disponible, à laisser en permanence la porte de son imagination ouverte. Mes histoires, mes livres, je les ai tout simplement accueillis. Vous vous en doutiez : je crois aux muses. J'ai une immense affection pour mes hôtes de la nuit. Je les traite comme des hôtes de marque. »
Antonio Tabucchi
Fragonard, Le Baiser volé
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lundi, 15 mars 2010
L'Indifférent
« Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde »
Fernando Pessoa, Bureau de tabac
Watteau, L'Indifférent
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dimanche, 14 mars 2010
Jardins de l’Alhambra
« Je ne savais plus si je respirais de la musique ou si j’entendais des parfums ».
Maupassant, à propos des Jardins de l’Alhambra, à Grenade
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samedi, 13 mars 2010
L'autre
Écrire, c’est disparaître. Personne — à moins de remonter jusqu’au prophète Élie ou jusqu’à Empédocle — n’a disparu comme Isidore Ducasse. Mort inconnu à vingt-quatre ans, sa brève existence est un impérieux défi à la finitude ; il n’en surnage, seules traces avec l’embarras universel, que deux livres aussi étranges qu’apparemment incompatibles : les Chants de Maldoror et Poésies. [...]
François Meyronnis
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Le mal
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vendredi, 12 mars 2010
...
"Les calculs de côté, l'inévitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la séance des rythmes occupent la demeure, la tête et le monde de l'esprit."
Rimbaud
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La Rochefoucauld, toujours...
« Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise. »
« Nous avons plus de force que de volonté, et c’est souvent pour nous excuser à nous-mêmes que nous nous imaginons que les choses sont impossibles. »
« Il semble que la nature, qui a si sagement disposé les organes de notre corps pour nous rendre heureux, nous ait aussi donné l’orgueil pour nous épargner la douleur de connaître nos imperfections. »
« Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes. »
« Le caprice de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la fortune. »
« On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine. »
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mercredi, 10 mars 2010
Du côté du réfractaire
Car il en va des sociétés comme des individus : le réel est toujours du côté du réfractaire, du fugitif, du résistant, de tout ce qu'on cherche à calmer, ordonner, faire taire et qui revient quand même, et qui revient encore, et qui revient sans cesse - incorrigible.
(Christian Bobin, Autoportrait au radiateur)
Fragonard, Aurore
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lundi, 08 mars 2010
Il neigeait
Il neigeait, et voici, nous en dirons merveilles : l’aube muette dans sa plume, comme une grande chouette fabuleuse en proie aux souffles de l’esprit, enflait son corps de dahlia blanc.
Saint-John Perse
Soir de neige à Honcho Street de Kobayashi Kiyochika
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dimanche, 07 mars 2010
Démocratie
Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour. Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques. Aux pays poivrés et détrempés ! — au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires. Au revoir ici, n'importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C'est la vraie marche. En avant, route !
Rimbaud, Illuminations, 1873
Fritz Lang, Metropolis, 1926
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samedi, 06 mars 2010
Un article sur "Le bonheur est un drôle de serpent"
10:45 Publié dans Le Bonheur est un drôle de serpent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le bonheur est un drôle de serpent, jean-jacques marimbert, encres vagabondes
vendredi, 05 mars 2010
Tiens tiens, censure...
17:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : censure, damien saez
Stand by me
09:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : stand by me
Discours parfait, de Philippe Sollers
Suite de "La Guerre du goût" et de "Eloge de l'infini", "Discours parfait" est un ensemble de textes critiques, entretiens et contributions diverses, puisés dans L'Infini, Le Nouvel Observateur, Lignes de risque et autres publications. On y trouve également le texte intégral de "Fleurs" paru en 2006 aux éditions Herman. Les lecteurs habituels de Sollers ne s'étonneront pas d'y croiser les figures tutélaires de Rimbaud, Nietzsche, Voltaire, Heidegger, Dante, Saint-Simon, Proust, Stendhal, Bataille, Céline, etc. Le principal intérêt est de voir réunis en un seul livre (912 pages) toutes ces contributions éparpillées. Quant aux autres, ce livre sera peut-être une clé d'entrée dans ces univers multiples. Livre très riche donc, j'en sortirai entre autres perles, celle-ci : "Jean Beaufret, le traducteur, enfin l'ami de Heidegger, est en analyse chez Lacan et il est agacé parce que Lacan se tait. Mais là, un jour, Beaufret a une astuce, il tend un piège à Lacan et lui dit : "Tiens, j'étais avant-hier à Fribourg, et Heidegger m'a parlé de vous." Et Lacan saute dans son fauteuil et dit : "Ah oui ! Qu'est-ce qu'il vous a dit ?". On retiendra aussi le fameux vers de Hölderlin que Heidegger aimait citer : "Là où le péril croît, croît aussi ce qui sauve."
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jeudi, 04 mars 2010
Ma Chine à écrire
« La tradition occidentale privilégie la parole, liée au corps, à la respiration, et s'efforce de reléguer l'écrit au rang de reflet inerte. Le petit enfant français apprend "à lire et à écrire", à lire puis à écrire ; en Chine, le caractère est écrit, tracé avant d'être lu. Tracer le caractère est un acte qui engage tout le corps, tout le souffle de façon consciente. C'est pour cette raison que copier une belle calligraphie n'est pas cette pâle corvée que le mot évoque pour nous. Copier pour nous est quelque chose de triste, on pense aux copies que l'on a faites jadis étant petit. Pour un chinois, copier c'est entrer dans le mouvement du corps de l'auteur, c'est retrouver le rythme de la graphie de l'auteur, et cette communication physique est aussi immédiate que celle que vous trouvez à travers la tessiture d'une voix. C'est peut‑être une des raisons du pouvoir social de l'écriture en Chine. »
Viviane Alleton
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mercredi, 03 mars 2010
Quand avril fait deuil de ses lilas
Quand avril fait deuil de ses lilas, que moutonne l'eau du lac sous les rafales du mistral et que merles transis pas plus que rousserolles ne vous donnent envie de chanter, alors où voulez-vous aller puiser la force d'encore continuer jusqu'à la passerelle, là-bas, où les grands roseaux bleus font signe et nous appellent ?
Une averse sauvage désole soudain sentes et sous-bois qu'au sortir de la forêt ne viendra consoler aucun arc-en-ciel, ils sont tombés des nues les cerfs-volants de fine étoffe qu'enfant nous lancions à l'assaut du soleil et maintenant même l'iris des marais prend sous nos pas une pâleur d'ennui tandis que s'évanouissent en ricanant dans le vent les souvenirs jaunis des jours passés.
Quelque chose de nous déjà doucement gagne l'agonie qu'on voudrait voir encore cavaler vers la vie, au cœur cependant la tranquille espérance qu'un frisson de lumière, agitant là-bas les grands roseaux bleus, suffira sans doute pour atteindre bientôt la passerelle.
Pierre Autin-Grenier, Les Radis bleus
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mardi, 02 mars 2010
It's been a long time
21:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : led zeppelin, rock'n'roll
Enfances
« Je donnerais tous les paysages du monde pour celui de mon enfance."
Cioran
"Je prie chaque jour pour que le Seigneur me rende semblable à un enfant. C'est-à-dire qu'il me fasse voir la nature et la rendre comme la rendrait un enfant, sans préjugés."
Jean-Baptiste Corot
Ville d'Avray, fermière
en bordure des bois
1825
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lundi, 01 mars 2010
Que savoir d'autre de la vie ?
Une fois le chandail ôté, l'offrande d'une poitrine rouge
Conséquence possible d'un coup de soleil,
Trace probable d'une vieille peinture de guerre
Une fois notre chant sur pilotis
suspendu entre brume et feutre
la profondeur du sentiment pour sillon
Que savoir d'autre de la vie ?
Jean Azarel, extrait de Passage du mortel
Photo : Anne Heywood par Cornel Lucas
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dimanche, 28 février 2010
Il faut bien que tout le monde mange !
Mesdames et messieurs,
avez-vous remarqué qu'à table les mets
que l'on vous sert vous mettent les mots à la bouche ?
J'en ai fait l'observation
un jour que je dînais seul.
A la table voisine...
il y avait deux convives qui mangeaient
des steaks hachés...
Et tout en mangeant,
ils alimentaient la conversation.
Au début du repas, tandis que l'un parlait,
l'autre mangeait ... et inversement !
L'alternance était respectée.
Et puis...
les mets appelant les mots
et les mots les mets...
ils se sont mis à parler et à manger
en même temps :
" Ce steak n'est pas assez haché disait l'un ",
" Il est trop haché pour mon goût disait l'autre ! ".
Les mots qui voulaient sortir
se sont heurtés aux mets qui voulaient entrer...
(Ils se télescopaient !)
Ils ont commencé à mâcher leurs mots et
à articuler leurs mets !
Très vite, la conversation a tourné au vinaigre.
A la fin, chacun ayant ravalé ses mots
et bu ses propres paroles,
il n'y eut plus que des éclats de " voie " digestive
et des " mots " d'estomac !
Ils ont fini par ventriloquer...
et c'est à qui aurait le dernier rôt !
Puis l'un d'eux s'est penché vers moi.
Il m'a dit :
" Monsieur, on n'écrit pas la bouche pleine ! "
Depuis, je ne cesse de ruminer mes écrits !
Je sais...
Vous pensez :
" Il a écrit un sketch alimentaire,
un sketch haché ! "
Et alors ?
Il faut bien que tout le monde mange !
Raymond Devos
Titien, Mars, Venus et Cupidon
01:15 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : raymond devos, titien




















