samedi, 24 octobre 2015
Un écrivain
« Au fond, un écrivain – un véritable écrivain – est quelqu’un qui voue sa vie à l’impossible. Quelqu’un qui fait une expérience fondamentale avec la parole (qui trouve dans la parole un passage pour l’impossible). Quelqu’un à qui il arrive quelque chose qui n’a lieu que sur le plan de l’impossible. Et ce n’est pas parce que cette chose est impossible qu’elle ne lui arrive pas : au contraire, l’impossible lui arrive parce que sa solitude (c’est-à-dire son expérience avec la parole) est telle que ce genre de chose inconcevable peut avoir lieu, et qu’elle a lieu à travers les phrases, à travers les livres qu’il écrit, phrases et livres qui, même s’ils ont l’air de parler d’autre chose, ne parlent secrètement que de ça. (…) Quelqu’un dont la solitude manifeste un rapport avec la vérité et qui s’y voue à chaque instant, même si cet instant relève de la légère tribulation, même si cette vérité lui échappe et lui paraît obscure, voire démente ; un écrivain est quelqu’un qui, même s’il existe à peine aux yeux du monde, sait entendre au cœur de celui-ci la beauté en même temps que le crime, et qui porte en lui, avec humour ou désolation, à travers les pensées les plus révolutionnaires ou les plus dépressives, un certain destin de l’être. (…) Qu’y-a-t-il de plus important que d’engager sa vie dans l’être et de veiller à chaque instant de sa vie un dialogue avec cette dimension ? Car alors, nous n’avons plus seulement une vie, mais une existence : nous existons enfin. (…) Quelqu’un qui fait coïncider son expérience de la parole avec une expérience de l’être ; et qu’au fond, grâce à une disponibilité permanente à la parole – à ce qui vient quand il écrit –, il ouvre son existence toute entière, qu’il le veuille ou non, à une telle expérience. Que celle-ci soit illuminée par Dieu ou au contraire par la mort de Dieu, qu’elle soit habitée ou désertée, qu’elle consiste à se laisser absorber par le tronc d’un arbre ou par des sillons dans la neige, à s’ouvrir au cœur démesuré d’une femme étrange ou à déchiffrer des signes sur les murs, elle porte en elle quelque chose d’illimité qui la destine à être elle-même un monde, et donc à modifier l’histoire du monde. »
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Yannick Haenel (L'infini n° 133)
Photo de Kouji Tomihisa
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jeudi, 22 octobre 2015
Ce français qu'on dit parfois inaccentué, sec, raisonneur et gourmé
« Ce français qu'on dit parfois inaccentué, sec, raisonneur et gourmé, est une langue très invective, très secrète et très arborescente, faite pour pousser. Très native, très germinative. La plus belle langue du monde, parce que c'est à la fois du grec de cirque, du patois d'église, du latin arabesque, de l'anglais larvé, de l'argot de cour, du saxon éboulé, du picard d'oc, du doux-allemand et de l'italien raccourci. Un grand théâtre d'ombres, de transformismes, de variétés rythmées... »
Valère Novarina
Photo de Carlos Gotay
20:17 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valère novarina, carlos gotay
mercredi, 21 octobre 2015
Sacré
"Regardez chaque heure comme un chiffre sacré." : Philippe Sollers, Portrait du Joueur
23:20 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 18 octobre 2015
La vie est une spirale

20:47 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 17 octobre 2015
Je suis parti
Je suis parti et voilà que le monde s’ouvre à mes yeux.
Le vent fait claquer les voiles, le jusant doucement nous éloigne.
Les cris des marins se répondent.
Les os du bateau craquent, son grand corps de sel et de vent s’ébroue.
Le navire s’enfonce.
Une femme chante un refrain des îles.
J’emporte les bribes de ce rêve.
Musique.
Raymond Alcovère, extrait de L'aube a un goût de cerise, N&B éditions, 2010
09:01 Publié dans L'Aube a un goût de cerise, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l'aube a un goût de cerise
vendredi, 16 octobre 2015
Toujours plus haut !

21:58 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 12 octobre 2015
La mer était grise, grise et blanche

20:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 10 octobre 2015
Société
"la société ne paie que les services qu'elle voit."
Stendhal
21:27 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal
samedi, 03 octobre 2015
Rhapsodie bleu nuit de la pluie et du vent
Je fondais mes rêves dans le bleu délavé de l’horizon, l’amas désordonné des nuages et ce bateau qui filait au milieu de tous ces cataclysmes. La pluie au loin traçait un rideau épais, en grandes orgues joufflues gonflées de nuit. Une trépidation de lames. Le ciel, une lutte, un amas de lances, un combat fratricide. Une symphonie du nouveau monde. Même si c’est vers l’ancien que je me dirigeais. Terrifiante cette immensité sauvage, encore plus que la Sierra, ces vagues dans le désordre de la nuit, remous effrayants, terrifiante et rassurante à la fois avec le bruit continu du bateau, les odeurs de machines, ce bloc de métal monstrueux, fumant et rugissant, traçant son sillon imperturbable à travers les flots déchaînés. Plaisir redoublé par le sentiment de sécurité, sur ce bâtiment sourd aux hurlements de la tempête. Rêvant que mon âme soit pareille, un bloc insubmersible. Tout ce chemin parcouru en si peu de temps. Comme au Mexique, malgré ou à cause de l’absurdité du lieu, je me sentais à ma place, au cœur de cette rhapsodie bleu nuit de la pluie et du vent.
Raymond Alcovère, extrait de "Le bonheur est un drôle de serpent", 2009, éditions Lucie
Ivan aivazovsky (1879)
12:35 Publié dans Le Bonheur est un drôle de serpent | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 01 octobre 2015
A fond
"On n'est jamais assez content de soi pour se livrer à fond."
Paul Valéry
Photo de Mihai Florea
21:04 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul valéry, mihai florea
Harmoniques
« Il faut jeter des pierres dans les esprits, qui y fassent des sphères grandissantes ; et les jeter au point le plus central, et à intervalles harmoniques. »
Paul Valéry
Photo de Pawel Klarecki
03:17 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul valéry, pawel klarecki
dimanche, 27 septembre 2015
Forme
"Le plus beau serait de penser dans une forme qu'on aurait inventée."
Paul Valéry
20:18 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul valéry
jeudi, 24 septembre 2015
On n'est jamais trop prudent

01:13 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 21 septembre 2015
Histoire sans paroles

20:38 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 17 septembre 2015
Déjà !
L'automne, déjà ! - Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, - loin des gens qui meurent sur les saisons.
Arthur Rimbaud
19:12 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 16 septembre 2015
Solitude
« On est seul avec tout ce qu’on aime. » : Novalis
Pierre Bonnard
02:43 Publié dans Grands textes, illuminations, Papillote | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : novalis, pierre bonnard
mardi, 15 septembre 2015
Tous les hommes méritent d'avoir un nom
"Socrate est immortel;
Or Socrate est un homme;
Donc tous les hommes méritent d'avoir un nom."
Philippe Sollers
Photo de Sam Abell
04:40 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers
lundi, 14 septembre 2015
Isadora
“If I could tell you what it meant, there would be no point in dancing it.”
Isadora Duncan
20:09 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isadora duncan, danse
dimanche, 13 septembre 2015
La Cabane trempée, ça te dit quelque chose ?
- La Cabane trempée, ça te dit quelque chose ?
- Non !
- Le peintre Denis Leenhardt ; c’est chez lui. Des artistes y exposent chaque mois de mai, au bord d’un canal, c’est joli tout plein, l’endroit s’appelle les Cabanes de Mauguio, eh bien on va juste à côté, mais on n’aura pas le temps de s’attarder…
À quelques kilomètres de Montpellier, le dépaysement était total : des cabanes de pêcheurs, des filets qui sèchent, quelques barques amarrées au bord, les étangs tout près, l’odeur de la malaïgue, et pas de touristes, comme si le temps s’était arrêté. L’ombre de Gaston Baissette planait par là. Il arrêta la voiture au bord du chemin.
- Attends-moi, j’en ai pas pour longtemps !
Ouvrant la serrure d’une sorte de garage, il en ressortit cinq minutes plus tard avec un sac de voyage.
- Il y a quoi dans le sac, lui demanda-t-elle ?
- Je veux bien te le dire mais je devrai te tuer après !
- Très drôle !
- Des joujoux !
- Arrête !
- Je blague pas ! Des armes, piqûres anesthésiantes, téléphones, faux papiers, cartes de crédit, argent liquide, clés électroniques, c’est une manie des agents secrets, un tuyau qu’on m’avait donné. On se constitue des réserves, au cas où, pour les mauvais jours, eh bien voilà c’est arrivé, je crois que le tuyau était plutôt bon…
Extrait de "Rien compris au rock and roll", roman, 2011, Raymond Alcovère, Clair de plume 34 éditions
21:55 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 12 septembre 2015
Encore un dernier !

12:24 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lecture


















