samedi, 26 mars 2016
Ruse géniale
"A la fin de sa vie, ruse géniale, Proust fait dire au narrateur de la Recherche qu'il va se mettre à écrire. La mort est là, et il a des milliers de pages derrière lui. C'est fini, et pourtant il commence. Le mot "temps" prend ici une majuscule, le Temps, retrouvé, avant d'être définitivement perdu. Il compare son oeuvre à venir (alors qu'elle est faite) à une cathédrale ou, plus modestement, à une robe. Cette embardée, du gothique à la mode, est sensationnelle, et la faute de goût est énorme. Peu importe, vous avez entre les mains un chef-d'oeuvre écrit en 15 ans, de 37 à 52 ans, alors que la durée de la rédaction nocturne aurait dû demander un siècle."
Philippe Sollers, L"Ecole du mystère
Photo de Ansel Adams
03:42 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marcel proust, philippe sollers
mercredi, 23 mars 2016
Semblable à la nuit
"Les flèches résonnèrent sur l'épaule du dieu irrité, quand il s'élança ; et il allait, semblable à la nuit."
Homère, L'Iliade
21:03 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homère, l'iliade
Démontrable
23 mars 1842, mort de STENDHAL (Henri Beyle) à Paris.
« La perfection de "Le Rouge et le Noir" et de "La Chartreuse de Parme" me semble cependant démontrable. Ces deux ouvrages, par leur donnée, les caractères qui y sont présentés, la construction des intrigues qui s’y développent, le charme de leurs descriptions, la curiosité et la bonté que l’auteur y exerce, l’intelligence qu’il y manifeste, ont ce caractère de nécessité qui rend parfaitement heureux, – propre aux véritables chefs-d’œuvre (...) La prose de Stendhal n’est jamais une draperie posée sur un quelconque contenu, elle est le contenu même de sa pensée, un mouvement qui nous est transmis sans aucune déperdition d’énergie. »
Claude Roy (Stendhal par lui-même)
19:00 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal, claude roy
dimanche, 20 mars 2016
l'étourderie française, moqueuse, insouciante, intrépide, était montée au cerveau de tous
"Dans tous ces quartiers pauvres et populaires, on combattit instantanément, sans arrière-pensée : l'étourderie française, moqueuse, insouciante, intrépide, était montée au cerveau de tous ; la gloire a, pour notre nation, la légèreté du vin de Champagne."
Chateaubriand
20:06 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chateaubriand
Une lettre de Jacques Brel à Lino Ventura
Jacques Brel ( 8 avril 1929 – 9 octobre 1978), chanteur-compositeur, mais aussi acteur et réalisateur triomphant, a connu son premier grand succès public avec son titre mémorable Quand on n’a que l’amour en 1956. D’autres s’en suivront qui établiront la prospérité de ce chanteur hors pair : Ne me quitte pas, La valse à mille temps ne sont que les exemples d’une plus longue liste. Mais le chanteur a aussi un autre talent : le cinéma. De son son dernier rôle, un dépressif aux prises avec un tueur à gages jouté par Lino Ventura dans L’emmerdeur, naîtra une merveilleuse amitié dont cette lettre illustre la puissance, écrite par le grand parolier Jacques Brel.
Ile d'Union (Antilles), le 28 décembre 1974 au soir
A bord de la « Korrig »
Cher Lino,
Plus de deux mois en mer déjà sur ce petit bateau, du vent, des orages, de la pluie qui lave et ce soir l’envie de te parler.
Tu sais, Lino, je suis plus jeune que toi mais je crois tout de même être autorisé à te dire que je t’aime bien.
J’ai rencontré si peu d’hommes en 45 ans qu’il me semble une faute de ne pas les serrer un peu contre moi, même si en échange, j’ai bien peu à donner.
Tu vois, je ne sais ni ce que sera ta vie ni ce que sera la mienne mais je trouverais désolant que nous nous perdions trop. C’est si rare la tendresse.
Bientôt j’aurai un bateau et je veux que tu saches que tu y seras toujours le très bienvenu.
Je te souhaite heureux et fier d’être.
Et je pense que de deviner tes fragilités je sais aussi ta force.
Tu sais Lino, nous avons 15 ans et je crains que nous n’en sortions jamais.
Au fond je vais très bien sur ce bateau. Ça n’est pas le grand confort et c’est bien fatigant mais il y a des moments formidables.
Bien sûr l’Atlantique c’est long mais avec la lune par-dessus et du vent dans les voiles, cela ressemble à une chanson d’amour. Et je ne sais encore rien de mieux que cela. Dans huit jours, je retrouverai ma Doudou à Point-à-Pitre puis nous rentrerons en France. Peut-être seras-tu à Paris fin janvier ? Je serais bien heureux de pouvoir te voir un soir.
Pour ne parler de rien et juste se comprendre.
A bientôt Lino, je t’embrasse de loin, il fait nuit et l’eau à 27°.
Sincèrement, Jacques.
06:33 Publié dans Chanson, Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amitié, jacques brel, lino ventura
jeudi, 17 mars 2016
il n'est pas nécessaire de les combattre pour les ruiner
"De sorte qu'il n'est pas nécessaire de les combattre pour les ruiner, puisqu'il suffit de les abandonner à eux-mêmes, parce qu'ils composent un corps divisé, dont les membres contraires les uns aux autres se déchirent intérieurement, au lieu que ceux qui favorisent le vide demeurent dans une unité toujours égale à elle-même, qui, par ce moyen, a tant de rapport avec la vérité qu'elle doit être suivie, jusqu'à ce qu'elle nous paraisse à découvert."
Pascal, Lettres
20:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pascal
Bien
« Se trouver bien comme on se trouve mal " Georges Perros
18:59 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges perros
samedi, 12 mars 2016
Autres temps...
Le Président de la République Armand Fallières à la terrasse du Lapin agile, Montmartre 1909
18:02 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 06 mars 2016
Eté
"Votre œil me fait un été dans mon âme."
Ronsard
18:57 Publié dans amour, Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ronsard
Les giboulées de mars

10:18 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 02 mars 2016
Let it roll
- Oui, mais dans l’action, c’est justement ce moment de fragilité qui peut faire tout capoter, c’est compliqué l’action… Ok, let it roll ! Pour revenir à Nice, c’est une ville qui peut être très vulgaire, elle l’est par certains côtés, mais aussi absolument magique. On va aller dans le vieux Nice.
Une heure plus tard, ils débouchaient sur la Baie des Anges. En arrivant, on a l’impression de plonger dans un film. Les palaces, les belles voitures, les riches retraités, on croirait un décor. On se dit il va se déchirer, mais non, il persiste, immuable comme la mer.
Et pourtant si, le décor commençait à se lézarder. En cette année 2011, quelque chose ne tournait plus rond. La crise sans doute.
Même les riches – et ici ils étaient légion – semblaient moins arrogants ou plutôt absents d’eux-mêmes, ils n’y croyaient plus, agissant comme des automates. Ils dépensaient leur argent, comme on leur avait appris, mais la mécanique, enrayée, tournait à vide.
Face à cette mer de plus en plus glauque, tous ces petits malfrats en quête du jackpot, les rescapés d’un univers parallèle jouaient encore le jeu, mais ils avaient l’air triste de ceux qui ont un monde de retard, trimbalant un blues de pantomimes délaissées.
Raymond Alcovère, extrait de Rien compris au rock and roll, polar
Photo de Mario de Biasi
18:48 Publié dans Rien compris au rock and roll | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mario de biasi, rien compris au rock and roll
mardi, 01 mars 2016
Dans la Baie des Anges

21:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeanne moreau
samedi, 27 février 2016
Miroirs
« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images. »
Jean Cocteau
Photo de Yoram Roth
16:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean cocteau, yoram roth
vendredi, 26 février 2016
Le chômage sera donc accru de manière à rendre les lendemains difficiles
Note de contexte
NC ORG HC 14225
La décolonisation des années 60 a mis en lumière l’influence grandissante des mouvements d’émancipation des peuples. En parallèle, les contestations se sont multipliées depuis une dizaine d’années dans les pays développés.
Le groupe 4 a planché sur cette situation périlleuse. Trois ans de travaux ont été nécessaires, des dizaines de réunions, de consultations, d’avis d’experts, de rapports.
Résultat : si on ne fait rien, si on laisse cette situation se dégrader, c’en est fini à court terme de nos valeurs, de nos intérêts. Les courants gauchistes, largement financés par l’Union Soviétique et la Chine - laquelle pour l’instant est rentrée dans le rang, mais son pouvoir de fascination reste important parmi les jeunes générations - ont pris une place prépondérante dans l’évolution des mentalités.
La croissance de l’économie qui ne rencontre pas d’obstacle, élève considérablement le niveau de vie des populations, leur donnant un sentiment d’impunité, et du « tout est possible ». Il est indispensable d’en finir au plus vite avec cet état de fait.
Notre objectif est de provoquer un choc économique majeur, une crise durable et profonde remettant en cause ce bien-être et cette aisance. Le plein emploi actuel qui a un temps favorisé nos intérêts en participant à la vitalité de l’économie de marché constitue à présent une menace grave pour nos valeurs. Le chômage sera donc accru de manière à rendre les lendemains difficiles et à accentuer les valeurs de lutte pour la vie, que le confort et la prospérité modernes avaient commencé à faire oublier.
Raymond Alcovère, extrait de Rien compris au rock and roll, roman d'espionnage, 2011, Clair de plume 34 éditions
16:08 Publié dans Rien compris au rock and roll | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 21 février 2016
L'inconnu sur la terre

21:32 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le clézio
samedi, 20 février 2016
L'île du jour d'avant
"C'était le couchant. C'était le premier couchant qu'il voyait, après cinq jours de nuits, d'aubes et d'aurores. Quelques nuages noirs presque parallèles côtoyaient l'île la plus lointaine pour s'accumuler le long de la crête, et de là ils jaillissaient tels des traits de feu, vers le sud. La côte se détachait sombre sur la mer maintenant d'encre claire, quand le reste du ciel apparaissait d'une couleur camomille blafarde et épuisée, comme si le soleil ne célébrait pas là derrière son sacrifice mais plutôt s'assoupissait lentement et demandait au ciel et à la mer d'accompagner à mi-voix son coucher.
Umberto Eco - L'île du jour d'avant (Grasset)
Photo de Hengki Koentjoro
11:08 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : umberto eco, hengki koentjoro
Umberto Eco

03:32 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : umberto eco
vendredi, 19 février 2016
L'art
"L'art est une démonstration dont la nature est la preuve."
George Sand
19:37 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand
mercredi, 17 février 2016
La minute psycho, tu m’auras vraiment tout fait !
- Tu as eu combien de vies ?
- Un agent secret en a plus d’une, il faudra t’y faire ! Tu sais, dans nos manuels de formation, on apprend que pour qu’une véritable relation de confiance s’établisse entre deux personnes, il faut qu’ils se soient montrés l’un à l’autre en position de faiblesse, on est en plein dedans tous les deux non ?
- La minute psycho, tu m’auras vraiment tout fait !
- Prêt à tout pour te séduire !
Il avait la main sur le démarreur. Elle l’embrassa goulûment, remontant son genou contre ses jambes. Puis elle se retira :
- Allez, démarre, dépêchons-nous, tu sais que j’aime les hôtels, j’ai hâte d’y être !
Extrait de "Rien compris au rock and roll", polar, Raymond Alcovère
20:40 Publié dans Rien compris au rock and roll | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 15 février 2016
L'habitude
"Qui t'a donné une philosophie aussi gaie ? L'habitude du malheur"
Beaumarchais
Photo de Karl Struss
20:53 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beaumarchais, karl struss


















