jeudi, 19 janvier 2017
Guerre
"Enfant, certains ciels ont affiné mon optique : tous les caractères nuancèrent ma physionomie. Les Phénomènes s'émurent. - A présent l'inflexion éternelle des moments et l'infini des mathématiques me chassent par ce monde où je subis tous les succès civils, respecté de l'enfance étrange et des affections énormes. - Je songe à une guerre, de droit ou de force, de logique bien imprévue.
C'est aussi simple qu'une phrase musicale."
Rimbaud, Guerre, Illuminations
Photo de Gerda Taro
19:16 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud, gerda taro
Pablo Picasso, Dora Maar

19:13 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pablo picasso, dora maar
lundi, 16 janvier 2017
Trouble
« J’attends de la pensée qu’elle se trouble. Ce qui ne le met pas à l’épreuve n’existe pas. Une pensée qui ne s’expose à rien d’autre qu’à sa petite production d’idées ne vaut pas mieux qu’un container à poubelles. »
Yannick Haenel
Cy Twombly, Sunset, Gaeta, 2009
18:50 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yannick haenel, cy twombly
dimanche, 15 janvier 2017
La littérature est une parole sans origine
« La littérature est une parole sans origine ; peut-être est-elle-même la parole même de l’absence d’origine. Chaque écrivain conjure l’absence d’origine de la littérature en la faisant exister à travers lui – comme si elle naissait. Ainsi se refonde-t-elle à travers chaque écrivain qui se laisse traverser par sa voix. »
Yannick Haenel
Photo de César Blay
17:15 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yannick haenel, césar blay
vendredi, 13 janvier 2017
Fils du soleil
"J'avais en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de le rendre à son état primitif de fils du soleil, - et nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule."
Rimbaud
21:59 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud
Fugace
« Les impressions les plus délicates sont les plus fugitives ; si elles ne sont rendues sur l'instant, elles s'évaporent ou se matérialisent, deviennent banales, absolument comme les expressions de physionomie en passant du tableau du grand maître à la gravure ou à la mosaïque. Or ces sensations rapides et évanouissantes, éclairs de poésie et d'idéal, parfums subtils, traces des anges qui passent dans notre vie, sont justement ce qu'elle a de plus précieux. »
Henri-Frédéric Amiel, Journal intime.
Extrait de Roman de romans
19:53 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri-frédéric amiel
mercredi, 11 janvier 2017
Montagne
À l’origine, les montagnes avaient de grandes ailes. Elles volaient dans le ciel et s’arrêtaient sur la terre, suivant leur plaisir. Alors la terre tremblait et vacillait. Indra coupa les ailes des montagnes. Il fixa les montagnes sur la terre pour la rendre stable. Les ailes devinrent des nuages. Depuis lors, les nuages s’amassent autour des cimes.
Extrait de Roman de romans, Raymond Alcovère
https://www.amazon.fr/dp/1539671143/ref=sr_1_1…
21:57 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 10 janvier 2017
La paresse

20:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : felix valloton
mercredi, 04 janvier 2017
Voir ici un court-métrage réalisé à partir de ma nouvelle : La Lettre
Par des étudiants en 2ème année en DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet) de Nancy
18:53 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la lettre
lundi, 02 janvier 2017
Portes étroites
Je crois que les solutions passent toujours par des portes étroites
Meilleurs vœux 2017
Photo de Michael Kenna

20:36 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : michael kenna
jeudi, 29 décembre 2016
Un article sur "L'aube a un goût de cerise" par Michel Diaz et un entretien avec Progreso Marin
12:08 Publié dans L'Aube a un goût de cerise, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : progreso marin, michel diaz
mardi, 27 décembre 2016
Parole
« Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits au contraire ont le don de beaucoup parler, et de ne rien dire. » : La Rochefoucauld. Nietzsche, dans Le Crépuscule des idoles, écrit : « Ce pour quoi nous trouvons des paroles, c’est que nous l’avons dépassé. » Valère Novarina, lui, a eu cette illumination : « La parole appelle, ne nomme pas. Le français le dit : nous ne nommons pas les choses, nous les appelons. »
Extrait de "Roman de romans", Raymond Alcovère, vient de paraître
Photo de Adrian Davis
22:55 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman de romans
Après un travail, je me sauve
"Après un travail, je me sauve. J’ai peur du mou de l’habitude. Je me veux libre de techniques, d’expériences, maladroit."
Jean Cocteau
Photo Antanas Sutkus, 1959
01:48 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 23 décembre 2016
L'affaire Jésus
Picasso, Crucifixion
20:45 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : picasso, philippe sollers, jesus
mercredi, 21 décembre 2016
Cézanne, étude d'arbres, 1904

02:29 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cezanne
mardi, 20 décembre 2016
Les lois passent parfois plus rapidement que les phénomènes
« Les mauvais peintres voient l'arbre, le visage, le chien, mais pas cet arbre, ce visage, ce chien. Ils ne voient rien. Les lois passent parfois plus rapidement que les phénomènes. Cet arbre n’est pas un arbre. C’est celui-là. En ce moment. »
Cézanne
Extrait de Roman de romans, vient de paraître
Photo de Ansel Adams
20:46 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman de romans
dimanche, 18 décembre 2016
Chaque page nouvelle est une aventure dans laquelle nous devons nous mettre en jeu
« Supposons que je sois sur le point d’écrire une fable et que deux arguments s’offrent à moi ; ma raison reconnaît que le premier est très supérieur ; le second est résolument médiocre, mais il m’attire. Dans ce cas-là, j’opte toujours pour le second. Chaque page nouvelle est une aventure dans laquelle nous devons nous mettre en jeu. »
Borges, extrait de "Roman de romans", Raymond Alcovère, vient de sortir
11:58 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman de romans, borges
une vie spirituelle qui ne doive rien à ce qui existe
"Parce que le monde moderne est tumulte et chaos, la tâche de l'homme moderne est de sortir du tumulte et du chaos. Comment ? En construisant une vie spirituelle à part, (...) c'est-à-dire une vie spirituelle qui ne doive rien à ce qui existe, mais vous devez la faire exister, c'est à vous de faire exister quelque chose que nous n'emprunterez pas à l'existant."
Gilles Deleuze à ses étudiants de Vincennes
06:07 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilles deleuze
vendredi, 16 décembre 2016
Les paroles sont des archipels fluctuants et sporadiques
Roberto Calasso évoque « le postulat qui dirige une grande partie de notre monde, qui l’aide à fonctionner, mais qui le rend en même temps incapable de saisir une vaste partie de l’essentiel. Dans sa forme la plus concise, ce postulat déclare que la pensée est langage. Plus ambitieusement, que l’esprit est langage. Mais nous ne pensons pas en paroles. Nous pensons parfois en paroles. Les paroles sont des archipels fluctuants et sporadiques. L’esprit est l’océan. Reconnaître dans l’esprit cet océan semble être quelque chose d’interdit, que les orthodoxies en vigueur, dans leurs différentes versions, scientistes ou simplement commonsensical, évitent presque instinctivement. C’est là que réside justement la bifurcation essentielle. C’est là qu’on décide dans quelle direction va opérer la connaissance. »
Photo de B. Benini
22:14 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roberto calasso
jeudi, 15 décembre 2016
Grèce
« Les européens et les Occidentaux situent toujours le mystère dans les ténèbres, dans la nuit, cependant que nous, les Grecs, le situons dans la lumière qui est pour nous quelque chose d’absolu » : Odysséas Elytis. On peut parler du miracle grec ; une expérience humaine unique et inégalée est passée là. Leurs dieux descendaient souvent parmi les hommes en se métamorphosant en eux, si bien qu’on pouvait à tout moment se demander si on n’avait pas un immortel devant soi, ce qui fait dire à Nietzsche : « Dès que n’importe quel arbre peut parler une fois en tant que Nymphe ou dès qu’un dieu sous l’aspect de taureau peut emporter des vierges, dès que la même déesse, Athéna peut être vue pendant qu’elle traverse sur un beau char les marchés d’Athènes –c’est ce que croyait l’honnête Athénien – alors à n’importe quel moment tout est possible, comme dans un rêve. »
La Grèce c’est Ulysse ; le plus énigmatique des héros ; alors qu’une éternité de délices lui est offerte, il n’a qu’une idée, rentrer chez lui. Il y parviendra par la ruse – il est l’homme aux mille tours – aidé par une déesse, Athéna, qui lui fera cette déclaration d’amour stupéfiante : « Toujours et partout, quand nous devrons agir, je serai près de toi, sans te manquer jamais. » Yannick Haenel, dans Cercle, fait dire à un de ces personnages : « S’il refuse d’être immortel, c’est parce qu’il veut continuer à tout vivre, à sentir dans son corps l’illimité des sensations. S’il acceptait d’être immortel, il vivrait dans un oubli parfait. Et lui, il ne veut pas perdre la mémoire. Il veut garder la mémoire des choses prochaines, celles des contrées inconnues qui l’attirent. Il veut vivre le temps, continuer à sentir passer dans son corps l’angoisse et la joie, le péril, le repos, le hasard des occasions. Et puis RACONTER. Car seul le récit est infini et il le sait. »
Nikos Kazantzakis a écrit avec Alexis Zorba un livre magnifique : « Mer, douceur automnale, îles baignées de lumière, voile diaphane de petite pluie fine qui couvrait l’immortelle nudité de la Grèce. Heureux, pensais-je l’homme à qui il est donné, avant de mourir, de naviguer dans la mer égéenne. Nombreuses sont les joies de ce monde – les femmes, les fruits, les idées. Mais fendre cette mer-là, par un tendre automne, en murmurant le nom de chaque île, je crois qu’il n’est pas de joie, qui, davantage, plonge le cœur de l’homme dans le paradis. Nulle part ailleurs on ne passe aussi sereinement ni plus aisément de la réalité au rêve. On dirait qu’ici, en Grèce, le miracle est la fleur inévitable de la nécessité. »
Extrait de Roman de romans, Raymond Alcovère, vient de paraître
https://www.amazon.fr/dp/1539671143/ref=sr_1_1…
21:01 Publié dans Roman de romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman de romans, grèce



















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