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dimanche, 14 septembre 2025

Maigret voyage

Georges Simenon, MaigretSimenon, mais si ! Quel talent quand même ! Une affaire délicate, celle-ci. Elle se passe chez les riches, les ultra-riches comme on dirait aujourd'hui. Et du coup Maigret n'est pas à son aise, ce n'est pas son milieu. Les règles ne sont pas les mêmes, il lui faut prendre des gants, arrondir les angles. Il lui faudra deux jours d'imprégnation, à l'intuition comme d'habitude : il voyage, Monte-Carlo, Lausanne, des palaces évidemment, avant de revenir au point de départ de l'affaire : l'hôtel Georges V. On a droit à sa visite hallucinante en pleine nuit, y compris de l'envers du décor, ce que les clients ne voient pas, de tout le personnel au service de... Maigret "enregistrait tous les détails, machinalement." C'est toujours comme ça qu'il trouve...

mardi, 19 novembre 2024

Life, de Keith Richards

1016274358.jpgÉtonnante autobiographie du fameux guitariste des Rolling Stones. Livre foisonnant, plutôt maîtrisé, avec ce qu’il faut de distance, mais aussi de sincérité. Cet homme a tout traversé, le vertige du succès, la folie qui a entouré le groupe, cette époque de bouleversements et la drogue, très présente. Son vrai moteur a toujours été la musique, son arme un solide bon sens et son garde-fou un système immunitaire très développé. La musique, donc ; en ce début des années 60, une ambition : devenir le meilleur groupe anglais de rhythm’n’blues américain, oui mais voilà, en 1963, un vent de folie se lève, la « beatlemania » crée un appel d’air considérable. Les Stones eux, avec leur approche plus rugueuse et qui veut rester proche de ses racines, seront un groupe de rock and roll et bientôt le plus grand. Les idées sont fulgurantes. Keith décrit avec gourmandise la naissance des riffs immortels de Satisfaction, Jumpin' Jack Flash et autres Honky Tonk Women. Il en est le créateur, avec les mots qui les accompagnent, Mick Jagger composant le reste des paroles, celles des couplets en général. Le travail en studio est souvent laborieux, avec les apports des autres musiciens et les innombrables prises nécessaires pour certains morceaux alors que pour d’autres la première est déjà la bonne.
Puis Keith Richards raconte son addiction à la drogue, dix ans de galère. Dont il reconnaît néanmoins (en ne conseillant à personne d’en passer par là), qu’en l’extrayant du cirque infernal dans lequel la célébrité a propulsé le groupe pour se consacrer uniquement à la musique, elle l’en a préservé. Il y a bien sûr sa relation avec Mick Jagger, complicité totale sur le plan créatif, qui s’est dégradée quand Mick (comme Brian Jones d’ailleurs à la fin de sa vie) s’est laissé aspirer par le vedettariat et les paillettes.
Ce qui a sauvé Keith Richards c’est sa simplicité, sa fidélité en amour et en amitié, une forme de détachement par rapport aux événements, son ouverture aux autres et la priorité absolue donnée à la musique au milieu du maelstrom qui aurait pu mille fois le noyer. Cet homme est un roc. Belle leçon de life.
Raymond Alcovère, extrait de Funambule, 20 ans de Autour des Auteurs, vient de paraître
Photo : les mains de Keith Richards

samedi, 23 septembre 2023

"Conseils aux jeunes littérateurs"

380593667_10161065893408872_4357039200977014482_n.jpg" Plusieurs de ceux que j’aime et que j’estime s’emportent contre les popularités actuelles, - Eugène Sue, Paul Féval, - des logogriphes en action ; mais le talent de ces gens, pour frivole qu’il soit, n’en existe pas moins, et la colère de mes amis n’existe pas, ou plutôt elle existe en moins, - car elle est du temps perdu, la chose du monde la moins précieuse. La question n’est pas de savoir si la littérature du cœur ou de la forme est supérieure à celle en vogue. Cela est trop vrai, pour moi du moins. Mais cela ne sera qu’à moitié juste, tant que vous n’aurez pas dans le genre que vous voulez installer autant de talent qu’Eugène Sue dans le sien. Allumez autant d’intérêt avec des moyens nouveaux ; possédez une force égale et supérieure dans un sens contraire ; doublez, triplez, quadruplez la dose jusqu’à une égale concentration, et vous n’aurez plus le droit de médire du bourgeois, car le bourgeois sera avec vous. "
Baudelaire, "Conseils aux jeunes littérateurs"

dimanche, 28 janvier 2018

L'économie du voyage, de Jacki Maréchal

Couverture_20l_27_C3_A9conomie_20du_20VOYAGEb_200010.jpgL'écriture de Jacki Maréchal se porte bien. Si ses talents de peintre ne sont plus à démontrer, il creuse un sillon intéressant à présent par l'écriture. Après "Ceci est un nuage", où d'emblée il apportait à l'art du haïku une fraîcheur et un contenu inattendus, on le retrouve ici parfaitement à l'aise dans l'art de la nouvelle. Dans ce texte très contemporain finalement par son approche onirique et en même temps très politique, il joue à nous perdre, nous amuser, nous faire rêver autour d'un personnage à la Hölderlin, apparemment décalé mais finalement central et étonnamment vivant.

L'économie du voyage, carnet d'artiste, Format : 10 x 15, 16 pages

Textes et illustrations Jacki Maréchal
Tirage sur papier spécial
Prix 3€
 
 

09:01 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jacki maréchal

vendredi, 29 avril 2016

Une lecture de "L'aube a un goût de cerise"

Michel DiazA lire ici sur le blog de Michel Diaz