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jeudi, 16 novembre 2017

René Maltête, formidable incendie !

Formidable incendie, René Maltête.jpg

08:40 Publié dans humour, Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rené maltête

mercredi, 15 mars 2017

Jalousie

1868005722.jpg"Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche !"

Raymond Devos
Photo de René Maltête

samedi, 29 mars 2014

Au nom de la loi

René MaltêtePhoto de René Maltête

18:51 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rené maltête

lundi, 01 avril 2013

René Maltête

rené maltête

05:28 Publié dans humour, Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rené maltête

vendredi, 04 décembre 2009

Marc Wetzel, Cogito

perigueux.jpg

Marc Wetzel publie moins depuis quelques années ; c'est bien dommage. Voici un article écrit sur lui pour la revue Salmigondis en 2000 :

Voilà un écrivain qui réconcilie pensée et joie. Marc Wetzel, vient de publier son septième livre En témoin de trop aux éditions Climats. Quatrième tome des aventures de Cogito, prénom Marcel. Qui est Cogito ? Un promeneur, oisif, assez sentencieux, plutôt inquiet, très curieux, à la fois extrêmement têtu et totalement disponible. Un homme, sans spécialité ni vocation, simplement intéressé par le réel et qui sert de témoin bénévole à tout ce qui bouge. Il fait du tourisme anthropologique, à trois conditions – que ça ne soit pas trop dangereux, que la vie intérieure soit celle des  autres, qu’il reste une marge de manœuvre. C’est de l’imagination concrète. Cogito n’invente que dans les situations, à même l’existence. Exemples : Lors d’une promenade près de Lunel, il croise un suicidaire blotti sur le parapet d’un pont d’autoroute. il faut l’attirer sur la terre ferme mais il n’écoute rien. Comment faire ? La solution, lui voler ostensiblement son vélo, qui traîne contre le fossé voisin : le type, indigné, sort hargneusement de sa position périlleuse pour réclamer son bien. Et un abruti de sauvé ! Ou bien il rencontre, dans les ruines d’un château haut-perché, un illuminé qui porte sur lui un « détecteur de fantômes » (une espèce de cube métallique, censé émettre des bruits spécifiques à proximité de spectres).  Comment s’en assurer ? En le faisant se précipiter dans le vide : dans la minute, un fantôme se forme en contrebas, dont on verra bien si la boîte le signale ou non ! et un génie pris au mot ! Lors d’une conférence assommante, un gourou onctueux entend prouver l’inexistence du temps : Cogito se lève, dit qu’il a sur lui la preuve contraire, se fouille la braguette et brandit un poil pubien blanc. Et un tyran au piquet ! … On pourrait multiplier les exemples. On retrouve toujours la même verve, le même ton caustique, le sens du raccourci, du comique. Finalement on aime bien la façon dont Cogito va dans le réel, d’ailleurs il nous réconcilie avec lui, et surtout la leçon n’est jamais pesante, ça s’appelle la grâce, car n’est-ce pas, on peut faire semblant d’être grave, mais pour avoir de l’esprit, impossible de tricher…

Ø  Vous enseignez la philosophie, mais pratiquez la fiction. Pourquoi ?

 

Je me sens en effet enseignant de philosophie et littérateur ; je ne suis donc ni philosophe (je suis inapte à la théorie pure, à l’essai, à l’objectivité impartiale et  nue) ni critique littéraire (je ne peux démonter un style, je n’ai jamais pu comprendre comment se fait une mise en images).  Mon métier consiste à enseigner des idées que je ne peux avoir, et mon hobby d’écrivain à produire les images que je ne peux pas expliquer.

ØVos livres sont constitués d’une suite de tableaux, de saynètes. Comment cette idée de la forme courte vous est-elle venue, et pourquoi ce choix ?

Par  incapacité d’autre chose. Je ne suis pas romancier, pas architecte de mondes alternatifs, pas constructeur. Je ne « tiens » pas la durée, je ne prends pas en charge les structures. Je ne suis qu’un chroniqueur du fugitif, du singulier et de l’approximatif. C’est décevant, puisque c’est un monde où on n’habite pas, où on s’attarde à  peine. Ce sont des événements « filants », occasions de vœux ou d’actions de grâces, mais qui n’offrent aucune assise, aucune configuration stable.

Ø Vos textes jouent, il me semble, sur des décalages constants : entre le réel et sa dérision, entre les niveaux de langage que vous utilisez, entre l’aspect quasi-symbolique de votre personnage et les situations très quotidiennes dans lesquelles il se trouve placé ; de même son nom Cogito est contrebalancé par son prénom, Marcel, etc…

Oui, le procédé essentiel est, je suppose, le contraste, qui a à la fois le spectaculaire de la contradiction et l’efficacité de l’identité. C’est le moment synthétique, où la thèse et l’antithèse sont ensemble, où Dieu et Satan arrivent dans le même avion. C’est la complexité normale des choses, leur ordinaire ambiguïté, leur routinière ambivalence. Dans le contraste, on tient un court instant ensemble le oui et le non, les mondes incompatibles. Un chauffard excité  empoigne Cogito ; que dire sinon « Ah vous êtes aussi un danger privé ? … » Un chardonneret entonne un chant sublime alors qu’on a l’âme grise et triste à mourir ; comment traduire son chant autrement que par « T’inquiète, le spleeneux ; nous aussi nous causons cul, et bouffe et langes et territoire … ». Un neurophysiologiste  assène que « sans cerveau, pas d’esprit » ? comment ne pas rétorquer que justement « sans esprit, pas de « sans cerveau, pas d’esprit » ? Le contraste consiste à replier d’un coup (et de préférence en y étranglant les sots et les cruels, tous les existants unilatéraux) l’accordéon d’abord totalement distendu – de l’infime infini à l’immense -  de la réalité. Un monde ainsi exhaustivement convoqué, et où l’on entend résonner harmoniquement les extrêmes, optimalement contrasté, jette d’un coup hors du puzzle général les fanatiques de telle ou telle de ses pièces. C’est peu de choses, mais cette cure d’ampleur – ou d’intensité – réveille, par une sorte de tétanie métaphorique, l’habitant d’univers qui est en nous. C’est là tout ce que peut Cogito pour son lecteur (et Marcel pour lui-même) !

ØIl paraît que Ronald Reagan, quand il était président des Etats-Unis, avant de prendre une décision importante, se demandait : qu’est-ce que John Wayne aurait fait à ma place ? Faites-vous de même avec Cogito ? Autrement dit, comment cohabitez-vous avec votre personnage, n’avez-vous pas envie parfois de le tuer ?

Cogito, c’est moi, en plus intelligent et courageux. Simplement, le discernement dont il fait preuve est sans commune mesure avec celui (mince et mesquin) que je peux lui fournir. Pour parler franchement, mon masque m’étonne. Il me procure une permanence de caractère que je n’ai spontanément pas (un style obsessionnel devient magiquement une expérience cohérente !) et je m’entends dire à travers lui des choses dont la résonance écrase ma capacité de signification. Sa créature cloue le bec au créateur ; ce doit être une expérience familière à Dieu, je suppose.

Je me mets volontiers au service d’un gars plus intéressant que moi. Mon double littéraire me permet de contrôler à peu près un dédoublement sans cela délirant. Je suis en tout cas davantage son parolier que lui mon porte-voix. Ce dessaisissement de soi au profit d’un être fictif, est-ce une mutilation complaisante ? Cette vie par procuration n’a peut-être qu’une excuse : de valoir au-delà d’elle, d’être partageable. De toute façon, je n’ai pas le choix : ma muse est Marcel ou rien. Et Marcel même n’est rien.

ØA vous lire – et c’est très agréable – on éprouve un sentiment joyeux ; quel est pour vous le rapport entre joie et pensée ?

On peut opposer la joie de penser au plaisir de connaître. La connaissance capte le monde et s’approprie les relations ou lois qu’elle y trouve ; au contraire la pensée laisse être le monde, elle en rassemble les signes sans se les approprier. Elle rend justice à la complexité des choses en admirant leur fécondité. En un mot, joie et pensée sont ensemble dans le discernement de l’utilité du meilleur : on fait varier l’existence générale juste assez pour que sa compréhension puisse parfaire notre propre existence. On remarie le monde à lui-même.

Ø Trois dernières petites questions ? Travaillez-vous beaucoup votre écriture ?

Jamais. Les choses viennent ou  non. Et puis cela supposerait être un bon ou utile lecteur de soi, et je ne le suis pas. Quand c’est mauvais ou fastidieux, on me le fait remarquer, et j’enlève. En un mot, je ne travaille pas mon écriture parce que je travaille avant d’écrire, pour pouvoir écrire. Ma muse, squelettique, ne transpire donc pas.

Ø Quels sont vos projets ?

Ceux de tout le monde : donner à  ma liberté des objets un peu plus dignes d’elle, et plus utiles aux autres. Faire (comme on fait un point de presse) un point véritable de vie avant de la rendre. Quant aux projets littéraires, je n’en ai pas, car cela supposerait vouloir ce qui va (éventuellement)  m’arriver ou me rendre visite. Or, franchement, je fais à peine ce que je peux, et en tout cas pas du tout ce que je veux !

ØSur l’île déserte, quels livres emporteriez-vous ?

Marcel vous répondrait Robinson Crusoé, je suppose ; ou un manuel de survie, ou une topographie de l’île !  Mais en vérité tout livre la ferait cesser d’être déserte.

Raymond Alcovère, pour la revue Salmigondis n° 16, 2000

http://rene.maltete.com/main.php

Photo de René Maltête

 

 

samedi, 28 novembre 2009

Aphorismes et périls

7-peches_capitaux.jpgJ'ai souvent parlé ici des Greguerias, de Ramon Gomez de la Serna, en voici quelques autres, toujours dans la traduction française de Jean-Yves Carcelen et Georges Tyras, aux éditions Cent pages :

  • Nous fronçons les sourcils comme si nous voulions saisir avec des pinces quelqu'importante pensée qui nous échappe
  • Lorsqu'une femme se met du rouge à lèvres devant son miroir de poche, on dirait qu'elle apprend à prononcer le O
  • J'aime regarder les grands orchestres de violons car l'inclinaison mobile des nombreux archets dessine une sorte de pluie musicale
  • Ce que la bicyclette a de plus beau, c'est son ombre
  • C'est dans les bibliothèques que le temps est le plus uni à la poussière
  • Les mouettes naissent des mouchoirs que l'on agite au départ du bateau.
  • Il ne faut pas oublier que, le jour du déluge, ceux qui savaient nager se noyèrent aussi
  • On voit que le vent ne sait pas lire quand il feuillette les pages d'un livre à l'envers

 Photo : René Maltête

mercredi, 21 octobre 2009

Greguerias, Ramon Gomez de la Serna

fugue.jpgLa forme brève invite paradoxalement à la lenteur. On y revient, on la savoure. Le texte court, par le peu de place qu’il occupe, n’envahit pas les pages ni l’emploi du temps. L’aphorisme, le trait, la maxime, légers, primesautiers en apparence, mais parfois incisifs comme un coup de poignard peuvent nous laisser sans défense en quelque sorte. Le court n’a pas bonne presse en Occident – rien de tel au Japon avec l’art du haïku – pourtant que serait-on sans La Rochefoucauld, Vauvenargues, Joubert ou Chamfort ?
Pas ou très peu de moralisme chez Ramon Gomez de la Serna. Les « greguerias » , écrites entre 1910 et 1962, sont plutôt du côté du clin d’œil, de la poésie, du merveilleux, elles ouvrent le regard, le transforment parfois…

 Lorsqu’une femme se repoudre après un entretien, on dirait qu’elle efface tout ce qui a été dit

 Pelez une banane, elle vous tirera la langue

 Le problème avec l’hélicoptère c’est qu’il a toujours l’air d’un jouet

 Les aboiements des chiens sont de véritables morsures

 La lune baigne les sous-bois d’une lumière de cabaret

La pluie nous rend tristes parce qu'elle nous rappelle l'époque où nous étions poissons

 La bouteille de champagne a ceci d’aristocratique qu’elle refuse qu’on la rebouche

 Les ailes des automobiles sont comme les moignons des ailes d’avion qu’elles auraient pu être

 Le drapeau grimpe au mât comme s’il était l’acrobate le plus agile au monde

 Lorsqu’une femme marche pieds nus sur les dalles le bruit de ses pas provoque une fièvre sensuelle et cruelle

 Ne disons pas de mal du vent, il n’est jamais très loin

 Les animaux sauvages, lorsqu'ils parlent de ceux qui vivent dans les parcs zoologiques, les qualifient, avec mépris, de "bureaucrates"

 « Tuer le temps » est une rodomontade de bravache


 L’histoire est un prétexte pour continuer à tromper l’humanité

 Le crépuscule est l’apéritif de la nuit

 Le poisson est toujours de profil

 Le q est un p qui revient de la promenade

 Le pire avec les médecins c’est qu’ils vous regardent comme si vous étiez quelqu’un d’autre

 Les larmes désinfectent la douleur

 


Editions Cent pages, Grenoble, 1992. Présentation de Valéry Larbaud, 160 pages.

Photo de René Maltête

jeudi, 19 février 2009

Hommage à un photographe

René Maltête.jpgmaths.jpgtravaux.jpgprison.jpgperigueux.jpgfugue.jpg7-peches_capitaux.jpgdemarrage.jpgRené Maltête

00:15 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : photo, rené maltête