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dimanche, 18 janvier 2026

Ainsi le ciel

tempête.jpgLa sirène du steamer mugit.
La fumée s’échappe à gros bouillons et rejoint les nuages, effacées leurs traces.
Le sillon se dévide dans une infinie lenteur.
L’horizon s’enflamme de jets saccadés, monstrueux, barbaresques.
Le ciel est une lutte, un amas de lances, un combat fratricide.
Ainsi le ciel.
De grandes orgues joufflues gonflées de nuit.
Une symphonie du nouveau monde.
Lumière plombagine.
Les éclairs ouvrent des plaies, un écrin d’enluminures.
Reflets zinzolins de l’aurore, devant.
A un moment il ne reste que la fuite, se dissimuler.
Fixer des silences, des pauses, masquer le tumulte, l’arrogance, la brutalité du monde.
Pluie incessante et chaude.
Écriture penchée des nuages.
Flaques grises dans les sous-bois de la nuit.
Raymond Alcovère, extrait de "L'aube a un goût de cerise", N&B éditions, 2010

vendredi, 16 janvier 2026

La parole appelle, ne nomme pas

Ondrej Holub.jpg« La parole appelle, ne nomme pas. Le français le dit : nous ne nommons pas les choses, nous les appelons. »
Valère Novarina (1942-2026)
Photo de Ondrej Holub

mercredi, 14 janvier 2026

Alberto Giacometti Paris 1946 by Emile Savitry

Alberto Giacometti

17:55 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alberto giacometti

dimanche, 11 janvier 2026

Aurore

aurore.jpgJe voudrais être au plus près du monde mais il m’échappe toujours.
Une ombre de banian s’étend mollement sur la mer.
Tout est entré dans le ciel.
La nuit est musicale, heureusement.
On y lit la portée du jour, nervures, entrelacs, déchirures, reconquêtes, fractures, apaisement.
Les bateaux sont des libellules d’eau.
Le navire décrit une courbe pour éviter les îles qui avancent.
Je vois les reflets d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil.
Raymond Alcovère, extrait de "L'aube a un goût de cerise", N&B éditions, 2010

samedi, 10 janvier 2026

Une lecture de Jacki Maréchal

Jacki Maréchal, Le monde n'est pas si réelRAYMOND ALCOVÈRE ET LAURENCE FAUCHART signent un livre d’artiste de belle qualité en grand format à l’italienne. RAYMOND ALCOVÈRE nous livre neuf nouvelles où onirisme et réalité se côtoient dans une abstraction lumineuse autant intrigante que pénétrante. Nous découvrons, entre autres, des fenêtres donnant sur l'existence d'artistes historiques où de subtiles citations complètent leur réalité, le récit amenant lui, à pénétrer leurs vies par la porte des rêves... Le résultat est subtil, envoutant, éclairé, et bien sûr empreint d’une vaste culture. Les œuvres de LAURENCE FAUCHART y dialoguent dans une vibration créative très personnelle, à la fois libre, exigeante, proche de l’esprit du texte mais toujours d’une judicieuse éloquence onirique. Une maîtrise subtile de son art libère son monde créatif, aérien et toujours d’une qualité impondérable, comme se doit de l’être la mémorable peinture. J’y ai trouvé pour certaines des ambiances la qualité d’un Hopper. Un beau cahier d’artistes à l’impression et conception graphique irréprochable, à découvrir. Contact : raymond.alcovere@gmail.com

Jacki Maréchal, peintre et écrivain

jeudi, 08 janvier 2026

André Derain - Charing Cross Bridge, London, 1906

André Derain

17:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andré derain

mercredi, 07 janvier 2026

Magritte, Liaisons dangereuses, 1926

Magritte, Liaisons dangereuses, 1926.jpg

09:58 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte

lundi, 05 janvier 2026

Felix Vallotton, les couleurs du désir

Felix Vallottonhttps://www.arte.tv/fr/videos/116820-000-A/felix-vallotton-les-couleurs-du-desir/

12:26 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : felix vallotton

samedi, 03 janvier 2026

Berthe Morisot, jeune femme sur un canapé, 1883

Berthe Morisot

17:01 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : berthe morisot

jeudi, 01 janvier 2026

"L'universel est concret." : Edgar Morin

Simon Fernandel.jpg Bonne année 2026 !

19:07 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 30 décembre 2025

Je suis parti et voilà que le monde s’ouvre à mes yeux

bateau.jpgJe suis parti et voilà que le monde s’ouvre à mes yeux.

Le vent fait claquer les voiles, le jusant doucement nous éloigne.

Les cris des marins se répondent.

Les os du bateau craquent, son grand corps de sel et de vent s’ébroue.

Le navire s’enfonce.

Une femme chante un refrain des îles.

J’emporte les bribes de ce rêve.

Musique.

Raymond Alcovère, extrait de "L'aube a un goût de cerise", N&B éditions, 2010

 

lundi, 29 décembre 2025

L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière

christian bobin"L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d'Assise. On sait de lui peu de choses et c'est tant mieux. Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Ce qu'on en dit, en croyant savoir ce qu'on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d'Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n'est pas le nôtre, qui est l'ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière."

Christian Bobin. Le Très-Bas

Brassaï, Le Pont-Neuf dans le brouillard

dimanche, 28 décembre 2025

Un matin, dans cet état de béatitude légère et un peu irréelle

Le bonheur est un drôle de serpent, Manuel Alvarez Bravo Un matin, dans cet état de béatitude légère et un peu irréelle quand je viens de terminer un dessin dont je ne suis pas trop mécontent, avec cette envie de ne penser à rien, d’écouter les gens parler, leur voix rauque et tous ces siècles d’histoire qu’elles charrient, de regarder le soleil se lever sur la Sierra, le vent soulever la poussière des rues vides, de laisser l’amertume de la bière me brûler la gorge, d’écouter un disque de John Coltrane, bref d’être heureux comme un oiseau au vent du matin - le moment le plus accompli, celui où la fatigue se mêle à l’allégresse, au sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même - il me restait à faire l’ouverture du café avant de me coucher, quand, de son pas léger, la démarche souple, gestes qui coulaient dans l’air, elle est entrée.
Raymond Alcovère, extrait du roman "Le Bonheur est un drôle de serpent",
éditions Lucie, 2009
Photo : Manuel Alvarez Bravo, 1931

vendredi, 26 décembre 2025

Je cherche l'Italie

Yannick Haenel« Cette pluie était au monde, elle installait sa vérité sur des lieux qui se croyaient faits pour un soleil obstiné. Avec elle, une parole se formait. L’eau sacrifie le temps ; elle le soustrait à l’utilité ; il dégouline, rendu à sa transparence. »
Yannick Haenel, Je cherche l'Italie

jeudi, 25 décembre 2025

Cézanne, aquarelle, Art Institute of Chicago

Cézanne

10:21 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cézanne

mercredi, 24 décembre 2025

La confiture verte dans l'Ampoule

L'Ampoule, la confiture verteParution de ma nouvelle "La confiture verte" dans L'Ampoule hors-série n° 18.
La nouvelle figure également dans "Le monde n'est pas si réel", livre d'artiste, vient de paraître, avec des illustrations de Laurence Fauchart.

 

mardi, 23 décembre 2025

Femme debout en gris pastel et charbon de bois : Berthe Morisot

Femme debout en gris pastel et charbon de bois, Berhe Morisot.jpg

10:16 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : berthe morisot

lundi, 22 décembre 2025

Je suis parti voir la tempête qui se levait sur la mer

03.jpgEt puis mon Andrea, je suis sur des charbons ardents en ce moment ; hier soir encore j’étais avec Livia, son corps océan, son corps fleuve, tendu de lianes que j’attrapais une à une ; je les amenais à moi puis les lui rendais ; son corps lumière que j’ai happé, dévoré toute la nuit, son corps lisse et mauve.

Elle peut passer en un éclair de la douceur à la frénésie, elle m’entraîne plus loin que je n’aurais cru ; dans une orgie de mots, de caresses et de plaisirs.

Chaque effleurement de sa peau me renverse l’âme, devient une éternité de délices, dont Calypso elle-même n’avait pas l’idée ; amarres larguées, il n’y a plus de port, seulement un voyage. Nous étions épuisés l’un de l’autre mais je me sentais vivant, comme si j’avais dormi une éternité ; je suis parti voir la tempête qui se levait sur la mer.

Extrait de la nouvelle : "L'espace s'est ouvert" inclus dans le livre d'artiste : "Le Monde n'est pas si réel." illustrations de Laurence Fauchart. Vient de paraître (48 pages, quadrichromie, format A4 paysage, dos carré collé, contient 9 nouvelles dont 4 inédites, 25 €). Contact : raymond.alcovere@gmail.com

samedi, 20 décembre 2025

Le seul fait de penser à toi, de penser que tu existes et que tu es un ami, que tu es content de me voir, ça me suffit

Saravanan Sadasivam, Georges Brassens"Le téléphone ne me sert à rien. Je n'éprouve pas le besoin d'entendre ta voix au téléphone. Le seul fait de penser à toi, de penser que tu existes et que tu es un ami, que tu es content de me voir, ça me suffit. C'est ma nature, je peux éprouver un plaisir très fort à être avec un ami par la pensée, presque aussi grand que par sa présence, c'est peut-être parce que je rêve beaucoup, je vis même dans une rêverie permanente, l'imagination joue beaucoup. C'est mon métier aussi, hein ?"
Georges Brassens à André Sève.
Photo : Saravanan Sadasivam

mercredi, 17 décembre 2025

Adossée à l’église Saint-Etienne-du-Mont où Pascal est enterré, une gitane entre deux âges, yeux de feu, cigarette aux lèvres...

Préview 2.jpgAdossée à l’église Saint-Etienne-du-Mont où Pascal est enterré, une gitane entre deux âges, yeux de feu, cigarette aux lèvres, scrute les passants. Comme Carmen : « à chaque défaut elle réunissait une qualité qui ressortait peut-être plus fortement par le contraste. »
Sur sa poitrine, une pierre d’aimant et un caméléon desséché au poignet. Visage parfaitement lisse ; à première vue, pas de malice particulière ni de méfiance dans le regard. Sensuelle comme la Gabrielle à la rose, de Renoir.
Je songe aux dieux de la Grèce antique qui prennent quand ils le veulent les traits d’un humain pour nous délivrer un message. Je m’approche d’elle, avec un mélange de désir et de stupéfaction. Elle m’apostrophe :
— Toi, tu veux que je te dise l’avenir !
— Oui, Carmencita !
Elle saisit aussitôt ma main gauche :
— C’est confus, on dirait que tu es quelqu’un d’autre !
— J’aurais voulu être quelqu’un d’autre, j’aurais voulu être moi-même, a écrit le poète. Dites plutôt que vous ne voyez rien, ça arrive à tout le monde !
— Eh, ne le prends pas sur ce ton avec moi, un jour tu comprendras ton erreur et peut-être plus tôt que tu ne penses !
— Pourquoi peut-être ?
— L’avenir n’est pas une science exacte, pardi ! Mais qui pourrait se flatter d’avoir jamais fixé la fortune et d’être à l’abri de ses revers ? Tu vois j’ai des lettres mai aussi !
— Chapeau !
— Tu as de la chance, tu me plais bien… Je n’ai pas envie de m’engrainer avec toi… Oh, ton chemin est chaotique, tu erres sans but…
— Errer humanum est !
Elle ne relève pas et poursuit :
— Il y a quelque chose qui cloche !
Je lève les yeux vers Saint-Etienne du Mont :
— Toujours dans une église !
— C’est plus fort que toi !
— Oui, il y a beaucoup de gens et de choses qui sont plus forts que moi, on est d’accord.
— La modestie te va mieux au teint : donne-moi l’autre main !
Début du prologue du livre d'artiste "Le monde n'est pas si réel"
illustrations de Laurence Fauchart. Vient de paraître (48 pages, quadrichromie, format A4 paysage, dos carré collé, contient 9 nouvelles dont 4 inédites, 25 €). Contact : raymond.alcovere@gmail.com