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dimanche, 10 mai 2026

Cinq notes secrètes

Cinq notes secrètes.jpgMonsieur le président, je ne suis pas un terroriste. Je ne cache pas ma passion, mon espoir d’une société différente, mais ma démarche est pacifique, purement politique, absolument pas terroriste ». Le président acquiesce puis le procureur, front haut et cheveux gris plaqués, interroge maintenant Baptiste :
— Vous prétendez seulement « discuter » de la construction d’un nouveau monde, c’est bien cela ?
— Oui Monsieur le procureur, il s’agit de cela.
— Mais quel genre de nouveau monde ? ironise le procureur.
— Un monde qui ferait de tous, sans exception, des individus capables de raison. En nous instruisant. Le but étant uniquement l’avènement d’un libre arbitre Monsieur le Procureur.
Baptiste comprend dans le regard, les yeux clairs et insensibles du procureur qu’il sera tenace, il ne doit en attendre aucune souplesse ; pourtant il décide de répondre avec franchise, quoi qu’il en coûte.
— Mais en tant qu’anarchiste, vous voulez détruire le monde existant, éradiquer les différences de classes, égaliser tous les individus dans un fouillis sans aucun ordre !
— Si être anarchiste consiste à détruire le monde, je ne le suis pas Monsieur le Procureur, aucune société ne pourrait exister sans règles, il s’agirait pour moi simplement de concevoir des règles qui soient consenties, sans nécessité de domination. De plus, mes mots ne portent jamais sur l’égalité matérielle, mais l’égalité de dignité. Je souhaiterais seulement que soit favorisée et respectée la créativité de chaque individu, les inégalités ne se présenteront plus alors comme des frustrations, elles ne seront que des différences, ces différences, bien utilisées, favoriseront le progrès industriel et économique, autant que social.
— Et jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour faire valoir ce nouveau monde Monsieur Brasier ?
— Discours, argumentations, débats, écrits…
— Et des bombes au final !
— Je suis pacifiste Monsieur le Procureur, dit Baptiste avec calme, jamais je n’utiliserai aucune sorte de violence.
Le président constate les arguments de Baptiste et après les échanges avec le procureur, donne une dernière fois la parole à l’accusé, comme il est de règle :
— Avez-vous quelque chose à ajouter Monsieur Brasier ?
— Oui Monsieur le Président, je voudrais assurer le tribunal de mon respect pour mon pays et de ma confiance en la justice.
Extrait de "Cinq notes secrètes", roman de Jacki Maréchal, 230 p. 15 €, vient de sortir.
Contact : jackimarechal@yahoo.fr

mardi, 05 mai 2026

Mousse

nuages....jpg"Mes pensées s'échappent de ma tête comme de la mousse d'une bouteille de bière."

Anatole France

 

18:36 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anatole france

mardi, 28 avril 2026

Paysage par temps calme.

poussin-paysage-par-temps-calme-1651.jpgOn peut passer des dizaines de fois devant un tableau de Poussin et ne rien voir. A son ami Chantelou : "Les choses esquelles il y a de la perfection ne se doivent pas voir à la hâte, mais avec temps, jugement et intelligence. Il faut user des mêmes moyens à les bien juger comme à les bien faire". L’émotion tisse son œuvre. L’espace est baigné d’une douce lumière, transfiguré, présence de la volupté, mais aussi de la volonté farouche des hommes, touches graciles de vert dans le jade du ciel. Une perfection qu’on devinait confusément est là, manifeste, sur la toile. Lumière romaine, tour à tour triomphante et souple, sensualité des corps, justes, voluptueux, jamais idéalisés, tout précise l’harmonie, la souplesse, l’éternel retour...
Cette œuvre : Paysage par t
emps calme. Le bleu de l’eau et des météores se contemplent, enserrent le paysage, un rêve entre les deux, lui aussi dédoublé par son reflet. Sinon presque rien, des animaux paisibles, la montagne se fond dans l’architecture des nuages, les feuilles de l’arbre sur la droite s’effilochent irréelles, ténues, graciles, les nuages s’envolent vers le haut du ciel, la sensation de calme est rassemblée, ramenée partout, innervée.
Un homme au premier plan s’appuie sur une canne, près de lui un chien mais leur regard flotte indifférent à cette beauté, ils en sont tellement pénétrés qu’ils n’ont pas besoin de la regarder. Le mouvement de leur corps est le lever de rideau de la scène. D’autres personnages, minuscules, des cavaliers, l’un d’entre eux lance sa monture à toute vitesse, il va quitter le tableau, il n’a pas place ici, son départ imminent le montre, la tranquillité va reprendre sa place.
Partout dans l’œuvre de Poussin, ces nuances de teintes qui sculptent le paysage, répandues sur les contours, cieux déchirés, adamantins, douceur infinie des regards, apaisante. Souvent, les personnages sont pris de frénésie, c’est l’orage, le grand vent de l’Histoire, la Bible, rien n’échappe à ce déferlement. Toujours les météores, les nuées décrivent l’action, les sentiments, la palette est infinie. Son but, la délectation, la sensualité pure, l’arrondi des corps, cette chair que l’on respire. Plus on regarde un tableau de Poussin, plus on y décèle d’harmonie, plus la vue s’éclaire, prend de l’expansion, devient assurée. La fièvre subtile qui se dégage de la composition gagne le spectateur.
Raymond Alcovère, Le Sourire de Cézanne, roman, éditions n & b, 2007, extrait

lundi, 13 avril 2026

Tout d'un train

a-voyage-to-the-moon-gustave-dore-c1868.jpg« Ici, nous allons conformément et tout d’un train, mon livre et moi. »

Montaigne

Gustave Doré

mardi, 07 avril 2026

Pourquoi ?

Gustave Doré.png« Pourquoi dans ces conditions, s’étonna Lao Tseu, ne lui as-tu pas appris pour le libérer de ses chaines que la vie et la mort étaient une seule et même chose, et que le vrai et le faux se confondaient ? »

Zhuangzi

Illustration : Gustave Doré

dimanche, 08 mars 2026

Un jeune homme...

Un jeune homme... – Traçons son portrait d'un seul trait de plume : figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d'un pourpoint de laine dont la couleur bleue s'était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d'azur céleste. Visage long et brun ; la pommette des joues saillante, signe d'astuce ; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portait un béret orné d'une espèce de plume, l'œil ouvert et intelligent ; le nez crochu, mais finement dessiné ; trop grand pour un adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu'un œil peu exercé eût pris pour un fils de fermier en voyage, sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval.

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, chap. 1, 1844 (extrait)

vendredi, 06 mars 2026

John Huston, par Irving Penn

John Huston by Irving Penn.jpg

19:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : john huston

Démontrable

51wlQpUyO2L._SY600_.jpgClaude Roy dans son Stendhal par lui-même écrit : « La perfection de Le Rouge et le Noir et de La Chartreuse de Parme me semble cependant démontrable. Ces deux ouvrages, par leurs données, les caractères qui y sont présentés, la construction des intrigues qui s’y développent, le charme de leurs descriptions, la curiosité et la bonté que l’auteur y exerce, l’intelligence qu’il y manifeste, ont ce caractère de nécessité qui rend parfaitement heureux, – propre aux véritables chefs-d’œuvre (...)  La prose de Stendhal n’est jamais une draperie posée sur un quelconque contenu, elle est le contenu même de sa pensée, un mouvement qui nous est transmis sans aucune déperdition d’énergie. »

19:34 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal

Une deuxième Révolution

cezmontsm-1.jpg« Une deuxième Révolution a eu lieu en France, plus fondamentale que la première, dans le dernier tiers du dix-neuvième siècle. Elle a porté sur les racines mêmes de ce qu'on appelle communément penser, dire, percevoir, représenter, se souvenir, sentir. En peinture, au-delà du surgissement héroïque de l'Impressionnisme (qui continue à culpabiliser la Banque), cette révolution a un nom : Cézanne. En poésie : Rimbaud. On rapproche ici, pour la première fois, ces deux expériences ayant engendré tour à tour le rejet, l'incompréhension, la fascination, l'appropriation, la spéculation. Sous le béton des cultes, les forêts de la liberté ; sous le pavé des thèses, l'évidence. Même si on essaie de la recouvrir sous des flots d'argent ou de tourisme "culturel", une vraie révolution persiste. L'art "moderne" se dissout dans l'affairement spectaculaire ? La Montagne Sainte-Victoire ou Les Illuminations sont là. Que signifie donc cette subversion en couleurs ? Dans quelles dimensions prennent place ces portraits, ces paysages, ces Baigneuses, vers quelle Présence cet espace jamais vu fait-il signe ? Qu'est-ce qu'un Cézanne ? Quel est son Temps ? »
Philippe Sollers, Le Paradis de Cézanne

samedi, 28 février 2026

"Le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations." Rimbaud

lieux fuyants.jpg

11:06 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rimbaud

jeudi, 26 février 2026

L’odeur matinale et pure de l’océan

Ernest Hemingway, Caroline Mitchell« Chaque coup de rame l’enfonçait dans l’odeur matinale et pure de l’océan »
Ernest Hemingway Le Vieil homme et la mer
Photo de Caroline Mitchell

mercredi, 25 février 2026

Femme et enfant dans une barque 1892 BERTHE MORISOT

Femme et enfant dans une barque 1892, Berthe Morisot.jpg

mardi, 24 février 2026

Vous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps...

oiseau.jpgVous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps, vous prenez un livre, le premier livre venu, vous vous mettez à lire ce livre comme vous liriez le journal officiel de la préfecture ou la feuille d’affiches du chef-lieu, pensant à autre chose, distrait, un peu bâillant. Tout à coup vous vous sentez saisi, votre pensée semble ne plus être à vous, votre distraction s’est dissipée, une sorte d’absorption, presque une sujétion, lui succède, vous n’êtes plus maître de vous lever et de vous en aller. Quelqu’un vous tient. Qui donc ? ce livre.
Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas.
Un livre est un engrenage. Prenez garde à ces lignes noires sur du papier blanc ; ce sont des forces ; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l’une dans l’autre, pivotent l’une sur l’autre, se dévident, se nouent, s’accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu’après avoir donné une façon à votre esprit. Quelquefois les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés.
Victor Hugo, "Du Génie", Proses philosophiques de 1860-65

vendredi, 20 février 2026

"L'hiver qui découvrait l'âme des arbres." Henri Vincenot

arbre en hiver.jpg

Une histoire parallèle

Yannick Haenel, Mark Littlejohn"Ne croyez pas quelqu'un qui vous dit qu'une phrase ne pourra jamais transformer quoi que ce soit. C'est un flic. Le temps historique continue de se scander au calendrier des impostures politiques ; il s'est définitivement résorbé, sur l'ensemble de la planète, en guerre.
Il existe une autre histoire - une histoire parallèle.
C'est l'histoire des gestes poétiques ; et de leur transmission secrète à travers le temps. Cette transmission opère d’œuvre à œuvre. Elle ne s'arrête jamais."
Yannick Haenel,
évoluer parmi les avalanches
Photo : Mark Littlejohn
 

lundi, 16 février 2026

Gilbert Cram

Gilbert Cram

17:44 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilbert cram

dimanche, 15 février 2026

Espoir

Espoir.jpg

15:57 Publié dans Humeur, humour | Lien permanent | Commentaires (0)

Tyler Spangler

Tyler Spangler

15:52 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tyler spangler

Marseille, Willy Ronis, 1954

Vieux port de Marseille en 1954 Willy Ronis.jpg

15:48 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marseille, willy ronis

Il parle !

il parle.jpg

15:32 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)