samedi, 10 juin 2023
Murielle Etc

10:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : murielle etc
Un personnage de roman
«Un personnage de roman, c'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même.»09:38 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges simenon
Arbres
"Je suis attaché à mes arbres ; je leur ai adressé des élégies, des sonnets, des odes. Il n'y a pas un seul d'entre eux que je n'aie soigné de mes propres mains, que je n'aie délivré du ver attaché à sa racine, de la chenille collée à sa feuille ; je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants : c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre, j'espère mourir au milieu d'elle."09:21 | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 07 juin 2023
Gilbert Cram

21:04 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilbert cram
Pedro Luis Raota

21:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pedro luis raota
lundi, 05 juin 2023
Ne sois pas un seul jour loin de moi
Ne sois pas un seul jour loin de moi, il est long
si long le jour, je n’arrive pas à le dire,
ou bien je t’attendrai comme on fait dans les gares
lorsque les trains se sont endormis quelque part.
Pablo Neruda /La Centaine d’amour
Photo : Monia Merlo
22:04 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monia merlo, pablo neruda
dimanche, 04 juin 2023
Ce que Lautréamont condamne dans ses Poésies
Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l’ordre physique ou moral, l’esprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu’il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de l’orgueil, l’inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le spleen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l’absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d’assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d’aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l’enfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d’un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiomes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphèmes, les asphyxies, les étouffements, les rages, — devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement.
Lautréamont, Poésies, extrait
18:30 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lautréamont
samedi, 03 juin 2023
Le divin Philippe Sollers
Par Alexandre Folman, la Revue des deux mondes, 19 mai 2023
Avec la disparition de Philippe Sollers survenue le 5 mai 2023, c’est une certaine idée de la littérature qui s’en va. Philippe Sollers y voyait une affaire à prendre très au sérieux, même la plus importante qui soit.
Il tenait la littérature pour la plus secrète matrice de notre monde, celle qui transcende les contingences du présent et éclaire les mystérieuses ruelles escarpées et zigzagantes de l’esprit humain, forcément vénitiennes pour cet amoureux de la Sérénissime et du Tintoret.
Sollers considérait que « l’existence est une illusion d’optique : la littérature est là pour la renverser. » Il avait compris mieux qu’un autre la valeur heuristique du roman. Elle l’habitait. Il y a consacré sa vie.
C’est-à-dire qu’il considérait vraiment la littérature comme le lieu de la vérité de l’être, au sens le plus heideggérien du terme qui soit, absolu, sans voile, tel qu’à lui-même. En ce sens, Sollers était donc déjà d’une certaine façon à lui tout seul un personnage de roman, parlant depuis et avec les livres.
En y repensant, c’est d’ailleurs l’impression fascinante qu’il pouvait donner parfois par son style extrêmement libre, d’une virtuosité constante dans son usage du langage. L’air madré et exégète, il semblait en permanence être détenteur d’ésotérismes jubilatoires ou d’apocryphes précieux. Il paraissait appartenir à un infra monde et arpenter ses lignes de force en voyageur du temps.
Sollers naquit Joyaux, ça ne s’invente pas. Il incarna cinquante ans durant, en tant qu’écrivain et éditeur, la figure radicalement solaire de l’homme de lettres germanopratin, érudit en diable et à l’élan vital débordant.
Deux traits de caractère foncièrement imbriqués pour celui qui s’était choisi pour pseudonyme quasi homophonique « tout entier art » en latin. Cela annonçait donc la couleur : chatoyante et intelligente, celle d’Éros et d’Hermès, des Lumières étincelantes du XVIIIe sa seconde patrie.
Sollers ou le perpétuel hymne à la joie, donc Mozart. Sollers ou le gai savoir, donc Nietzsche. Et tant d’autres : Dante, Voltaire, Casanova. Joueur et rieur, il aimait les masques et être où on ne l’attendait pas.
Cela avait démarré avec ses deux improbables parrains à tout juste 20 ans, et pas des moindres, Mauriac et Aragon, pour Une curieuse solitude, premier roman qui marqua son entrée en littérature. L’Église et le Parti. Sollers d’emblée Janus, tout à tour maoïste puis ultramontain.
Brouiller les pistes, toujours. L’art de la dissimulation, de l’esquive, du clair-obscur était chez ce lecteur averti des Jésuites, une seconde nature. Sa profession de foi.
La guerre de Sollers, celle du goût comme il l’avait nommée, se voulait souterraine et subversive, à la fois patiente à travers l’édition dont il fut le condottiere au Seuil puis à « la Banque centrale » Gallimard, soudainement éclatante et gentiment machiavélique à travers les médias dont il fut l’enfant chéri (Apostrophes, Le Monde des Livres).
Mais une guerre qui était aussi et surtout exigeante. Sollers a été un véritable stakhanoviste. Et pour cette raison, son œuvre restera. Il a publié et fait publier plusieurs centaines de livres. Il y eut bien sûr aussi les revues, fondamentales.
D’abord Tel Quel avec Jean-Edern Hallier au Seuil. Haut lieu expérimental de rencontre entre l’avant-garde et les classiques qui fédéra notamment Roland Barthes, Michel Foucault, Jacques Derrida, Francis Ponge. L’époque qui s’y reflétait était au maoïsme, à la psychanalyse et au structuralisme.
Puis vint L’Infini chez Gallimard avec ce même souci d’exploration esthétique, frondeur et précurseur au risque de fréquenter les infréquentable. La moraline ce n’était pas le genre de Sollers. Il eut le courage de regarder en face certains astres noirs de la littérature, qu’il s’agisse de Céline, de Sade, d’Artaud, de Bataille et d’autres antimodernes. Certainement pour mieux voir le monde ? Pari réussi.
Sollers fut à lui seul le centre de gravité de la vie littéraire et des idées des cinquante dernières années. Ce n’est pas rien et ce n’est pas si fréquent. Vite, la Pléiade pour le divin Sollers !
Alexandre Folman
20:46 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers
Paul Klee "Jeu amical" 1933

18:48 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul klee
mardi, 30 mai 2023
C'était bien vu !
« L’information s’étant développée plus vite que la culture, la propagande a toutes les chances de triompher. »18:27 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges brassens
mercredi, 24 mai 2023
Un article sur Doubles dans l'Agglo Rieuse...

12:02 Publié dans Doubles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doubles
lundi, 22 mai 2023
Écrivains d'ici : Paul Valéry, Gaston Baissette, Joseph Delteil, Jeanne Galzy et Léo Malet
Écrivains d'ici : Paul Valéry, Gaston Baissette, Joseph Delteil, Jeanne Galzy et Léo Malet. Je suis interviewé ici par Léopoldine Dufour sur France Bleu Hérault pour l'émission "Parlez-moi d'ici", à la suite des portraits réalisés pour "Ces Héraultais qui ont fait l'Histoire"16:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul valéry, gaston baissette, léo malet, jeanne galzy, joseph delteil
dimanche, 21 mai 2023
Egon Schiele, 1918

09:33 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : egon schiele
vendredi, 19 mai 2023
Erik Satie

15:32 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erik satie
jeudi, 18 mai 2023
Sumba
Photographe Daniel Kordan
Les palétuviers dansants de l’île de Sumba.
L’île isolée de Sumba, en Indonésie, est célèbre pour ses mangroves à la forme unique, surnommées « arbres dansants »
18:44 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sumba
mercredi, 17 mai 2023
« Nous sommes tous des personnages balzaciens » : Scutenaire
Photo : Andria Darius Pancrazi
19:08 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andria darius pancrazi, scutenaire, balzac
Les ouvriers typographes chargés d’imprimer la Comédie humaine refusaient de « faire plus d’une heure de Balzac » par jour.

16:19 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : balzac
dimanche, 14 mai 2023
Poussière de poussière
«Deux rabbins sont à l’arrière d’un taxi à New York. L’un dit à l’autre : “Je suis petit et médiocre. Je suis inexistant.” L’autre renchérit : “Quant à moi, je suis poussière de poussière, fumée inconsistante, informe et ridicule.” Le chauffeur de taxi se retourne vers eux et s’exclame : “Mais enfin, Messieurs les grands rabbins, si avec votre sagesse, vous êtes poussière et fumée, alors moi, je suis un néant de néant, un déchet minable, un résidu…” Les deux sages se tournent immédiatement l’un vers l’autre et disent : “Non mais, pour qui se prend-il, celui-là ?”»15:36 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : delphine horvilleur
mardi, 09 mai 2023
A quoi ressemblerait Saturne si elle était à la même distance de la terre que la lune

16:43 Publié dans Insolite, Science | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 08 mai 2023
Que disent les vieux textes ?
« Qu’il faut atteindre la calme fermeté du corps. Qu’il convient de choisir un endroit bien pourvu en eau, agrémenté de toutes sortes de fleurs, riche en racines et en fruits, et qui produit même spontanément toutes sortes de fruits. Qu’il n’y a pas de différence entre se trouver dans un temple ou près d’une rivière, ou encore dans un village, ou même dans une ville. Il suffit que le lieu soit agréable et permette de faire garder conscience de tout. Que l’important est de rester toujours satisfait du style de vie qu’on a choisi. Que, par la méditation, on peut percevoir parfaitement le remède décisif contre la servitude. Que les signes, à l’intérieur et à l’extérieur, indiquent le moment opportun. Que la racine du mot « homme » signifie jouer, s’amuser. Qu’il faut ouvrir le crâne, élever le chant. Que le chant de la syllabe est analogue à la régulation du souffle. Que si la pratique orale n’est pas transmise par ceux qui chantent à voix basse, et si le chant n’est pas d’abord une écoute, il ne pourra y avoir de fruits. Que l’être favorable et subtil, plein de félicité, se trouve dans une chambre secrète, plein de lumière. Que la libération procède du secret. »
Philippe Sollers, l’Étoile des amants.
Photo : Luisa del Valle
10:39 Publié dans Grands textes, illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers


















