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mercredi, 13 avril 2005

Ces marées cachées

Auparavant, les écrivains s'intéressaient aux apparences et, comme Pouchkine et même Tolstoï, ils ne pensaient que sur un plan. Mais le sujet moderne, ce sont les forces souterraines, ces marées cachées qui gouvernent tout et conduisent l'humanité à contre-courant du flux apparent : ces subtilités empoisonnées qui enveloppent l'âme, les vapeurs malsaines de la sexualité.
(Rapporté par Arthur Power, in Entretiens avec James Joyce)

Un autre que soi

"La peur ne s'élève que là où on voit un autre que soi"

(Fleuron cité par P. Sollers dans L'année du tigre)

mardi, 12 avril 2005

Et les maisons citron

"Lumière d'or sur la mer, sur les sables, sur les blocs. Le soleil est là, et les arbres sveltes, et les maisons citron."

James Joyce

Vif-argent

"L'ombre des forêts flottait dans la paix du matin entre la tour et la mer que regardait Stephen. Au creux de la baie et au large blanchissait la mer miroitante, éperonnée par des pieds fugaces et légers. Sein blanc de la mer nébuleuse. Les accents enlacés deux à deux. Une main cueillant les cordes de la harpe et mêlant leurs accords jumeaux. Vagues couplées du verbe, vif-argent qui vacille sur la sombre marée."

James Joyce

lundi, 11 avril 2005

Le vent

"La brise susurre : il s'élève une fraîcheur,
Qui purifie pour moi les bois et les vallées.
Le vent balaie la brume et m'ouvre la porte de la gorge ;
Il enroule le brouillard, et fait paraître les maisons sur les monts.

Il va et vient, mais sans laisser de trace,
Se lève et s'apaise, comme s'il avait des sentiments.
Le soleil tombe : la montagne et les eaux se calment...
Il fait naître pour vous une voix dans les pins."

Wang Po

Romans ou Vies ?

... Le roman n’est-il pas un genre exténué, un peu comme l’était la tragédie classique au temps de Voltaire? Et, dans la mesure où je ne baisse pas tout à fait les bras, c’est à dire dans la mesure où je fais des petits textes qui ressemblent tout de même à des romans, brefs, mais des romans (je ne suis pas le seul) je me sens proche de beaucoup d’autres contemporains immédiats qui essaient aussi de sortir du roman sans effets de manche, sans prétendre tout démolir, sans ostentation. Mais fermement et absolument.
Parmi ceux-là beaucoup s’intéressent à la forme brève, reprennent la forme brève, mais des formes brèves qui ne seraient pas ce que le siècle dernier a appelé la nouvelle, et qui n’est qu’un morceau de roman. Et nous avons à notre disposition la forme très ancienne des vies qui n’a jamais cessé d’être - on me prête, à moi et à d’autres, le fait d’avoir réinstauré ce genre qu’on a toujours fait, mais c’est une tarte à la crème, il n’y a là ni invention ni retour. Cette forme , que j’appelle vie par commodité, me parait être le roman débarrassé de son grand fourbi, ou fourre-tout. Je vais m’expliquer par une métaphore pharmaceutique. Vous savez, dans la notice des médicaments, on lit par exemple: pénicilline: 0,5% -et excipient: 99,5%. Et bien, le roman tel qu’il se pratique aujourd’hui de plus en plus me paraît être un gigantesque excipient dans lequel la pénicilline est perdue. Ce genre que j’appelle une vie , ça n’est après tout que le roman débarrassé de ses copules, de son tirage à la ligne, de sa " pensée " et de son remplissage. Il est vrai que les romans de Flaubert par exemple étaient des vies sans copule: Vie d’Emma Bovary ou Vie de Felicité qui ont reçu par la suite d’autres titres.


Pierre Michon (interview)
Pour plus d'info, cette interview complète et d'autres, tapez : http://www.remue.net/cont/michon.html

Ce petit casseur

Rimbaud est le rare cas où la surévaluation populaire, populiste même, est très incongrûment liée à la haute littérature. Il y a là quelque chose de ridicule, d'exaspérant, de très émouvant, qui interroge la vérité des lettres et qui a interrogé tous les écrivains de ce siècle : nous sommes tous des pions dans la lignée directe de ce petit casseur.

Pierre Michon (interview)


dimanche, 10 avril 2005

La durée est un éclair...

"On peut transformer la durée en fulgurance : qu’y a t-il d’autre dans ce vers si connu de Rimbaud et pourquoi nous plait-il tant : ô saisons, ô châteaux? La lenteur des saisons, la pérennité des châteaux y sont dits dans la fulgurance de l’instant, d’un vers de six pieds. La durée est un éclair."

Pierre Michon (interview)

jeudi, 07 avril 2005

Errance (s)

N’est pas errant qui veut. Il faut une liberté, mieux, un laisser aller qui ne se donne pas, s’arrache, se nourrit, contre raison mais non sans elle. Tout un art du voyage. “Le voyage fournit des occasions de s’ébrouer mais pas — comme on le croyait — la liberté. Il fait plutôt éprouver une sorte de réduction ; privé de son cadre habituel, dépouillé de ses habitudes comme d’un volumineux emballage, le voyageur se trouve ramené à de plus humbles proportions. Plus ouvert aussi à la curiosité, à l’intuition, au coup de foudre”, dit Nicolas Bouvier dans L’Usage du monde.

Laisser être dans l’accueil. Ni hémorragie existentielle à laquelle est attachée une image du mou, apathique, aboulique, souffrant de ne rien (re)tenir, de tout laisser se perdre, par tempérament ou manque de caractère.

Ni affolement de l’être désamparé, sans-papiers, exilé, exclu de toute part, ou folie du fragile d’esprit qui cogne à la vitre du monde, emprunte des voies délirantes et déraille. Autre est le délire de l’errant que nous cherchons à être.

Ni erreur non plus, car errance véritable est recherche et, finalement, vérité aperçue dans l’imprévisible chemin, relative, fluctuante, poétique. L’errant ne sait où il va : il est tendu vers ce qu’il ne découvre qu’en s’y exposant, retenant au mieux ce qui fuit de tout côté.

Nicolas Bouvier, dans sa chambre d’hôtel à Ceylan, dans Le Poisson-scorpion, ne cesse d’écoper, accroché par des riens au réel qu’il crée au moment où il le reçoit en pleine tête, avec humour et poésie, immergé et lucide, malade, rongé et cependant au-dessus de tout, volute de pensée ramenant à la louche insectes et images, personnages et émotions, aspects divers de ce qui taraude et creuse la galerie incertaine des rêves. L’errance est rapport au temps et à l’éternité, montrée dans ces photographies des “plus hautes montagnes du monde”, “pont entre matérialité et transcendance” (Entre errance et éternité).

Rapport ? Errer, c’est sans cesse être entre ici et là, hier et aujourd’hui, dans l’indétermination d’un “tout à l’heure”, “là-bas”. Cet entre-deux (trois, quatre…), cet entrelacs se fait tissu d’ombres colorées, fugace prise sur la durée, dans des “petits moments”, “moments d’harmonie totale entre une lumière, l’écho d’une voix, les couleurs, le goût qu’on a dans la bouche, l’heure du jour” (Entretien accordé par Nicolas Bouvier à Encres Vagabondes, n°4). “Émerveillement”, donc. Mais cette extrême attention au monde ne va pas sans une certaine érosion de soi, jusqu’à ce qui résiste à toute “usure”. “Usage du monde”, usure de soi. En cela, si “l’écriture, le voyage et la vie sont trois exercices de disparition”, il n’empêche que l’écriture est “port d’attache”. Pas d’errance sans lien, un point de chute suffit, sans quoi elle est pure perte, dilution, égarement, désarroi.

Errer, écrire. “Le souvenir de voyages lointains, de promenades dans les villes resurgit curieusement avec l’extinction des flammes et le mot marcher, dans mon esprit, épouse sans faiblesse celui d’écrire”, dit Joël Vernet dans Sous un toit errant (Fata Morgana). Beauté du texte, à la mesure des interminables “nuits passées sur les terrasses”. Entre le chant des mésanges et le “dernier visage” du disparu, “nous appartenons à la vie errante, à la vie nomade”, “fils de toutes les tribus”. Et “notre vie accueille ainsi les mots errants au fil des jours”.

Le recueil de Joël Vernet s’achève sur un texte dense dédié à Nicolas Bouvier. L’errance y prend un sens (ultime ?) que les “errants de toutes les époques et de tous les siècles” nous font saisir au vol, baluchon à l’épaule. Nous pensions conter notre errance pour en fixer l’écoulement, n’en pas perdre une miette, attache flottante, mais non, c’est elle qui écrit, elle ouvre (sur) “le livre qu’invente pour nous le réel, ici, sur cette terre des confins”.

Alors errer est un devoir, celui “d’ignorer où nous allons”. Fil tendu vers le monde, entre soi et soi, pour qu’ici, maintenant, prenne corps.

Jean-Jacques Marimbert

mercredi, 06 avril 2005

Que peut m'importer...

"Que peut m'importer ce qui est arrivé à un écrivain sud-américain, appelé Jorge Luis Borges, durant le XXe siècle ? Cela veut dire qu'il y a quelque chose en moi, il y a quelque chose en moi d'éternel, qui est étranger à mes circonstances, à mon nom, et à mes aventures. Je crois que ceci, nous l'avons tous ressenti, non ? Et il me semble que c'est un sentiment véridique, celui d'une racine secrète que l'on possède et qui est au-delà des faits successifs de la vie."

Borges

Le roman long

A mon sens, le roman long, romanesque, sans excipient, puissant sans bavardage, a été mené à son terme au vingtième siècle dans des expériences comme celles de Joyce ou Faulkner, qui ne sont plus faisables. Ils ont mené le genre à sa dernière perfection. Nous vivons un temps d’épigones de ces gens-là, bien sages, bien pensants, bien obéissants, bien révolutionnaires, qui sont tellement en dessous de leurs modèles.

Pierre Michon.

Ô baroque eucharistie de Naples...

Très beau livre de Jean-Noël Schifano : Naples (collection microcosme, petite planète, le Seuil, 1981), magnifique introduction à cette ville qui ne ressemble à aucune autre : "Voyageur étranger, ne maugrée pas, ne maudis pas ce désordre improductif, cette récréation de tout instant, prends pazienza : et ouvre les yeux. Naples, la ville spectacle, te donne sa première leçon : à l’école du regard, la vraie, apprends à regarder ; non plus une scène artificielle, un écran de toile ou de verre, mais directement dans la rue, la vie quotidienne des plus grands acteurs du monde. Le seul pouvoir qui règne sur Naples, depuis la nuit des temps, c’est l’imagination. L’imagination au service de la transgression.
Tout fait spectacle à Naples : grâce à l’esprit ludique, à l’ironie, à l’auto-ironie, à la finesse d’esprit, à l’esprit grec, des napolitains. Jouer : la douleur, par exemple, ou la joie. Manière de mettre une certaine distance entre soi et un monde douloureux, de jouer la douleur précisément, de déjouer le malheur."
(...) Le "mange et bois" est un tourbillon de délices dans une coupe de cristal : un pot pourri de parfums et de matières qui affolent papilles de la langue et pupilles de l'oeil. C'est l'art baroque à l'estomac. Confectionné sous vos yeux, selon la chaleur, votre faim, votre soif ou votre caprice du moment : un garçon vêtu de blanc vous offre une palette multicolore, et avec lui vous bâtissez la plus vertigineuse pyramide. Mûres, fraises, pistaches, abricots, amandes écalées, émincées et grillées, jet de cerise liquoreuse, traversin de gâteaux meringués et imbibés de fleurs d'oranger et de cet alcool que distillent les sorcières de Bénévent, la Strega, cerceaux de marrons liquéfiés, le tout piqué de fruits et de légumes précieusement confits, nimbé de crème saupoudrée de chocolat amer qui coule de la coupe sur vos doigts et monte sous votre nez. Mangez et buvez : ô sublime, généreuse, liquide et craquante, brûlante et glacée, mouvante, ô baroque eucharistie de Naples !

mardi, 05 avril 2005

Je décrirai le bonheur...

"Jusqu'à présent, l'on a décrit le malheur, pour inspirer la terreur, la piété. Je décrirai le bohneur pour inspirer leurs contraires."

Lautréamont

Que faire de son temps ?

"Affirme ta propriété sur toi même, et le temps que jusqu'ici, on t'enlevait, on te soutirait ou qui t'échappait, recueille-le et préserve-le. Persuade-toi qu'il en va comme je l'écris : certains moments nous sont retirés, certains dérobés, certains filent. La perte la plus honteuse, pourtant, est celle que l'on fait par négligence. Veux-tu y prêter attention : une grande partie de la vie s'écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie tout entière à faire autre chose.
Quel homme me citeras-tu qui mette un prix au temps, qui estime la valeur du jour, qui comprenne qu'il meurt chaque jour ? C'est là notre erreur, en effet, que de regarder la mort devant nous : en grande partie, elle est déjà passée; toute l'existence qui est derrière nous, la mort la tient. Embrasse toutes les heures; de la sorte, tu dépendras moins du lendemain quand tu auras mis la main sur l'aujourd'hui. Pendant qu'on la diffère, la vie passe en courant.
Toute chose, est à autrui, le temps seul est à nous; c'est l'unique bien, fugace et glissant, dont la nature nous a confié la possession: nous en chasse qui veut. Et si grande est la sottise des mortels que les objets les plus petits et les plus vils, du moins remplaçables, ils supportent de se les voir imputés quand ils les ont obtenus, que nul ne se juge redevable en quoi que ce soit pour avoir reçu du temps, alors que c'est le seul bien que, même reconnaissant, l'on ne peut rendre."


Sénèque, lettres à Lucilius

lundi, 04 avril 2005

Le tumulte de ce feu

"Tu n'as plus pour bagage
que cette plume d'enfance
qui suffit pourtant à la liberté des loups

Et nul encrier ne peut contenir
le tumulte de ce feu"

Jean-Luc Aribaud

Extrait de :"Passages", Pleine page, Zorba, 2005
pleinepage@pleinepage.com et http://www.pleinepage.com
zorba.edition@tiscali.fr

Appeler

"La parole appelle, ne nomme pas. Le français le dit : nous ne nommons pas les choses, nous les appelons. Nous les appelons parce qu'elles ne sont pas là, parce que nous ne savons pas leur nom."

"La pensée n'utilise pas les mots, ne cherche pas ses mots. Ce sont les mots qui cherchent, qui traquent la pensée. Nous nous dépouillons des mots en parlant. Celui qui parle, celui qui écrit, c'est un qui jette ses mots comme des outils divinatoires, comme des dés lancés."

Valère Novarina

Ces phrases et les précédentes de Novarina sont extraites d'un texte lumineux et splendide : "Devant la parole". In "Devant la parole" POL 1999. Voir aussi le site :http://www.novarina.com/

dimanche, 03 avril 2005

L'Europe galante, de Paul Morand

1925. Avant de s’enfoncer dans la nuit, l’Europe swingue, se débride : Picasso, Joyce, Stravinski. Morand, l’homme pressé, dévoile dans l’Europe galante une étonnante série de portraits de femmes. Claudel sera choqué. Ecoutons : "Lucie est gonflée, voluptueuse, sociable, succulente à voir et si molle qu’à chaque instant on a l’impression de la posséder". Ou : "Daniel trouvait à la Hollandaise la peau saine et une poitrine difficilement ramenée à la raison". Ou encore : "Et sans se réveiller davantage, me sentant près d’elle, elle me prit dans ses jambes, qu’elle referma aussitôt, dans un réflexe de coquillage". Et encore : "Nous recommençons à danser. Le Séduisant me tient. Je suis soluble dans ses bras". L’Europe galante, c’est un recueil de nouvelles : le style y est vif, alerte, piquant, d’une poésie lunaire ou sarcastique, mais qui fait toujours mouche. Céleste Julie, ce court et cinglant chef d’œuvre, magnifique leçon sur le désir féminin, commence ainsi : "Au-dessus d’un massif de pois de senteur, je la regardais. Elle n’était pas tellement belle. Son visage, d’une charmante polychromie, s’était trop écrasé contre d’autres visages. Mais une bouche, bonne auberge. Des cheveux comme de la musique. Le démon". Tout au long de ces quatorze nouvelles on est emporté par le swing de Morand, témoin son ironie mordante dans Je brûle Moscou, ou pour cause de crise du logement, le narrateur n’arrivera pas à ses fins. Pourtant, tout avait bien commencé : "J’allais recevoir une récompense, et la plus douce, celle qu’on ne mérite pas. Je montais à la rencontre de l’amour". Laissons à Morand la conclusion, en 1970 dans Venises : "La façon d’atterrir dans une époque compte moins que celle dont on en sort ; la vie est un travail lent, une opération à deux, le hasard et soi ; c’est là ce qui donne son tour à l’ouvrage".

samedi, 02 avril 2005

Le ciel était lisse...

"Le ciel était lisse comme une pierre de lavoir ; le mistral y écrasait du bleu à pleine main ; le soleil giclait de tous les côtés ; les choses n’avaient plus d’ombre, le mystère était là, contre la peau ; ce vent de perdition arrachait les mots aux lèvres et les emportait dans les autres mondes. "

Jean Giono

Première neige

Ce fut vers la fin de décembre que la première neige tomba sur l’Ardenne. Quand Grange se réveilla, un jour blanc et sans âge qui suintait de la terre cotonnait sur le plafond l’ombre des croisées ; mais sa première impression fut moins celle de l’éclairage insolite que d’un suspens anormal du temps : il crut d’abord que son réveil s’était arrêté ; la chambre, la maison entière semblaient planer sur une longue glissade de silence – un silence douillet et sapide de cloître, qui ne s’arrêtait plus Il se leva, vit par la fenêtre la forêt blanche à perte de vue, et se recoucha dans la chambre quiète avec un contentement qui lui faisait cligner les yeux. Le silence respirait autour de lui plus subtil sous cette lumière luxueuse. Le temps faisait halte : pour les habitants du Toit, cette neige un peu fée qui allait fermer les routes ouvrait le temps des grandes vacances.

Julien Gracq, un balcon en forêt


A consulter, un site complet sur Gracq : http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/gracq.html

vendredi, 01 avril 2005

Des danses mystérieuses

"Qu'est-ce que les mots nous disent à l'intérieur où ils résonnent ? Qu'ils ne sont ni des instruments qui se troquent, ni des outils qu'on prend et qui se jettent, mais qu'ils ont leur mot à dire. Ils en savent sur le langage beaucoup plus que nous. Ils savent qu'ils sont échangés entre les hommes non comme des formules et des slogans mais comme des offrandes et des danses mystérieuses."

Valère Novarina