mardi, 18 août 2015
ils vont être contraints de l'aimer
"Chacun est le fils de ses œuvres, et comme la passivité fait son lit, elle se couche. Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c'est que, pour la première fois dans l'histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé: car maintenant ils vont être contraints de l'aimer."
Guy Debord, Préface à la quatrième édition italienne de " La Société du Spectacle "
Photo de Lionel André, la forêt des Carroz, mars 2009
04:31 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberté, guy debord, lionel andré
mardi, 28 juillet 2015
Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul
"Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais!
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques: tenir le pas gagné. Dure nuit! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau!. . . Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps."
Rimbaud, Une Saison en enfer (fin du texte)
02:57 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arthur rimbaud
dimanche, 19 juillet 2015
Le verbe
"Le verbe est au-dessus de la pensée et la pensée doit y remonter"
Philippe Sollers, extrait de Paradis
01:58 Publié dans Grands textes, illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers
mardi, 07 juillet 2015
Paradis perdu
" - Pour toi, ce jardin, qu'est-ce que c'est ?
- Une sorte de paradis perdu à Naples, le lieu où l'on pense au paradis perdu.
- Et où se trouve l'arbre de la science du bien et du mal ?
- N'importe quel arbre peut être appelé ainsi : cela dépend de ce que chaque femme promet sous son feuillage. "
La femme d'ambre / Ramón Gómez de la Serna
12:43 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naples
dimanche, 05 juillet 2015
Génie de la langue
« Le génie de chaque langue se meut comme un animal pour trouver de tous côtés ce qui lui convient. »
Joseph de Maistre
00:33 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joseph de maistre
vendredi, 26 juin 2015
Une montagne à l'envers
"C’est toujours plus profond qu’on ne croit, le corps, plein de recoins oubliés, de réserves, de couloirs, de creux, caves, anfractuosités, niches, trappes, rivières, c’est une montagne à l’envers"
Philippe Sollers, Le Cœur absolu
19:06 Publié dans Curiosités, Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 14 juin 2015
A l'oreille
« Je fréquente les auteurs anciens parce qu’ils ont plus d’oreille que nous, parce qu’ils sont plus musculaires dans le parler, plus respirés et surprenants. Dans Bossuet, dans Pascal, dans La Fontaine, il y a une vigueur sonore, une respiration, un naturel, une joie immédiate. Je les fréquente plus que jamais aujourd’hui où la somptueuse forêt des langues risque de disparaître d’Europe, remplacée par une végétation rabougrie et passe-partout, un petit parterre uniforme. » : Valère Novarina
Photo : Fan Ho (1954)
11:01 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valère novarina
samedi, 13 juin 2015
Le silence, l’exil, la ruse
« Je ne veux pas servir ce à quoi je ne crois plus, que cela s’appelle mon foyer, ma patrie, mon église. Je veux essayer de m’exprimer sous une forme quelconque d’existence ou d’art librement et aussi complètement que possible en employant pour ma défense, les seules armes que je m’autorise à employer, le silence, l’exil, la ruse. »
James Joyce
12:25 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : james joyce
dimanche, 12 avril 2015
La surprise
« Quand on le déroule, ce livre remplit l’univers dans toutes ses directions, et, quand on l’enroule, il se retire et s’enfouit dans son secret. Sa saveur est inépuisable, tout y est réelle étude. Le bon lecteur, en l’explorant pour son plaisir, y a accès ; dès lors, jusqu’à la fin de ses jours, il en fait usage, sans jamais pouvoir en venir à bout. »
Texte chinois cité par Philippe Sollers dans Passion fixe
Jean-Honoré Fragonard, La Surprise, 1771
15:14 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fragonard, philippe sollers, passion fixe


















