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mardi, 18 août 2015

ils vont être contraints de l'aimer

Photo de Lionel André, la forêt des Carroz,mars 2009.JPG"Chacun est le fils de ses œuvres, et comme la passivité fait son lit, elle se couche. Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c'est que, pour la première fois dans l'histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé: car maintenant ils vont être contraints de l'aimer."

Guy Debord, Préface à la quatrième édition italienne de " La Société du Spectacle "
Photo de Lionel André, la forêt des Carroz, mars 2009

mardi, 28 juillet 2015

Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul

face-moon.jpg"Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais!
Il faut être absolument moderne.
Point de cantiques: tenir le pas gagné. Dure nuit! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau!. . . Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps."

Rimbaud, Une Saison en enfer (fin du texte)

dimanche, 19 juillet 2015

Le verbe

paysage-tchao-mong-fou-extrait-de-laurence-binyon-1869-1943-painting-in-the-far-east.jpg"Le verbe est au-dessus de la pensée et la pensée doit y remonter"

Philippe Sollers, extrait de Paradis

mardi, 07 juillet 2015

Paradis perdu

monastero-di-santa-chiara-napoli.jpg" - Pour toi, ce jardin, qu'est-ce que c'est ?
- Une sorte de paradis perdu à Naples, le lieu où l'on pense au paradis perdu.
- Et où se trouve l'arbre de la science du bien et du mal ?
- N'importe quel arbre peut être appelé ainsi : cela dépend de ce que chaque femme promet sous son feuillage. "
La femme d'ambre / Ramón Gómez de la Serna

12:43 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naples

dimanche, 05 juillet 2015

Génie de la langue

Joseph de Maistre« Le génie de chaque langue se meut comme un animal pour trouver de tous côtés ce qui lui convient. » 

Joseph de Maistre

vendredi, 26 juin 2015

Une montagne à l'envers

14124679.jpg"C’est toujours plus profond qu’on ne croit, le corps, plein de recoins oubliés, de réserves, de couloirs, de creux, caves, anfractuosités, niches, trappes, rivières, c’est une montagne à l’envers"

Philippe Sollers, Le Cœur absolu

dimanche, 14 juin 2015

A l'oreille

valère novarina« Je fréquente les auteurs anciens parce qu’ils ont plus d’oreille que nous, parce qu’ils sont plus musculaires dans le parler, plus respirés et surprenants. Dans Bossuet, dans  Pascal, dans La Fontaine, il y a une vigueur sonore, une respiration, un naturel, une joie immédiate. Je les fréquente plus que jamais aujourd’hui où la somptueuse forêt des langues risque de disparaître d’Europe, remplacée par une végétation rabougrie et passe-partout, un petit parterre uniforme. » : Valère Novarina

Photo : Fan Ho (1954)

samedi, 13 juin 2015

Le silence, l’exil, la ruse

james_joyce.jpg« Je ne veux pas servir ce à quoi je ne crois plus, que cela s’appelle mon foyer, ma patrie, mon église. Je veux essayer de m’exprimer sous une forme quelconque d’existence ou d’art librement et aussi complètement que possible en employant pour ma défense, les seules armes que je m’autorise à employer, le silence, l’exil, la ruse. »

James Joyce

12:25 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : james joyce

dimanche, 12 avril 2015

La surprise

Surprise_1771.jpg« Quand on le déroule, ce livre remplit l’univers dans toutes ses directions, et, quand on l’enroule, il se retire et s’enfouit dans son secret. Sa saveur est inépuisable, tout y est réelle étude. Le bon lecteur, en l’explorant pour son plaisir, y a accès ; dès lors, jusqu’à la fin de ses jours, il en fait usage, sans jamais pouvoir en venir à bout. »
Texte chinois cité par Philippe Sollers dans Passion fixe
Jean-Honoré Fragonard, La Surprise, 1771