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samedi, 18 juillet 2009

Il n'est pas illogique de penser que le monde est infini

escher-mc-relativity-79623.jpg"Je viens d'écrire infinie. Je n'ai pas intercalé cet adjectif par entraînement rhétorique ; Je dis qu'il n'est pas illogique de penser que le monde est infini. Le juger limité, c'est postuler qu'en quelque endroit reculé les couloirs, les escaliers, les hexagones peuvent disparaître - ce qui est inconcevable, absurde. L'imaginer sans limites, c'est oublier que n'est point sans limites le nombre de livres possibles. Antique problème où j'insinue cette solution :  La Bibliothèque est illimitée et périodique. S'il y avait un voyageur éternel pour la traverser dans un sens quelconque, les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes se répètent toujours dans le même désordre - qui répété, deviendrait un ordre : l'Ordre. Ma solitude se console de cet élégant espoir".

Jorge Luis Borges -

Image de M.C. Escher

Fiction (extrait de) La bibliothèque de Babel

00:13 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : borges, infini, escher

vendredi, 17 juillet 2009

Pierre Etaix récupère les droits de ses films

yoyoji5.jpgLa Justice a rendu hier au cinéaste Pierre Etaix, âgé de 80 ans, les droits sur ses films en cassant le contrat qui le liait à la société Gavroche Productions, laquelle n'avait jamais exploité ses oeuvres. Les négatifs du «Soupirant», «Yoyo», «Tant qu'on a la santé» et «Le grand amour» sont partis aux archives françaises du film pour des vérifications techniques.

10:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pierre etaix

Acheminement vers la parole

bernini1b.jpg"L'être humain parle. Nous parlons éveillés ; nous parlons en rêve. Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucune parole, et que nous ne faisons qu'écouter ou lire ; nous parlons même si, n'écoutant plus vraiment, ni ne lisant, nous nous adonnons à un travail, ou bien nous abandonnons à ne rien faire. Constamment nous parlons, d'une manière ou d'une autre. Nous parlons parce que parler nous est naturel. Cela ne provient pas d'une volonté de parler qui serait antérieure à la parole. On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnel veut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle de parler. Elle veut dire que c'est bien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu'homme. L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle". Ainsi commence le premier des textes de "Acheminement vers la parole" de Heidegger. Il cite et commente ensuite ce poème de Georg Trakl (1887-1914) Traduction François Fédier :

Quand il neige à la fenêtre,

Que longuement sonne la cloche du soir,

Pour beaucoup la table est mise

Et la maison est bien pourvue.

Plus d'un qui est en voyage

Arrive à la porte sur d'obscurs sentiers.

D'or fleurit l'arbre des grâces

Né de la terre et de sa sève fraîche.

 

Voyageur entre paisiblement ;

La douleur pétrifia le seuil.

Là resplendit en clarté pure

Sur la table pain et vin.

Sculpture du Bernin

jeudi, 16 juillet 2009

Lecture d'été

setmana_de_lautreamont_a_barcelona.jpgIl y a des livres vers lesquels on revient toujours ; sans doute parce que ce sont les plus énigmatiques, ceux qui ne se laissent pas dévoiler facilement, et jamais totalement sans doute. Un des plus étranges, des plus fascinants, ce sont les Poésies de Lautréamont.  Avec "ces phrases tellement fausses qu'elles explosent de vérité", comme l'écrit François Meyronnis dans L'Axe du néant  : "Je me figure Élohim plutôt froid que sentimental." "Le charme de la mort n’existe que pour les courageux." "Non imparfait, non déchu, l’homme n’est plus le grand mystère." "Je ne permets à personne, pas même à Elohim, de douter de ma sincérité." "Nous sommes libres de faire le bien. Le jugement est infaillible. Nous ne sommes pas libres de faire le mal." "Il n’y a rien d’incompréhensible. La pensée n’est pas moins claire que le cristal." "La poésie doit avoir pour but la vérité pratique." "Je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial la trouve complète." On peut considérer tout cela comme absurde, mais à systématiquement prendre le contre-pied des opinions généralement admises, ce petit livre (qui suit immédiatement les Chants de Maldoror, et ce n'est pas par hasard) ne se laisse pas épuiser facilement, il interroge, il intrigue, et fait penser, ce n'est pas si mal après tout, en ces temps d'indigence et de vacuité...

00:15 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : journal, lautréamont

mercredi, 15 juillet 2009

Orient

Si tu as entendu l'appel de l'Orient, tu n'entendras plus rien d'autre

Rudyard Kipling

22:23 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : orient, kipling

Moby Dick

118095-004-E9D5AC09.jpgDéjeuner chez des amis, sous des arbres encore. Je leur ai offert "Prélude à la délivrance" de Yannick Haenel et François Meyronnis, mon livre préféré cette année, lu trois fois. Au moment que nous vivons de la plus grande dévastation, au moment où le danger est le plus grand, une étincelle peut s'allumer, la dimension du divin. Celle de Nietzsche et de l'éternel retour, de Lautréamont, Rimbaud et quelques autres. Et puis il y a Moby Dick de Melville que H et M décortiquent et font apparaître comme un véritable traité de théologie. Dans un de ces autres livres : L'Axe du néant, François Meyronnis écrit : "Le langage est le lieu du combat. Ce fut la grande intuition de Heidegger : "Le passage de la ligne du nihilisme interviendra, s'il intervient, par et dans le langage."

"L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Mais cela est" a écrit Gustave Flaubert. L'été c'est aussi le moment où tout s'arrête, où le vide permet de renaître.

mardi, 14 juillet 2009

Décidément

fantomas1.jpgDécidément non, rien ne vient, pas d'idée de roman, de nouvelle ou autres billevesées, même le tour de France est en repos, demain c'est la Fête Nationale dont tout le monde se fout, c'est peut-être logique après tout, cette Révolution n'a rien arrangé, tout le monde se croit libre, alors que jamais l'asservissement n'a été aussi grand, tout se délite lentement, même l'été ne ressemble plus à l'été, on voit bien que personne n'y croit plus, et fait semblant...

00:15 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : journal, fantomas

lundi, 13 juillet 2009

Journée de chaleur

pierre-bonnard-table-set-in-a-garden.jpgJournée de chaleur, chant ininterrompu des cigales sous le marronnier, mais vent ondoyant, léger et presque frais qui rend l'atmosphère supportable. Vraie journée d'été où ce pays, au pied des Cévennes, prend sa vraie dimension. Là où le vent ne circule pas, l'air est vraiment écrasant. Sur la table, abandonné, un magazine avec le visage cadavérique de Michaël Jackson, mort vivant bien à l'image de notre monde qui le ressuscite, icône idéale.

Pierre Bonnard, Mise de table dans un jardin

00:15 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : journal, pierre bonnard

dimanche, 12 juillet 2009

Aujourd'hui

18964112_w434_h_q80.jpgAujourd'hui temps doux, ciel vaste, illimité, oiseaux qui sillonnent le ciel, après-midi vague, la mer est là proche, mais pas envie d'y aller, seulement la rêver un peu comme j'ai rêvé de Lisbonne et de sa langueur, l'été est là, pour la troisième année consécutive il n'est ni très chaud ni étouffant, de même que les deux derniers hivers ont été froids, est-ce le changement climatique annoncé, le Gulf Stream qui a perdu de sa force ne nous réchaufferait plus, tout à l'heure il y a Shining de Kubrick à la télé...

00:15 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : kubrick, journal

vendredi, 10 juillet 2009

Déviations

artwork_images_119116_435732_ralph-gibson.jpg« Un général est comme un écrivain qui veut faire une certaine pièce, un certain livre, et que le livre lui-même, avec les ressources inattendues qu’il révèle ici, l’impasse qu’il présente là, fait dévier extrêmement du plan préconçu. » 

Marcel Proust

Photo : Ralph Gibson

jeudi, 09 juillet 2009

Les organes remontaient

nu_ronis1.jpgVous savez ce que c’est que le soutien-gorge ? Au XIXe siècle, on ne disait pas la bite, la vulve, on disait le ventre, le bas-ventre. On ne disait pas le ventre, on disait l’estomac. On ne disait pas l’estomac, on disait le cœur. Les organes remontaient. La pudeur faisait qu’on n’avait pas de seins mais une gorge. D’où le soutien-gorge au lieu du soutien- seins.

Michel Serres Entretien avec Alain Barbanel et Daniel Constantin Revue Médias N°11 juillet 2007

Photo de Willy Ronis

mercredi, 08 juillet 2009

Toute la vérité

"Dire toute la vérité est impossible, les mots y manquent"

Lacan

13:29 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lacan

En suspens

les_ailes_du_desir_der_himmel_uber_berlin_1986_diaporama_portrait.jpgQuand le vent souffle, on dirait que tout est déplaçable, en suspens. Au milieu de ce grand cirque, avec le ciel immense, on a continué de parler. Une façon de dévorer l’autre. A notre première rencontre, déjà au Mexique, j’avais eu l’impression que tout se figeait, elle et moi on devenait imperméables à tout mouvement extérieur. De nouveau, presque palpable, une corde, tendue entre nous, entrait en résonance chaque fois qu’on la frôlait. Et on avait envie de la frôler souvent. Pas trop pour ne pas l’agacer et brouiller son mouvement mais cette vibration, ce décalage incessant, troublaient le jeu. On observait l’attirance grandir, deux aimants cherchant inutilement à se retenir.

Raymond Alcovère, extrait de "Le Bonheur est un drôle de serpent", roman en recherche d'éditeur...

mardi, 07 juillet 2009

L'été, la nuit...

L'été, la nuit, les bruits sont en fête.

Edgar Poe

15:32 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : edgar poe

Je m'écris

GILDAS - LES CIEUX DANS LES YEUX[1]1 copie.jpgJ'interprète ma page de vie

J'en use comme plaque de cuivre

Je la grène de plaisirs

Je la crible d'années

Je la saisis en verte saison

Je la racle de nuits d'hiver

Je la ronge en creux d'angoisses

Je m'y taille espace libre

Je l'attaque en matière noire

Je progresse d'épreuves en épreuves

Je la creuse de vaines morsures

Je la burine d'émotions

Je l'entame

Pour nier le temps

Je m'écris

Pour durer."

Andrée CHEDID Rythmes"

Photomontage de Gildas Pasquet

lundi, 06 juillet 2009

Un article sur Le Sourire de Cézanne

A lire ici, sur Paperblog, un article sur Le Sourire de Cézanne, par Jean-Jacques Nuel

dimanche, 05 juillet 2009

Un peu de Malraux alors...

image0009.jpg« L'artiste n'est pas le transcripteur du monde, il en est le rival »

« Le plus grand mystère n'est pas que nous soyons jetés au hasard entre la profusion de la matière et celle des astres ; c'est que, dans cette prison, nous tirions de nous-mêmes des images assez puissantes pour nier notre néant »

« L'art transforme le destin en liberté, c'est un anti-destin »

Photo : Malraux (à droite) lorsqu'il partit dans les années 30 en expédition pour retrouver la reine de Saba

samedi, 04 juillet 2009

L'évangile selon saint Selon

 P5244654.jpgRimbaud, qui, écrit-il, devient un " opéra fabuleux " (paroles et musique), voit son âme éternelle, et lui donne l'ordre, en la tutoyant, d' " observer son voeu, malgré la nuit seule et le jour en feu ". Un voeu qu'on a prononcé, et qu'on observe (double sens du mot) , passe au-delà de la nuit et du jour. Là, de façon peu démocratique, elle se " dégage des humains suffrages, des communs élans, elle vole selon ".
Le mot important, ici, est selon.
Selon quoi ? Le vent, les circonstances, les situations ? En tout cas, elle vole, cette âme éternelle, c'est un oiseau en langue des oiseaux, un oiseau qui connaît seul sa destination. C'est un nouvel évangile, l'évangile selon saint Selon. En bas, sur terre, plus d'espérance, d'aurore, d'apparitions, de lendemains qui chantent, rien que science, patience, " supplice sûr ", " braises de satin ", " ardeur et devoir ". En haut, le vol sur la mer mêlée de soleil, en bas, la forge infernale du temps aplati. Est-il possible de vivre à la fois et en même temps dans ces deux mondes contradictoires ? L'un d'oiseau sans contraintes, l'autre de piéton clandestin des saisons ?
 
 
°
Philippe Sollers
Les voyageurs du temps
Il s’exprime dans des discours extravagants, dans des paroles inédites, dans des expressions sans queue ni tête, parfois trop libres, mais sans partialité, car sa doctrine ne vise pas à traduire des points de vue particuliers. Il juge le monde trop boueux pour être exprimé dans des propos sérieux. C’est pourquoi il estime que les paroles de circonstance sont prolixes, que les paroles de poids ont leur vérité, mais que seules les paroles révélatrices possèdent un pouvoir évocateur dont la portée est illimitée. Ses écrits, bien pleins de magnificence, ne choquent personne, parce qu’ils ne mutilent pas la réalité complexe. Ses propos, bien qu’inégaux renferment des merveilles et des paradoxes dignes de considération. Il possède une telle plénitude intérieure qu’il n’en peut venir à bout. En haut, il est le compagnon du créateur ; en bas il est l’ami de ceux qui ont transcendé la mort et la vie, la fin et le commencement. La source de sa doctrine est ample, ouverte, profonde et jaillissante ; sa doctrine vise à s’harmoniser avec le principe et à s’élever à lui. Et pourtant, en répondant à l’évolution du monde et en expliquant les choses, il offre une somme inexprimable de raisons qui viennent, sans rien omettre, mystérieuses, obscures et dont personne ne peut sonder le fond."

Tchouang-tseu

Les poèmes

Les poèmes appartiennent à ceux qui les aiment. (Roland Giguère)

03:33 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roland giguère

vendredi, 03 juillet 2009

Sans doute, un jour...

file000211417519.jpg"Sans doute, un jour, devant les étendues arides ou reconquises par la forêt, nul ne devinera plus ce que l'homme avait imposé d'intelligence aux formes de la terre en dressant les pierres de Florence dans le grand balancement des oliviers toscans."

André Malraux; Les Voix du silence