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dimanche, 04 mars 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (32)

Holi, fête de la couleur, ici

09:40 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photo, Nina Houzel, Rajasthan

Le roman

medium_DSCN1615.jpgLa vérité est toujours incomplète face au réel. Le roman est justement ce qui la complète. Aussi est-il plus réel que la vérité. Autrement dit, la vérité a structure de fiction. Les mots ne lui manquent pas !

Photo : Nina Houzel

samedi, 03 mars 2007

Le corps de l'océan (2)

medium_Seaweed.jpgLe soleil est enturbanné de longues mèches oranges, rouges, aux extrémités violettes posées sur l’océan, mi-pansement sale, mi-effilé de châle indien. Ciel d’arrière-saison. Il ralentit le pas. Non, ce n’est pas un tronc. Un ramassis hétéroclite menaçant de se disloquer au moindre remous un peu trop fort, qui s’étale, se resserre, s’étale, respiration de l’entrelacs des courants affolés par l’imminence du littoral. Il a un pressentiment. Il jette ses tennis vers le sable sec, s’avance dans l’eau jusqu’à mi-cuisse, reste ainsi quelques minutes. Ses pieds s’enfoncent dans le sable. Il finit par ne plus sentir ses jambes, ses genoux. Le froid remonte, atteint son sexe, son ventre, mais il ne peut détacher ses yeux de ce qui mollement flotte vers lui. À ce moment, en un dérisoire sursaut de fierté, le soleil enflamme le ciel. Il fait volte-face, court jusqu’au sable, ses jambes remontent mécaniquement la dune. Non, pas de ça, quelqu’un d’autre passera par là, plus tard, il sera loin.

Jean-Jacques Marimbert

Extrait de : "Le corps de l'océan"

Carnet des sept collines N° 24
Jean-Pierre Huguet Editeur, Le Pré Battoir, 42220 Saint Julien Molin Molette
Tél. 04 77 51 52 27
Courriel : edition.huguet@free.fr
Site : www.editionhuguet.com
Photo de Leesybee sur le site Morguefile.com (photos libres de droit)

vendredi, 02 mars 2007

Des rêves d’Orient

medium_ABSTRAIT-CREATIONS_16_.JPGIl y a deux plaisirs dans le Midi, la plage en hiver et le cœur des villes en été. Écrasées par la chaleur d’août, endormies, on peut saisir leur substance, le rythme des pierres, s’y promener sans se presser, ne penser à rien, seulement des notes de musique en tête, ou un désir d’architecture. Les rues vides, tout souci de rendement a disparu. Les villes du Sud redeviennent les cités antiques qu’elles n’ont jamais cessé d’être. Des rêves d’Orient.

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", texte en cours d'écriture

Photo : Gildas Pasquet

Le corps de l'océan

Dans le baroque, à peine ai-je opté pour un point de vue, mes jambes s'impatientent, tout, mes mains, mes yeux. Sans cesse renvoyé d'un lieu à un autre, à aucun finalement. A l'horizon, le regard atopique du peintre. Dans l'art baroque, je ne me sens pas en sécurité. Il y a trop de lieux où je pourrais me cacher et aucun où je serais invisible. Moi ou un autre moi. Je my perds de vue, tour à tour suivi et précédé par je ne sais quel souffle tourbillonnant. Je me sens seul, menacé, épié. Aspiré vers un vide sans fond, gouffre où le vent siffle, pascalien, et je me retourne, je crois toujours qu'une partie de l'oeuvre est derrière moi, à étendre ses lignes indéfiniment, dans l'ombre d'un pilier de cathédrale où résonnent mes pas, les dédales d'un labyrinthe de reflets, les plis d'une robe brodée d'or.
Jean-Jacques Marimbert
Extrait de : "Le corps de l’océan"
Carnet des sept collines N° 24
Tirage à 100 exemplaires
enrichis d’un dessin original pleine page
signé de Philippe Louisgrand


BON DE COMMANDE à retourner, accompagné de votre règlement à :
Jean-Pierre Huguet Editeur, Le Pré Battoir, 42220 Saint Julien Molin Molette
Tél. 04 77 51 52 27
Courriel : edition.huguet@free.fr
Site : www.editionhuguet.com

jeudi, 01 mars 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (31)

Jaisalmer, Rajasthan, ici

(Nina je n'arrive toujours pas à écrire un commentaire sur ton blog, alors voilà, très belle image, cette odyssée (baroque) de l'espace...

21:15 Publié dans Venise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photo, Nina Houzel, Rajasthan

Les sensations

medium_cezanne-autoportrait-1880-81.jpgLes sensations formant le fond de mon être, je crois être impénétrable

Cézanne

Autoportrait, 1880-1881

19:25 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, Cézanne

Madame Cézanne

medium_cezanne_mme-cezanne-unbound.jpgJe ne fais qu'un avec mon tableau

Paul Cézanne

18:40 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, Cézanne

mercredi, 28 février 2007

L'hommage de Othon Friesz à Cézanne

medium_Friesz_Demoiselles_montmartre.jpgCes Baigneuses ont été peintes en 1907, un an après la mort de Cézanne. En ce moment et jusqu'au 20 mai, une rétrospective Othon Friesz à Roubaix

08:10 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : art, peinture, Othon Friesz

Sur la route

medium_ACOTE.NB_5_.JPGJe suis serveur dans cet hôtel, logé, nourri. Venu ici à cause d’un livre, Sur la route, de Jack Kerouac, peut-être à cause de l’arrivée au Mexique, vers la fin, qui ressemble un peu au paradis. Un jour j’ai eu envie de partir. J’ai pris le train, le bateau, l’autocar, fait du stop. Comme dans le livre, tout peut arriver et tout arrive d’ailleurs, d’un instant à l’autre, du noir désespoir au bonheur absolu. Tout ce dont on peut rêver à dix-huit ans, là, à portée de main. On passe à travers les villes, les pays, comme une étoile filante, de vagues ombres se profilent, on aperçoit des reflets, des lignes se dessinent, furtives. Il est trop tôt pour s’arrêter, on est parti pour savoir comment était fait le destin, en explorer les contours. Le jeu est dangereux mais on ne le sait pas encore, ou on en rêve secrètement.

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", texte en cours d'écriture

Photo : Gildas Pasquet

lundi, 26 février 2007

Et moi je fais le contraire

medium_VUDUECIEL01_LIGHTS_11_.JPG«  La règle générale est de raconter des amours impossibles, des impasses, des drames, des récriminations, des échecs, et moi je fais le contraire. »

Philippe Sollers, Passion fixe

« Tout ce que l’ennemi attaque, on le défend ; et tout ce qu’il défend on l’attaque »

Mao Tse Tong

Photo : Gildas Pasquet


 

Carnets indiens, avec Nina Houzel (30)

medium_DSCN4894.JPG"Là encore, les traditions orientales (et la perspective ésotérique des religions monothéistes) nous enseignent que ce "moi" séparé, cet "ego" est un leurre et un mirage : "En vérité, tout cet univers est Brahman (Dieu) et "Il n'y a qu'Un sans second". Chaque individu est alors comparable à une vague à la surface de l'Océan : simple boursouflure éphémère individualisée en apparence, elle n'a en fait d'autre réalité que celle de l'océan lui-même, d'où elle naît et où elle retourne sans jamais avoir été séparée."

Jean Marchal

Photo : Nina Houzel (Rajasthan, désert du Thar)

dimanche, 25 février 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (29)

medium_DSCN4946.JPGPhoto : Nina Houzel (Rajasthan, désert du Thar)

04:55 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : art, photo, Nina Houzel, Rajasthan

samedi, 24 février 2007

Le lion

medium_lion.jpg" ...Bien sûr, bien sûr, je me doute de ce que vous pensez. Mais encore une fois les apparences sont trompeuses, je vous l'assure et vous l'assure encore même si cela pour l'instant ne peut vous rassurer. Oui , je sais bien, les pattes sont massives et puissamment armées, les crocs cruellement tranchants, la gueule est carnassière, le corps un condensé de puissance meurtrière. L'œil a la lumière trouble de la mort, noblesse oblige. Mais tout cela est en partie de la frime, du toc, du plaqué. Ecoutez-moi, vous le zèbre éventré et vous l'antilope égorgée, vous ne pouvez nier l'évidence : sous cette apparence guerrière, derrière ces comportements à la violence parfois excessive je le reconnais, le lion reste un être sensible à la force fragile. Regardez-le en face, approchez-vous, si si, approchez-vous, observez-le de près et vous pourrez surprendre parfois au détour d'un geste, d'un reflet ou d'une attitude les bribes d'une sensibilité enfouie qui révèlent sa nature profonde. Le lion est un tendre comme vous l'êtes vous-mêmes. Ainsi, l'autre jour, par le jeu d'un reflet, j'en ai entr'aperçu un affublé de dents de lapin. Oh, ce fut fugitif mais pourtant bien réel, révélateur à souhait. Un lapin ! Quoi de plus inoffensif qu'un lapin ? Il y a du lapin dans le lion, voilà ce que je me suis dit.

Dans tout lion il y a un lapin qui sommeille. Alors réfléchissez, ne le faites pas plus méchant qu'il n'est et ne l'envoyez pas déchoir dans les choux. pas avec des dents de lapin ! ".

Texte et photo de Jean-Louis Bec

jeudi, 22 février 2007

Le jour fantomatique

medium_Matfor_Light_2_.JPGLe jour fantomatique où l'Amérique industrielle devra être abandonnée à la rouille au cours d'un long dimanche après-midi d'oubli

Jack Kerouac, Viel ange de minuit

Photo : Gildas Pasquet

mercredi, 21 février 2007

Et les changeants nuages d'or

medium_VUDUECIEL01_LIGHTS_4_.2.JPGOn était dans les montagnes ; il y avait une merveille de soleil levant, des fraîcheurs mauves, des pentes rougeoyantes, l'émeraude des pâturages dans les vallées, la rosée et les changeants nuages d'or

Jack Kerouac, Sur la route

A voir et entendre ici, une interview de JK en français pour la télévision canadienne

Photo : Gildas Pasquet

mardi, 20 février 2007

L'empreinte de notre sous-France

Une promenade à Rivesaltes, textes et images de Gildas Pasquet : GILDAS_-_L_EMPREINTE_DE_NOTRE_SOUS_FRANCE.pdf

Plus d'infos sur le camp de Rivesaltes ici

lundi, 19 février 2007

"Aaaah!"

medium_AMERES_ICONES_3_.2.jpgMais alors ils s'en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seules gens qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poêles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait: "Aaaah!"

Jack Kerouac, Sur la route

Photo : Gildas Pasquet

Lire aussi cette note

dimanche, 18 février 2007

Croyances et techniques pour la prose moderne

medium_19481.jpgListe des points essentiels:

1. Carnets secrets, couverts de gribouillis, et pages follement dactylographiées, pour votre propre plaisir
2. Soumis à tout, ouvert, à l'écoute
3. N'essayez jamais de vous soûler en-dehors de chez vous
4. Soyez amoureux de votre vie
5. Ce que vous ressentez trouvera sa propre forme
6. Soyez fou, soyez un saint abruti de l'esprit
7. Soufflez aussi profondément que vous souhaitez souffler
8. Ecrivez ce que vous voulez sans fond depuis le fin fond de l'esprit
9. Les visions indicibles de l'individu
10. Pas de temps pour la poésie, mais exactement ce qui est
11. Des tics visionnaires tremblant dans la poitrine
12. Rêvant en transe d'un objet se trouvant devant vous
13. Eliminez l'inhibition littéraire, grammaticale et syntaxique
14. Comme Proust, soyez à la recherche du joint perdu
15. Racontez la véritable histoire du monde dans un monologue intérieur
16. Le joyau, centre d'intérêt, est l'oeil à l'intérieur de l'oeil
17. Ecrivez pour vous dans le souvenir et l'émerveillement
18. Travaillez à partir du centre de votre oeil, en vous baignant dans l'océan du langage
19. Acceptez la perte comme définitive
20. Croyez en le contour sacré de la vie
21. Luttez pour esquisser le courant qui est intact dans l'esprit
22. Ne pensez pas aux mots quand vous vous arrêtez mais pour mieux voir l'image
23. Prenez note de chaque jour la date blasonnée dans votre matin
24. Pas de peur ou de honte dans la dignité de votre expérience, langage et savoir
25. Ecrivez de façon que le monde lise, et voie les images exactes que vous avez en tête
26. Livrefilm est le film écrit, la forme américaine visuelle
27. Eloge du caractère dans la solitude inhumaine et glacée
28. Composer follement, de façon indisciplinée, pure, venant de dessous, plus c'est cinglé, mieux c'est
29. On est constamment un Génie
30. Scénariste-Metteur en scène de films Terrestres Sponsorisés et Financés par les Anges au Paradis

Evergreen Review, vol 2, n.8, 1959
Jack Kerouacmedium_quatrebeat.jpg

samedi, 17 février 2007

Le poète...

medium_artaud.jpg"le poète, donc, comme n’importe qui, mais en plein jour, autrement dit comme du langage en nuit-jour, déclenche une haine spécifique, mortelle, pour la seule raison qu’il produit une négation non assimilable à la négation"

Philippe Sollers ;  à lire ici sur Antonin Artaud