jeudi, 07 mars 2013
Diversité
« Si je parle diversement de moi, c'est que je me regarde diversement. Toutes les contrariétés s'y trouvent selon quelque tour, et en quelque façon : honteux, insolent, chaste, luxurieux, bavard, taciturne, laborieux, délicat , ingénieux , hébété , chagrin, débonnaire , menteur , véritable , savant, ignorant et libéral , et avare et prodigue. »
Montaigne
Andrea Mantegna (1431-1506), plafond du palais ducal de Mantoue (Lombardie)
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lundi, 04 mars 2013
La vérité selon sa promesse
"Vous m’appelez bouffon, ignorant, farceur, imposteur, calomniateur, fourbe, et tout ce qui vous plaît… Mais si la vérité était pour vous, elle combattrait pour vous, elle vaincrait pour vous ; et quelques ennemis que vous eussiez, la vérité vous en délivrerait, selon sa promesse ».
Pascal
Lisbonne, mai 2007, coup d’oeil François Weil, photo Marie Genty
17:04 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pascal
dimanche, 03 mars 2013
C'est calme

« Ce qui me semble à moi, le plus haut dans l’Art (et le plus difficile), ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon de la nature, c’est-à-dire de faire rêver. Aussi les très belles œuvres ont ce caractère. Elles sont sereines d’aspect et incompréhensibles Quant au procédé, elles sont immobiles comme des falaises, houleuses comme l’Océan, pleines de frondaisons, de verdures et de murmures comme des bois, tristes comme le désert, bleues comme le ciel. Homère, Rabelais, Michel-Ange, Shakespeare, Goethe m’apparaissent impitoyables. Cela est sans fond, infini, multiple. Par de petites ouvertures on aperçoit des précipices ; il y a du noir en bas, du vertige. Et cependant quelque chose de singulièrement doux plane sur l’ensemble ! C’est l’éclat de la lumière, le sourire du soleil, et c’est calme ! C’est calme ! ».
Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, 26 août 1953.
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samedi, 02 mars 2013
Obscurcissements...
"la vérité est si obscurcie en ce temps, et le mensonge si établi, qu'à moins que d'aimer la vérité on ne saurait la connaître."
Pascal
A lire la chronique de Ph. Sollers dans le Point
Bernini, David (détail, 1625)
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jeudi, 28 février 2013
Kessel
Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu'exigent à l'ordinaire les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu'ils vous y attirent.
Joseph Kessel, Le Lion
22:18 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joseph kessel
mercredi, 27 février 2013
La position du tireur couché
"Au moment de le rejoindre, une idée bizarre traversa son esprit. Dans La position du tireur couché, son polar préféré de Jean-Patrick Manchette, le héros, un tueur comme lui, traumatisé quand il a compris qu’il avait été manipulé depuis le début, perd l’usage de la parole. Ensuite, il est obligé d’écrire des mots pour s’exprimer. Hélios avait trouvé ce détail ridicule sur le moment, et tout d’un coup l’angoisse qu’il lui arrive la même chose l’étreignit. Il se força, comme pour lui-même et se rassurer à dire un mot ou deux à voix haute avant d’aborder Aldo. Ses cordes vocales avaient bien tenu le coup, ouf. Quant à sa tête..."
Raymond Alcovère, Rien compris au rock and roll, polar, 2011, extrait
02:04 Publié dans Rien compris au rock and roll | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rien compris au rock and roll, jean-patrick manchette
lundi, 25 février 2013
Un cri de silence
"Fleurs en grappe de beauté, l'oiseau de la vallée lance un cri de silence."
Wang Wei
04:41 Publié dans Chine, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wang wei
Wang Wei
"Le corps obéit à la causalité, l'esprit saute les degrés de l'éveil."
Wang Wei
04:33 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wang wei
vendredi, 22 février 2013
Oui, mais c'était avant !

04:21 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 21 février 2013
Admiration
" Admiration - ... La position de Stendhal est d'autant plus remarquable : lui, si caustique, regardant toute chose avec ironie et scepticisme, fait de l'admiration la pierre de touche des esprits supérieurs. Savoir admirer est pour lui la première des vertus, à laquelle font obstacle en France la vanité, la peur, si on s'abandonne, de paraître naïf, de perdre la face à côté d'un arbitre plus savant, plus averti... C'est justement par la fraîcheur de ses enthousiasmes que les écrits de Stendhal sur la peinture, la musique, Rome, ont gardé leur jeunesse intacte. Un guide bien fait établit une hiérarchie entre les " valeurs " ; Stendhal se moque des valeurs et ne consulte que son émotion. "
06:12 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stendhal, dominique fernandez
samedi, 16 février 2013
Les seuls vrais derniers croyants
"Le plus beau, dans les réactions françaises à cet acte hautement libérateur, c'est le désarroi des laïcards fanatiques. Au fond, les seuls vrais derniers croyants, ce sont eux. "Dieu démission !", titre Libération."
Philippe Sollers
20:54 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers
Serial

14:35 Publié dans Papillote | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 15 février 2013
Déroulement du Dao
"Le plus simple ou le plus proche sera toujours le plus riche et le plus mystérieux."
Philippe Sollers, le déroulement du Dao, in "Fugues"
Peinture de Wang Wei
10:39 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dao, philippe sollers, wang wei
lundi, 11 février 2013
La clef des situations
« Boys du sévère, interprètes anonymes, enchainés et brillants de la revue à grand spectacle qui toute une vie, sans espoir de changement, possèdera le théâtre mental, ont toujours évolué mystérieusement pour moi des êtres théoriques, que j’interprète comme des porteurs de clés : ils portent la clef des situations "
André Breton, l'Amour fou (début du texte)
Bernini (forever)
20:36 | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 04 février 2013
Le labyrinthe
Supposons que je sois sur le point d’écrire une fable, et que deux arguments s’offrent à moi ; ma raison reconnaît que le premier est très supérieur ; le second est résolument médiocre, mais il m’attire. Dans ce cas-là, j’opte toujours pour le second. Chaque page nouvelle est une aventure dans laquelle nous devons nous mettre en jeu.
Borges
22:52 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 03 février 2013
Les hommes vont de multiples chemins
« Les hommes vont de multiples chemins. Celui qui les suit et qui les compare verra naître des figures qui semblent appartenir à une grande écriture chiffrée qu’il entrevoit partout : sur les ailes, la coquille des œufs, dans les nuages, dans la neige, dans les cristaux et dans la conformation des roches, sur les eaux qui se prennent en glace, au-dedans et au-dehors des montagnes, des plantes, des animaux, des hommes, dans les lumières du ciel, sur les disques de verre et les gâteaux de résine qu'on a touchés et frottés, dans les limailles autour de l'aimant et dans les conjonctures singulières du hasard. On pressent que là est la clé de cette écriture merveilleuse, sa grammaire même ; mais ce pressentiment ne peut prendre aucune forme précise et arrêtée, et il semble se refuser à devenir la clé dernière. Sur les sens des hommes, il semble qu’un alkahest* a été versé. Leurs désirs, leurs pensées ne se condensent qu’un instant seulement. Ainsi leurs intuitions naissent-elles ; mais peu après tout flotte de nouveau, comme auparavant, devant leurs regards.»
* Dissolvant universel des alchimistes
Novalis, Les Disciples à Saïs, début du texte
Rembrandt, autoportrait
02:07 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : novalis, rembrandt
samedi, 02 février 2013
Et la PSA (Procréation Spirituellement assistée) ?
Peinture de Frithjof Schuon
04:39 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frithjof schuon
vendredi, 01 février 2013
Une des plus grandes opérations de l’histoire
- L’espionnage fonctionne de cette façon, ça me rappelle une des plus grandes opérations de l’histoire, qui a permis à la Russie soviétique naissante d’asseoir son pouvoir, tu en as entendu parler ?
- Non, raconte !
C’est un certain Dzerjinski, espion de Lénine, qui l’a montée, dans les années 20. Un groupe de dissidents, avec des membres du gouvernement, annonçaient la fin prochaine du régime. Ils se firent peu à peu connaître, au point de devenir une référence et un passage obligé pour tous les opposants, y compris à l’extérieur du pays. C’était en fait un coup monté de toutes pièces ; par ce moyen, ils faisaient passer tout un tas de fausses infos aux services secrets des pays occidentaux qu’ils infiltrèrent. Et à l’intérieur, ils réunirent autour d’eux tout ce qui se faisait en termes d’adversaires du communisme. Au bout de longues années, le subterfuge a été découvert, mais trop tard, la plupart des « contre-révolutionnaires » identifiés et mis hors d’état de nuire, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le leurre avait parfaitement fonctionné. Le nouveau régime s’était ainsi constitué une base très solide, qui allait lui permettre de durer si longtemps.
Raymond Alcovère, extrait de "Rien compris au rock and roll", polar, Clairdeplume34 éditions, nov 2011
Photo de Samuel Pujol
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jeudi, 31 janvier 2013
Il n’y a pas de vie tranquille
"Les corps engourdis commençaient à s’ébrouer, au ralenti. Une aube semblable à tous les matins du monde. Pour la plupart c’était la fin des vacances, d’autres partaient en voyage hors temps scolaires. Lui n’appartenait à aucun de ces univers balisés. Si les gens savaient se dit-il. Il les regardait avec tendresse se déplacer maladroitement dans la carlingue. Sans doute vaut-il mieux ne pas savoir. Il rêva un instant d’une petite vie tranquille, d’ « expat » comme on les appelle, puis il se dit, bien sûr que non, il n’y a pas de vie tranquille, pour personne."
Extrait de "Rien compris au rock and roll", polar, Raymond Alcovère, Clair de plume 34 édtions, 2011
23:24 Publié dans Rien compris au rock and roll | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 30 janvier 2013
Théâtre
« Le théâtre ne résout rien. »
Michel Vinaver
00:59 | Lien permanent | Commentaires (0)


















