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mercredi, 20 décembre 2006

Faire éclater l'azur

medium_boudin7.jpg"Nager en plein ciel, arriver aux tendresses de nuages, suspendre ces masses, au fond bien lointaines dans la brume grise, faire éclater l'azur"

Eugène Boudin, ami et maître de Claude Monet.

mardi, 19 décembre 2006

Le talent de Madame Morisot

medium_Morisot-Young_20Woman_20in_20a_20Ball_20Gown-1879_201.jpgmedium_morisot.gif

Les marque-pages des éditions n & b

A voir ici

09:36 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marque-page n&b

Une mutation métaphysique

medium_velasquez-1656-las-meninas.jpgDès lors qu'une mutation métaphysique s'est produite, elle se développe sans rencontrer de résistance jusqu'à ses conséquences ultimes. Elle balaie sans même y prêter attention les systèmes économiques et politiques, les jugements esthétiques, les hiérarchies sociales. Aucune force humaine ne peut interrompre son cours, aucune autre force que l'apparition d'une nouvelle mutation métaphysique. On ne peut pas spécialement dire que les mutations métaphysiques s'attaquent aux sociétés affaiblies, déjà sur le déclin. Lorsque le christianisme apparut, l'Empire romain était au faîte de sa puissance; suprêmement organisé, il dominait l'univers connu; sa supériorité technique et militaire était sans analogue; cela dit, il n'avait aucune chance. Lorsque la science moderne apparut, le christianisme médiéval constituait un système complet de compréhension de l'homme et de l'univers; il servait de base au gouvernement des peuples, produisait des connaissances et des oeuvres, décidait de la paix comme de la guerre, organisait la production et la répartition des richesses; rien de tout cela ne devait l'empêcher de s'effondrer.

Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, prologue

Vélasquez, Les Menines

lundi, 18 décembre 2006

Pourvu que je me souvienne du soleil !

medium_02_0504041130311.jpgLe château de Chillon (château féodal, situé au pied des Alpes au bord du lac Léman, non loin de la retraite de Courbet à la Tour de Peilz
(1874)

Pourvu que je me souvienne du soleil ! Gustave Courbet (entrant dans sa cellule en 1871) (
Cité par Mireille D.)

Elu de la Commune de Paris en 1871, accusé d'avoir dirigé la chute de la Colonne Vendôme, il fut emprisonné, jugé et exilé volontaire en Suisse où il mourut, le 31 décembre 1877, à la Tour de Peilz, au bord du Léman, sans avoir jamais revu son pays natal.

Voir aussi ce site sur le peintre 

01:21 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : art, peinture, Courbet

dimanche, 17 décembre 2006

Gratuit

medium_DesireeDolron-CercaVillegas-2003.gif«  Le monde n’ayant aucun sens, autant le considérer comme gratuit. »

Philippe Sollers, Une vie divine

Photo : Desiree Dolron

L'ivresse

medium_AMERES_ICONES_3_.jpgPour qu'il y ait de l'art, pour qu'il y ait une action ou une contemplation esthétique quelconque, une condition physiologique préliminaire est indispensable : l'ivresse. Il faut d'abord que l'ivresse ait haussé l'irritabilité de toute la machine : autrement l'art est impossible. Toutes les espèces d'ivresses, fussent-elles conditionnées le plus diversement possible, ont puissance d'art : avant tout l'ivresse de l'excitation sexuelle, cette forme de l'ivresse la plus ancienne et la plus primitive. De même l'ivresse qui accompagne tous les grands désirs, toutes les grandes émotions; l'ivresse de la fête, de la lutte, de l'acte de bravoure, de la victoire, de tous les mouvements extrêmes; l'ivresse de la cruauté; l'ivresse dans la destruction; l'ivresse sous certaines influences météorologiques, par exemple l'ivresse du printemps, ou bien sous l'influence des narcotiques; enfin l'ivresse de la volonté, l'ivresse d'une volonté accumulée et dilatée. — L'essentiel dans l'ivresse, c'est le sentiment de la force accrue et de la plénitude. Sous l'empire de ce sentiment on s'abandonne aux choses, on les force à prendre de nous, on les violente, — on appelle ce processus : idéaliser. Débarrassons-nous ici d'un préjugé : idéaliser ne consiste pas, comme on le croit généralement, en une déduction, et une soustraction de ce qui est petit et accessoire. Ce qu'il y a de décisif c'est, au contraire, une formidable érosion des traits principaux, en sorte que les autres traits disparaissent.

Nietzsche, Le Crépuscule des idoles (1888), «Flâneries inactuelles"

Photo : Gildas Pasquet

samedi, 16 décembre 2006

Tant de contradictions

medium_Lichtenstein_Crak3.jpg« Il n’y a je crois, nul pays au monde où l’on trouve tant de contradictions qu’en France »

Voltaire, Lettres Anglaises.

Roy Lichtenstein

jeudi, 14 décembre 2006

Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie

medium_UN_SANG_TROP_COMMERCIAL_COULE_DANS_NOS_VEINES_2_.JPGLes images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie, dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui même. Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant.

Guy Debord, La société du spectacle

Photo : Gildas Pasquet

Internet et la littérature

 "Aujourd’hui, j’en suis à considérer qu’un site, via son effectivité très concrète, la façon dont il est lu, est une production esthétique aussi mûre que les autres. Elle ne concurrence pas, ne remplace pas le livre graphique, mais ces associations texte, son, image, sont potentiellement une combinaison, une production de temps, comme le cinéma et la musique produisent du temps, qui en fait un champ spécifique"

A lire ici sur son blog, une interview de François Bon, pionnier de la littérature sur le web, à propos de la littérature et de son rapport à internet...

mardi, 12 décembre 2006

Ricardo Mosner en couverture de "Senso"

medium_Senso.jpg

dimanche, 10 décembre 2006

Histoire des origines

medium_RenoirDayintheCountry.jpgDernier acte : en 1995, le tableau, devenu une affaire embrouillée de succession, rentre, comme dation, au Musée d’Orsay. Ce jour-là, il y a beaucoup de monde. L’Etat est représenté par le ministre Douste-Blazy, ultime ironie de l’Histoire. Ce dernier, évidemment, pour éviter de choquer ses électeurs de Lourdes, évite de se faire photographier à côté du tableau. Celui-ci est là, mais il n’est plus là. Après tant de délires et de cachotteries, il est redevenu invisible en étant visible sans arrêt par toutes et par tous. Ce qu’il fallait démontrer, sans doute.

Philippe Sollers, à propos de l'Origine du monde

Article complet à lire ici

Photo : Sylvia Bataille, femme de Bataille puis de Lacan

Je vais vous faire découvrir une petite merveille

"Quand dans un restaurant à Paris, un sommelier vous dit, je vais vous faire découvrir une petite merveille, neuf fois sur dix, c'est un vin du Languedoc-Roussillon."

Bernard Pivot, en visite à Montpellier pour son "Dictionnaire amoureux du vin"

Petit matin

medium_petit_matin.jpgPhoto : Michèle Fuxa

samedi, 09 décembre 2006

Littérature et cinéma

medium_visconti195.jpgRarement les chefs-d'oeuvre de la littérature ont donné lieu à des chefs-d'oeuvre du cinéma. Le Guépard de Visconti, fait exception : c'est un film sublime. Néanmoins, relisant le roman de Lampedusa ces jours-ci, je constate à chaque page à quel point il recèle de richesses que la caméra de Visconti n'a pas pu rendre...

medium_gattopardo2.jpg

Le Sud

medium_VUESDUCIEL_S3_48_.JPG"Le Sud n'est pas un mythe... C'est peut-être en cela aussi qu'il les supporte tous..."

Marcelin Pleynet

In "Situation", L'infini n° 96 automne 2006

Photo : Vu du ciel, Gildas Pasquet.

vendredi, 08 décembre 2006

Attache ta charrue à une étoile

Si tu veux que ton sillon soit droit, attache ta charrue à une étoile (Proverbe berbère)

Le créateur d'échos

Je vais je viens parmi les vagues et les buées

Vivant ainsi je me donne pour m'appeler

Un titre : roi des lacs de l'ouest

Vent léger petite rame

Je quitte une crique de roseaux fleuris

Sur la nuit calme ma voix particulièrement est claire

Personne ne me récompensant je me réponds à moi-même

Et je m'applaudis et je finis par chanter si haut

Que mille montagnes me répondent.

Auteur anonyme, poésie en langue tchérémisse des prairies ; probablement XV ème siècle

In NRF, 1 novembre 1953

jeudi, 07 décembre 2006

Le style est une bien grande magie

medium_MILAN_01NOV06_27_.jpg"En vingt jours nous perdons Colette et l'Indochine. Si on avait dit à Colette en 1890 que sa mort, pendant quelques jours, tiendrait plus de place dans la presse que la perte de l'Indochine, elle aurait ouvert des yeux ronds. Tels sont pourtant le prestige du style et la lassitude d'une nation. Il faut croire que le style est une bien grande magie."

Alexandre Vialatte. In "L'été à vol d'oiseau", NRF, octobre 1954

Photo : Gildas Pasquet

mercredi, 06 décembre 2006

Un moment délirant de la création

« Quand les chasseurs arrivèrent au haut de la montagne, le vrai visage de la Sicile leur apparut de nouveau entre les tamaris et les chênes-lièges. Auprès de tels paysages, villes baroques et orangeraies ne sont que fanfreluches négligeables. La campagne aride ondulait à l’infini, croupes après croupes, désolée et irrationnelle ; l’esprit ne pouvait en saisir les lignes principales, conçues en un moment délirant de la création ; c’était comme une mer brusquement pétrifiée à l’instant où un changement de vent a rendu les vagues démentes. » :

Le Guépard, Lampedusa.