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samedi, 28 avril 2007

Vous sentirez la rumeur autour de la tête...

medium_Veronese_-_Judith.jpg« Celui-là, il était heureux. Et tous ceux qui le comprennent, il les rend heureux. C’est un phénomène unique. Il peignait comme nous regardons, sans plus d’efforts. En dansant. Des torrents de nuances lui coulaient du cerveau. Il parlait en couleurs. Il me semble que je l’ai toujours connu. Je le vois marcher, aller, venir, aimer, dans Venise, devant ses toiles, avec ses amis ... Tout lui rentrait dans l’âme avec le soleil, sans rien qui le sépare de la lumière. Sans dessin, sans abstractions, tout en couleurs ... On a perdu cette vigueur fluide que donnent les dessous ... Regardez cette robe, cette femme contre cette nappe, où commence l’ombre sur son sourire, où la lumière caresse-t-elle, imbibe-t-elle cette ombre, on ne sait pas. Tous les tons se pénètrent, tous les volumes tournent en s’emboîtant. Il y a continuité ... Le magnifique, c’est de baigner toute une composition infinie de la même clarté atténuée et chaude et de donner à l’œil l’impression vivante que toutes ces poitrines respirent véritablement, mais là, comme vous et moi, l’air doré qui les inonde. Au fond, j’en suis sûr, ce sont les dessous, l’âme secrète des dessous qui, tenant tout lié, donnent cette force et cette légèreté à l’ensemble ... L’audacieux de tous les ramages, les étoffes qui se répondent, les arabesques qui s’enlacent, les gestes qui se continuent. .. Vous pouvez détailler : tout le reste du tableau vous suivra toujours, sera toujours là, présent, vous sentirez la rumeur autour de la tête, autour du morceau que vous étudierez. Vous ne pouvez rien arracher à l’ensemble. »

Cézanne, à propos de Véronèse

Paul Véronèse
Judith et Holopherne, vers 1582

Huile sur toile -  195 x 176 cm
Gênes, Galleria di Palazzo Rosso
"Véronèse est le joyau de Venise. Le "Sérénissime", c’est lui."
Philippe Sollers, article à lire ici 

vendredi, 27 avril 2007

La cabane trempée

medium_05photo15-037.jpgLa Cabane Trempée, comme son nom ne l'indique pas,
est
d'abord une association d'artistes...enfin...un groupe d'amis artistes,
qui organisent, ( depuis 1994 ) des expositions d'art contemporain,
dans une ancienne cabane de pêcheur ( nous y voilà ) ,
au bord de l'étang de l'Or, aux cabanes du Salaison, à Mauguio ( 34 )...Près
de Montpellier

ET Pour 2007, ce sera comme d'habitude


Tous les week-ends et

jours fériés du mois de

Mai...


A savoir le Mardi 1er

Mai,
les week-end des

 5,6,7 et 8 Mai,

 12&13,17,18,

19&20,

26 & 27 Mai,

et aussi les 2 & 3 Juin.

medium_azais001.jpgVous y verrez

 notamment cette

 toile de

Frédérique Azaïs

mardi, 24 avril 2007

Sur la représentation du corps féminin

medium_730px-Paul_Cezanne_A_Modern_Olympia_c_1873-1874.jpgUn événement en peinture est toujours et à coup sûr un événement sur la représentation du corps féminin

Philippe Sollers

Cézanne, Une moderne Olympia, 1873-1874

lundi, 23 avril 2007

Le peintre Robert Lobet à l'exposition "100 livres-Objets pour Senghor", à l'institut français Léopold Sédar Senghor de Dakar.

medium_carton-invitation-Senghor.jpg

mercredi, 11 avril 2007

J'écrivais des silences

 medium_Email0362.4.jpgCe fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.

Rimbaud, Une saison en enfer

Tableau de Frédérique Azaïs

samedi, 07 avril 2007

Un sourire flottant d’intelligence aiguë

medium_cezanne.jpgLes grands pays classiques, notre Provence, la Grèce et l’Italie tels que je les imagine sont ceux où la clarté se spiritualise, où un paysage est un sourire flottant d’intelligence aiguë.

Paul Cézanne

01:24 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art, peinture, Cézanne

lundi, 02 avril 2007

Combattre une chose

medium_IMG_4242.jpgEst-ce que combattre une chose, ce n’est pas être pris dans son mouvement ? N’est-ce pas vouloir inconsciemment la régénérer ?

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire" : roman en cours d'écriture

Tableau de Frédérique Azaïs

samedi, 31 mars 2007

Vivre chaque jour comme si c’était le dernier...

medium_61040878_b65b5d742e_m.jpgL’aliscafo bondit sur les flots, vie lumineuse des vagues, envol aérien du bateau cisaillant les reflets de la lune, espadon endiablé, dévorant l’écume. Fraîcheur qui vient du large, nuit peuplée, balises allumées, sémaphores. Au loin la baie ouvre son éventail de feu dominé par le Vésuve et sa corolle de nuages, ange tutélaire. Vivre chaque jour comme si c’était le dernier...

Raymond Alcovère, extrait de "Fugue baroque", éditions n & b, 1998

vendredi, 30 mars 2007

Voilà ce que je veux peindre

medium_5695507.jpgQuels êtres admirables que ces Grecs. Leur existence était si heureuse qu’ils imaginaient que les dieux, pour trouver leur paradis et aimer, descendaient sur la Terre. Oui, la Terre était le paradis des dieux... Voilà ce que je veux peindre

Renoir

18:56 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, peinture, Renoir

Rien sinon l'écriture

medium_innocent.jpg"Ecrire, cela compte seulement si on en ressent le besoin, quand rien, rien, rien sinon l'écriture ne peut vous apporter la paix"

William Faulkner

Francis Bacon, étude d'après le portrait d'Innocent X, de Vélasquez

dimanche, 25 mars 2007

Ce que j'essaie de vous traduire est plus mystérieux que tout

medium_cezanne_photo_max.jpgPour que les esclaves modernes acceptent, et même revendiquent, leur condition, il faut les droguer d’images et de racontars en permanence, et qu’ils n’aient pas la plus petite distance, le moindre recul par rapport à leur propre situation. Sauf pour s’effrayer d’être à ce point gratuits et serviles, d’où soumission renouvelée et renforcée d’angoisse. Ca marche ? Oui. On y est arrivé. Il ne leur viendrait pas à l’idée de regarder vraiment quoi que ce soit par eux-mêmes, et si jamais s’en formait en eux l’intention confuse, aussitôt sonnerie : danger. Vont-ils demander la permission d’avoir une perception qu’ils sentent devoir être imminente ? Même pas. Mieux vaut y renoncer d’emblée. C’est ce que je disais : les files d’attente devant les musées ressemblent à celles d’autrefois, devant les ambassades, pour obtenir un visa. Ils viennent pointer ou se faire homologuer par la caméra invisible. Nous avons été voir les peintures, le Maître n’arrête pas de nous dire qu’elles sont très précieuses, il va être content. Certains d’entre nous ont même fait l’effort particulier d’acheter un livre que, d’ailleurs, ils ne liront jamais, faute de temps. Ouf, à table. Télévision.
Philippe Sollers, Extrait de La fête à Venise, roman

Paul Cézanne devant ses "Baigneuses"

samedi, 24 mars 2007

Le corps-à-corps pictural de Ronan Barrot

medium_280207170244-format200_Blaue_Blume_2007_Huile_sur_toile_250_x_200_cm.2.jpgLe peintre attitré de l'académicien Pierre Autin-Grenier expose à Paris, lire ici

Galerie Claude Bernard, 7-9, rue des Beaux-Arts, Paris-6e
Métro Odéon. Tél. : 01-43-26-97-07. 
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30.
Jusqu'au 28 avril.

17:47 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, Ronan Barrot

vendredi, 23 mars 2007

Le peintre Robert Lobet à Uzès

medium_view.pdf-cartons-GSC1.jpgmedium_view.pdf-cartons-GSC2.jpg1, rue de la Calade, 19 rue du Docteur Blanchard, 30 700 Uzès, 04 66 57 09 11

lundi, 19 mars 2007

La vie quand elle se met à ressembler au roman qu'on est en train d'écrire

medium_IMG_6178.jpgCe qui est intéressant, dans la vie, c'est quand elle se met à ressembler au roman qu'on est en train d'écrire... Magie ? Oui. A partir du moment où on commence un livre, le paysage bouge... Ballet insidieux... Les personnages réels, là, se déplacent... C'est comme s'ils essayaient d'échapper à ce qu'ils soupçonnent qu'on est en train d'écrire d'eux... Comme s'ils s'engageaient dans des diversions parallèles... Pour rectifier votre mémoire... Dans un sens plus favorable, plus flatteur... Les femmes ont sur ce point une plasticité particulière... Un radar... Un neuvième sens... Elles sentent le récit possible... L'écriture... Elles viennent s'interposer... S'inter-proposer...

Philippe Sollers, Femmes

Peinture de Frédérique Azaïs

 

samedi, 17 mars 2007

1907...

medium_picasso_avignon_5B1_5D_jpg.jpgC'est l'année de la Révolte des Vignerons dans le Midi, et en même temps, à Paris, Picasso peint les Demoiselles d'Avignon (le tableau ne sera montré qu'en 1937)

« Elles sont là... Formidables, catégoriques, flambantes... Les femmes... Les vraies... Les enfin vraies... Les enfin prises à bras-le-corps dans la vérité d’une déclaration d’évidence et de guerre... Les destructrices grandioses de l’éternel féminin... Les terribles... Les merveilleusement inexpressives ... Les gardiennes de l’énigme qui est bien entendu : RIEN ... Les portes du néant nouveau ... De la mort vivante, supervivante, indéfiniment vivante, c’est son masque, c’est sa nature, dans la toile sans figure cachée du tissu... Pas derrière, ni ailleurs, ni au-delà... Simplement là, en apparence... jouies, traversées, accrochées, écorchées, saluantes et saluées, posantes, saisies par un professionnel de la chose... Un des rares qui ait eu les moyens d’oser... Le seul au XY" siècle à ce point ? Il me semble... À pic sur le sujet... Exorcisme majeur. » Les Demoiselles d’Avignon. Quel tableau... Comme c’est risqué, frappé ; comme c’est beau... Comme il fallait en vouloir pour faire ça, avoir envie de tout défoncer, de passer une bonne fois à travers le miroir et le grand mensonge. À travers tous les « il était une fois ». Comme il fallait être seul, séparé de tout, et en même temps sûr de sa force, de l’explosion imminente du fatras, de la croûte antérieure, précieuse, accumulée. Surface idéalisée, falsifiée, frivole, couche épaisse de projections molles, de sperme cent fois moisi, de psychismes usés, de clichés... Toute la cocotterie et la pruderie du XIXe, les ombrelles, les robes à volants, les intérieurs protégés... Comme il fallait parier sur son expérience dé jeunesse (il a vingt -six ans), Sur la joie de la prostitution gratuite pour soi seul, pour celui-là seul, l’élu, le protégé de ces dames... Sur la nudité fouillée, sans appel. " L’Olympia, veuve horizontale sur son divan ; Les Demoiselles, célibataires verticales ... Du cercueil blanc-rose à la mort debout...

Extrait de "Femmes" Philippe Sollers, 1983

lundi, 12 mars 2007

Et cette illusion de bonheur

medium_Email0344.4.jpgEnvie de sortir, de marcher, je suis monté à San Martino. Ce genre de décor somptueux, chargé m’aurait déplu il y a quelques années. Dorures, stuc, marbres polychromes, couleurs fondues, motifs enlacés, anges virevoltants, tout est fait pour dérouter l’âme, qu’elle vacille, l’enlever des griffes du réel, la jeter dans un monde de miroirs corruscants, un crépitement de pierreries, de marbres roses. Les plafonds figurent  des ouvertures vers le ciel, vers d’autres images, où rien ne finit jamais. Une illusion de bonheur qui n’a jamais de fin. Toujours plus de couleurs, de rondeurs, de trompe-l’oeil. Et cette illusion de bonheur finit par devenir bonheur...

Raymond Alcovère, extrait de "Fugue baroque", n & b, 1998

Tableau de Frédérique Azaïs

dimanche, 11 mars 2007

O’ sangue, O’ sangue

Marchant à nouveau dans les ruelles basses de la ville, bordées de pièces sans lumières où vivent des familles entières, je pense à l’extraordinaire dernier chapitre de “Kaputt” de Malaparte. C’est en 1943, après des années de guerre, de famine et de souffrance. Naples a été bombardée, les allemands sont partis,  elle est exsangue, paie cher d’être  la première ville libérée d’Europe. Partout ce ne sont que décombres, ruines, désolation.  Dans la ville, il ne reste que les malheureux, ce peuple de l’ombre qui a vécu des années durant dans le labyrinthe immense des grottes,  les entrailles de la ville, creusées à même le tuf. Les puissants ont fui comme toujours. Il n’y  a plus d’eau, plus de vivres, plus rien. Cette foule émerge à la surface, tant bien que mal, souffrante, loqueteuse, une cour des miracles en marche. Soudain une rumeur surgit et gronde comme une houle. Le sang de Saint-Janvier, qui protège la ville, les deux châsses qui le contiennent, ont été détruites avec la crypte de la cathédrale où elles étaient entreposées, atteintes par une bombe. A cette nouvelle, le peuple déguenillé, assoiffé, amaigri, reflue comme une vague vers la cathédrale,  psalmodiant ces  mots “O’ sangue, O’ sangue”. Pour ces gens qui ont tout subi, tout enduré, la mort, la souffrance, la faim, la torture,  la disparition de ce sang sacré est pire que tout. Et miracle, devant la cathédrale, un prêtre vient annoncer que les quelques gouttes coagulées ont survécu au bombardement. Ce sont des larmes de joie qui coulent maintenant sur les visages de ces êtres nus,  l’espoir qui efface tout.

Raymond Alcovère, extrait de "Fugue baroque", n & b, 1998

Nous savons de quel côté regarder

medium_Email0341.3.jpgUn oiseau bleu s'envole vers l'est, entre les mains tendues de cette terre gelée dont la poussière des routes s'effrite sous les yeux de ceux que les sommeils quittèrent. Les femmes brusquement raccrochent leurs tabliers, lancent leurs coeurs à sucer à des enfants plus pâles que des pierres de lune. Les herbes libres des champs et les statues de marbre, content à l'abîme le plaisir inoubliable d'être peigné par la lumière et le vent. Les animaux les plus puissants s'assoupissent lentement comme des jeunes filles à l'ombre des légendes, avec sous leurs pattes repliées le pourquoi et le comment des tristes dimanches. Du plus lointain de la mer, nous parvient cet étrange bouquet de musique, ce goût de plume rare et d'encre surchauffée où infuse l'effroyable prophétie.

Nous savons de quel côté regarder.

Jean-Luc Aribaud. Les mondes illimités. L'arrière-Pays, 1998

Tableau de Frédérique Azaïs

 

samedi, 10 mars 2007

Le passage des enfances

medium_Email0343.2.jpgNous ressemblons à présent à ces hautes demeures, dont les murs ficelés de lierre se dépêchent de vieillir, comme pour mieux cerner le passage des enfances.

Jean-Luc Aribaud. Les mondes illimités. L'arrière-Pays, 1998

Tableau de Frédérique Azaïs

vendredi, 09 mars 2007

Prenez le maquis !

medium_baiser_des_arbres_a_la_terre.3.jpg« Prenez le maquis, ne laissez croire à personne que vous êtes en train de travailler. »

Marcel Duchamp

Peinture de Lambert Savigneux : "Baiser des arbres à la terre"