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mardi, 01 novembre 2005

En dansant

Fermez les yeux, attendez, ne pensez plus à rien. Ouvrez-les... N'est-ce-pas... On ne perçoit plus qu'une grande ondulation colorée, hein ? une irisation, des couleurs, une richesse de couleurs. C'est ça que doit nous donner d'abord le tableau, une chaleur harmonieuse, un abîme où l'oeil s'enfonce, une sourde germination. Un état de grâce colorée. Tous ces tons vous coulent dans le sang, n'est-ce-pas ? On se sent ravigoté. On naît au monde vrai. On devient soi-même, on devient de la peinture... Pour aimer un tableau, il faut d'abord l'avoir bu, à longs traits. Perdre conscience. Descendre avec le peintre aux racines sombres, enchevêtrées, des choses, en remonter avec les couleurs, s'épanouir à la lumière avec elles. Savoir voir. Sentir... Surtout devant une grande machine comme en bâtissait Véronèse. Celui-là, allez, il était  heureux. Et tous ceux qui le comprennent, il les rend heureux. Il est un phénomène unique. Il peignait comme nous regardons. Sans plus d'efforts. En dansant.

Cézanne, au Louvre, devant "Les noces de Cana" in "Joachim Gasquet, Cézanne", éditions Encre Marine

07:25 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 19 octobre 2005

La nuit étoilée

Non, Van Gogh n'était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l'angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire et des sbires de Thiers, de Gambetta, de Félix Faure, comme ceux de Napoléon III. Car ce n'est pas un certain conformisme de moeurs que la peinture de Van Gogh attaque, mais celui même des institutions. Et même la nature extérieure, avec ses climats, ses marées et ses tempêtes d'équinoxe ne peut plus après le passage de Van Gogh sur terre, garder la même gravitation. 

Antonin Artaud

08:10 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 octobre 2005

Les Cimaises d'automne 2005

SALON de PEINTURE


du 7 au 13 OCTOBRE
Espace Armingué, VENDARGUES

 

VERNISSAGE :VENDREDI 7 Octobre 18H30

 Peinture représentée ici : Frédérique Azaïs

10:45 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 18 septembre 2005

Une sorte de champ énergétique

Simon Leys dans : « Essais sur la Chine », notamment dans le texte: « Poésie et peinture, aspects de l’esthétique chinoise classique » note que le concept central de la pensée chinoise est celui du « qi », c’est-à-dire souffle, énergie. L’artiste doit capter cette énergie et l’injecter dans son œuvre. Ainsi pour un chinois, « la relation entre un paysage peint et le paysage extérieur n’est pas une relation d’imitation ou de représentation ; la peinture n’est pas un symbole du monde, c’est le lieu de sa présence réelle. (…) L’objet de la peinture n’est pas  de décrire les apparences du réel, mais d’en manifester la vérité ». Leys note « que les grands artistes d’Occident sont arrivés empiriquement aux mêmes conceptions ». Il cite successivement Flaubert, Claudel ou encore Picasso : « Il ne s’agit pas d’imiter la nature mais de travailler comme elle ». Leys continue : « Le peintre doit s’efforcer de faire de sa peinture une sorte de champ énergétique ». Conception à rapprocher de cette réflexion de André Masson : « La grande peinture est une peinture où les intervalles sont chargés d’autant d’énergie que les figures qui les déterminent ».  

Rubens, le triomphe de Venus

16:50 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 16 septembre 2005

Une possibilité de vivre

Les grands peintres apportent toujours un supplément d’âme, un regard inédit. Un jour nouveau nous est donné, une possibilité de vivre.

22:00 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

La relativité des choses

« De nos jours, on veut faire voir la relativité des choses visibles et exprimer l’idée que l’objet visible n’est qu’un exemple isolé dans les rapports infinis de l’univers, et qu’il existe un nombre bien plus grand encore d’autres vérités ».

Paul Klee

Peinture : De Kooning, sans titre 7

04:15 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (9)

jeudi, 15 septembre 2005

Sublime

Sublime veut dire, étymologiquement : ce qui est suspendu dans les airs, élevé. Kant le distingue du beau, fini et complet, alors que le sublime met en jeu l’idée de l’infini. Il manifeste la lutte de l’imagination et de la raison. La prose pascalienne, la musique de Mozart et les toiles de Manet sont sublimes.

15:05 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (5)

Pitié pour la viande

" Pitié pour la viande! Il n'y a pas de doute, la viande est l'objet le plus haut de la pitié de Bacon, son seul objet de pitié, sa pitié d'Anglo-Irlandais. Et sur ce point, c'est comme pour Soutine, avec son immense pitié de Juif. La viande n'est pas une chair morte, elle a gardé toutes les souffrances et pris sur soi toutes les couleurs de la chair vive. Tant de douleur convulsive et de vulnérabilité, mais aussi d'invention charmante, de couleur et d'acrobatie. Bacon ne dit pas "pitié pour les bêtes " mais plutôt tout homme qui souffre est de la viande. La viande est la zone commune de l'homme et de la bête, leur zone d'indiscernabilité, elle est ce " fait ", cet état même où le peintre s'identifie aux objets de son horreur ou de sa compassion. Le peintre est boucher certes, mais il est dans cette boucherie comme dans une église, avec la viande pour Crucifié (" peinture " de 1946). C'est seulement dans les boucheries que Bacon est un peintre religieux. "

Gilles Deleuze

09:04 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4)

Banal ?

"Après tout l'existence étant si banale en un sens, on peut essayer d'en faire une manière de grande chose, plutôt que se laisser soigner jusqu'à l'oubli"

Francis Bacon, peintre

08:45 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 14 septembre 2005

Avant le voyage dans le temps

Vélasquez, le pape Innocent X

Le portrait reproduit l’expression du visage d’Innocent X avec une telle vérité que certains au Vatican craignirent même que le pape n'en soit indisposé. Mais ce dernier, au contraire, se montra enchanté du résultat, et suspendit le tableau dans l’antichambre où devaient attendre ses visiteurs

23:05 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 12 septembre 2005

La vie des idées

"La nature n'est pas en surface ; elle est en profondeur. Les couleurs sont l'expression, à cette surface, de cette profondeur. Elles montent des racines du monde. Elles en sont la vie, la vie des idées" : Cézanne

21:05 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (3)

Votre couleur préférée ? "L'harmonie générale"

 

Votre couleur préférée ? : « L’harmonie générale » a répondu Cézanne. On est assailli de flèches contradictoires, certaines vous atteignent, d’autres pas, arrive une toile, une symphonie, un livre et tout s’éclaire.  « Si ma toile est saturée de cette vague religiosité cosmique qui m’émeut, moi, qui me rend meilleur, elle va toucher les autres en un point peut-être qu’ils ignorent de leur sensibilité », écrira-t-il. « Je joins les mains errantes de la nature »

12:45 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4)

dimanche, 11 septembre 2005

Peintre chinois

Le peintre chinois Zao Wou-Ki a écrit : « Picasso m’avait appris à dessiner comme Picasso, mais Cézanne m’apprit à regarder la nature chinoise. J’avais admiré Modigliani, Renoir, Matisse. Mais c’est Cézanne qui m’aida à me retrouver moi-même, à me retrouver peintre chinois »

20:00 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

Zao Wou Ki

Les tableaux de Zao Wou-Ki sont des giboulées de couleurs affrontées, la création de la terre racontée, jaillissement, effraction, on a percé un secret. Des arbres accrochés aux montagnes, feu rampant, glissant sur la toile, parfois on discerne en échos lointains l’œuvre de Corot, Le Lorrain ou Degas, cieux de neige, ouragans en formation, toujours une fête de l’esprit. Une peinture qui parle de l’âme, de ses dérangements, en pointillés. Emotions, rêve, brisures mais épanouissement, vertige atteints, perte du sens, plongée dans le plaisir - voilà la leçon de Cézanne à Zao Wou-Ki -, le plaisir guide et on est sauvé, on découvre des portes, de nouveaux horizons, ceux d’avant étaient factices, des images s’instillent, glissent, surgissent, un dévoilement progressif, un opéra, une musique symphonique, mélodies entrecroisées, légèreté, l’énergie de la matière concentrée en si peu de temps, les deux dimensions du tableau sont largement dépassées, oubliées, rien à voir.

10:40 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (10)

mercredi, 07 septembre 2005

Cézanne toujours

"Il faut être incorruptible sur son art, et pour l'être dans son art, il faut s'entraîner à l'être dans sa vie" "En somme il y a le savoir-faire et le faire-savoir. Quand on sait faire, on n'a pas besoin de faire savoir. Ca se sait toujours".

Cézanne

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Les Vénitiens et les Espagnols

Cézanne visitant le Louvre, à propos des Vénitiens et des Espagnols : "Quand on ne sait pas, on croit que ce sont ceux qui savent qui vous arrêtent. Alors qu'au contraire, si on les fréquente, au lieu de vous encombrer, ils vous prennent par la main et vous font gentiment balbutier votre petite histoire".

Joachim Gasquet, Cézanne

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samedi, 03 septembre 2005

Le Titien

«Ce peintre vit la nature mieux qu'aucun autre et il la peignit plus ressemblante. Il avait un esprit solide, tranquille, plein de sagacité, porté à chercher la vérité plutôt que le neuf et le spécieux. C'est par ces qualités qu'il est arrivé à être regardé généralement comme un des quatre plus grands peintres de l'Italie.»

Stendhal

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mercredi, 31 août 2005

La tempête

"Laissez passer les touristes, restez simplement là, devant ce tableau, oubliez tout. Il a lieu maintenant, pour vous, pour vous seul. Il vous parle du temps par-dessus le temps, comme Venise le fait constamment. C’est sa vocation, sa grandeur, son calme.
J’écoute, je commence à voir. A droite, une femme aux trois quarts nue, un boléro blanc sur les épaules, assise sur un drap froissé en pleine nature, allaite un enfant avec son sein gauche (on ne voit pas le droit). Elle vous regarde. Elle en a vu d’autres, elle en verra d’autres. Vous êtes obligé d’être cet enfant. La femme est très belle, jeune, éternelle, cheveux blond vénitien, rassemblée sur elle-même malgré ses cuisses écartées, très attentive, protectrice, un peu inquiète. A gauche, sur une autre scène, séparé de la femme à l’enfant par une rivière en ravin, un homme désinvolte et jeune, veste rouge, tenant un bâton plus grand que lui, tourne la tête vers le petit théâtre de l’allaitement. Est-ce un père? Un fils? Un passant? Il a l’air très content, détaché, il pose. Il se souvient, aussi. Ce bébé, c’était lui dans une autre vie. Ou bien ce sera lui, et puis lui encore.
Où cela a-t-il lieu? Aux environs d’une ville que l’on voit se dresser dans le fond, au-delà d’un petit pont de bois qui fait communiquer les deux rives. Une ville sous l’orage dans un ciel gris-bleu. Un éclair déchire le fond de la toile et accentue la brisure entre la femme à l’enfant et l’homme contemplatif. Sur terre, une rivière les sépare, ils ne sont pas dans le même temps. Dans l’air, une zébrure et une fulgurance comme rentrée (vous voyez l’éclair, vous ne l’entendez pas encore) font apparaître le spectre des palais et des tours. Au premier plan, les humains mortels. Dans les coulisses, Dieu ou les dieux. Destin, hasard, saisons, nature. L’éclair est un serpent qui révèle les éternités différentes de la femme et de l’homme. Vous ne le savez pas au point où la couleur le dit.

Ce tableau est une étoile, un aimant. Je le vois d’ici, à Paris, par-delà le bruit et la fureur de l’histoire. Il fait le vide, il est évident. Il est d’un temps nouveau: le plus-que-présent permanent. J’aimerais le voler, le garder pour moi, dormir près de lui, être le seul à le voir matin et soir. Je voudrais survivre en lui, me dissoudre en lui, haute magie, alchimie. Je devine le passage secret qui l’a rendu possible"

Philippe Sollers

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lundi, 22 août 2005

La vague

De Gustave Courbet, Cézanne dira : "Son grand apport, c’est l’entrée lyrique de la nature, de l’odeur des feuilles mouillées, des parois moussues de la forêt, dans la peinture du dix-neuvième siècle, le murmure des pluies, l’ombre des bois, la marche du soleil sous les arbres. La mer" 

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mardi, 02 août 2005

Je joins les mains errantes de la nature


"Tout ce que nous voyons, n'est-ce-pas, se disperse, s'en va... La nature est toujours la même, mais rien ne demeure d'elle, de ce qui nous apparaît... Notre art doit, lui, donner le frisson de sa durée avec les éléments, l'apparence de tous ses changements. Il doit nous la faire goûter éternelle. Qu'est-ce qu'il y a sous elle ? Rien peut-être. Peut-être tout. Tout comprenez-vous ? Alors je joins ses mains errantes. Je prends à droite, à gauche, ici, là, partout, ses tons, ses couleurs, ses nuances, je les fixe, je les rapproche... Ils font des lignes. Ils deviennent des objets, des rochers, des arbres, sans que j'y songe. Ils prennent un volume. Ils ont une valeur. Si ces volumes, si ces valeurs correspondent sur ma toile, dans ma sensibilité, aux plans, aux taches que j'ai, qui sont là sous mes yeux, eh bien ! ma toile joint les mains. Elle ne vacille pas. Elle ne passe ni trop haut, ni trop bas. Elle est vraie, elle est dense, elle est pleine..."
Joachim Gasquet, Cézanne, éditions encre marine.

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