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lundi, 30 avril 2007

Chroniques d'une élection (63)

Des lendemains qui chantent : La haute main de Sarkozy sur les médias

Un cratère de volcan

medium_delacroix28.jpg"Un cratère de volcan entièrement caché par des bouquets de fleurs"

Courbet à propos de Delacroix

Delacroix : Cléopâtre et le paysan

Chroniques d'une élection (62)

La spéculation boursière fille de Mai-68, il fallait oser cette filiation

Chroniques d'une élection (61)

Le point de vue d'Edwy Plenel, voir ici

dimanche, 29 avril 2007

J'entrai dans la grande harmonie de la nature

medium_lez40.2.jpgJ'entrai dans la grande harmonie de la nature, du printemps et des fleurs. Rien n'avait été posé là par hasard, c'est ce qui en faisait toute l'harmonie, parce que justement, on avait la sensation, presque la certitude que tout avait été posé là par hasard.

Photo : Jean-Lous Bec

Bienvenue au club

"Ah l'heureux temps d'autrefois, où le président Mitterrand, me prenant à part dans un clin d'oeil, me disait qu'il était en train de lire Casanova : "Bienvenue au club", lui ai-je soufflé, à l'époque."

Philippe Sollers, Le Journal du mois, JDD du 29 avril 2007

Ubu toujours vivant !

A Scampia, une banlieue délabrée de Naples, une troupe de jeunes revisite la célèbre pièce d'Alfred Jarry. Ils y racontent leur vie quotidienne et la guerre des gangs mafieux qui ensanglante la ville, raconte l'écrivain Roberto Saviano dans La Repubblica.

Lire ici

08:24 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Théâtre, Ubu, Naples

Il est déjà fort tard dans la nuit

medium_21.jpg"A quoi bon ma vie immobile dans ce trou noir, je me dis, quand partout alentour s'agitent des ingénieurs en aéronautique, parcourent en tous sens la planète Messieurs les Administrateurs des Iles Eparses et des experts assermentés près les tribunaux expertisent tandis qu'ailleurs attaquent formidablement des banques des bandits prodigieux ? Vrai, comment ne pas se demander ce que l'on est venu faire là au milieu et d'où nous vient cette audace de respirer le même air qu'eux ? 
Il est déjà fort tard dans la nuit quand sous le couvercle de ma boîte de camembert, je parviens à réduire tous ces gens importants en bouillie et ramener leurs prétentions au niveau des miennes ; alors, adieu plomberie existentielle ! Je glisse enfin vers le sommeil, tel un lézard sous la lune, lentement avançant sus ses petites pattes à la recherche de trèfles à quatre feuilles dans le gravier des cimetières." 
Pierre Autin-Grenier
Dernier ouvrage paru : "L'ange au gilet rouge", Nouvelles, L'Arpenteur, Gallimard, avril 2007

samedi, 28 avril 2007

Vous sentirez la rumeur autour de la tête...

medium_Veronese_-_Judith.jpg« Celui-là, il était heureux. Et tous ceux qui le comprennent, il les rend heureux. C’est un phénomène unique. Il peignait comme nous regardons, sans plus d’efforts. En dansant. Des torrents de nuances lui coulaient du cerveau. Il parlait en couleurs. Il me semble que je l’ai toujours connu. Je le vois marcher, aller, venir, aimer, dans Venise, devant ses toiles, avec ses amis ... Tout lui rentrait dans l’âme avec le soleil, sans rien qui le sépare de la lumière. Sans dessin, sans abstractions, tout en couleurs ... On a perdu cette vigueur fluide que donnent les dessous ... Regardez cette robe, cette femme contre cette nappe, où commence l’ombre sur son sourire, où la lumière caresse-t-elle, imbibe-t-elle cette ombre, on ne sait pas. Tous les tons se pénètrent, tous les volumes tournent en s’emboîtant. Il y a continuité ... Le magnifique, c’est de baigner toute une composition infinie de la même clarté atténuée et chaude et de donner à l’œil l’impression vivante que toutes ces poitrines respirent véritablement, mais là, comme vous et moi, l’air doré qui les inonde. Au fond, j’en suis sûr, ce sont les dessous, l’âme secrète des dessous qui, tenant tout lié, donnent cette force et cette légèreté à l’ensemble ... L’audacieux de tous les ramages, les étoffes qui se répondent, les arabesques qui s’enlacent, les gestes qui se continuent. .. Vous pouvez détailler : tout le reste du tableau vous suivra toujours, sera toujours là, présent, vous sentirez la rumeur autour de la tête, autour du morceau que vous étudierez. Vous ne pouvez rien arracher à l’ensemble. »

Cézanne, à propos de Véronèse

Paul Véronèse
Judith et Holopherne, vers 1582

Huile sur toile -  195 x 176 cm
Gênes, Galleria di Palazzo Rosso
"Véronèse est le joyau de Venise. Le "Sérénissime", c’est lui."
Philippe Sollers, article à lire ici 

Chroniques d'une élection (60)

medium_POINTECOURTE2004CHEZNENE.2.JPGUne page de poésie indépassable :

Le bilan de Nicolas SARKOZY et de l’UMP


A ceux qui s’apprêtent à voter, Nicolas SARKOZY ne vient pas de nul part. Il a été Ministre d’Etat pendant ces 5 dernières années et président du parti au pouvoir.
Aussi, afin de se faire une idée, voilà ci-après pour ceux qui, flattés par des beaux discours, auraient oublier quelques uns des projets et mesures du gouvernement dont il est co-responsable :

Une distribution sans pareil d’argent aux plus fortunés :

. Amnistie fiscale pour la relocalisation des capitaux en France.
. Le seuil des appels d'offre publics (commandes publiques) qui ne nécessitent ni publication ni contrôle a été fortement relevé (il est passé de 45000 euros à 90 000 euros), ce qui facilite l’attribution des marchés à leurs amis.
. Sous l’alibi de difficultés rencontrées lors de la canicule de l'été 2003, de larges subventions sont accordées en 2006 aux maisons de retraites du privé (sans véritable contrôle des engagements) alors que beaucoup de ces établissements sont très rentables  (jusqu’à plus de 30% de bénéfice) et pourraient investir eux mêmes dans la réfection de leurs établissements.
. La baisse des impôts sur les successions avantage ceux qui possèdent un gros patrimoine.
. Un crédit d'impôt sur les charges lié au personnel de maison (intéressant pour ceux qui ont des domestiques).
. Un élargissement du prêt à taux zéro aux revenus jusqu'à 7000 euros mensuels.
. La réforme fiscale (sept. 2005) donne des avantages aux plus riches (ISF, plafonnement des impôts sur le revenu, exonérations sur les donations).
. Une large exonération de l'ISF (impôt sur les grandes fortunes) sur les grosses ventes d'actions (oct. 2005). Une mesure pour les plus riches (en particulier les PDG des grands groupes dont certains ont quittés leurs entreprises avec des sommes incroyables).

tout en demandant aux autres de se serrer la ceinture :

. Suppression d'un jour férié : taxation inégalitaire qui ne portent que sur les revenus salariés (et pas sur les revenus financiers).
. En janvier 2004, la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant) remplace différents anciens dispositifs, au passage c’est 1300 euros en moins pour 40000 mères en situation de précarité.
. L’augmentation du SMIC bien que promise a été reportée à plusieurs reprises.
. Diminution des aides familiales
. Une diminution des rentes pour les veuves (pensions de re-version).
. Une réduction des intérêts des investissements populaires : Livret A, Codevi (juillet 2005)
. Une large augmentation des tarifs des services dits « publics », en particulier du gaz (plus de 20% sur une seule année)
. Le projet de loi sur le "Crédit hypothécaire rechargeable". Sous l’apparence de donner plus de possibilité de crédit, le gouvernement va fragiliser encore plus les ménages avec des bas revenus qui vont, avec cette loi, se risquer à hypothéquer leur propre logement (une loi faite pour les banques mais certainement pas pour les familles précaires qui risquent de se sur-endetter et de perdre pour 3 fois rien leur logement).


Le copinage en veux tu en voilà :

. La vente par privatisation, bradée pour 35 millions d’euros, de la compagnie maritime SNCM (sept. 2005) dont l'actif est évalué à 450 millions d’euros, vente effectuée à Butler (à noter que Butler est le seul PDG nommé au conseil d'analyse économique mis en place par le gouvernement). En parallèle, l'Etat (c'est-à-dire tous les contribuables) prend à sa charge le financement du plan social et verse 100 millions d’euros à l'entreprise. Le coût social  suite à cette décision de privatisation est payé par les contribuables alors que Butler prévoit d'empocher un bon bénéfice.
. La privatisation des autoroutes avec un appel offres restreint à certaines entreprises sélectionnées par le gouvernement (août 2005).
. Amnistie de Guy Drut (mai 2006) condamné pour recel d'abus de biens sociaux à 15 mois avec sursis) sous le couvert d'une loi complétée en 2002 (critère "sportif" ajouté) pour justifier la possibilité d'amnistier des personnes connues.
. Les députés UMP se votent en catimini une augmentation plus que substantielle de 17% de leurs indemnités parlementaires et s’octroient une garantie de cinq ans de leur salaire à 100% s’ils ne sont pas réélus (avril 2007).
. La mariée « Gaz de France » est habillée avec l'argent du contribuable (30% d’augmentation des prix en quelques mois) en vue de l'offrir au groupe privé Suez.
. La vente du parc immobilier avec des procédures d’appel d’offre qui permettent de sélectionner les acheteurs (en général des amis). Une fois les locaux privatisés, les acheteurs les louent à l’Etat (c'est-à-dire tous les contribuables) au prix fort.
. Des mesures clientélistes auprès de différentes entreprises.


Une justice à 2 vitesses : 

. Une nouvelle loi propose aux accusés s’ils "plaident coupable" d’être directement jugés par les procureurs sans passer par un juge. Lorsqu’on sait que les procureurs sont nommés par le gouvernement, les amis de ce dernier en peine avec leurs affaires vont pouvoir se passer de juge. A l’inverse, ceux qui n’ont pas d’amis bien placés vont subir la pression des procureurs et risquent d’avouer des faits qu’ils n’ont pas commis. A noter qu'aux Etats Unis où une forme de « plaider coupable » est appliquée, les droits de la défense sont beaucoup plus développés.
. Dans cette même loi (dite « Perben 2),  les "écoutes" sont facilitées sans véritable contrôle et au détriment des libertés individuelles.
. Au passage, après tout un battage qui a duré des mois, la commission qui s’est réunie après les erreurs du procès d’Outreau n’a débouché sur rien.


Une réforme des retraites :

. Pour ceux qui n’auraient pas bien lu les textes, la loi sur les retraites est plus que dure. Il faut comptabiliser 160 trimestres travaillés (40 ans) pour toucher pleinement sa retraite. En dessous, c’est 5% de retraite en moins par année manquante. A noter que les années au chômage ne sont pas comptabilisées. Aussi, si vous avez commencé à travailler à 25 ans (après des études par exemple) et que vous avez été tout au long de votre vie 5 ans sans emploi (ce qui est de moins en moins rare), vous toucherez pleinement votre retraite à 70 ans. Mais comme vous n’en aurez sans doute pas la force et comme les entreprises ne vous embaucheront plus à cet âge, vous partirez au mieux avec une retraite à 50% à l’âge de 60 ans. Pour ceux qui ne trouveront pas de travail après 50 ans, ils peuvent oublier leur retraite.


La santé au rabais :

. Suppression de l’aide médicale de l'Etat (aide médicale gratuite) pour les plus démunis.
. Augmentation de 20% des frais hospitaliers journaliers.
. Augmentation des frais médicaux restant à la charge de l'assuré (ticket modérateur).


La recherche est freinée :

. En même temps que l’argent public est dilapidé pour le distribuer à ces amis, le gouvernement a réduit les budgets de la recherche de plus de 25% par an à partir de 2002, alors que la recherche est un élément vitale pour notre avenir.


L’éducation publique est malmenée :

. Les effectifs d'enseignants ont été réduits en masse. Jusqu'à -30% dans les recrutements, ceci sans véritable base de planification pluriannuelle.
. La suppression de plusieurs filières universitaires, c’est le cas de l'anthropologie par exemple (avril 2005)
. La volonté de privatiser progressivement l’éducation nationale. Il a été question notamment un moment de décaler l’âge d’entrée en maternelle au profit des crèches privées. En perspective, une démarche en 2 temps : décentralisation puis privatisation. C’est le cas pour certains personnels techniques. En test dans quelques départements, la privatisation des locaux des lycées avec mise à disposition du personnel technique par l’opérateur privé.


Le travail et l’emploi, tout pour les gros actionnaires :

. De nombreuses mesures en faveur des entreprises (politique dite de l'"emploi") mais sans véritables contreparties exigées par l’Etat. Les entreprises peuvent empocher l’argent puis externaliser sans garantie d'embauche, ou délocaliser leurs activités.  A noter que les choses se passent en famille puisque le propre frère de Nicolas Sarkozy est vice-président du MEDEF (le syndicat patronal).
. Un élargissement de la capacité de licenciement pour les entreprises (oct. 2004) en utilisant la nouvelle notion de « risque vis à vis de la compétitivité".
. La suppression des « emplois jeunes ». Les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un travail rémunéré normalement. Les grandes entreprises qui ont pignon sur rue leur propose des stages sous-payés qui sont prolongés des mois alors qu’ils les exploitent sans apporter de formation, puis les virent à la fin de ces supposés stages. Certaines entreprises demandent même aux personnes de s’inscrire à l’université pour pouvoir bénéficier des conventions de stages alors qu’il s’agit d’emploi standard.
. Le CPE "contrat première embauche" (février 2006) voté de force en utilisant l’article 49.3 et sans consultation préalable des organisations syndicales, qui a été finalement retiré après des mois de grèves dures des lycéens et étudiants malgré des tentatives de manipulation et une répression sévère. Cette loi permettait notamment aux entreprises de pouvoir licencier à tout moment sans justificatif pendant une période de 2 ans.
. L’autorisation pour les entreprises de faire travailler leur salarié le dimanche se développe. C’est le cas notamment pour les centres d'appels (déc. 2004). Dur pour les employés, dur pour les consommateurs qui peuvent s'attendre à recevoir des appels le dimanche.
. La transformation du RMI en RMA : pas de véritable statut de salarié, calcul des points de retraite au taux de 25%.


L’environnement, des actes à l’opposé des beaux discours :

. La suppression au cours de l'été 2004 de la loi sur l'environnement qui instaurait en particulier le principe du pollueur/payeur (rééquilibrage de la charge entre grand public, industriels et agriculteurs), et qui limitait les contrats entre les collectivités et les entreprises de traitement d'eau à 12 ans maximum, etc. Ceci remet en cause pour de nombreuses années les principes qui étaient porté par cette loi. En gros, le gouvernement a préféré développer une industrie de la dépollution financée par le grand public plutôt que de sanctionner les pollueurs.
. Une baisse du budget de plus de 30% pour l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) qui est la structure publique en charge de l’environnement.
. L’autorisation de chasse des oiseaux dès le mois d'août, alors que certaines espèces sont encore en période de migration et de nidification (juin 2005).
. Un décret autorise l’épandage intensif de fientes de poulets et du lisier de porc (juin 2005).
. Une loi OGM votée en urgence (1 seul passage dans les assemblées) sans véritable consultation (mars 2006), et qui offre très peu de garanties. Le gouvernement n’a pas appliqué les directives européennes pour la traçabilité des cultures OGM, du coup on a aucune maîtrise des cultures OGM en France, et les contribuables sont amenés à payer les amendes en conséquence.
. Au niveau nucléaire, l’attribution dans la précipitation des marchés pour les projets ITER et de l’EPR qui n’ont pas fait l’objet d’études suffisamment approfondies.
. La révision de la loi sur le littoral. L’objectif de cette révision est de laisser aux maires la décision sur les développements urbanistiques en bord de mer ou au bord des lacs. Alors qu’il y avait dans la loi initiale un contrôle coordonné au niveau national, là on laisse le champ libre aux maires qui peuvent faire l’objet de pressions de la part des opérateurs immobiliers. Un premier projet immobilier est d’ores et déjà en débat au bord du lac d’Annecy.


Malaise dans la police, une politique du tout répressif qui donne peu de résultats :

. La suppression de la police de proximité. Au lieu d’avoir des policiers qui connaissent bien le terrain, on envoi uniquement le jour où il y a des problèmes des cars de CRS, ce qui alimente encore plus les tensions et ne permet pas de résoudre les enquêtes.
. La distribution des pistolets Tazer - pistolets avec décharge électrique - aux policiers (déc 2004) sans cadre règlementaire, alors qu'on sait qu'il y a eu des accidents et des débordements aux Etats Unis avec ce type d'arme 
. L’attribution de primes au mérite. Pour se faire bien voir, certains policiers n’hésitent pas à multiplier les PV, en particulier aux automobilistes.
. Nicolas SARKOSI envisage de mettre en place la "police civile citoyenne" (janv. 2006), des civils sans véritable formation qui se transforment en policier. Le retour des milices ?
. La multiplication des rafles dans plusieurs grandes villes. A Paris, sur la place de la République, une rafle est même organisée lors de la distribution des repas par les Restos du cœur (fév. 2007).
. La politique quasi-uniquement répressive, malgré un recrutement massif de policiers, donne de mauvais résultats avec le constat d’une forte augmentation des violences aux personnes.
. Le malaise chez les policiers. C’est une des premières fois qu’un syndicat de gauche (UNSA Police) opposé au gouvernement SARKOZY  / UMP sort majoritaire des élections syndicales dans la police.


Logement, attention à l’arnaque :

. L’offre "des maisons à 100000 euros avec terrain compris" est une véritable arnaque : le terrain n'appartient pas en fait à la personne acheteuse ! il reste propriété de la mairie. Impossible de revendre la maison dans ces conditions. En plus, le prix reste cher en province pour un bâti (hors terrain) de 70m2. 
. Fin janvier 2007, le gouvernement à le culot d'envisager d'appeler "loi Abbé Pierre" la future loi sur le logement opposable alors que le même gouvernement a augmenté largement la précarité. Au passage 2 personnes d'Emmaüs sont restées en garde à vue pendant 24h car elles avaient hébergé une personne sans lui avoir demandé ses papiers. La Fondation Abbé Pierre a refusé que la loi porte son nom.
. La location de pièce unique de moins de10m2 est autorisée (mai 2005). Vivre dans une pièce de 7 m2, c’est quand même pas très agréable.
. Le projet de loi sur le "Crédit hypothécaire rechargeable" où comment récupérer à faible coût les logements des familles endettées.


Economie, dilapidation de l’argent et mauvaise gestion :

. L'Etat vend tous ses actifs (l’or de la banque de France, des milliers de m2 à Paris et dans d’autres grandes villes, ses participations dans les anciennes entreprises publiques, etc.). Et dans certains cas, l’Etat est ensuite amené à louer au prix fort ce qu’il a vendu.
. Le budget de l’Elysée a été multiplié par 9 !
. Un déficit public de 3,7% du PIB en 2004 après 4,2% en 2003
. Une dette publique de 65,6% du PIB en 2004, après 63,9% en 2003, selon les chiffres de l'Insee.
. Le 30 mai 2006 Philippe Seguin président de la cour des comptes (pourtant proche du parti au pouvoir) fait état d'une manipulation budgétaire : le déficit de l'Etat pour 2005 serait de plus de 49 milliards (certains analystes de la cour des comptes parlent de plus de 53 milliards !) au lieu des 43,5 milliards annoncés par le gouvernement.


Et après tout cela, on se demande pourquoi la précarité augmente (les personnes dites SDF – sans domicile fixe – sont de plus en plus nombreuses),  pourquoi le pouvoir d’achat des français a diminué … 

Nicolas SARKOZY qui a été Ministre d’Etat, ministre des finances et ministre de l’intérieur de ce gouvernement, ainsi que président de l’UMP parti majoritaire à l’assemblée nationale (et qui a voté toutes ces lois) peut parfois convaincre avec ces beaux discours à l’approche de ces élections, mais quant est-il de ces actes ? 
Il se présente comme le « sauveur », le chantre de la « rupture » mais il est pleinement co-responsable de la situation. Et si on regarde certains des projets de sa candidature, on y voit une accélération encore plus importante des discriminations économiques et sociales, de la désintégration de notre société, et tout cela au profit des plus riches.

Photo : Gildas Pasquet gildaspasquet@gmail.com

 

vendredi, 27 avril 2007

Chroniques d'une élection (59)

C’est que, paradoxalement, depuis sa victoire au premier tour, Nicolas Sarkozy a perdu la main...

Lire ici

Chroniques d'une élection (58)

Des hauts et débats !

Chroniques d'une élection (57)

"Par toute une série de réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, les interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée"

François Bayrou, lire ici

La cabane trempée

medium_05photo15-037.jpgLa Cabane Trempée, comme son nom ne l'indique pas,
est
d'abord une association d'artistes...enfin...un groupe d'amis artistes,
qui organisent, ( depuis 1994 ) des expositions d'art contemporain,
dans une ancienne cabane de pêcheur ( nous y voilà ) ,
au bord de l'étang de l'Or, aux cabanes du Salaison, à Mauguio ( 34 )...Près
de Montpellier

ET Pour 2007, ce sera comme d'habitude


Tous les week-ends et

jours fériés du mois de

Mai...


A savoir le Mardi 1er

Mai,
les week-end des

 5,6,7 et 8 Mai,

 12&13,17,18,

19&20,

26 & 27 Mai,

et aussi les 2 & 3 Juin.

medium_azais001.jpgVous y verrez

 notamment cette

 toile de

Frédérique Azaïs

jeudi, 26 avril 2007

Chroniques d'une élection (56)

Un tabou français ?

Tenir le monde entre mes doigts de silence

medium_tri_11.jpgTerre de collines. Ocre et rouge. Achevalé sur ma monture, je parcours les steppes. Les ombres jouent avec les replis de la terre, le gris de la roche avec le bleu des montagnes.

 

Alpha et oméga du monde, rien ne semble avoir été posé ici par hasard. Ni les vallées, ni les lacs, ni les temples.

Vallées fumeuses de brume, étagées de rizières. Pays cosmique. Vérité inscrite dans les pierres. Élan de la pensée. Le tumulte s’est arrêté.

 

Le dénuement de la pierre, de la terre ici, me plaît, j’aime ce désordre lent des vallées, l’air de solitude qui flotte sur les collines.

 

Reflets velours, incarnat du couchant, montagnes au loin, calquées en lignes bleues. Grand remuement de vagues, statufiées.

 

Oiseaux blancs qui couvent la terre spongieuse, virevoltant. D’autres lignes, d’autres montagnes donnent de l’épaisseur au ciel safran, une profondeur de champ.

 

Les grandes étendues désertiques de la Chine du Nord sont le lit de mes rêves. Une harmonie bienveillante s’est posée ici.

Je peux rester des  heures entières seul au milieu des plaines, à fouir du regard les détours de l’horizon.

medium_tri_5.jpgBlondeur des collines. Pureté froide, odeurs de sapins. Grandes étendues dorées du pays des glaces. Vagues de givre giflant la peau tendue de froid. Lucidité coupante de l’air.

 

Voici un temple taoïste,  juché sur une colline. Encorbellements de la pierre. Les rizières au loin dessinent leurs courbes lentes. Après-midi tiède et vert.

 

Seuls les temples, juchés sur des collines, tracent le passage de l’homme. Le désir d’immobilité et de silence innervé dans cette terre est proche de l’hallucination. Mon existence tout d’un coup me semble artificielle. L’action que je mène bien vaine. Découverte de l’espace. Le temps est une pluie de guirlandes sur la mer.

 

Pourquoi être si près du monde et si loin des siens ? Rien ne peut me retenir à la terre. Devant cette solitude étoilée, mes pensées vont vers vous, si loin, et que j’aime. Puissé-je traverser ces océans et tenir à nouveau le monde entre mes doigts de silence.

 

Raymond Alcovère ; ce texte est inspiré de la vie du poète Saint-John Perse

 

Triptyques de Jean-Louis Bec

mercredi, 25 avril 2007

Chroniques d'une élection (55)

Vu sur le blog de Marie, toujours bien renseignée, ce site annonçait les résultats du premier tour dimanche vers 18 H. Si ça vous tente pour le deuxième...

Chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs

"chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la vie de mon peuple"

Chef indien Seattle

Article à lire ici, à propos aussi des loups et des ours

Le monde n'est pas si réel, nouvelle

medium_RA08.jpgA Lisbonne on a l’impression d’être les derniers rescapés d’un monde en train de s’effacer. Au début on tente un effort désespéré pour garder la tête hors de l’eau, mais ce monde est déjà englouti. Bien vite, on n’essaye plus. On flotte hors du temps et dans cette éternité on rêve et dans cette éternité on est heureux. Et ce voyage, jusqu’à un certain point on ne peut le faire que seul.

Comment j’ai rencontré Julie, pourquoi nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, ça restera un mystère. Avec ses yeux profonds et sombres, sa façon d’enfouir sa beauté sous un masque, elle était un peu à côté d’elle-même. Ca me plaisait. Nos premiers rendez-vous de travail, je les attendais avec l’impatience des amoureux.

Un jour de février d’une luminosité frêle et coupante, au lieu de rester au bureau, elle eut envie d’aller à la mer. Dans un ciel Véronèse, les mouettes s’en donnaient à cœur joie. On les voyait plonger dans l’eau, à nous frôler. Longue promenade sur la plage. La conversation, comme la douceur du temps, s’enroulait inépuisable. Le gris du sable tamisait le céladon des vagues.

Au bout d’un temps, elle s’est mise à me parler comme personne ne l’avait jamais fait. J’étais devenu transparent. Les barrières érigées depuis des années, en quelques phrases, elle les avait réduites en poussière. Elle me lançait un cri d’amour, un cri éperdu d’amour. Je ne pouvais que la prendre dans mes bras. La suite s’est déroulée en rêve. Une brume mélancolique, la ville vide ou presque, les silhouettes en lignes d’ombres. J’étais léger, amoureux, aérien. Il flottait un peu de la lumière des anges,  une atmosphère d’ouate.

On s’est revus. A faire l’amour dans des endroits saugrenus, sur des canapés, par terre, comme des amants. Sa carrière professionnelle la préoccupait avant tout, mais elle s’attachait de plus en plus à moi. Je rencontrai Lucie peu après. Incomparablement plus sensuelle que Julie, elle ne s’embarrassait pas de justifications. Quand elle voulait quelque chose, elle le prenait. Elle n’avait pas besoin de beaucoup de mots. Elle les maniait avec ironie. C’était amplement suffisant.

Pour me détacher de Julie, je proposai à Lucie de partir une semaine à Lisbonne. On se sent tout de suite heureux dans cette ville, heureux et prisonnier. Englué dans le temps, et libéré. Lisbonne, c’est un rêve de Cézanne. Un désordre de toits, de mosaïques bleues. Un labyrinthe d’azulejos. De toutes parts, la ville descend vers le Tage. Même perdu dans l’Alfama, dans l’enchevêtrement des collines, on aperçoit cet immense bras de mer. Lisboa existe à peine et flotte toujours, indécise, dans cet état de fuite, vers l’océan.medium_RA01.jpg

Nuits lisboètes, Lucie si désirable. Sa peau de satin au goût de figue et de gingembre. Hors saison, l’hôtel Borges, dans le Chiado, était presque vide. On faisait l’amour dans la lumière neigeuse et le vent saugrenu de l’après-midi. En elle je traversais un tableau de Manet et ses teintes superposées. Je savais que Julie pensait à moi. Et il me fallait aussi m’échapper de l’emprise de Lucie.

Un jour, flânant dans la Baixa, le cœur havane de la cité, je m’installai au café Il Gato, Rua da Saudade, pour écrire une lettre à Julie. Elle m’en voudrait d’avoir été aussi léger. Je descendis seul un matin au restaurant de l’hôtel, Lucie dormait – même dans cette ville qui porte à l’insomnie, elle dormait. Je ne l’avais pas remarqué tout de suite tant il se fondait dans le décor, mais un des serveurs avait largement dépassé les quatre-vingts ans. Hiératique dans son costume blanc, il marchait avec une lenteur infinie, en somnambule, loin de tout, de la vie des hommes, perdu dans je ne sais quelle rêverie.

Le monde n’est pas si réel finalement, c’est avant tout une pantomime. A regarder déambuler cet homme, je savourais un bonheur parfait, seul, sans Lucie, ni Julie, dans cette ville de pluie et d’eau. Cette ville et sa couleur de vinho verde, où tout finalement est plus simple qu’ailleurs, parce qu’on n’y triche pas. Avec Lucie, je savais qu’un autre aurait pu être à ma place. Tout aurait été pareil ou presque. C’est ce que je compris ce matin-là, devant ce rescapé d’un autre âge, oublié par la vie. Il allait sans doute se réveiller, rentrer chez lui, refermer la porte sur ce cauchemar.

Au retour en France, alors que l’avion plongeait dans un ciel grenat, pourquoi me décider ? Je retrouvais Montpellier et sa douceur. Lucie me quitta. Je la laissais partir sans regrets. Ce dérèglement de tous les sens, la splendeur inouïe de son corps rendaient bien pales les tentatives de Julie pour s’accrocher à moi.  Je ne supportais plus ses reproches incessants, pourquoi j’étais parti, pourquoi je n’étais pas ceci ou cela. Ma vie n’avait pas de sens, mais en fallait-il absolument un ? Même la peur de la solitude ne pouvait me retenir auprès de Julie. D’ailleurs, de solitude il ne pouvait plus être question. J’avais envie d’être loin, c’est tout.

Raymond Alcovère

Photos de Gildas Pasquet  gildaspasquet@gmail.com

 

mardi, 24 avril 2007

Pierre Autin-Grenier à la librairie Passages à Lyon

medium_medium_medium_inconnu_2.2.jpgMercredi 25 avril à 19 H pour son recueil "L'ange au gilet rouge", éditions L'Arpenteur.

11 rue de Brest, Lyon 2 ème, o4 72 56 34 84

librairie.passages@wanadoo.fr