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jeudi, 31 janvier 2008

Ses feuilles de silence

4c5618085d55f1aac0b959102b4363cf.jpg"Un calme intense, cuivré comme un lotus jaune, déployait peu à peu ses feuilles de silence sur l'infini de la mer."

Hermann Melville, Moby Dick

Caspar David Friedrich, Das Segelschiff, ca 1815

mercredi, 30 janvier 2008

Abd al Malik / Gibraltar

05 - La Gravité.mp3

mardi, 29 janvier 2008

Les 36 Stratagèmes

1276f84f557b4bf76c775eee3b6b1406.jpg Les stratagèmes, comme les arts martiaux, sont des procédés qui permettent avec la plus grande économie de moyens, d’inverser les relations de dominé à dominant, soit en profitant de la faiblesse momentanée de l’adversaire et de l’équilibre instable dans lequel il se trouve, soit en le trompant de mille façons. Ces ruses impliquent une notion dynamique du temps et de l’espace, elles supposent l’idée de situations, de configurations transitoires dont il faut savoir tirer parti au moment opportun.

La première étape du jeu est donc un moment de calcul et de patience qui permet, quand la situation est mûre,  de tirer parti du point tournant qu’on appelle “ occasion ”.  L’occasion est la rencontre du destin et de l’homme, et l’instant où se décident victoire ou défaite. Le stratagème en effet, vient s’insérer là où la situation l’appelle, il est pareil à un pivot qui permet, grâce à une légère poussée, de renverser le rapport de forces précédent.

La victoire par le moyen du stratagème est, pour la tradition chinoise, la façon de vaincre la plus admirée. La victoire par la force des armes n’occupe que le troisième rang, celle par la diplomatie le deuxième. La pensée chinoise est avant tout pragmatique, les livres de stratégies fourmillent d’exemples, et tous ne sont pas tirés de l’histoire de la Chine. François Kircher illustre sa traduction des 36 stratagèmes d’événements récents.

Ainsi le stratagème “ Retirer les bûches sous la marmite ” : Ne pas s’opposer directement à la force, mais lui retirer son point d’appui, fut utilisé avec succès par Valéry Giscard d’Estaing lors du débat télévisé qui l’opposa à François Mitterand à la veille du second tour des élections présidentielles de 1974. La meilleure carte de Mitterand tenait à la sensibilité de gauche qu’il incarnait avec autorité. Après un échange portant sur diverses questions économiques et financières où Giscard démontra sa dextérité, celui-ci ajusta une réplique qui retira en un seul coup le point d’appui principal de son adversaire : Monsieur, vous n’avez pas le monopole du cœur !  

cc3696733383844663de2bb26875767c.jpgSept ans plus tard, renversement de situation. François Mitterrand utilise le stratagème : “ Sacrifier le prunier pour sauver le pêcher ” , qui consiste à neutraliser les atouts d’un ennemi en utilisant les faiblesses spécifiques de son propre camp. Giscard d’Estaing, jouissant de son avantage en matière de connaissances économiques et financières, qui était justement le point faible de son adversaire, l’attire sur ce terrain. Mais il en fait trop, et délaissant le cours normal du débat, il pose crûment une question sans rapport avec le fil des échanges précédents. Dans le seul but de démontrer l’incompétence économique de son interlocuteur, il lui demande de citer de mémoire le cours d’une devise étrangère. Mitterrand saisit immédiatement le faux pas, rappelant à son concurrent qu’ils n’étaient pas en situation d’un professeur qui fait passer à un examen à son élève. La carte la plus faible de Mitterrand avait ainsi joué en sa faveur, mettant en relief, par contre, la plus mauvaise carte de son interlocuteur, auquel l’opinion avait tendance à reprocher son assurance excessive et sa suffisance.

L’origine de Noël est une illustration du stratagème “ Redonner vie à un cadavre ” : La célébration du Nouvel An est une coutume fort ancienne. Les Romains fêtaient les Saturnales en l’honneur de Saturne, dieu des semailles, entre le 17 et le 23 décembre : c’était la fête la plus gaie de l’année. De même, bien avant la naissance du Christ, les juifs célébraient à la même époque la Fête des lumières. Les peuples germaniques tenaient aussi une grande fête au solstice d’hiver, invocation de la lumière et de la fertilité. Ensuite l’empereur Aurélien instaura le culte du dieu solaire Mithra, déclarant son anniversaire le 25 décembre. L’église chrétienne du pape Libère (352-366) fit donc preuve d’une grande habileté en reprenant à son compte, en 354, l’anniversaire de Mithra pour désigner le 25 décembre comme jour anniversaire de la naissance de Jésus-Christ.

Dans le stratagème “ Refermer la porte de la maison sur les voleurs ” on trouve le conseil suivant : Tout phénomène est au début un germe, puis finit par devenir une réalité que chacun peut constater. Le sage pense donc le long terme. C’est pourquoi il a grand soin de s’occuper des germes. La plupart des hommes ont la vue courte. Ils attendent que le problème soit devenu évident pour s’y attaquer. Quand il est encore en germe, le problème est simple, sa solution exige peu d’efforts et apporte de grands résultats. Quand il est devenu évident, on s’épuise à le résoudre et, en général, les efforts sont vains. Le stratagème “ Orner de fleurs un arbre sec ” est un grand classique ; c’est une fable qui l’illustre le mieux : Le tigre est la terreur des forêts. Un jour un renard tomba entre ses griffes. Avec aplomb il dit au tigre : - Faites attention à ce que vous faites. J’espère que vous n’aurez pas l’audace de me manger. L’empereur du ciel m’a fait roi des animaux et chacun me redoute ici. Le tigre s’étonna de ce discours et le renard poursuivit : - Si vous ne croyez pas ce que je vous dis, suivez-moi. Je vais vous montrer comme on me craint. Le renard se mit donc en route, suivi par le tigre. Tous les animaux qu’ils rencontraient fuyaient à leur approche. Le tigre crut alors les paroles du renard, sans comprendre que c’était lui-même que tous craignaient.

92c012f16df4a2faa9b86a3c57833867.jpgLe stratagème de la ville vide est un des plus complexes. Les leurres peuvent être de 4 espèces. Les deux premiers sont relativement simples. Là où il y a une faiblesse, créer l’illusion d’une force afin que l’adversaire n’ose pas attaquer. Là où il y a une force, créer l’illusion d’une faiblesse afin d’attirer l’adversaire dans un piège. Les deux autres sont moins simples : Si on est faible, il faut montrer sa faiblesse pour que l’adversaire croit qu’on dissimule une force. Si on est fort, on fait étalage de sa force pour amener l’adversaire à s’avancer imprudemment en pensant rencontrer une faiblesse. Jeu du plein et du vide, règne de l’illusion, les règles de la stratégie sont chaque fois différentes. On est ici au cœur de la différence chinoise : Les stratagèmes sont un art du temps. Or, ont coutume de dire les taoïstes, il n’y a qu’une seule chose stable, c’est le changement.

(Raymond Alcovère, Article paru dans la revue L'instant du monde n°3)

Source principale : Les 36 Stratagèmes, traduit du chinois et commenté par François Kircher, Rivages poche, petite bibliothèque.

Illustrations : Les deux premières sont des oeuvres de Wang Wei. Les "Iris bleus" sont une calligraphie de Ge Lin Ni

lundi, 28 janvier 2008

Perles d'hommes politiques...

6801991a997e041572c0cf2300a1bcf8.jpg"Quand le moment est venu, l'heure est arrivée" (Raymond Barre)
"Même en avion, nous serons tous dans le même bateau"(Jacques Toubon).

"La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose"(Pierre Mauroy).

"Voici que s'avance l'immobilisme et, nous ne savons pas comment l'arrêter" (Edgar Faure)

"Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland"(André Santini).

"Les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en fabriquent"(Jacques Godfrain).
"Je me demande si l'on n'en a pas trop fait pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard."(André Santini).

"La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler"

(Raymond Barre).

"Il est plus facile de céder son siège à une femme dans l'autobus qu'à l'Assemblée nationale"(Laurent Fabius)

"Cette semaine, le gouvernement fait un sans faute;il est vrai que nous ne sommes que mardi"(François Goulard).

"Il doit bien rester un angle de tir pour la paix"(Bernard Kouchner).

"Mamère Noël est une ordure" (Michel Charasse).

"La moitié du nuage d'ozone qui sévit dans la région parisienne est d'importation anglaise et allemande" (Roselyne Bachelot).

"C'est l'union d'un postier et d'une timbrée"(Dominique Strauss-Kahn, à propos de l'alliance LO-LC).

"A mon âge, l'immortalité est devenue une valeur refuge"(Valéry Giscard d'Estaing, reçu à l'Académie Française).


"Je ne suis candidat à rien"(Nicolas Sarkozy).


"C'est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit : je le dis d'autant plus aisément que c'est moi qui l'ai écrit"(Valéry Giscard d'Estaing au sujet du projet de Constitution Européenne).

"C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui" (Valéry Giscard d'Estaing au sujet du projet de Constitution Européenne).
"Si Bush et Thatcher avaient eu un enfant ensemble, ils l'auraient appelé Sarkozy" (Robert Hue).
"J'étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui" (Manuel Valls).
"Que l'on soit pour ou contre la Turquie, on ne pourra pas changer l'endroit où elle se trouve" (Michel Barnier).

 "Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints" (Jean-Pierre Raffarin).

Photo de Anne Otman : Les tanneurs de Fes

dimanche, 27 janvier 2008

La richesse des gestes

"e51a0e430eea751257af447f27f71587.jpgLa richesse de la vie se traduit par la richesse des gestes. ll faut apprendre à tout considérer comme un geste : la longueur et la césure des phrases, la ponctuation, les respirations ; enfin le choix des mots, et la succession des arguments."

Nietzsche

Renor, Les grandes baigneuses

 

05:43 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : renoir, Nietzsche

samedi, 26 janvier 2008

De légères touches de nuit sur ses toiles

b027ce3d803b9d3a3b616f60a391d3e6.jpg"Rembrandt pouvait peindre les bourgeois affairés tels qu'ils venaient poser après déjeuner, mais, à minuit, alors qu'ils dormaient pour se reposer parce qu'il fallait travailler le lendemain, le brave Rembrandt était dans son atelier, occupé à mettre de légères touches de nuit sur ses toiles."

Jack Kerouac, Desolation Angels

02:35 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Rembrandt, Kerouac

vendredi, 25 janvier 2008

Cette corruption, presque immatérielle à force d'être profonde et dissimulée

c992ae3bf18246ac0e04e36d260ff87b.jpg"Il devenait sa maîtresse plutôt qu'elle n'était la sienne... Où donc avait-elle appris cette corruption, presque immatérielle à force d'être profonde et dissimulée ?"

Gustave Flaubert, Madame Bovary

"J’ai vu un tableau rouge et c’était moi"

0a551cb30e7ebff67f534f4ad9c9f3f0.jpgA la Baignoire

Du 31 Janvier au 2 Février à 19 heures 

Conception, interprétation : Anne Orsini

Mise en scène : Micheline Zederman

Création d’après le livre d’or de l’Exposition

Nicolas de Staël

Paris 2003

Le spectacle restitue les commentaires anonymes d’adultes et d’enfants : surprenants, drôles, émouvants. Une évocation passionnée du Peintre par le public d’aujourd’hui à travers un document authentique, librement adapté.   En 1955, Nicolas de Staël bascula dans le vide depuis son atelier d’Antibes, laissant un dernier tableau LE CONCERT…  

Rouge, démesuré, non signé. Inachevé ?

 

Entrée : 5 €

 

la Baignoire, 7 rue Brueys

34000 Montpellier

Tél. 06 61 56 06 08 / contact@labaignoire.fr

Nicolas de Staël, Le Concert, 1955
huile sur toile, 350 x 600 cm

 

                   

 

jeudi, 24 janvier 2008

Le lieu du regard abusé et de la fausse conscience

e7dc7deb6b1cfa5f9e88f39b07c83cea.jpgLe spectacle se présente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d’unification. En tant que partie de la société, il est expressément le secteur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait même que ce secteur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience ; et l’unification qu’il accomplit n’est rien d’autre qu’un langage officiel de la séparation généralisée.

Guy Debord, La Société du Spectacle

Texte intégral ici

mercredi, 23 janvier 2008

BHL devance "L'art de péter"

Les meilleures ventes d'essais en 2007, lire ici

lundi, 21 janvier 2008

« Là où le péril croît, croît aussi ce qui sauve. »

3d5db012c1c008ef44e28c28e4055dec.jpgTout est à notre disposition, et personne ne sait quoi en faire, voilà le paradoxe.

Lire ici l'entretien croisé Richard Milllet, Philippe Sollers sur l'avenir de la littérature

Photo : Jean-Louis Bec

dimanche, 20 janvier 2008

Samba pa ti

A mon pote Didier, qui doit faire chanter les anges, tout là haut, avec sa guitare

Les fleurs sont là

d02ebfa6c483c8829c545df0c41b76c0.jpgd6c2630d666fc1d9fe065fcd449d0f5b.jpgLes fleurs sont là, autour de moi ce soir, belles, unanimes et en même temps mille et une voix. C’est toujours cette rose-là et pas une autre. Voilà la raison de l’art, il n’y a pas de double dans la nature, pas d’égalité, ni de répétition…

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture

Eucalyptus, de Lambert Savigneux

J’étais plus heureux qu’un dieu

6650a7e835171265d366e402b057e6f2.jpgElle est repartie. J’écoutais les Partitas de Bach, le temps m’apparaissait circulaire. De temps en temps l’alcool m’aidait. Etourdi, je voyais, je sentais presque physiquement l’amour des gens, le sien, le mien. J’étais plus heureux qu’un dieu. Ou bien, ma plume s’épanchait, j’aimais ce sillon tracé, ténu mais inattaquable. Embarqué, avec le sentiment vague que ce chemin mène à bon port.

Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture

Photo : Madagascar, Ile Sainte-Marie, août 2007

samedi, 19 janvier 2008

What a wonderful world, suite

"C'est aussi simple qu'une phrase musicale", écrit Rimbaud dans "Guerre".

Comme on ne quitte plus certains livres, emporté par la première phrase, peut-être est-on emporté dans une chanson par la première phrase musicale. Et puis bien sûr il y a la voix de Louis Armstrong, et ces "lyrics" aussi, force et simplicité...

I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself what a wonderful world.

I see skies of blue and clouds of white
The bright blessed day, the dark sacred night
And I think to myself what a wonderful world.

The colors of the rainbow so pretty in the sky
Are also on the faces of people going by
I see friends shaking hands saying how do you do
They're really saying I love you.

I hear babies cry, I watch them grow
They'll learn much more than I'll never know
And I think to myself what a wonderful world
Yes I think to myself what a wonderful world.

Qu'est ce que la peinture a à nous dire sur le monde d'aujourd'hui ?

7edfe8adb43f6cad0290860e050defd8.jpg0bd7386d69369bd9d36d002a865a06f0.jpg9c2eff398d808732ca2c7ce7f7e1dfe6.jpgRéponses, peut-être, avec Frédérique Azaïs, oeuvres récentes

vendredi, 18 janvier 2008

En lisant "Passagère du silence" de Fabienne Verdier

f99a36f81fd16befdeae45797bb86cca.jpg"L'artiste doit être aveugle vis-à-vis de la forme reconnue ou non reconnue, sourd aux enseignements et aux désirs de son temps. Son oeil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voix de la nécessité intérieure."

Kandinsky

Fabienne Verdier, Quiétude

jeudi, 17 janvier 2008

2 ' 18'' de bonheur

1855df0caddee5600bcd5df50bcb00d7.jpgIci

mercredi, 16 janvier 2008

Le numéro 6 du Magazine "Autour des auteurs" est en ligne

Au sommaire :

  • Voeux et feu
  • Autour de Julien Gracq
  • Des questions à Michel Gueorguieff
  • Deux peintres à découvrir : Colette Richarme et Yves Alleaume
  • Une ballade photographique avec Gildas Pasquet

 

mardi, 15 janvier 2008

Le site internet n & b, par Dominique Autié

Dominique Autié revient sur son blog sur la création du site internet des éditions n & b

13:35 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : n & b, Dominique Autié