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vendredi, 02 février 2007

"On va aller en Europe !"...

Nous remarquions d’un coup d’œil que l’Espagne lorgnait le Maroc vers la ville de Tanger ; la France arborait son nez pointu vers l’Océan Atlantique, elle suffoquait à cause de cette Angleterre presque assise sur sa tête ; l’Italie était une étroite chaussure « talon-aiguille » de nos filles de joie du quartier Rex ; la Norvège, la Suède et la Finlande dessinaient une scolopendre recroquevillée que chatouillait le Danemark ; l’Allemagne et la Pologne épiaient la mer baltique tandis que la Grèce, confinée entre la mer Égée et la mer ionienne, ne perdait pas de vue la méditerranée. Et sur cette carte toujours, la Russie se taillait la part du lion. Plusieurs noms de villes européennes allaient revenir pendant le cours d’histoire de Madame Paraiso, noms qui allaient être gravés dans nos mémoires : Berlin, Helsinki, Dantzig, Varsovie, Nuremberg, Sarajevo, Vienne etc.

A lire en entier ici, sur le blog d'Alain Mabankou

jeudi, 25 janvier 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (16)

medium_Pondichery2_Tif_suite_021.jpgL'Inde nous apparaît aujourd'hui comme un musée de l'histoire où tous les âges de l'humanité coexistent dans un éternel présent.

Alain Daniélou

Photo : Nina Houzel

mercredi, 24 janvier 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (14)

medium_BIRDS_1_081.jpg"Emigrer, c'est sans nul doute perdre sa langue et son foyer, être défini par les autres, devenir invisible ou, pire, une cible; c'est exprimer de profondes transformations et déchirements spirituels. Mais le migrant n'est pas simplement transformé par son acte : il transforme également son monde. Il est peut-être vrai que le migrant devient un mutant, mais c'est d'une telle hybridation qu'émergera la nouveauté."

Salman Rushdie

Photo : Nina Houzel

(Ca y est Nina a créé son blog : ici)

jeudi, 11 janvier 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (7)

medium_C.jpgInde, vents, mers, pays du plus lointain, l'esprit flotte, vents sereins, mirages légers, pays vertical

Photo : Nina Houzel

mercredi, 10 janvier 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (2)

medium_P1013657.jpgDans Nocturne indien, il y a une photographe et un écrivain. Tout se passe à demi-mots. C'est un livre magique, magnifiquement construit. La vie de Tabucchi est un roman. Comme écrivain, il affectionne la forme brève. Dans une interview au Matricule des anges, il cite Cortazar : "L'écrivain des récits sait parfaitement que le temps est son ennemi". L'interviewer insiste : "Il y a dans vos récits des trous, des pans entiers d'histoire que le lecteur doit reconstituer". Tabucchi répond : "J'appelle le lecteur à la complicité, parce que quand on raconte une histoire on ne la connaît pas parfaitement, on ne peut pas tout dire; l'écrivain aujourd'hui a perdu la clairvoyance des écrivains du XIXe siècle, il n'est pas sûr de lui, de la réalité, il a besoin d'être appuyé par quelqu'un, le lecteur, mon semblable mon frère."

Raymond Alcovère

Photo : Nina Houzel

mardi, 09 janvier 2007

Carnets indiens, avec Nina Houzel (1)

medium_P5272863.jpgJe relis Noctune indien de Tabucchi. Il y a longtemps, ce livre m'avait impressionné, après j'avais lu presque tous les livres de Tabucchi. Avec lui les limites entre le réel et le rêve sont déplacées, on flotte entre les deux, on est bien dans cet inter-monde. Mais, alors que chez la plupart des écrivains qui habitent cette frontière indécise, on trouve plutôt de la froideur, chez lui l'émotion est toujours présente, palpable. Nocturne indien, c'est une histoire de voyage rêvé. J'aime les voyages rêvés. Je ne connais rien de l'Inde, je n'y ai jamais mis les pieds. Vers le milieu du livre, Tabucchi cite Victor Hugo, dans Les Travailleurs de la mer : "Le corps humain pourrait bien n'être qu'une apparence. Il cache notre réalité, il s'épaissit sur notre lumière ou sur notre ombre."

Raymond Alcovère

Photo : Nina Houzel :"Bangalore. Le parc de Lalbagh"

dimanche, 12 novembre 2006

Montpellier...

medium_06.2.jpgMontpellier est une ville parfaite. Elle a cette légèreté essentielle. Lubitchienne. Pas d'âme, ou si peu, presque pas d'histoire.

Extrait de "Allegro ma non troppo" in "13, cours des Chevaliers du Mail", roman collectif, éditions du Ricochet, 1998.

Image de Claude Corbier.

vendredi, 10 novembre 2006

Kinshasa

medium_Kinshasa.jpgLe ciel de cette ville est bas. Il est sur les pistes d'ocre blonde et de latérite, sur les trottoirs, dans les nombreux bars et buvettes, sur les déhanchements des filles de petite vertu, dans les fumées des viandes boucanées sur les étals posés à même le sol, qui cuisent à la braise dans les rues commerçantes au milieu des mouches et des miasmes fétides, dont les relents empestent les maisons des quartiers vétustes et attirent les quelques rares chats et chients errants qui rôdent autour, avant d'être transformés en viande des jours sans nourriture. Ce ciel est omniprésent, à hauteur d'homme.

Extrait de "Carnets nomades", de Bona Mangangu

Lire note ici

Photo : Kinshasa vue du ciel

mardi, 05 septembre 2006

Mais qui songe à quitter Venise ?

Je vous aime, ô Zattere, pour toute votre longueur lumineuse ou nocturne, de la pointe de la Dogana, où vous commencez, à la calle del Vento où finit votre quai de pierre, bordé de façades diverses ! Je vous aime dans toute votre étendue parce que, sur votre dalle, il fait bon marcher vite ou doucement ou s'arrêter, selon l'heure ou la saison, à l'ombre ou au soleil, ô Zattere !

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Souvent, je viens à vous par le rio San Trovaso. Oh ! la maison qui est au coin avec ses arcades et sa glycine, – jaunissante, cette année, quand je la revis ! Pourtant un clair soleil de novembre brillait au ciel de Venise. L'air était frais et limpide, et quel plaisir de le respirer à pleine bouche sur votre promenoir, ô Zattere, devant le canal large, en face de la Giudecca aux trois églises et aux jardins de sauge et de cyprès !
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Me voilà donc. Tournerai-je à droite ou à gauche ? Je ne sais, car je vous aime toutes, ô Zattere, de la pointe de la Dogana à la calle del Vento ! Je vous aime aux Incurabili comme aux Gesuati et au Ponte Longo et à cet endroit où il y a un vieux palais dont le marteau de porte est un Neptune de bronze qui dompte des chevaux marins. C'est là, je crois bien, que j'irai m'adosser pour fumer un de ces âcres et minces cigares que l'on coupe de l'ongle par le milieu avant d'en allumer une moitié.
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Oui, car il fait doux, ce matin, et le ciel est pur. Les bateaux que l'on décharge sur le quai gémissent sourdement à leurs amarres. Partout ailleurs qu'ici la vue d'un port et de ses navires donne des pensées de départ et de voyage. Mais qui songe à quitter Venise ? En vain, les coques enflent leurs flancs et les mâts balancent leurs cordages. Où pourrait-on être mieux que le dos à ce marteau de bronze et les semelles à votre sol, ô Zattere ?
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J'ai entendu le canon de midi. Les cloches sonnent. J'ai reconnu celles des Gesuati, de San Trovaso et de la Salute. Celles du Redentore, de Santa Eufemia et des Zitelle s'y joignent, d'au delà du canal. L'air vibre. Le temps de ma promenade est passé. Demain je ne resterai pas là, en paresseux, et je vous parcourrai tout entières, ô Zattere, de la pointe de la Dogana à la calle del Vento, tout entières, ô Zattere !
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Henry de Régnier
(Trouvé sur cet excellent blog vénitien, signalé par l'ami P.A.G.)

21:06 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Venise

dimanche, 27 août 2006

Les grands pays classiques

L'Occitanie c'est bien aussi. Allez voir un peu de ce côté-là :

« Les grands pays classiques, notre Provence, la Grèce et l’Italie tels que je les imagine sont ceux où la clarté se spiritualise, où un paysage est un sourire flottant d’intelligence aiguë ».

Cézanne

13:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Occitanie, Provence

vendredi, 28 juillet 2006

Procida

medium_01_20Procida.jpgC'est une petite île, juste en face de Naples...

13:41 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : procida, naples, voyages

mercredi, 12 juillet 2006

Archipel

medium_Ia_Thira_-_Greece_-_01.jpgOn l'apprend sur Langue Sauce Piquante, La mer Egée, tant semée d’îles que les navires y sont toujours en vue d’une côte, a donné le mot archipel. Aigaion pelago, son nom grec, resserré en arcipelago par les navigateurs italiens, perdit encore ses trois dernières lettres dans le mot français moderne...

(Photo de l'île de Santorin)

11:13 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Archipel, Mer Egée, photo

samedi, 06 mai 2006

Ou plutôt ce double unique de ville

medium_el_puente_de_rialto_-_canaletto_1725.jpg"A Venise, les chants du Tasse n’ont plus d’échos et le gondolier rame silencieux ; ses palais tombent en ruine sur le rivage, et il est rare que la musique s’y fasse entendre. A Venise ces temps ne sont plus ; mais la beauté y est toujours ; les empires s’écroulent, les arts s’éteignent, mais la nature ne meurt pas : elle n’a pas oublié que Venise autrefois lui fut chère, qu’elle était le banquet de l’univers, le bal masqué de l’Italie. » Lorsque lord Byron écrit ce « chant » plein de tristesse au début du XIXe siècle, la chute de Venise est encore toute fraîche. La Sérénissime est tombée sous les coups de boutoir d’un général français, Bonaparte, en 1797, avant de passer sous le joug autrichien - elle ne retrouvera sa liberté qu’en 1866.

 

La République déchue est devenu ville pétrifiée. Le poète anglais ne peut que constater sa mort clinique, mais il pressent que la nature ne l’a pas complètement abandonnée, que sa beauté ne peut disparaître, que sa force d’attraction reste intacte. Dans son « Dictionnaire amoureux de Venise », Philippe Sollers évoque ce paradoxe d’une cité « vestige » revenant peu à peu à la vie : « (...) à mesure que Venise revenait, le doute commençait : et si cette ville, ou plutôt ce double unique de ville, n’était pas au passé mais au futur ? Si notre présent s’y éclairait comme le passé d’une façon aussi inattendue qu’inquiétante... »

Canaletto, Le pont Rialto, 1725

Texte pris sur l'excellent site de Viktor Kirtov

12:42 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 20 mars 2006

Les dessous du "Routard"

Article à lire ici

12:09 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 08 février 2006

Les routes

medium_cezanne-r.jpgLes routes étaient encore blanches en ce temps-là, blanches et sensibles au moindre souffle. Dès qu'un peu de vent se levait, on les voyait de loin se mettre debout et courir le long d'elles-mêmes. Puis retomber, puis se dresser de nouveau; et tantôt, dans leurs longs voiles transparents, elles venaient à votre rencontre, tantôt elles fuyaient devant vous.

Ramuz, extrait de "La découverte du monde"

Cézanne, La route tournante, 1881

(Sur Ramuz, voir ici)

04:40 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 06 février 2006

Le Larzac

Dénudé à la face du ciel, le Larzac est un château d'eau. Mais pour les autres. Une eau qui va vers les vallées, sur ses flancs. Et qui en nourrit les rivières. Alors qu'il reste assoiffé tout l'été.

Max Rouquette

Extraits à lire ici

10:06 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 février 2006

Vignoble de Berlou, terre de schiste

Le Languedoc vu par Georges Souche et Sylvie Berger, photographies, textes de Max Rouquette, Jean-Paul Creissac, à voir ici

17:10 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

L'hostal del poëta, chambres d'hôtes

Au cœur de l'Hérault, Montpeyroux, au piémont du Larzac

03:56 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 30 décembre 2005

La nuit montait du sol comme une nappe d'encre

La nuit montait du sol comme une nappe d'encre, pas une lumière, le noir des murs plus profond encore que le noir des prés. Un vent à décorner les boeufs ; mes poings gelaient au fond des poches. Alabar ne m'a pas suivi longtemps : ce rien ne lui disait rien qui vaille. Il a fait demi-tour et gratté à la porte qui s'est ouverte aussitôt. Je cherchais l'ermitage de ce saint Enda dont les disciples ont fondé Saint-Gall et appris aux rustres que nous étions à se signer, dire les grâces, chanter les neumes, enluminer les manuscrits de majuscules ornées ruisselantes d'entrelacs, de griffons, d'aubépines, de licornes. D'après ma carte, cette tanière serait juste deux cents mètres à l'Est sous la maison. Je ne l'ai évidemment pas trouvée ce soir-là — de jour c'est une taupinière basse, moussue, si rudimentaire qu'à côté d'elle, les borries des bergers de Gordes font penser au Palais du facteur Cheval. Mais j'ai vu — mes yeux s'étaient fait à la nuit — une forme pâle, rencognée dans l'angle formé par deux murets. C'était un percheron blanc si énorme et immobile que j'ai d'abord pensé à une gigantesque effigie abandonnée là par quelque Atlantide, ignorée des archéologues, et que les vents d'hiver auraient débarrassée de ses lichens et barnacles pour lui donner ce poli et cette perfection d'opaline.

Journal d'Aran, Nicolas Bouvier, p 31-32

11:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

Clon-mac-noïse, février 1985

«Clon-mac-noïse, février 1985. La rivière se love à fleur des prés couverts de gelée blanche. Elle est bordée de saules et de moutons couchés qui font deviner son cours imprévisible comme il doit l’être : un méandre de plus est ce qu’une rivière peut faire de mieux ; c’est d’ailleurs ce qu’on attend.»

Premières lignes du "Journal d'Aran" de Nicolas Bouvier ; pour une balade inspirée en Irlande...

11:37 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)