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vendredi, 07 décembre 2012

Temper

les_voyageurs_du_temps.jpg« Cela n’est jamais dit mais le petit Bach a été un enfant particulièrement joueur, espiègle, effronté, fugueur. En dehors de sa passion précoce pour la musique et de son sérieux aux offices, on l’a beaucoup vu courir dans la campagne, aux environs d’Eisenach. Qui ne l’a pas observé démarrer, détaler, s’envoler, s’arrêter brusquement, repartir comme un dératé, s’allonger les bras en croix dans l’herbe, se relever, courir à perdre haleine, puis s’asseoir et méditer longuement, avant de reprendre ses virevoltes qui ont tant inquiété sa mère, ne peut rien comprendre à sa façon de tempérer, ou plus exactement de temper. Régler la tempête et cette atroce histoire de crucifixion, ressusciter les spirales, voilà le voyage. Et c’est bien ce qui assombrit le visage du roi : la joie étourdissante et enfantine, là, du vieux Bach, sur laquelle le temps n’a aucune prise, sa prière ininterrompue, son mouvement d’adoration perpétuelle, bref son amour. »

Philippe Sollers, les Voyageurs du temps, 2009.

vendredi, 23 novembre 2012

temps

fragon10.jpg"Ce n'est pas le temps qui fuit, mais la présence éveillée dans le temps."

Ph Sollers, Carnet de nuit

Fragonard

mercredi, 10 octobre 2012

« Nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force. »

Philippe_Sollers_photo_Sophie_Zhang_Gallimard.jpgQue dit La Rochefoucaud ? « Nous n'avons pas assez de force pour suivre toute notre raison. » Correction de la fille de Madame de Sévigné : « Nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force. » C'est une femme qui le dit à une autre femme. Ce que je vois se dessiner là, c'est une tout autre conception de la raison et de la force. Lautréamont dans Poésies ne fait pas autre chose que de retourner Pascal, La Bruyère...

Lire l'article entier dans Transfuge, ici

13:00 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe sollers

mardi, 05 juin 2012

Recto bar, verso tombeau.

douard_manet_a_bar_at_the_folies_berg_re_le_bar_aux_folies_berg_re_1882.jpgUn tableau qui vous poursuit vous donne l'impression d'être recto et verso. Son recto vous parle de son verson, à vous d'être des deux côtés à la fois. Le Bar est un paquebot vu par un sous-marin à 20 000 lieux sous les mers. Voyez ces hublots d'aquarium, cette foule de poissons morts qui se croient vivants. La bergère, qui sert au comptoir, est folle, c'est entendu, elle a une telle intensité d'absence qu'elle seule va survivre au naufrage. Manet, dans son atelier, a peint un grand panneau égyptien, et la sublime innocente est là comme une momie ressuscitée. Recto bar, verso tombeau.

Extrait de L'éclaircie, Philippe Sollers, roman

lundi, 23 janvier 2012

Citations preuves

« - Vous faites beaucoup de citations. 
- Ce ne sont pas des citations, mais des preuves. 
- Des preuves de quoi ? 
- Qu’il n’y a qu’une seule expérience fondamentale à travers le temps. Formes différentes, noms différents, mais une même chose. Et c’est là, précisément, le roman. »

Ph. Sollers

22:30 Publié dans citation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : philippe sollers

jeudi, 12 janvier 2012

Comme une parenthèse lucide du négatif

"Comme les humains adorent inconsciemment la mort, ils ne peuvent pas entrer dans le noir vivant, c’est-à-dire le néant vivifiant qui les fonde. Ils ne sont pas là. Manet ne s’explique pas, il agit, sa main ne s’arrête pas, et si ce ne sont pas des femmes, ce seront, à la fin, des fleurs dans des flûtes de champagne. Quand le vieux Picasso veut rajeunir, il reprend Le Déjeuner sur l’herbe, et il redécouvre immédiatement la clairière. Quant au Berthe Morisot au bouquet de violettes, ce n’est pas seulement le visage et les yeux qui sont un regard dans le regard, mais toute la toile, comme une parenthèse lucide du négatif."

Extrait de L'éclaircie, Ph Sollers 

jeudi, 05 janvier 2012

L'éclaircie, de Philippe Sollers, roman, sortie aujourd'hui

manet-morisot-violettes400.jpg« Je pense à toi [2] en voyant le portrait de Berthe Morisot au bouquet de violettes, la future belle-sœur de Manet, que ce dernier a peint en1872. On dirait qu’elle est en grand deuil, mais elle est éblouissante de fraîcheur et de gaieté fine. Ce noir éclatant te convient. Ce que Manet a découvert dans le noir ? Le regard du regard dans le regard, l’interdit qui dit oui, la beauté enrichie de néant. Des philosophes ont écrit sur Manet, mais, comme c’est curieux, ils ne semblent pas avoir vu ses femmes. La très belle sœur de Manet le voit, lui, ce peintre, elle le traverse. Les violettes sont leur secret commun, elle porte le deuil en avant des massacres de la Commune. Elle a tout l’avenir devant elle. Ni la Terreur ni la Mort ne règnent ici, et le18e siècle français devait passer par ce noir pour s’approfondir. Le noir, donc, comme lumière, dans une jolie veuve, une jolie sœur. »

(Extrait) éditions Gallimard

mardi, 01 novembre 2011

Sur Lacan

A voir et écouter ici

vendredi, 16 septembre 2011

Le Secret

9782070728954.jpgPrésentation ici (via l'INA) d'un des meilleurs livres de Philippe Sollers

http://www.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/CPC93003664/philippe-sollers-le-secret.fr.html

dimanche, 21 août 2011

Le plus simple

n_stael_img.jpg« Le plus simple ou le plus proche sera toujours le plus riche et le plus mystérieux. »

Philippe Sollers                                                                                                                         Nicolas de Staël

 

vendredi, 17 juin 2011

Favorable

"Le temps ne travaille pas, c'est pourquoi il t'est favorable."

Philippe Sollers

dimanche, 20 février 2011

Empreintes

sollers_venise_infini100.jpg"Il est bien des merveilles dans le monde, il n'en est pas de plus grande que l'homme.

Il est l'être qui sait traverser la mer grise, à l'heure où soufflent le vent du Sud et ses orages, et qui va son chemin au milieu des abîmes que lui ouvrent les flots soulevés."

Sophocle, Antigone

A voir ici, jusqu'au 25 février, le film de l'émission Empreintes, sur Philippe Sollers

vendredi, 14 janvier 2011

Une suite de nuances vraies

vlcsnap-2010-11-11-23h13m42s70.png"Voilà son style, dont il dit lui-même qu'il est "horriblement difficile à imiter, car il n'est qu'une suite de nuances vraies."

Philippe Sollers, à propos de Stendhal, dans "Trésor d'amour"

dimanche, 02 janvier 2011

Hâtons-nous de jouir

violon_partition_et_journal.jpg"Hâtons-nous de jouir, nos moments nous sont comptés, l’heure que j’ai passée à m’affliger ne m’en a pas moins rapproché de la mort. Travaillons, car le travail est le père du plaisir, mais ne nous affligeons jamais. Réfléchissons sainement avant de prendre un parti ; une fois décidé, ne changeons jamais. Avec l’opiniâtreté, on vient à bout de tout. Donnons-nous des talents ; un jour, je regretterais le temps perdu."

Stendhal, Journal; juillet 1801

Lire ici dans le Journal du mois de Ph. Sollers

dimanche, 12 décembre 2010

Mon cerveau et moi

2012673889.jpg"De temps en temps, mon cerveau me reproche d'avoir tardé à lui obéir; d'avoir sous-estimé ses possibilités, ses replis, sa mémoire; de m'être laissé aller à l'obscurcir, à le freiner, à ne pas l'écouter. Il est patient, mon cerveau. Il a l'habitude des lourds corps humains qu'il dirige. Il accepte de faire semblant d'être moins important que le coeur ou le sexe (quelle idée). Sa délicatesse consiste à cacher que tout revient à lui. Il évite de m'humilier en soulignant qu'il en sait beaucoup plus long que moi sur moi-même. Il m'accorde le bénéfice d'un mot d'esprit, et prend sur lui la responsabilité de mes erreurs et de mes oublis. Quel personnage. Quel partenaire. "Sais-tu que tu ne m'emploies que très superficiellement?" me dit-il parfois avec le léger soupir de quelqu'un qui aurait quelques millions d'années d'expérience. Je m'endors, et il veille. Je me tais et il continue à parler. Mon cerveau a un livre préféré : l'Encyclopédie. De temps en temps, pour le détendre, je lui fais lire un roman, un poème. Il apprécie. Quand nous sortons, je lui fais mes excuses pour toutes les imbécilités que nous allons rencontrer. "Je sais, je sais, me répond-il, garde-moi en réserve." J'ai un peu honte, mais c'est la vie. J'écrirai peut-être un jour un livre sur lui."

Philippe Sollers, Un vrai roman

Picasso

lundi, 06 décembre 2010

la Révolution

picasso-4.1272716948.jpg

"En somme, vous avez toujours plus ou moins mêlé le transcendantal,
la mystique, la poésie, la pensée, l’amour, l’érotisme,
la Révolution ? Mais oui, et c’est justement ça, la Révolution
."

Philippe Sollers

Picasso, d'après Vélasquez

vendredi, 24 septembre 2010

C'est énorme ce qui est en train de se passer...

6a00e5502f71d4883300e550ab8c888834-640wi.jpgA écouter Philippe Sollers, ce soir chez Taddei

http://www.youtube.com/user/pietro68bleu

23:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : philippe sollers

dimanche, 15 août 2010

Tiepolo

gesuati_tiepolo2_560.jpgPeu d’artistes, après Michel-Ange, ont été aussi souverains que Tiepolo dans l’art du plafond. C’est son élément, son ciel, son eau, sa vision renversée des corps, des chairs, des tissus, des matières. Chaque touche de pinceau est une note. Vous levez la tête, vous vous tordez le cou, vous le regardez grâce à un miroir dans l’allée centrale, vous recommencez, votre poids est toujours trop lourd, trop terrestre. Tiepolo, c’est du Saint-Esprit dans les cintres, du vent spirituel dans les voiles, les trombes, les effondrements calculés, les spirales, vol plané ou piqué, démonstration que la vie humaine en oiseau est possible. Ça descend vers vous, ça vous oblige à monter. Descente, ascension : c’est le fond de ce que cette religion veut dire.

Tiepolo est un ange, il devrait être depuis longtemps béatifié. Le mot « bienheureux » lui va comme une palette. Des anges, il en faut plein, avec des jambes, des pieds et des bras, pour maintenir la nacelle en navigation, écouter les nuages, varier les teintes, laisser des échancrures montrer des apparitions. Bon prétexte pour glorifier la peau, les soies, les bijoux, les velours, volupté, faste, mouvement et froissement du calme. La Vierge, comme modèle, est renouvelable à volonté, on vient encore d’en voir trois passant sur les quais. Encore une fois, vous êtes au bord de l’eau, vous accostez, vous montez les marches, vous passez la porte de bois massif, vous entrez, vous levez les yeux, le ciel réel vous tombe d’un coup sur la tête.

Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux de Venise

mercredi, 02 juin 2010

« Je comprends tout ce qu’on a pu entendre au sujet de l’effet du Sud sur le caractère et l’énergie. »

titien_-_amour_sacre_amour_profane_-_wikimediac2b0org.jpg« Il n’aurait pas fallu devenir psychiatre et prétendu fondateur d’une nouvelle tendance en psychologie, mais fabricant de quelque objet de genre courant comme du papier hygiénique, des allumettes ou des boutons de bottines. Il est beaucoup trop tard maintenant pour changer de profession, si bien que je continue - égoïstement mais en principe avec regrets - à jouir seul de tout. »

Sigmund Freud

Lire ici l'article complet extrait de "Discours parfait" de Philippe Sollers

Titien, L'Amour sacré et l'amour profane

jeudi, 06 mai 2010

"Le roman doit avoir pour but la poésie pratique"

Studio-2.jpg"Je crois effectivement que le travail fondamental de l’écrivain ne peut plus se faire autrement que dans la clandestinité, malgré d’ailleurs une apparence soit tout à fait convenable, soit tout à fait trompeuse. Cette séparation radicale entre le paraître et la réalité n’a sans doute jamais été aussi grande. Cela vient du fait que, désormais, la société contrôle tout et se raconte à elle-même dans des séries d’images. J’ai une grande habitude d’être pris pour quelqu’un d’autre. Je suis aussi habitué à ce qu’on ne lise pas du tout ce que j’écris. J’en retire à la fois un sentiment d’impunité et de liberté très grande. Je peux vivre selon l’image qu’on a de moi et poursuivre dans le même temps des activités tout autres..."

Philippe Sollers, article à lire en entier ici