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dimanche, 23 novembre 2014

Classes moyennes

« Il fut un temps où les hommes croyaient faire l’amour et où la plupart des femmes faisaient constamment des enfants dont la majorité mourrait en bas âge. Tout ça marchait au petit bonheur. Les rois avaient des maîtresses, les reines des descendants légitimes et des bâtards encombrants. Ca vivait, ça mourrait, ça courrait, ça n’allait nulle part, sauf au ciel ou en enfer, c’était du théâtre. Il suffit de lire Saint-Simon, côté cour, ou de suivre, côté jardin, les aventures de Molière. Pour le ciel ou l’enfer, vous avez Bossuet ou Pascal. Ce spectacle s’est achevé il y a deux siècles.  Après quoi l’Histoire a, paraît-il, un sens, la Bourgeoisie s’en est occupée, elle a été monogame, hypocrite, héritière, elle s’est fait peur, de temps en temps, avec la société en mouvement, elle a résisté, planifié, organisé son opposition, tout en gardant ses réserves financières. Puis elle s’est largement ouverte, en apparence, aux classes moyennes, foule de domestiques contente d’être abusée avec sa participation active. La pensée, déjà à bout de souffle, s’est éteinte dans un langage stéréotypé et une surveillance globale. Les corps humains sont fabricables, les livres aussi. On en publie encore des milliers qui partent aussitôt en fumée. » Philippe Sollers

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