samedi, 30 juin 2007
Dans l'espace illimité
"Il n'y aucun profit à se mettre en sécurité du côté des hommes tant que subsistent des soupçons sur les choses d'en haut, ou les choses de dessous la terre, ou, d'une façon générale, celles qui sont dans l'espace illimité."
Epicure
23:58 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Epicure
vendredi, 29 juin 2007
Pourquoi Harpo Marx a-t-il choisi d'être muet à l'écran ?
Harpo Marx a décidé de parler. Avec ses mains, avec son corps, avec ses yeux ; ses yeux surtout, comme des phares. Et son sourire tour à tour entendu, rêveur, complice, cynique... Il fait partie de ces personnages évidents, de toute éternité. De notre enfance d'abord, justement quand le langage n'est pas là ; alors il est de notre côté. Après on le reconnaît et tout d'un coup, c'est notre enfance qui s'illumine. Cette scène, quand il déballe de son manteau de Père Noël tous les objets de la terre, et même un chien - ce chien qu'on a peut-être pas eu dans notre enfance. Et cet air faussement ahuri ; plus les autres se prennent au sérieux, plus lui se prend au jeu. Il déstabilise et il gagne toujours, à la fin.
Raymond Alcovère (texte paru dans L'Autre Journal, octobre 1990)
00:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Harpo Marx
jeudi, 28 juin 2007
Les mots
« Les mots liquides et coulants sont les plus beaux et les meilleurs, si l’on considère le langage comme une musique ; mais si on le considère comme une peinture, il y a des mots rudes qui sont fort bons, car ils font trait ».
Joubert
00:20 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Joubert
mercredi, 27 juin 2007
Sauvée !
Sauvée Caroline Aupick, la mère de Baudelaire qui l'a beaucoup ennuyé mais qui a écrit ces lignes, qu'on vient de retrouver, nous dit Philippe Sollers dans son Journal du Mois :
« Les fleurs du mal, qui ont causé un si grand émoi dans le monde littéraire, et qui renferment parfois, malheureusement, des peintures horribles et choquantes, ont aussi de grandes beautés. Il y a de certaines strophes admirables, d’une pureté de langage, d’une simplicité de forme qui produisent un effet poétique des plus magnifiques. Il possède l’art d’écrire à un degré éminent... Ne vaut-il pas mieux avoir trop de fougue et trop d’élévation artistique que stérilité d’idées et des pensées banales ? »
A lire aussi la France violée en douceur...
13:06 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Baudelaire, Sollers, Journal du mois
mardi, 26 juin 2007
La vérité s’y trouvait
Le ciel se couvre de nuages. L’océan s’en mêle. L’horizon, profond et immense, est subjugué, défait, anéanti. Je suis heureux, touché par cette éternelle beauté qui affleure partout. Ici au bout du monde, je l’ai trouvée. Finalement, je n’ai fait que découvrir des bouts du monde, et la vérité s’y trouvait.
Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture
Photo : Michèle Fuxa
01:03 Publié dans En cours d'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Solaire, Michèle Fuxa
lundi, 25 juin 2007
Une lecture du Sourire
15:15 Publié dans Le Sourire de Cézanne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Le Sourire de Cézanne, Sitartmag
vendredi, 22 juin 2007
C'était selon
Les journées ressemblaient à des gâteaux gorgés de meringues et de cerises confites, avec la saveur acide d’un alcool fort ou douceâtre, c’était selon. Puis la nuit descendait son octave mineure. Et le jour nous réveillait de sa lumière crue, surnaturelle. Entre ces instants des millions de vies avaient défilé. Des milliers de vérités toutes simples, cachées sous les choses, maintenant en plein jour. Sa présence ou son absence était une certitude, installée en douce. Je me coulais dans ce rythme, ce va-et-vient. Chaotiques au début, l’habitude avait fini par me les rendre acceptables. J’avais eu quelques aventures au début, maintenant je n’y pensais plus. Je trouvais toujours des défauts aux autres qu’elle n’avait pas. Malgré nos points de désaccord, la tranquillité qui se dégageait d’elle, de ses sentiments, des miens, effaçait le reste. J’entrais doucement, sans faire de bruit, dans un autre âge.
Raymond Alcovère, extrait de "Solaire", roman en cours d'écriture
03:15 Publié dans En cours d'écriture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Solaire
La vérité, en un sens, est violette
02:36 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Manet, Philippe Sollers, violettes
jeudi, 21 juin 2007
Pub
"Ces temps-ci, elle vient de tourner des films publicitaires. Dans l'un d'eux, un type doit lui sauter dessus, l'embrasser à pleine bouche tout en regardant passionnément en gros plan un pot de mayonnaise. "Non ?" "Si."
Philippe Sollers, Le Coeur absolu.
19:15 Publié dans Société du spectacle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pub, Philippe Sollers, Le Coeur absolu
mercredi, 20 juin 2007
Par bonheur
"Par bonheur, on entend, dans l'ordre qu'on veut, le plaisir et la connaissance"
Philippe Sollers, Le Coeur absolu
21:20 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bonheur, Coeur absolu, Philippe Sollers
Bouder
- Oh bon. Si vous boudez...
- C'est ça. Je vais bouder un peu. Je rentre dans ma phase bouddhiste.
Philippe Sollers, Le coeur absolu
07:55 Publié dans humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Philippe Sollers, Le coeur absolu, bouder
lundi, 18 juin 2007
Machine aimée des qualités fatales.
Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase. Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales.
Rimbaud, Génie
00:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Frédérique Azaïs, Rimbaud, Génie
dimanche, 17 juin 2007
Deux nouvelles lectures du "Sourire de Cézanne"
02:35 Publié dans Le Sourire de Cézanne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Le souire de Cézanne, Christian Cottet-Emard, Jean-Jacques Nuel
L'étoile des amants (citations extraites de...)
"Observe le temps comme un faucon"
"La vigilance repose, l'hypocrisie fatigue"
"Le paradis d'un homme est sa bonne nature"
"Mêlez-vous de vos affaires, et les imposteurs s'évanouiront d'eux-mêmes"
00:15 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Frédérique Azaïs, Philippe Sollers, L'étoile des amants
samedi, 16 juin 2007
Pour rire un peu !
02:20 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, chanson, Bernard Lavilliers, Fatals Picards
vendredi, 15 juin 2007
L'être est et le non-être n'est pas
"Ce qu'il y a de plus impressionnant chez l'homme, probablement la seule chose qui excuse sa folie ou sa brutalité, est le fait qu'il ait inventé le concept de ce qui n'existe pas"
Glenn Gould
Tableau de Frédérique Azaïs
00:20 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Glenn Gould, non-être
mercredi, 13 juin 2007
Sur Jacques Sternberg
15:21 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, Jacques Sternberg, Eric Dejaeger
Un ogre dans la ville
Marseille est une ville sublime, étonnante. Onirique même. Au contraire de l'idée de ceux qui ne la connaissent que de loin, la ville qui vit naître Artaud et mourir Rimbaud est pleine de mystères, d'étrangeté. Cendrars en a parlé magnifiquement dans "L'homme foudroyé" : "Marseille, presque aussi ancienne que Rome, ne possède aucun monument. Tout est rentré sous terre, tout est secret." Mireille Disdero nous plonge dans une autre ville encore, loin de tous les clichés, tour à tour solaire et terrifiante. L'orage approchait, dans les aigus. L'orage ici c'est l'ogre. Il s'appelle Angelo. Il harcèle la narratrice, veut la dévorer, lui dévorer sa vie. Il est son double en quelque sorte. Tour à tour Marie et Angelo évoquent chacune des faces de l’histoire, la médaille et son envers. Cet ogre est un monstre affectueux et dangereux. Quelque chose bouge et se lève tout autour. Respiration haletante de fantômes sans au-delà des vies. Larmes rouges du tatoueur pour un amour de peau. Bruit des existences loin, autour, dans les rues. Battements d’ailes noires des secondes qui nous escortent. La ville s’éveille, grandit de ses tentatives sans apaisement. J’ai toujours peur.C’est une ville souvent crépusculaire, venteuse, presque vide (une atmosphère à la De Chirico) qui déroule ses méandres. Et si c’est à un suspens haletant que nous convie Mireille Disdero, rythmé par les encres de Catherine Carruggi, le vrai fil conducteur du roman c’est la poésie : Je m’allonge sur la pierre chaude, les yeux vers le ciel. J’écoute les vagues se jeter contre l’île. Shhhhhhhhuuuuuuuu… Des mouettes tournoient au-dessus de moi pour m’inviter au voyage. La lumière est presque palpable. Je la sens me toucher, m’aimer. Je suis bien. Aujourd’hui, il n’y a personne, pas un seul touriste. J’aime cet endroit. Je pense à la première fois que je suis arrivée à Marseille avec mes parents. On devait atterrir à Marignane mais l’avion est venu faire un demi-tour au-dessus de Marseille et du Frioul, en fin d’après-midi. L’ombre des ailes frôlait les vagues. Ce jour-là, j’ai été heureuse d’avoir des yeux capables de découvrir cette ville adossée à la mer. Je garde encore la marque de sa beauté, même des années après, en traversant ses quartiers aux murailles écorchées. J’aime Marseille, je l’ai dans les yeux, comme une couleur.
00:10 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, critique, Mireille Disdero, Un ogre dans la ville
mardi, 12 juin 2007
L’ascèse selon Gracq
Gracq est le dernier de nos classiques. Un écrivain de l’ancien temps, d’avant le règne des médias et la défaite du style. Dès 1950, en pleine gloire montante, Gracq s’insurge dans un célèbre pamphlet contre les périls qui menacent la littérature : le nivellement par le bas, le servage progressif des esprits, l’apparition d’un public désorienté, qui ne lit pas, et pour qui le nom de l’auteur n’a d’autre valeur qu’une marque commerciale. Anticipant la logique de la peopolisation, Gracq prophétise l’avènement de l’auteur-vedette, réduit à n’être qu’une figure de l’actualité, porté par un bruit de fond médiatique qui édulcore sa pensée tout en amplifiant son image.
17:20 Publié dans Histoire littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, Julien Gracq, Le Magazine littéraire
Deuxiemes Rencontres du Livre-Film
Jean-Pierre Huguet et Bernard Collet vous invitent à venir
"Faire le cinéma de la littérature"
aux DEUXIEMES RENCONTRES DU LIVRE-FILM
42220 SAINT JULIEN MOLIN MOLETTELE PRE BATTOIR . USINE SAINTE MARTHE
les samedi 16 et dimanche 17 juin 2007
Séances de projection dès 10h. Repas pris en commun (participation 10€/repas) Possibilité d’hébergement (nous contacter)Merci, pour des questions d’intendance de bien vouloir confirmer votre participation à : colletbernard@aol.com
Pour plus d’informations (plan d’accès etc..) consultez le site des Rencontres : www.lecinemadelalitterature.com00:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma, littérature



















Bernard Lavilliers, par les Fatals Picards, voir ici