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dimanche, 15 août 2010

Tiepolo

gesuati_tiepolo2_560.jpgPeu d’artistes, après Michel-Ange, ont été aussi souverains que Tiepolo dans l’art du plafond. C’est son élément, son ciel, son eau, sa vision renversée des corps, des chairs, des tissus, des matières. Chaque touche de pinceau est une note. Vous levez la tête, vous vous tordez le cou, vous le regardez grâce à un miroir dans l’allée centrale, vous recommencez, votre poids est toujours trop lourd, trop terrestre. Tiepolo, c’est du Saint-Esprit dans les cintres, du vent spirituel dans les voiles, les trombes, les effondrements calculés, les spirales, vol plané ou piqué, démonstration que la vie humaine en oiseau est possible. Ça descend vers vous, ça vous oblige à monter. Descente, ascension : c’est le fond de ce que cette religion veut dire.

Tiepolo est un ange, il devrait être depuis longtemps béatifié. Le mot « bienheureux » lui va comme une palette. Des anges, il en faut plein, avec des jambes, des pieds et des bras, pour maintenir la nacelle en navigation, écouter les nuages, varier les teintes, laisser des échancrures montrer des apparitions. Bon prétexte pour glorifier la peau, les soies, les bijoux, les velours, volupté, faste, mouvement et froissement du calme. La Vierge, comme modèle, est renouvelable à volonté, on vient encore d’en voir trois passant sur les quais. Encore une fois, vous êtes au bord de l’eau, vous accostez, vous montez les marches, vous passez la porte de bois massif, vous entrez, vous levez les yeux, le ciel réel vous tombe d’un coup sur la tête.

Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux de Venise

Commentaires

C'était un monte-en-l'air, Tiepolo ?

Bel exercice francacadémique de ton chouchou Sollers : quand on n'a plus d'inspiration, on s'inspire des autres et on raffine son style.

Oui, je suis rentré de vacances. Bises.

Écrit par : Éric | dimanche, 15 août 2010

Un bonheur n'arrivant jamais seul, on annonce un Houellebecq nouveau à la rentrée, ça gère, papier élogieux dans le dernier Marianne, c'est dire, times they are a changing, bises

Écrit par : Ray | dimanche, 15 août 2010

Il faut avoir des ailes pour regarder Tiepolo avec les yeux de Philippe Sollers. Bises.

Écrit par : ariaga | samedi, 21 août 2010

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