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mercredi, 05 novembre 2008

Ces rives de l'Italie

sables d'olonnes (37).jpgLes délires baroques de Spaccanapoli, eux aussi, sont là de toute éternité. Ils figurent l’autre côté des choses, la folie, la mort, l’amour fou. Des étendards, balises de l’univers onirique qui me hante, s’étalent là devant mes yeux.

Ils sont avec moi, ils sont moi, ces frontons d’église, ces figures alambiquées, torsadées, sculptures aériennes, fluides, qui défient le temps, la logique, la mesure. Cette folie-là, je m’y suis lové, comme on se glisse entre les draps pour y trouver le repos, ne plus agir, ne plus être envahi du désordre et de l’incongruité du monde. Un grand calme enfin.

J’aime ces ruelles sombres où clabaude la vie, ces cours, ces palais de marbre, ces rives de l’Italie... Plus envie de retourner en France, je voudrais être une de ces pierres, le bras de cette statue dont le doigt pointe vers la mer, sentir le matin les odeurs de l’aube, sécher au soleil de midi et m’effriter lentement de la vie qui va... La rouille comme une délivrance.

Raymond Alcovère, extrait de Fugue baroque, prix 98 de la ville de Balma, éditions n & b

Photo de Gildas Pasquet

Commentaires

Que dire sinon que ce texte est superbe. Vous parvenez à faire dense comme du chêne, (mais pour autant pas "sur-écrit" comme de l'aggloméré). "On s'y love dans un grand calme pour ne plus être envahi du désordre et de l’incongruité du monde..." Merci pour cette oeuvre qui raisonne si bien vers le partage. Je crois que c'est le but de tout artiste, amener quelque chose à partager, vous le faites avec pudeur et densité...

Écrit par : Jacki Maréchal | vendredi, 07 novembre 2008

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