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mercredi, 02 novembre 2005

L’élection de Pierre Autin-Grenier à l’Académie Française (nouvelle mouture)

Le hasard m’a fait intercepter cet article du « Chasseur français » du 16 avril 2008, le voici en substance…


Une foule avenante et bigarrée se pressait hier, sous la Coupole, pour la réception à l’Académie Française de Pierre Autin-Grenier, au fauteuil de Jean d’Ormesson. Nombre de ses amis étaient là, déjà académiciens comme Jean-Pierre Ostende, Jean-Claude Pirotte et Gil Jouanard ou avec l’espoir de l’être un jour comme Eric Holder ou Philippe Delerm. Très élégant dans son costume dessiné par Christian Lacroix, l’œil pétillant et la démarche altière, l’ancien soixante-huitard dont on connaît le talent et l’ironie mordante a laissé quelque peu perplexe une partie de ses auditeurs en prononçant l’éloge de l’ancien directeur du Figaro Magazine : « Homme de plume mais aussi de combat et ce qui ne gâte rien, d’une immense culture, Jean d’O - comme l’appelaient ses nombreux amis – s’il n’a cessé de côtoyer les puissants, n’en aura pas moins été un défricheur, un chercheur inlassable de vérité. Seul contre tous, il n’hésitera pas à jouer les trouble-fête après mai 1981, à se dresser courageusement, tel Hugo face à Napoléon III, contre François Mitterrand et à faire du Figaro, le grand journal de la contestation d’alors, un rempart contre la pensée unique et une nécessaire alternative, un scrupuleux antidote (...) C’est à cet homme de résistance que je veux rendre hommage aujourd’hui, c’est ce compagnonnage que je revendique, celui de l’irrévérence et de la libre parole, même si nos convictions ont souvent été diamétralement opposées, concluait-il… » Quolibets et noms d’oiseaux ont alors fusé ci ou là, vite recouverts par les applaudissements d’usage et le sourire entendu de quelques uns. Tout cela fut oublié grâce à l’éloquence vibrante de Bertrand Poirot-Delpech qui, prononçant l’éloge de Pierre Autin-Grenier, mit l’accent sur « l’ironie convulsive, l’impertinence consubstantielle du nouvel académicien » : « il n’a jamais voulu appartenir à aucune école, sinon celle des « Moins que rien » , sous lequel un journaliste fort pertinent – cela existe, c’est prouvé, ajoutait-il - avait regroupé, dans les années quatre-vingt-dix, quelques unes des plus solides – et des plus caustiques - plumes du moment. Tels ces écrivains du bâtiment dont Hemingway conseillait au siècle dernier la fréquentation aux débutants, Autin-Grenier n’a cessé d’être prolixe. Lui le maître du « fond de court » surprit son monde en montant au filet, se lançant avec le succès que l’on sait dans le roman grâce à « Friterie-bar Brunetti ». Dès lors rien ne l’arrêta plus. Devenu, après avoir surfé sur la victoire du non au référendum de 2005, le maître à penser de la nouvelle gauche, sa notoriété grandissant, il entreprit son grand virage à droite pour soutenir (victorieusement) la candidature de Ségolène Royal à la Présidentielle de 2007. Devenu une véritable icône, il publia alors un poignant plaidoyer: « Je ne suis pas un bobo ! » où l’émotion de l’ancien gauchiste blessé dans son amour-propre transpirait à chaque ligne. Son œuvre n’est pas terminée heureusement, et lui qui fit de la célèbre boutade : « Il poursuivait une idée fixe, il était surpris de ne pas avancer ! » un de ces chevaux de bataille, ne manquera pas de nous surprendre encore, n’en doutons pas, puisque le voilà bien reverdi  ! »

C’est dans un des quartiers du vieux Lyon qu’il affectionne tant, qu’une partie de cette joyeuse assemblée, par un TGV spécialement affrété, s’est rendue ensuite, pour fêter cet irrésistible événement. Et le vin blanc, comme il se doit, a coulé jusqu’à une heure fort avancée de la nuit ! Les plus vieilles institutions ont parfois aussi leurs moments de folie…

 

Commentaires

On peut ajouter que Raymond Alcovère et Roland Fuentès, chroniqueurs au Figaro littéraire après l'éviction d'Angelo Rinaldi, ont beaucoup fait pour la consécration de l'ex-anar-gaucho devenu sur le tard consensuel (en un seul mot).
Les amoureux du vin blanc finissent toujours par trahir le gros rouge !

Écrit par : Nuel | jeudi, 03 novembre 2005

Tiens une suggestion intéressante de Françoise Nyssen de Actes Sud à propos du Goncourt : comme pour le Festival de Cannes, changer le jury chaque année !

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

Ah, oui, Ray ! C'est ça qui serait bien : une année des alcoolos, l'autre des pochtrons; après viendrait l'année des poivrots et ainsi de suite. Ça vaudrait la peine d'écrire, alors.

Écrit par : P.A.G de l'Académie Française | jeudi, 03 novembre 2005

Si ça se trouve, t'aurais ta chance !

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

Quelle bande de nases, z'ont encore raté WB !

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

Là, on sent que tu es terriblement déçu, Ray. Alors, c'est qui ?

Écrit par : Rick Hunter | jeudi, 03 novembre 2005

Je vais pas en plus écrire son nom, non mais !

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

Prix Goncourt : la honte !

Écrit par : Nuel | jeudi, 03 novembre 2005

Je comprends votre désarroi à tous les deux. Non seulement ce n'est pas votre chouchou, mais en plus, c'est un Belge ! Dont je tairai le nom, par respect pour vos jumelles colères...

Écrit par : Rick Hunter | jeudi, 03 novembre 2005

J'en profite, dans le but de vous dérider, pour caser un extrait de mes "Jivarosseries".

LA CHIMÈRE

Romancier de grand talent et virtuose du violon, il ne parvint jamais à réaliser son rêve : remporter le Goncourt Reine Elisabeth.

Écrit par : Rick Hunter | jeudi, 03 novembre 2005

La Belgique n'existe pas (m'a dit un ami belge qui n'est pas toi Ricky), mais ne pas exister c'est tout un art j'en conviens, et je reconnais que certains belges s'en sont plutôt bien sortis, mais pas celui-ci !

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

Je n'ai pas le moindre avis à donner : je n'ai jamais lu ce compatriote. Et ce n'est pas le fait qu'il ait remporté le Goncourt qui va m'y inciter.

Écrit par : Rick Hunter | jeudi, 03 novembre 2005

Ray, la mère du lauréat est française...

Premier titre du JT belge qui passe pour le moment : le Goncourt pour un Belge. M'en vais dîner. La littérature du JT n'est jamais quelque chose d'intéressant : elle ne s'intéresse qu'aux "prix".

Écrit par : Rick Hunter | jeudi, 03 novembre 2005

Pas de quoi s'AJT

Écrit par : Ray | jeudi, 03 novembre 2005

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