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vendredi, 21 août 2026

Comme une ville d’autrefois

De Chirico.jpg« Je considère toute mon histoire, mes volontés et mes amours comme une ville d’autrefois, par la cendre ou le désert, ensevelie et effacée. »

Paul Valéry

De Chirico

jeudi, 20 août 2026

L'amour en province

enfance.jpg"L'amour en province ressemble un peu à un dimanche"

 

mercredi, 19 août 2026

Nos rêves informulés

Christian Bobin, Joseph Kuntsmann"Nos rêves informulés ne nous quittent jamais."
Christian Bobin
L'étreinte, Joseph Kuntsmann, 1949

lundi, 17 août 2026

La vie-rivière

femme qui marche.jpg« Une des joies éphémères de l’été, c’est de traverser une rivière en sautant sur des pierres. On écarte les bras comme s’ils étaient des ailes. On appuie les mains sur l’air. On peut glisser, se mouiller un peu, beaucoup. Si on est plusieurs à vivre cette épopée, on rit aussi bien de l’échec que de la réussite. Et peut-être même l’échec entraîne-t-il une joie plus grande. On a dix ans, quinze ans. C’est l’âge des bandes. On ne sait pas alors qu’on est en train de traverser la chambre en feu de la vie, celle dont la fenêtre donne sur l’éternel. On ne sait pas non plus qu’il est aussi indifférent de perdre que de gagner. Il faudra encore des années pour comprendre que les années ne sont rien, et qu’il n’y a ni vrai ni faux, juste la vie-rivière et nos bonds maladroits d’une parole à l’autre. »

Christian Bobin.

vendredi, 14 août 2026

Je fondais mes rêves

Sophie Carr2.jpgJe fondais mes rêves dans le bleu délavé de l’horizon, l’amas désordonné des nuages et ce bateau qui filait au milieu de tous ces cataclysmes. La pluie au loin traçait un rideau épais, en grandes orgues joufflues gonflées de nuit. Une trépidation de lames. Le ciel, une lutte, un amas de lances, un combat fratricide. Ainsi le ciel. Une symphonie du nouveau monde. Même si c’est vers l’ancien que je me dirigeais. Terrifiante cette immensité sauvage, encore plus que la Sierra, ces vagues dans le désordre de la nuit, remous effrayants, terrifiante et rassurante à la fois avec le bruit continu du bateau, les odeurs de machines, ce bloc de métal monstrueux, fumant et rugissant, traçant son sillon imperturbable à travers les flots déchaînés. Plaisir redoublé par le sentiment de sécurité, sur ce bâtiment sourd aux hurlements de la tempête. Rêvant que mon âme soit pareille, un bloc insubmersible. Tout ce chemin parcouru en si peu de temps. Comme au Mexique, malgré ou à cause de l’absurdité du lieu, je me sentais à ma place, au cœur de cette rhapsodie bleu nuit de la pluie et du vent.

Raymond Alcovère, extrait de "Le bonheur est un drôle de serpent", roman, 2009, éditions Lucie

Photo : Sophie Carr

jeudi, 13 août 2026

C’est curieux, un écrivain

nuit bleue.jpg« C’est curieux, un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant, un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup car c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre, c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé. »

Marguerite Duras

mercredi, 12 août 2026

1986 !

Duras les feux.jpg

samedi, 08 août 2026

Richard Avedon, Piazza Navona, Rome 1946

Piazza Navona, Rome, 1946 - by Richard Avedon (1923 – 2004), USA.jpg

12:47 Publié dans Art, Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : richard avedon

vendredi, 07 août 2026

Coeur brûlant

Christian Bobin, Natalia Drepina"Rien ne préserve mieux la fraîcheur de la vie que le calme d'un cœur brûlant."

Christian Bobin

Photo : Natalia Drepina

jeudi, 06 août 2026

J’ai toujours l’espérance de grandes choses

Christian Bobin, Lothar Dörfer« J’ai toujours l’espérance de grandes choses. J’ignore en quoi elles consistent et je les attends sans impatience. Il est même possible qu’elles soient déjà venues sans que je m’en sois rendu compte. Mon âme est comme un chien en arrêt devant un buisson, aux aguets d’un gibier proche et invisible. Bien sûr je n’attrape jamais rien, aucune proie, juste, et c’est suffisant, la certitude éblouie d’avoir entrevu une chose plus grande que ma vie et pourtant accordée à elle, une lumière si pure qu’elle en est presque cruelle. » 

Christian Bobin

Photo : Lothar Dörfer