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jeudi, 30 juillet 2026

Raoul Vaneigem

Raoul Vaneigem, Raymond QueneauSon Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations m'a accompagné de longs mois autour de mes vingt ans. En lisant la Nécro du Monde, j'ai appris qu'il venait du Hainaut, en Belgique, de même que René Magritte et Louis Scutenaire. Et que Raymond Queneau l'avait défendu à Gallimard. Sacré Queneau, toujours sur les bons coups !

mardi, 28 juillet 2026

Ca me sufffit

Victor HugoAprès le coup d’état de Napoléon le petit, en exil à Bruxelles, Victor Hugo écrit : « Une fois ceux que j’aime en sûreté, qu’importe le reste : un grenier, un lit de sangle, une chaise de paille, une table et de quoi écrire, ça me suffit. »

dimanche, 26 juillet 2026

Je l'aime

Victor Hugo"Ce qu'on attaque en moi, c'est mon temps, et je l'aime." : Victor Hugo

09:41 Publié dans illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : victor hugo

mardi, 21 juillet 2026

Novalis sur le langage

Brassai, Paulette et André, 1949.jpg« La haine que tant de gens sérieux ont du langage. Sa pétulance et son espièglerie, ils la remarquent ; mais ce qu’ils ne remarquent pas, c’est le bavardage à bâtons rompus et son laisser-aller si dédaigné qui sont justement le côté sérieux de la langue. (...) C’est vraiment une chose bien folle que de parler et d’écrire : le dialogue véritable est un simple jeu de mots. L’erreur la plus risible est seulement de s’étonner que des gens pensent parler à cause des choses-même. Précisément, la particularité de la langue, à savoir qu’elle ne s’occupe que d’elle-même, personne ne la connaît. C’est pourquoi la langue est un mystère si merveilleux et si fécond – et lorsque quelqu’un parle simplement pour parler, il exprime à cet instant les vérités les plus sacrées et les plus originales. »

Novalis

Photo : Brassaï, Paulette et André, 1949

08:22 Publié dans Grands textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : novalis, brassaï

lundi, 20 juillet 2026

Les Hymnes à la nuit

Novalis« Faut-il toujours que le matin revienne ? L’empire de ce monde ne prend-il jamais fin ? Une fatale activité engloutit les élans divins de la Nuit qui s’approche. Ne va-t-il donc jamais, le sacrifice occulte de l’Amour, éternellement brûler ?

La lumière a son temps, qui lui fut mesuré ; mais le royaume de la Nuit est hors le temps et l’espace.  Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.

Sommeil sacré ! Ne t’en viens pas trop rarement, durant le terrestre labour du jour, combler de tes félicités les adeptes fidèles de la Nuit. Les insensés uniquement te méconnaissent et ne savent point d’autre sommeil que l’ombre que tu jettes, par compassion pour nous, au crépuscule de la nuit évidente. Ils ne te sentent point dans le flot d’or des grappes – dans l’huile miraculeuse de l’amandier ou dans la brune sève du pavot. Ils ne le savent pas, que c’est toi qui nimbes ainsi le tendre sein de la vierge et nous fais de son cœur un paradis. Ils ne pressentent pas que, te levant des légendes anciennes, tu t’avances vers nous, ouvrant le ciel, et tu portes la clef qui ouvre les demeures de la béatitude, silencieux messager des infinis mystères. »
Les Hymnes à la nuit, Novalis, 2.

 

dimanche, 19 juillet 2026

Spiritualité, pop, rock et autres résonances, de Jean Azarel

1.jpgJean Azarel explore ici de manière très personnelle et poétique 48 chansons ou morceaux pour la plupart issus de la période mythique (1965-1975) et connectés aux diverses formes de spiritualités qui ont innervé ce moment si explosif et créatif de la musique. On y retrouvera Les Doors, King Crimson, Léonard Cohen, Jimi Hendrix, Nico mais aussi Popol Vuh, Daniel Darc, Billie Holiday, Léo Ferré et Sœur Marie Keyrouz, entre autres... 

Extrait : « La musique du Floyd se boit comme un jus coloré de fruits insolites, coulant dans la gorge tel un vol d’oiseaux aux ailes qui n’en finissent pas de pousser et peignent les entrailles de leurs battements erratiques. Nous sommes nés de Syd Barrett, génie de sonorités sorties d’une lampe frottée aux feuilles de marijuana, et accompagnées d’une saveur d’Orient. Nous sommes nés de plus, More, aux portes de l’aube, At the gates of dawn, en traversant à la vitesse de la lumière une succession de cerceaux cosmiques. Nous sommes nés avec l’argot de Cambridge pour désigner l’acte sexuel, Ummagumma. Nous sommes nés d’une vache placide sur la pochette d’un vinyle où notre mère a un cœur d’atome, Atom Heart Mother, tandis que le bovidé mâche inlassablement des modulations sismiques. Nous sommes nés d’un concert à Pompéi, où la terre s’est mise à tourner différemment sous l’attraction des planètes mentales exhumées de nos consciences déverrouillées. »

348 pages, 19 euros, Éditions la Rumeur libre, vient de sortir.

https://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections_la_rumeur_libre/cle_sonore/spiritualite_pop_rock_et_autres_resonances_azarel_jean

11:24 Publié dans Critique, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean azarel

samedi, 18 juillet 2026

Se doute-t-il ?

Krissy Hunt.jpgQuand Gustave Flaubert écrit ces mots, dans une longue lettre à Louise Colet, le 16 janvier 1852, se doute-t-il qu'ils vont hanter des générations d'écrivains ?

« Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet, ou du moins le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. »

Photo de Krissy Hunt

mardi, 14 juillet 2026

En toute invraisemblance

Nicolas de Staël.jpg"Merveilleux. Entre ciel et terre, sur l’herbe. Rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert, en toute invraisemblance."

Nicolas de Staël à René Char.

19:11 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas de staël