vendredi, 07 mars 2014

Berthe Morisot

berthe_morisot_.jpgPar Edouard Manet

lundi, 02 septembre 2013

Berthe Morisot, par Edouard Manet

Berthe Morisot, edouard manet

lundi, 23 janvier 2012

Berthe Morisot, par Edouard Manet

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jeudi, 05 janvier 2012

L'éclaircie, de Philippe Sollers, roman, sortie aujourd'hui

manet-morisot-violettes400.jpg« Je pense à toi [2] en voyant le portrait de Berthe Morisot au bouquet de violettes, la future belle-sœur de Manet, que ce dernier a peint en1872. On dirait qu’elle est en grand deuil, mais elle est éblouissante de fraîcheur et de gaieté fine. Ce noir éclatant te convient. Ce que Manet a découvert dans le noir ? Le regard du regard dans le regard, l’interdit qui dit oui, la beauté enrichie de néant. Des philosophes ont écrit sur Manet, mais, comme c’est curieux, ils ne semblent pas avoir vu ses femmes. La très belle sœur de Manet le voit, lui, ce peintre, elle le traverse. Les violettes sont leur secret commun, elle porte le deuil en avant des massacres de la Commune. Elle a tout l’avenir devant elle. Ni la Terreur ni la Mort ne règnent ici, et le18e siècle français devait passer par ce noir pour s’approfondir. Le noir, donc, comme lumière, dans une jolie veuve, une jolie sœur. »

(Extrait) éditions Gallimard

lundi, 17 novembre 2008

Les chefs d'oeuvre du Musée Fabre (3)

14897morisot.jpgBerthe Morisot

 

lundi, 25 décembre 2006

Trois dangers

medium_morisot-ball.jpgTrois dangers, dit-on, menacent l’homme : le jeu, l’alcool et les femmes ; il échappe généralement à deux d’entre eux, rarement aux trois… Nous étions trois amis justement, par une glaciale matinée de novembre au départ de Paris dans un train vers des pastels de lave rose et bleue, la lumière chaude et sensuelle du sud, ce désir que la vie ne soit pas froide et entourée d’une brume opaque et tenace, en deux mots : l’Italie. J’avais lancé cette sentence un peu surannée par hasard, on s’en est d’abord moqués, puis sans chercher très loin, chacun en a trouvé dans sa propre vie une illustration.

 

Julien, le plus âgé, heureux en ménage depuis longtemps, raconta ceci : “ Il y a une quinzaine d’années, j’avais été invité pour une série de conférences à Pise, et c’est là que j’ai rencontré Lucille. Une brune sublime, comme on les rêve. Sans tabous et très raffinée en même temps. Libre. Amoureuse. La trentaine, assistante à l’université. Ce n’était pas dans mes habitudes, mais pour elle j’ai voulu tout abandonner, Claire, mon poste à la fac pour m’installer dans le Sud. Le jour de notre départ, elle n’est pas venue au rendez-vous et je ne l’ai plus jamais revue. Pas la moindre nouvelle. J’ai appris par hasard il y a trois ans qu’elle était mariée et vivait paisiblement dans les environs de Châtellerault. C’est plutôt drôle avec le recul, mais sur le moment, le coup avait été rude, puis tant bien que mal j’ai repris une vie normale… ”

 

Sylvain, la quarantaine à peine, enchaîna : “ Vous vous rappelez, j’étais attaché culturel dans des ambassades au début de ma carrière, mes missions bien sûr n’étaient pas que culturelles. A Istanbul, au début des années 90, La Russie nouvelle commençait à aspirer tous les trafics, blanchir l’argent sale, etc. Un grand remue-ménage s’annonçait, ébullition dans les Balkans, vous connaissez l’histoire… La filière drogue était en pleine réorganisation, il fallait mailler à nouveau, infiltrer encore et encore, c’est leitmotiv des Services. On me confie un petit rôle, dans la filière opium, alors en pleine expansion : j’étais un consommateur, fils de bonne famille et plutôt accro. J’avais le profil idéal, jeune, pas trop coincé… J’avais déjà fumé des joints, mais vraiment l’opium, celui-là en tout cas était d’une qualité… exceptionnelle.  Mais voilà, le subterfuge a trop bien marché, je devenais vraiment le personnage, tout commençait à me paraître indifférent, égal ; je décrochais de la réalité, lentement mais sûrement. J’allais basculer, quand un ordre venu d’en haut interrompt toute l’opération. Juste à temps. Envoyé en cure de désintoxication, je réussis à me rétablir. Bien sûr j’étais grillé, c’est à partir de là que je suis revenu à la culture… ”

 

C’était mon tour : “ Ma jeunesse a été un peu baroque  vous le savez, j’avais interrompu mes études, c’est l’époque qui le voulait, il fallait vivre des expériences, vous vous souvenez ? Bref, j’ai eu une année ou deux d’inactivité et là  j’ai commencé de fréquenter les casinos, initié par un ami de rencontre qui a disparu assez vite d’ailleurs. C’était pire qu’une drogue.

 

Quand je n’étais pas attablé devant des cartes ou un jeu de dés, j’y réfléchissais, imaginant des parties, des combinaisons, des stratégies… Pour le reste, je gagnais mais perdais souvent aussi. A la limite ce n’était pas le problème, le plaisir était si fort que j’avais l’impression de vivre pleinement, peut-être pour la première fois.

 

C’est alors que je fis la rencontre du comte M. –  je vous assure, c’est à peine croyable, il se faisait appeler ainsi, un vrai personnage de roman ! Il avait tout de l’aristocrate déchu, on le remarquait immédiatement, froid, désabusé, très élégant, cette suprême élégance de celui qui la méprise en fait. Il ne manifestait aucune émotion, pourtant je vous assure, les tables de jeu en sont un concentré étonnant. Il me semblait voir en lui ce que je deviendrais si je continuais à mener cette vie absurde - car au fond de moi je savais que c’était une vie absurde…

 

Un jour on était côte à côte au baccara et surpris sans doute par ma façon peu académique de jouer, il m’interpelle :

 

- J’avoue avoir du mal à saisir votre stratégie, vous espérez décrocher le pactole ?

 

- Non, rassurez-vous, je n’ai pas besoin de cette illusion pour aimer le jeu !

 

- Alors pourquoi jouer, me demanda-t-il ?

 

- Pour le frisson de l’instant, celui de chaque mise, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour vivre !

 

- Votre cas est grave !

 

- Désespéré ?

 

- Il faut rester modeste, l’avenir est incertain, toujours !

 

Il prenait un verre au bar tous les soirs, avant de rentrer. Il me proposa de l’accompagner. Au-dessous de nous, les tables et cette frénésie qui les entoure :

 

- Voilà ce que Balzac a justement La comédie humaine, me dit-il…

 

- Pour laquelle nous devons avoir quelque indulgence, car nous en faisons partie…

 

- Reste la faculté de s’en détacher, de l’observer et de rire de nous-mêmes, n’est-ce pas ?

 

Ensuite chaque soir, je le suivais dans ce rituel de fin de soirée, à échanger des propos aigres-doux, des remarques acerbes ou ironiques sur nos semblables. Il connaissait la plupart des habitués, quant aux nouveaux venus, d’un coup d’œil il déterminait leur personnalité, leurs vices, leurs manies. Il était troublant et surtout remarquablement pertinent…

 

Un jour il m’invite chez lui, dans son hôtel de la rue Lord Byron et me parle de sa vie. Il avait hérité d’une collection de tableaux sublimes à la mort de ses parents. Il était alors très jeune et avait décidé de consacrer le reste de sa vie au jeu, refusant toute autre attache avec l’existence, sinon celle de ses toiles, meubles, objets d’art d’une grande valeur, dont il se séparait au fur et à mesure que ses dettes l’y forçaient :

 

Ainsi me dit-il j’ai dû apprendre peu à peu le détachement. Des merveilles qui peuplaient autrefois cette maison, il ne reste aujourd’hui qu’un ersatz. J’ai vu cet appartement se vider de ses plus beaux atours et n’ai ressenti presque aucune émotion. Tel est mon amour du jeu que je voyais les parties à venir et non ce qui s’en allait pour toujours. Je n’ai jamais rêvé à des gains faramineux, de toutes façons ces objets et ces tableaux sont maintenant disséminés, je ne pourrais pas les retrouver. J’ai assimilé la vie qui va avec la perte de ce qui m’était cher. Un jour je ne serai plus là moi non plus, à ma mort, cette maison sera sans doute vide, s’il y a un sens aux choses, c’est qu’elles vont toujours à leur fin… Je n’en montrai rien mais j’avais l’estomac noué. Cette  mise en scène de la mort m’avait anéanti. C’était l’électrochoc dont j’avais besoin. Au petit matin, après une nuit agitée, je pris la résolution de cesser définitivement de jouer. En même temps je pris conscience que notre jeunesse n’est jamais finie, que derrière une illusion on est toujours prêt à en inventer une autre… ”

 

La grisaille était toujours là pendant la traversée de Lyon, à la fin de mon histoire. Manifestement, à chaque fois, au bord du gouffre, une main secourable nous avait été tendue pour éviter la chute.

 

 

 

*

 

 

 Les années passèrent et on se perdit de vue. Quelque temps plus tard, Julien se brûla la cervelle à la roulette russe, Sylvain rencontra une rousse flamboyante qui le pluma jusqu’au dernier kopeck. Quant à moi, je m’adonnai à la boisson, vice exclusif auquel je ne survécus pas.

Raymond Alcovère, nouvelle inédite

Berthe Morisot

vendredi, 22 décembre 2006

Fleuve d'oubli

medium_0028959b.gifLa première rencontre de Berthe Morisot et Edouard Manet a lieu au Louvre devant le tableau de Rubens : Le débarquement de Marie de Medicis à Marseille, que Berthe copie. C'est un des ces jours où les copistes sont autorisés à travailler et où le Louvre fourmille d'étudiants aux Beaux-Arts et d'apprentis artistes. D'après Jean Prévost qui a fait une étude sur Baudelaire (1964) c'est le seul Rubens dont dispose le Louvre à l'époque et dont il s'est donc inspiré pour son poème Les phares.

mardi, 19 décembre 2006

Le talent de Madame Morisot

medium_Morisot-Young_20Woman_20in_20a_20Ball_20Gown-1879_201.jpgmedium_morisot.gif

samedi, 25 novembre 2006

Quelque chose d'éphémère

"Mon ambition se limite au désir de transcrire quelque chose d'éphémère, et cependant cette ambition est démesurée."

Berthe Morisot

Berthe Morisot

medium_Lady_at_her_Toilette.2.jpg"Je n'aime que la nouveauté extrême ou des choses du passé".

Berthe Morisot

lundi, 16 octobre 2006

Berthe Morisot, regards pluriels

medium_12954_26086.2.jpg"Berthe Morisot avait une personnalité volontaire, mais elle était aussi énigmatique. Sa peinture dégage un certain mystère. Quels que soient les milieux sociaux figurés, ses portraits ne sont jamais mondains. Au contraire, ils font toujours appel à l'intime. Ses personnages ont des regards que l'on n'arrive pas à saisir, ils sont tournés vers le dedans : telle est la quête de la peintre", indique Maïthé Vallès-Bled, conservatrice du musée de Lodève.

"Je ne crois pas qu'il y n'ait jamais un homme traitant une femme d'égale à égal et c'est tout ce que j'aurais jamais demandé car je sais que je les vaux", écrit Berthe Morisot dans son carnet de notes en 1890.
medium_blurb200_lg.2.jpgBerthe Morisot, par Edouard Manet


"Il est grandement temps d'agir, de considérer la minute présente comme la plus importante des minutes et de faire ma perpétuelle volupté de mon tourment ordinaire, c'est-à-dire de travailler" (Berthe Morisot).

medium_nue_couchee.jpgBergère nue couchée - 1891
Sanguine - 37 X 54 cm
Collection particulière

Exposition à Lodève jusqu'au 29 octobre

mardi, 18 juillet 2006

Berthe Morisot

medium_Lady_at_her_Toilette.jpgLes formes sont toujours vagues dans les tableaux de Mme Berthe Morisot, mais une vie étrange les anime. L’artiste a trouvé le moyen de fixer les chatoiements, Les lueurs produites sur les choses et l’air qui les enveloppe…le rose, le vert pâle, la lumière vaguement dorée, chantent avec une harmonie inexprimable. Nul ne représente l’impressionnisme avec un talent plus raffiné, avec plus d’autorité que Mme Morisot.
Gustave Geoffroy, « L’exposition des artistes indépendants », in La Justice, 19 avril 1881

Le Musée de Lodève organise, du 17 juin au 29 octobre 2006, une importante exposition consacrée à BERTHE MORISOT intitulée « Berthe Morisot Regards pluriels ».